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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 18:25

 

Le message de Hagel


Washington Post 11 janvier 2013

http://www.washingtonpost.com/opinions/charles-krauthammer-the-meaning-of-hagel/2013/01/10/12a37c48-5b5f-11e2-9fa9-5fbdc9530eb9_print.html

Adaptation française de Sentinelle 5773 ©

“C’est ma dernière élection. Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité”.

Barack Obama à Dmitri Medvedev, 26 mars 2012

Le casse-tête de la nomination de Chuck Hagel au poste de secrétaire d’Etat à la défense, c’est que vous prenez quelqu’un de l’autre Parti dans votre cabinet pour montrer une orientation au Centre, mais comme le souligne le Comité de Rédaction du ‘Washington Post’, les opinions de Hagel sur la politique étrangère se situent à la Gauche d’Obama, sans parler du Parti Républicain. En fait, elles sont à la marge de tout le Sénat.

Alors que se passe-t-il ? Un message. Obama a gagné sa réélection. Il n’a plus besoin de se dissimuler, de paraître plus modéré que ses vrais instincts. Il a la flexibilité pour être vraiment Obama.

D’où le choix de Hagel : sous une apparence bipartisane centriste, il permet au président d’abandonner le premier mandat engoncé d’Obama et de poursuivre ses inclinaisons naturelles en politique étrangères proches de Hagel. Sur trois questions urgentes, en particulier :

(1) Les dépenses militaires

Le secrétaire d’Etat à la défense actuel, Leon Panetta, a déclaré en août 2011 que les réductions automatiques programmées de 600 milliards de $ (« séquestration ») auraient pour conséquence de « vider la force » ce qui serait « dévastateur ». Et il a fortement laissé entendre qu’il démissionnerait plutôt que de les promulguer.

Interrogé sur les remarques de Panetta, Hagel a qualifié le Pentagone « d’obèse » avec la nécessité de « le réduire ». Exactement l’homme qu’il vous faut pour exécuter un désarmement des USA qui réduirait l’Amérique à ce que Obama pense être sa taille convenable sur la scène mondiale, c.a.d. plus petite. La superpuissance démesurée qu’Obama a réprimandée avec légèreté lors de son tour du monde à la « nous avons fauté » est orientée vers la réduction, pas seulement pour financer l’Etat providence exorbitant – comme le choix de l’Europe d’après-guerre des dépenses sociales – plutôt que l’influence internationale – mais pour recalibrer le rôle propre de l’Amérique dans le monde.

(2) Israël

La question n’est la prétendue hostilité de Hagel mais ses déclarations publiques. Son refus de faire des distinctions morales par exemple. Au plus fort de la deuxième intifada, campagne implacable de massacres indiscriminés d’Israéliens, Hagel trouva abondance d’innocence : « Les Israéliens et les Palestiniens sont piégés dans une guerre qui n’est pas de leur fait ».

Ce tour de passe-passe vers un prétendu équilibre n’est rien d’autre qu’une cécité pernicieuse. Le mois dernier exactement, la veuve de Yasser Arafat a admis à la télévision de Dubaï ce que chacun savait de longue date – à savoir qu’Arafat avait lancé délibérément l’intifada après l’effondrement des pourparlers de paix de Camp David en juillet 2000. Il demanda à sa femme de rester en sécurité à Paris. Pourquoi, demanda-t-elle ? Parce que je vais lancer une intifada.

En juillet 2002, Avec le terrorisme faisant toujours rage, Hagel offrit davantage d’exquise impartialité : « Israël doit montrer son engagement pour la paix ». Bon sang. Exactement deux ans plus tôt, Israël avait proposé une paix étonnamment généreuse qui offrait à Arafat un Etat palestinien – et la moitié de Jerusalem, concession israélienne auparavant inimaginable. Arafat répondit non, ne fit pas de contre offre, décampa et lança sa guerre terroriste. Personne pour le dire à Hagel ?

(3) L’Iran

Hagel ne fait pas que s’opposer à une action militaire, option problématique avec des arguments sérieux des deux côtés. Il s’est vraiment opposé à toute sanction unilatérale. Vous ne pouvez pas vous tenir plus éloigné du consensus dominant que cela.

Il croit à la place à la diplomatie, comme si ne faire que parlementer pourrait dissuader les mollahs. Il a même voté contre la désignation du Corps de Gardes de la Révolution comme organisation terroriste au moment où ils fournissaient et soutenaient des attaques contre des soldats américains en Irak et en Afghanistan.

De façon plus parlante, il a indiqué qu’il est prêt à s’opposer à un Iran nucléaire, position diamétralement à celle du premier mandat d’Obama, position ostensiblement et invariablement opposée à la contention. Quel message cela adresse-t-il aux mollahs, pensez-vous ?

Voilà le point crucial. Hagel lui-même importe peu. Il ne guidera pas la politique étrangère. Obama la dirigera de la Maison Blanche de façon encore plus étroite qu’il ne le fit pendant son premier mandat. L’importance d’Hagel est le message que sa nomination adresse sur la direction où Obama veut aller. Les leçons sont dûment tirées. Les media officiels de l’Iran ont déjà applaudi au choix de celui qu’ils appellent le candidat « anti-Israël ». Et ils comprennent pleinement ce que sa nomination signale concernant la résolution du gouvernement pour les arrêter sur le chemin du nucléaire.

Le reste du monde peut bien voir le Pentagone réduire sa taille – et le déclin inévitable et proportionné de la puissance des USA. Les pays de l’anneau pacifique devront repenser la fiabilité du contrepoids de la Marine américaine et envisager l’acceptation de l’hégémonie régionale de la Chine. Les pays arabes comprendront que le déclin actuel rapide de la domination post-Kissinger des USA dans la région n’est pas cyclique mais promis à devenir permanent.

Hagel n’est pas un homme de stature indépendante. Ce n’est pas George Marshall ou Henry Kissinger. Sénateur marginal qui n’a laissé aucune trace derrière lui, Hagel n’a d’importance qu’à travers ce que sa nomination dit au sujet d’Obama.

Quel que soit le vote du Sénat pour sa confirmation, le signal a d’ores et déjà été envoyé. Avant le jour de l’élection, Obama ne pouvait que le murmurer à son ami Dimitri. Maintenant, avec Hagel, il l’a dit au monde entier.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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