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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 09:59


 

editorialàGad

 

Suite de  : 

 

I) La survie politique du Hezbollah, balloté entre messianisme iranien et machiavélisme cynique syrien.


2) Un rapport interne des Pasdaran accuse une « taupe » syrienne d’avoir permis l’arraisonnement d’un navire d’armes en Calabre

 

 


Le Grand Chelem d'Ahmadinedjad. 

 

La consolidation des relais pasdaran au pouvoir à Bagdad, au sein des services secrets turcs et syriens et l’inféodation grandissante du Hamas à l'Iran.

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


Dans cet univers impitoyable du Front du Levant, Bachar al-Assad apparaît être le « maillon faible ». Mais l'Amérique et la France, en particulier, bercées par les illusions saoudiennes, ont voulu y voir le levier de leur contre-offensive "diplomatique". On peut aujourd'hui penser qu'ils ont échoué sur à peu près tous les tableaux, et qu'il ne leur reste que le droit du Tribunal international sur le Liban, contre la force de l'hégémonie iranienne. Est-ce suffisant, dans la région? 

 Bachar n’est plus suspendu qu'à l'élastique du seul impératif de rester, à tout prix, au pouvoir et fera tout pour cela. Ainsi Farid Ghadry, un opposant syrien réfugié aux Etats-Unis, le stigmatise comme étant « l’esclave arabe des Mollahs iraniens ».

Il n’a même pas su ni pu garder le contrôle exclusif d’un pays sous surveillance serrée, grâce aux services de la Moukhabarat, de sinistre réputation. En septembre dernier, Bachar a remanié de fond en comble ses services de renseignements. A l’ancienne équipe, il a substitué au moins 4 généraux massivement soutenus par les Gardiens de la Révolution iranienne. L’un d’eux est leGénéral-Major Zouhair Hamad, coopté par les Pasdaran pour diriger la sécurité intérieure (Moukhabarat).

Téhéran, après la nomination d’hommes qui lui sont proches, à Ankara, réalise le même genre d’opération à Damas. Cette ville est devenue parmi les plus dangereuses au monde pour les têtes de réseaux pasdaran, avec les assassinats en chaîne de bon nombre de ses agents de liaison, dont le plus important, sans doute, Imad Moughniyeh. On peut en citer bien d’autres et non des moindres, dont le Général syrien Mohamed Souleiman, ou encore Khalil Sultan Al-Abed, le 18 mai dernier.

Si l’on ajoute ce nouveau réseau paniranien à la tête de la sécurité syrienne au nom de l’homme de Téhéran à Ankara, Hakan Fidan, à Hashim Safi Al-Din, cousin zélé d’Hassan Nasrallah, au commandement du front anti-israélien du Hezbollah au Sud-Liban, on est en droit de penser que Téhéran, loin d’être « isolé », est particulièrement bien renseigné et en passe de réaliser le « grand Chelem » dans la prise de contrôle du Proche-Orient, après le départ des Américains d’Irak.

Un détour par le résultat des négociations post-électorales irakiennes s’impose : on ne peut que constater les conséquences de la mauvaise estimation réalisée par les Occidentaux, bluffés par la tentative saoudienne de s’aliéner l’aide de la Syrie afin de contrer la stratégie d’infiltration iranienne en Irak.

Sur ce dossier, Damas n’a jamais réellement eu la main, à part l’asile qu’il offre aux tueurs de masse d’al Qaeda. On peut raisonnablement envisager que les commanditaires des récents attentats contre les Chrétiens (57 morts) autant que les Chi'ites, ont trouvé refuge de l'autre côté de la frontière irako-syrienne. Mais c'est à peu près la "seule politique étrangère" que sache mener l'ophtalmologiste sanguinaire alaouite pour "aider" ses "nouveaux amis saoudo-américains et européens". A prendre ou à laisser, pour la "perspicacité" toute en nuance des conseillers de la Maison Blanche et du Quai d'Orsay...

 Penser que les Alaouites aient eu la moindre influence politique sur le devenir de la Mésopotamie relevait d’une grave erreur d’appréciation de la part du Roi Abdallah d’Arabie Saoudite. Celui-ci comptait sur le contre-poids syrien pour faire élire Ayad Allawi au poste du Premier Ministre. Dès qu’il a fallu se prononcer sérieusement sur le nom du vainqueur, Bachar s’est aligné sur le choix de son maître, Ahmadinedjad pour le retour d’al-Maliki à la tête du gouvernement. Après plus de neuf mois de tractations inutiles, l’Arabie Saoudite et le camp occidental subissait un revers cinglant, devant alors s’incliner sur celui que Téhéran avait choisi depuis le début, avec le renfort des milices anti-américaines du Jaysh al-Mahdi de Moqtada Sadr, formées par le Hezbollah libanais.

Pas plus qu’au Liban, l’Arabie et le camp sunnite ne font le poids face aux manœuvres iraniennes. Mais le dernier mirage à la mode consiste, depuis plus de trois ans, à croire et faire accroire qu’au moment opportun, l’Arabie Saoudite aura le poids suffisant et nécessaire pour ramener la Syrie dans le bercail des Etats-voyous avec lesquels il peut, et l’Occident à travers lui, discuter. Celui qui possède le pouvoir de terroriser les autres a gagné. Vieille moralité proche-orientale.

Non, Bachar al-Assad n'est, décidément, que le pantin réversible et élastique qu’Ahmadinedjad tord dans tous les sens, et qui glisse des mains de ceux qui le courtisent.

A en croire les conséquences des dernières négociations à Damas entre le Fatah et le Hamas, il en est, de plus en plus, de même, concernant le contrôle du groupe terroriste gazaouï. L’échec a été total, et s’est même soldé par des arrestations de membres de l’OLP dans la bande côtière de Gaza.

Mais mieux, les dirigeants du Hamas qui doivent tout à Bachar al-Assad, comme leur état-major sanctuarisé dans sa capitale abritant le sous-locataire Khaled Meshaal, vont jusqu’à narguer leur hôte, en invitant  Ahmadinedjad à passer prendre les clés de la direction de leur groupe à Gaza. Comme le séjour au Liban avait rappelé qui, désormais, en est suzerain et maître, le Dr. Ahmed Yousef (Hamas) en a formulé le vœu solennel, au nez et à la barbe d’un Assad de plus en plus cantonné au rôle de simple figurant prestataire…

Si Hilary Clinton comptait encore naïvement sur les services de Bachar pour que le fossé entre les frères ennemis palestiniens se résorbe, autant dire qu’elle s'est mis le doigt dans l’œil. Mais une telle conjonctive ne se soignera pas auprès du spécialiste des yeux damascène. On en est déjà au volet palestinien suivant :

au contraire, Téhéran s’invite ou se fait inviter, mais c’est la même chose, au cœur de la négociation fratricide qui sera un autre chapitre du bras de fer entre les Mollahs et Washington, bien loin des intérêts des concernés, Israéliens comme Palestiniens.

Plus étroits sont les liens entre le Hamas et l’Iran et plus seront rejetés les objectifs américains dans la région.

Ainsi, à l’heure des troubles politiques, lors des législatives jordaniennes, le 9 novembre, le Hamas a théorisé le décor idéologique et religieux qui sied à cette invitation d’Ahmadinedjad à Gaza. Le groupe terroriste sait aussi lire et écrire et publie un ouvrage qui s’intitule :

« La fraternité musulmane (les frères musulmans) et la Révolution islamique en Iran ».

Son sous-titre est un véritable programme politique à l'adresse de l'Orient et de l'Europe :

« la dialectique de l’Etat et de la Nation dans la pensée des Imams al-Banna et Khomeiny ».

La préface en est rédigée par le Dr Mohammed al-Hindi, chef du Jihad islamique à Gaza, parrainé par Téhéran. Ce livre est déjà distribué à doses massives par les dirigeants du Hamas en Syrie, au Liban, en Jordanie et dans la Bande Occidentale de Cisjordanie, autant qu’à Gaza.

Le thème en est fort simple : le renforcement de la cohésion stratégique entre Téhéran et le Hamas n’a jamais été aléatoire, ni le fruit d’un simple mariage de raison par besoin d’approvisionnement logistique et d’entraînement de ses hommes. Il était, bien plutôt prédestiné par une aspiration commune entièrement dédiée à l’idéal divin d’érection d’un Etat islamique.

Autrement dit : au Qalifat mondial recherché par les Frères Musulmans en Europe, via des vitrines légales comme l'UOIE du Cheikh al-Qaradawi, avec les subsides du contribuable local ; ou l'entrée d'une Turquie islamiste "modérée" dans l'UE, avec l'aide des Américains et le consentement des Européens, à travers des accords "d'alliance des Civilisations" comme la Fondation Anna Lindh.

Et c'est bien ce même Hamas que cajolent les émissaires de l'Administration Obama, comme Dhimmi Carter ou les antisionistes frénétiques français, comme Stéphane Hessel, sous l'égide d'al-Manar et avec l'appui du consulat de France à Gaza.


Médiatiquement parrainé par la Turquie sous l’œil attentif des Ayattollahs, le Hamas est en train d’échapper en totalité à toute obédience « arabe » et, en cela « palestinienne », dans le sens courant encore en vigueur dans tous les manuels ânonnés par les médias européens et américains.

Le fameux « plan de paix saoudien » ne vaut que par l’influence effective de ce royaume pétrolifère sur l’ensemble du Moyen-Orient. Perdant toute capacité d’infléchir la politique intérieure et extérieure en Irak, au Liban, dans les territoires palestiniens, malgré l’appui colossal des Etats-Unis (60 milliards de $ d'armes) pour parvenir à ses fins, rivé au mythe du retournement de la Syrie dans le camp des « bons » arabes, le Royaume wahhabite n’en est plus qu’à surveiller ses arrières pour ne pas se faire imposer une révolution chi’ite sur son propre territoire ou au proche Bahrein et ailleurs.

Le mythe de la « Pax Americana », pressé par les retraits intempestifs de territoires difficiles à contrôler et justifié par la bulle d’illusion qu’Abdallah saurait s’imposer aux yeux de Bachar al-Assad, ne laisse à l’Amérique plus qu’une option pour sauver, non pas Israël, mais le prestige du « monde Arabe » (non perse) : défaire le Moyen-Orient qu’elle a, elle-même, remodelé au seul profit de Téhéran en programmant un retrait précipité d'Irak pour de simples motifs électoraux, qui, de surcroît, se sont évanouis dans les sables.

Les échecs des pourparlers israélo-palestiniens ne sont, aucunement dus à la construction de quelques logements supplémentaires pour raison de poussée démographique à Jérusalem. Mais, bel et bien, et il faut juste la myopie accentuée d’un idéologue-Président Obama pour ne pas le reconnaître, de la prise de pouvoir de l’Iran dans les différentes sphères d'influence, où les Etats-Unis auraient voulu croire à l'émergence d'un contre-pouvoir quelconque, doté de quelque crédibilité que ce fût. Mais cette perte de vision pour le Moyen-Orient de la part d'Obama, non plus, l'ophtalmologiste de Damas ne pourra la soigner, bien au contraire..

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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