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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 09:37

 

 

 

 

 


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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 

Le 16e sommet du mouvement des Non alignés tenu à Téhéran du 26 au 31 août 2012, a réuni 118 pays (soit près des deux tiers des membres de l’Organisation des Nations Unies). Le Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas assistait également à la conférence (parmi les « non alignés »), à laquelle étaient également conviés, le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon (bien que de nombreux occidentaux lui aient suggéré de ne pas s’y rendre) et le secrétaire de la Ligue arabe Nabil al-Arabi.

Créé le 19 juillet 1956 par Gamal Abdel Nasser (Egypte), Josip Broz Tito (ex-Yougoslavie), Sukarno (Indonésie) et Jawaharlal Nehru (Inde), le Mouvement des non alignés avait vocation à regrouper les pays du Tiers-monde qui n'entendaient s’aligner ni avec, ni contre les Etats Unis et l'URSS qui cherchaient à les rallier à leur cause, dans le cadre d'une bipolarisation. Pour autant, le mouvement n’a jamais véritablement rempli sa mission et les pays « non alignés » sont restés sous l’influence des grandes puissances internationales, à l’instar de Cuba, qui a toujours choisi le camp russe contre les Américains, des monarchies pétrolières du Golfe, qui sont restées pro Américaines, de la très grande majorité des pays africains qui ne s'est jamais privée de l'aide du FMI et de la Banque mondiale, ou de l'Inde qui s’est trouvée une proximité avec l'URSS dans son différend contre la Chine .

Depuis l'effondrement du bloc soviétique, et bien que n’ayant aucune ligne idéologique à faire valoir, le Mouvement des Non Alignés, tente de se trouver une nouvelle vocation en axant ses luttes sur le principe de décolonisation et la condamnation de l'exploitation par les grandes puissances, des richesses naturelles des pays ne disposant pas des moyens de s’affirmer politiquement. Ainsi, et à la différence de l'URSS qui entendait imposer sa vision de l'humanité (avec notamment la dictature du prolétariat et l’appropriation collective des moyens de production), les pays « non alignés » n’ont pas jamais eu véritablement de socle de pensée ou de culture intellectuelle commune. Leur seul dénominateur commun tient au refus d'admettre les normes internationales universelles, considérées comme ayant été échafaudées dans l’intérêt des puissances occidentales. C’est, du moins, ce qui ressort du traitement des questions débattues lors de la Conférence du mois d’août 2012 au regard du nucléaire iranien, de l’absence de démocratie au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies, de la crise syrienne, de l’épanouissement des relations Égypte-Iran et la de question de la Palestine.

Lors de l’ouverture du sommet, le guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei s’est retranché (hypocritement) derrière la prétention d’un droit à l’utilisation de l’énergie nucléaire qui lui serait refusé par l’occident: « L’Iran ne cherchera jamais à avoir l’arme atomique», mais «ne renoncera jamais au droit du peuple iranien à utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques». Ce discours ne reflète certainement pas la réalité, puisque la volonté, pour l’Iran, de se doter de l’arme atomique, lui a valu six condamnations du Conseil de sécurité de l’ONU dont quatre assorties de sanctions, ainsi que l’embargo financier et pétrolier qui frappe durement l'économie iranienne. Toutefois, et pour rallier à sa cause le plus grand nombre de « non alignés », Ali Khamenei a présenté son pays comme subissant une forme de diktat occidental injuste. Le Président Mahmud Ahmadinejad a même exigé une minute de silence à la mémoire des scientifiques spécialisés dans le nucléaire qui ont été éliminés ces deux dernières années (et dont la liquidation est imputée aux services secrets israéliens) pour souligner l’iniquité de la méthode employée.

Dans ce dialogue de sourds, le secrétaire général des Nations-Unies a, tout de même, demandé à l'Iran de respecter les résolutions du Conseil des Nations Unies et de coopérer avec l'Agence Internationale de l'Energie Atomique, tout comme il a dénoncé les « menaces d'un Etat membre de l'Onu d'en détruire un autre ou le déni des faits historiques comme la Shoah », en référence à la position iranienne à l’égard d’Israël. Ban Ki Moon entendait réaffirmer la primauté des principes de la Déclaration des Droits de l’Homme, notamment au regard de la prévention des génocides, de l’incitation à la haine raciale, et à la commission de crimes contre l’humanité, puisque, si l’arme nucléaire est fabriquée par l’Iran, elle sera utilisée contre l’Etat juif. Il n’a convaincu personne.

L’ayatollah Khamenei a ensuite dénoncé la partialité du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour remettre en question les institutions internationales, en le qualifiant de «dictature manifeste», estimant que l’organisation était «une structure irrationnelle, injuste et totalement antidémocratique». De même, et en présence du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon (passablement irrité), il a vociféré : «La chambre de commande du monde est contrôlée par la dictature de quelques pays occidentaux». Ainsi, et selon le numéro 1 iranien, les institutions internationales seraient instrumentalisées par l’Occident pour contrôler le monde, les normes universelles du Droit international étant, en fait,  partisanes et échafaudées par les puissances occidentales dans leur propre intérêt (Leur mise en place ne résulterait finalement que du résultat d’un rapport de forces, susceptible d’évoluer en fonction de la sensibilité du décideur). Il résulte de cette analyse que les sanctions occidentales des membres de la conférence (dont l’Iran) pour la politique nucléaire ou les violations des droits de l’Homme sont devenues sujettes à caution, et susceptibles d’être annulées, lorsque la maîtrise des décisions aura changé de camp.

Aussi, le représentant des pays africains a-t-il posé la question de la démocratisation du Conseil de Sécurité et de la nécessaire mutation de la notion de « communauté internationale » : la « communauté internationale » se réduit au G5 occidental et Israël alors que les deux tiers des Etats [non alignés] sont membres du système des Nations Unies, et représentent près de 55% de la population mondiale. Il est donc sollicité une meilleure répartition des pouvoirs au niveau du Conseil permanent de sécurité. ». Apparaissent alors les effets pervers de la démocratie où la loi ne s'impose plus aux hommes de façon verticale : c’est la majorité humaine qui décide de son contenu. S’il était engagé une modification des pouvoirs au sein du Conseil de Sécurité, les membres non alignés seraient en mesure de rectifier les normes internationales et leur portée universelle. Ils mettraient également en échec les projets américains concernant une attaque des sites nucléaires iraniens et pourraient même décider le principe de l’éradication d’Israël. A cet égard, rappelons la participation au sommet des deux chefs d'Etat africains, Omar el-Béchir et Robert Mugabe qui se sont affichés publiquement alors que le premier est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (il a toutefois veillé à ne pas croiser le secrétaire général des Nations Unies) et que le second est dans le collimateur de la communauté internationale.

Les « non alignés » ne sont néanmoins pas dotés d’un moteur idéologique et d’une volonté d’harmoniser leurs positions doctrinales ; c’est, du moins, ce qui ressort de leur impossibilité de régler la question syrienne. Le Président égyptien Morsi avait répété au sommet de l'Organisation de la conférence islamique à Jeddah, son souhait de travailler avec l’Arabie saoudite, l’Iran et la Turquie à cet effet, mais une fois encore, c’est la cacophonie la plus complète entre les membres, alors que les Syriens se font massacrer. La Turquie défend l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne avec une intervention occidentale (ce qui lui permettrait de reprendre une position dominante dans le Moyen-Orient musulman en restant le partenaire de confiance de l’Occident). L’Iran n’y est pas favorable. La délégation syrienne a même quitté l'assemblée lorsque le Président égyptien Morsi a qualifié le régime syrien de « tyrannique et d'injuste »…

Reste toutefois la question palestinienne qui est, elle, de nature à fédérer les membres contre Israël. Mahmud Ahmadinejad a bien confirmé au Président Abbas son soutien aux frères palestiniens qu’il invitait pour discuter de leur unité. Il a également évoqué un rapprochement avec l’Egypte (alors que les relations entre les deux pays sont ternies depuis que le Caire a donné asile au Shah et fait la paix avec Israël en 1978) en invitant Morsi à visiter la centrale nucléaire de Bushehr, et en lui proposant une coopération dans le nucléaire civil. De son côté, le Président du Liban Michel Sleimane a indiqué à Ali Khamenei que le Liban avait encore « besoin de la résistance », allusion au mouvement Hezbollah. Le seul point sur lequel les membres sont vraiment d’accord, c’est l’absence de légitimité d’Israël qu’il convient de chasser puisque les Juifs se maintiennent "en Palestine sans droits ni titres" -selon eux-, avec l’aide des Américains.

La conférence des non alignés ne devrait pas conduire à une modification de la norme internationale ni des principes humanitaires universels. Leur raisonnement ne résiste pas à l’analyse et il suffit pour s’en convaincre d’observer les milliers de ressortissants de ces pays qui fuient les régimes « non alignés » pour se réfugier dans la pays occidentaux où les normes apparaissent plus clémentes et adaptées.

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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