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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 22:26

 

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LE PRINTEMPS ARABE, LA DÉMOCRATIE ET ISRAËL- 

Fabio Rafael Fiallo

 pour 

© 2011 www.aschkel.info

 

 

Fabio Rafael Fiallo est économiste et écrivain, ancien fonctionnaire à l’ONU.

 

Son dernier ouvrage, Ternes Eclats – Dans les coulisses de la Genève internationale (Paris, L’Harmattan), présente une critique des incohérences de la diplomatie multilatérale, y compris du parti pris anti-israélien qui prévaut dans un nombre d’enceintes internationales.

 

Des voix se font entendre ici et là afin de mettre en garde sur le risque qui existe de voir la révolte arabe récupérée par des mouvements islamistes ayant des desseins totalitaires et visant la destruction de l’Etat d’Israël. La chute du Chah d’Iran en 1979 est donnée en exemple d’une autocratie remplacée par un régime encore plus despotique et criminel. Bien que légitimes, de telles craintes ne devraient pas faire oublier un fait incontestable : le monde arabe semble mûr pour un virage sans précédent vers la démocratie et vers une attitude moins hostile à l’égard d’Israël. Plusieurs considérations pointent dans cette direction.

 

La probabilité d’un remake de 1979 est proche de zéro. Qui, parmi les manifestants d’aujourd’hui, aimerait se trouver à la place des Iraniens en 2009, emprisonnés et torturés ou assassinés pour le simple fait d’avoir demandé le respect de la volonté populaire exprimée dans les urnes ? Les Arabes sont-ils prêts à voir leurs aspirations démocratiques confisquées par une théocratie ? Les femmes qui jouent un rôle si actif dans ce Printemps arabe, et qui se battent pour l’égalité des droits hommes-femmes, aimeraient-elles se soumettre à la Charia que les islamistes imposent une fois qu’ils ont pris le pouvoir ?

 

La capacité de nuisance de l’Iran s’est considérablement réduite en raison des conditions qui règnent à l’heure actuelle dans ce pays. La hiérarchie iranienne se trouve confrontée à deux défis majeurs : un mécontentement populaire croissant et des rivalités à l’intérieur du régime. En même temps, les sanctions internationales et la mauvaise gestion de l’économie commencent à faire sentir leurs effets.

 

Les rébellions en Tunisie, en Egypte et en Libye ont pris de l’ampleur grâce en partie au ralliement à leur cause de membres de groupes au pouvoir (armée, ministres, diplomates). Les ayatollahs iraniens savent que cela pourrait se produire aussi dans leur pays. La méfiance est donc de mise au sein du régime iranien, ce qui accentue la fragilité de celui-ci.

 

Le Hamas a de bonnes raisons de craindre l’éclosion à Gaza d’un mouvement pour la démocratie. La population de Gaza n’ignore pas que les Palestiniens de Cisjordanie vivent dans de bien meilleures conditions qu’eux, grâce en grande partie au modus vivendi que l’Autorité palestinienne et Israël parviennent à maintenir malgré leurs divergences. Aussi les Gazaouis pourraient-ils être prêts à donner majoritairement leurs voix à un parti capable – contrairement au Hamas – d’améliorer leurs conditions de vie. Rien d’étonnant que le Hamas rechigne férocement à permettre la tenue d’élections libres à Gaza.

 

Le Hezbollah, aussi, ne peut que se sentir mal à l’aise devant l’onde de choc démocratique qui secoue la région. Ragaillardis par l’émergence du Printemps arabe, des dizaines de milliers d’hommes et de femmes ont manifesté à Beyrouth le 13 mars dernier pour protester contre la mainmise du Hezbollah sur la politique libanaise et pour demander à cette organisation terroriste de rendre les armes.

 

Pour la « rue arabe », la stigmatisation d’Israël a perdu de son attrait. Tout au long du Printemps arabe, les slogans anti-israéliens ont brillé par leur absence, de même que pas un seul drapeau de l’Etoile de David n’a été brûlé. Et ce n’est pas un hasard : la diabolisation d’Israël est tombée en discrédit, car les autocraties de la région, aujourd’hui contestées, étaient justement celles qui télécommandaient les manifestations contre Israël dans le but de déverser sur l’Etat juif une colère populaire qui normalement se serait tournée contre elles.

 

En fait, les Arabes imprégnés de soif démocratique ne peuvent que regarder avec un sentiment d’empathie, et même avec une compréhensible admiration, la seule démocratie effective de la région, c’est-à-dire l’Etat juif, un Etat dans lequel les minorités (en l’occurrence arabes) sont représentées au parlement et dans lequel un président peut être poursuivi et un premier ministre peut être obligé de démissionner en raison des charges de corruption qui pèsent contre lui.


De quoi faire rêver.

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commentaires

S
<br /> Je crois peu à l'empathie des Pays arabes en "Révolution" bien que l'analyse de cet article est empreint de logique, mais la réalité est différente: j'en veux pour preuve: la reconnaissance du<br /> Hamas par l'Egypte actuelle post-Moubarak et qui virera certainement vers la majorité des Frères musulmans. Nous aimerions être optimistes mais....<br /> <br /> <br />
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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