Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 09:27

 

 

robert wistrich (Copier)

Robert Wistrich

 

 

Robert S. Wistrich, Muslimischer Antisemitismus, Eine aktuelle Gefahr, (Berlin: Edition Critic, 2011), 161 pages.

 

Commenté par Manfred Gerstenfeld



L’historien Robert Wistrich occupe la chaire Neuberger d’Histoire Moderne Européenne et Juive à l’Université Hébraïque de Jérusalem. Depuis 2002, il est Directeur du Centre International Vidal Sassoon pour l’étude de l’Antisémitisme, dans cette Université.

 

A la suite des massacres de masse de New York et Washington du 11 septembre 2001, dans lesquels des Saoudiens étaient majoritairement impliqués, Wistrich a écrit un essai approfondi sur l’Antisémitisme musulman, pour le Comité Juif Américain, publié un an plus tard -1-. Le livre présent en allemand est une mise à jour de ce texte. Il se conclut par un épilogue où l’auteur fait un retour en arrière sur la décennie passée.

 

Wistrich affirme que le noyau dur de l’antisémitisme dans le monde arabo-musulman n’a de comparaison possible que dans celui de l’Allemagne nazie. Exprimer une telle opinion va bien au-delà de la seule évaluation académique. Il s’agit aussi d’un acte de courage, puisque une critique bien plus adoucie d’un phénomène odieux dans les sociétés musulmanes est, la plupart du temps, aussitôt taxée d’Islamophobie. Chercher à étouffer une telle critique n’est pas seulement l'apanage de Musulmans, mais aussi de beaucoup d’Occidentaux appliquant les canons du « politiquement correct ». Il y a bien longtemps que ces individus ont renoncé à la vérité. Leur Credo idéologique se tient dans la formule « solidarité avec le faible », qui les transforme en apologistes directs ou indirects d’une idéologie criminelle.

 

Wistrich explique que la haine musulmane pour Israël et les Juifs est un « antisémitisme d’éradication doté d’une dimension génocidaire ». Alors que l’antisémitisme des Allemands et de leurs alliés a, finalement, conduit à la Shoah, Wistrich déclare qu’on peut, aujourd’hui, assimiler « la sauvagerie de l’antisémitisme arabe et musulman » à un « permis de génocide ». Il rappelle que c’est l’historien bien connu, Norman Cohn, qui a forgé ce terme.

 

L’importance d’une grande partie de ce livre découle du fait qu’il nous permet de mieux comprendre l’antisémitisme musulman, au cours des années qui précèdent le 11/09. Beaucoup d’autres publications se sont depuis, généralement, polarisées sur l’antisémitisme musulman au cours de la dernière décennie.

 

Wistrich montre que tous les ingrédients cruciaux de l’antisémitisme musulman étaient, pour la plupart, en place au tournant de ce siècle. Il mentionne l’usage de textes tirés du Coran, tournés en véritables mantras de haine antisémite, l’importation fréquente du livre : Les Protocoles des Sages de Sion dans le monde islamique, la négation de la Shoah, la diffusion d’accusations de crimes rituels et d’autres stéréotypes antisémites extrêmes, autant que de dessins inspirés par la propagande nazie.

 

Wistrich mentionne également que déjà bien avant le 11 septembre, de nombreux immigrés arabo-musulmans en Europe et dans les démocraties occidentales avaient emporté dans leurs bagages l’antisémitisme de leurs pays d’origine. Beaucoup d’entre eux n’ont fait que développer plus loin encore la haine de l’Amérique, d’Israël et des Juifs dans leurs nouveaux lieux de résidence.

 

On ne peut, ici, mettre en lumière qu’une partie seulement des nombreux autres thèmes importants que l’auteur soulève. Parmi eux, l’impact du « politiquement correct » en Occident est très significatif. Wistrich affirme que quand les Présidents George W. Bush et Obama définissent la guerre contre Al Qaeda comme une « guerre contre la terreur », dans le but d’éviter d’insulter l’Islam en tant que religion, ils la vident de son contenu.

 

Wistrich a été l’un des tous premiers auteurs à décrire les expressions de l’extraordinaire criminalité idéologique – telles que les appels au meurtre au nom de l’Islam et la glorification des terroristes – qui, il y a déjà une décennie contaminaient de vastes franges du monde musulman, y compris (ou à commencer par) la société palestinienne. Dans cette nouvelle édition, Wistrich accentue encore cette perspective sans rien retirer de l’essentiel qu’il avait écrit dans la version précédente. En soi, ce n’est pas un mince exploit.

 

Dans sa préface, Clémens Heni déclare que l’antisémitisme d’après-guerre en Allemagne n’a jamais été autant accepté et répandu qu’il ne l’est aujourd’hui -2-. Il rappelle que l’expert de l’antisémitisme allemand, Werner Bergman, a prétendu de façon erronée que, rarement, l’antisémitisme en Allemagne n’avait autant été repoussé vers les marges. Heni, qui a traduit le livre de Wistrich, insiste sur le fait qu’il n’existe encore que peu d’analyse idéologique des diverses formes de l’Islamisme, malgré le fait que depuis des décennies, Wistrich a appelé de ses vœux à une telle analyse spécifique de l’Islamisme, des Frères Musulmans et du nationalisme arabe.

 

A la fin de l’ouvrage, sont insérés quelques dessins haineux en provenance du monde arabe. Ils offrent de nouveaux exemples de la haine extrême d’Israël et des Juifs dans les médias dominants du monde arabe. On peut y voir la couverture d’un livre représentant une swastika et l’étoile de David entrelacées, que l’Union des Avocats arabes avait distribué à la Conférence de l’ONU contre le racisme de Durban en 2001 ; une image d’Ariel Sharon comme successeur d’Hitler dans le principal quotidien égyptien, al Gumhuria, et une courte liste des crimes nazis comparée à la très longue liste des supposés « crimes » israéliens,  dans le quotidien syrien Tishreen, qui est une émanation du gouvernement de ce pays. Ils fournissent des preuves supplémentaires que la thèse centrale de Wistrich est bien dans la cible, quant à la nature réelle de l’antisémitisme musulman.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski


1- Robert Wistrich, “Muslim Antisemitism,” (New York: American Jewish Committee, 2002).

2- Clemens Heni is a political scientist, founder of the Berlin International Center for the Study of Antisemitism (BICSA), and publisher (Edition Critic in Berlin)

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis