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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 08:14

Le voyage à Auschwitz de collégiens français

 

Mots clés : Shoah, Holocauste, Auschwitz-Birkenau, Éric Ciotti 

Figaro, 26/01/2011

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/01/26/01016-20110126ARTFIG00622-le-voyage-a-auschwitz-de-collegiens-francais.php

 

 

 

250 collégiens ont participé au «Voyage de la Mémoire» organisé par le Conseil général des Alpes-Maritimes.

 


REPORTAGE - À la veille du 66ème anniversaire de la libération d'Auschwitz-Birkenau, le Conseil général des Alpes-Maritimes vient d'organiser une visite du camp.


 

À Auschwitz-Birkenau

 

Des entrelacs de rails, des cheminées délabrées et des kilomètres de clôture de fil barbelés. Des nuages noirs qui surplombent des dizaines de baraquements de bois et de briques. De la boue partout, de la neige et puis un wagon qui rappelle plus que tout l'indicible. Et, surtout le silence dans le vent glacial de la Silésie polonaise. Face au plus grand cimetière du monde - 1,1 million de personnes sont mortes à Auschwitz-Birkenau en 5 ans -, les 250 collégiens qui participent au «Voyage de la Mémoire» organisé par le Conseil général des Alpes-Maritimes paraissent pétrifiés.

Les adolescents entourent Charles Gottlieb, un survivant de l'Holocauste. Ce fils de réfugiés juifs avait choisi l'Est de la France pour échapper à l'antisémitisme règnant en Pologne. Toute l'année, le vieil homme a multiplié les interventions dans leur classe pour leur expliquer comment fonctionner l'implacable machine à tuer. Les collégiens ont été choisis par leurs enseignants. Ce sont généralement ceux qui ont rédigé les lettres de motivations les plus bouleversantes, fait les exposés les plus documentés ou se sont montrés les plus motivés.

«J'étais à peine plus âgé que vous, j'avais 18 ans, j'étais résistant, j'ai été arrêté à Lyon et torturé par les hommes de Klaus Barbie puis envoyé ici. Je suis monté dans l'avant dernier convoi, le 11 août 1944. J'ai été un habitant d'Auschwitz durant 5 mois. Quand je suis descendu du train, j'ai demandé où j'étais. En me montrant une cheminée, quelqu'un m'a dit, tu vas entrer ici par la porte, tu en sortiras en cendre. Nous étions 730 dans ce convoi. Une demi-heure plus tard, nous n'étions plus que 80».

«Beaucoup de colère»

Ingrid, la voix nouée, murmure à sa copine. «C'est important qu'il soit-là, avec lui, on est vraiment dans l'histoire. C'est plus fort que ce qu'on a appris en cours». Elle ose une question: «Que ressentez-vous en revenant ici?» À 85 ans, le vieil homme ne craint pas le paradoxe: «Beaucoup de colère bien sûr, une infinie tristesse car tous mes camarades ont été tués, mais aussi une grande joie car nos bourreaux sont morts et moi, je suis là. Je peux vous raconter ce qu'ils nous ont fait endurer, ce que nous avons vécu. Vous savez maintenant de quoi l'homme est capable».

Il explique son énergie d'alors. Malgré la faim, le froid, les coups reçus, les déportés qui s'effondrent durant les appels interminables que faisaient les nazis, l'arbitraire quotidien mais sa volonté intacte même dans les pires heures: «Je voulais m'en sortir. Quand un déporté français a tatoué mon matricule, je lui ai demandé de me faire un numéro tout petit pour qu'il ne se voit pas après quand je retrouverai ma famille.» Faute d'un matricule discret, il en a eu deux. «Je suis à jamais le 193189 en tant que résistant et le B9664 parce que j'étais juif».

Maxime, un collégien très choqué regarde le rescapé soulever lentement sa manche. Il est bouleversé. Comme tous ses camarades quand l'ancien déporté montre les latrines «où aucune intimité était possible, où les capos nous donnaient des coups», «les couches de bois où nous dormions à cinq sans chauffage recouverts de vermine» Alors, l'adolescent interroge Charles Gottlieb : «Mais pourquoi n'avez vous pas cherché à vous évader?». «Parce que nous étions rasés, en costume rayé que nous ne parlions pas le Polonais, nous aurions été repérés tout de suite. D'ailleurs, un jour les nazis nous ont rassemblés car 5 détenus avaient tenté de fuir. Il les ont pendus au milieu du camp et nous ont dit, voilà ce qui vous attend si vous tentez de vous enfuir». Plus loin, Léa détourne le regard devant l'amoncellement de chaussures. «Chaque chaussure, c'est une histoire, celle d'une famille, ce pourrait être la mienne. Je n'imaginais pas toute cette horreur tout simplement car elle est inimaginable».

Visiblement touché par l'émotion des collégiens et plus encore par l'énergie du vieux rescapé, Éric Ciotti, président du conseil général, explique sa détermination pour poursuivre ses voyages créés par son prédécesseur: «les premiers déplacements remontent à 2003-2004 pour le 60ème anniversaire de la Shoah. Depuis nous avons fait partir 9000 collégiens et le travail de mémoire que Charles Gottlieb accomplit avec les enseignants nous donnent envie de poursuivre dans ce sens. C'est un engagement fort auquel nous sommes attachés puisque nous y consacrons chaque année plus de 400.000 euros». Le prix de la mémoire.

 

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commentaires

gerard.david 27/01/2011 23:14


C'est dur, très dur, mais mes félicitations aux organisateurs, malgré le prix a débourser; car les jeunes qui y sont, voient de leurs yeux, entendent les récits inimaginables d'un de ceux qui l'a
vécu. Quant on entends certains, surtout des pays arabes, dire, "est ce que l'aulaucauste a exister ? ) On devrait les envoyer voirent de leur yeux, a eux aussi,ou çà s'est passé, et comment celà
a-t-il peut arriver. Oui, celà c'est passé, la Shoah a bien eut lieu, comme le 11 novembre, et pourquoi Israel existe là ou elle est, c'est parceque la terre de palestine a toujours été la terre du
peuple juif, et ce depuis 6.OOO ans. Aussi Israel est la, aujourd'hui, demain, et jusqu'à la fin des temps D'ieu est là pour l'assurer, D'ieu notre D'ieu le seul de tout l'univers.Amen


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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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