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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 23:07

 

 

Par Khaled Asmar

Par conviction, sous la contrainte ou l’intimidation, le résultat est le même. Le président libanais embrasse le Hezbollah et Bachar Al-Assad

En considérant le Hezbollah comme les pupilles de ses yeux, Michel Sleimane se dévoile

mercredi 31 mars 2010 - 00h22, par Khaled Asmar - Beyrouth

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Elu le 25 mai 2008 - mais pour certains nommé ! - le président libanais Michel Sleimane a mis moins de deux ans pour oublier son discours d’investiture et pour épouser les thèses diamétralement opposées. Il vient de revendiquer le maintien de l’armement de la Résistance, et de valider, point par point, le discours de Bachar Al-Assad.

Le 25 mai 2008, Sleimane a prononcé son discours d’investiture, porteur d’une dose d’espoir aux Libanais, après un vide constitutionnel de près de huit mois. Dans le sillage de son élection préparée de longue date - au moins depuis qu’il a laissé s’échapper les responsables du Fatah Al-Islam du camp palestinien de Nahr El-Bared vers la Syrie, un acompte qu’il aurait ainsi versé à Damas contre sa nomination, Sleimane a fait part de sa volonté de « réhabiliter les prérogatives de la Présidence » et de « redonner aux Libanais de la diaspora leur citoyenneté libanaise ». Dans ces deux dossiers, il a lamentablement échoué. Non seulement la diaspora n’a pas obtenu le droit de retrouver sa nationalité d’origine, mais pire encore, les Libanais résidants à l’étranger n’ont pas pu voter dans les ambassades et les consulats. Comment il pouvait en être autrement alors que le ministère des Affaires étrangères est dirigée par l’opposition qui rejette catégoriquement tout rééquilibrage démographique et politique ?

En mai 2008, tout en faisant l’éloge du Hezbollah et de sa Résistance, Sleimane avait surtout insisté sur le fait que « les armes ne doivent viser que l’ennemi, sans jamais se retourner contre l’intérieur », avant d’ajouter que le Liban en tant que membre de l’ONU, « doit appliquer toutes les résolutions internationales », dont la résolution 1701 portant sur le désarmement de toutes les milices... ». Sleimane avait enfin soutenu le Tribunal international qui doit juger les assassins de Rafic Hariri dont il avait salué la mémoire, et sa volonté de restaurer la confiance avec la Syrie sur de nouvelles bases : « des relations diplomatiques qui respecteraient les intérêts des deux parties et une délimitation des frontières ».

Or, Sleimane affirme aujourd’hui, dans une interview publiée par le quotidien libanais « Assafir » du 30 mars 2010, qu’il défendra l’armement du Hezbollah. Littéralement, Sleimane considère la Résistance comme « les pupilles de ses yeux ». « Nous en avons encore besoin et tout ce qui se dit en dehors de ceci est destiné à la consommation médiatique », dit-il en substance. Quant au Tribunal international, Sleimane ne l’aborde pas dans son interview, alors que le sujet est si brûlant et que la justice internationale s’intéresse de plus en plus au Hezbollah. Concernant les relations avec la Syrie, le président libanais revendique une « relation stratégique avec Assad, un homme honnête avec lequel je suis en contact permanent. Assad a prononcé des mots justes, a défendu des positions stratégiques tant dans le dossier palestinien que dans le soutien à la Résistance. Il a mis les points sur les "i". Tout ce que le président syrien a dit était positif et j’y adhère entièrement », a conclu Sleimane.

Pourtant, dans « Assafir », Sleimane a démenti être « un président hésitant, gris et plat », affirmant vouloir être « le président de tous les Libanais, sans fléchir ni plier sous les pressions des uns et des autres ». Il ne veut pas privilégier une partie plutôt qu’une autre. Le président a indirectement fait part de sa fierté d’avoir rappelé son représentant à la cérémonie organisée par les Forces libanaises, samedi dernier, en réaction aux critiques formulées contre la Syrie...

En définitive, le président joue l’autosatisfaction et dresse un bilan positif des deux premières années de son mandat, sans pour autant être en mesure d’énumérer ses réalisations. Ce qui est normal, puisqu’il n’a pas grand chose à revendiquer. Depuis presque deux ans, il a même été incapable d’imposer le débat sur l’armement illégal des milices, sur la réorganisation des palestiniens armés, ou sur la suppression ou la modification du statut du Haut conseil syro-libanais qui vide la représentation diplomatique mutuelle de son contenu. Sleimane n’a même pas osé demander la délimitation des frontières avec la Syrie. Aucune de ses promesses, prononcées le 25 mai 2008, n’a été tenue ! Pourtant, il est fort à parier que sa docilité rappelée encore dans son interview lui soit utile pour demander une prorogation de son mandat, en 2014 !

Certains Libanais redoutent que Michel Sleimane soit convaincu de sa politique, car dans ce cas, son mandat sera le prolongement de ceux de Lahoud et de Hraoui, tous deux nommés par Damas pendant un mandat et demi chacun. D’autres craignent qu’il soit contraint à adopter cette soumission totale, synonyme d’achèvement du rêve d’indépendance. Entre ces deux hypothèses reste celle de l’intimidation exercée par le Hezbollah et ses alliés sur le Président et les institutions. Mais quelle que soit la raison, les différences sont flagrantes entre le discours d’investiture et la réalité sur le terrain.

Khaled Asmar

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Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

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Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

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