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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 09:14

Les Défenseurs américains des ‘Frères Musulmans’

 

Par CAROLINE B. GLICK

Jerusalem Post 26/07/2012

http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=279075

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©


Pourquoi le gouvernement Obama dédaigne-t-il des alliés potentiels et renforce-t-il des ennemis ? Pourquoi le gouvernement a-t-il faux partout ?


Mercredi, John Brennan, assistant du président des USA Barack Obama pour la sécurité intérieure et le contre-terrorisme, a fait un rapide voyage en Israël pour discuter du massacre par le Hezbollah de touristes israéliens à Burgas, en Bulgarie, la semaine dernière.


Espérons que, pour l’officiel américain de haut rang, ce fut une réunion instructive, bien que ses interlocuteurs israéliens fussent sans aucun doute interloqués par le niveau de difficulté à communiquer avec lui. A l’opposé de précédents officiels du contre-terrorisme, Brennan ne partage pas la compréhension du terrorisme moyen-oriental.


La conception de Brennan sur le ce sujet a été révélée dans un discours il y a deux ans à Washington. Dans cette intervention, Brennan parla suavement du Hezbollah. Comme il le formula : « Le Hezbollah est une organisation très intéressante ».


Il déclara qu’elle avait évolué d’une « organisation purement terroriste » vers une milice puis vers une organisation disposant de membres au Parlement libanais et certains au cabinet gouvernemental du Liban.


Brennan poursuivit : « Il existe certainement des éléments du Hezbollah qui nous préoccupent vraiment du fait de ce qu’ils font. Et ce que nous devons faire est de trouver des moyens pour diminuer leur influence au sein de l’organisation et d’essayer de bâtir sur les éléments les plus modérés ».


Peut-être afin de construire sur ces “éléments modérés », dans le même discours, Brenan se référa à la capitale d’Israël Jerusalem comme « al Qods », le nom favori du Hezbollah et de ses suzerains iraniens.


La description stupéfiante faite par Brennan de la prise de contrôle hostile du gouvernement libanais par le Hezbollah comme preuve que le groupe terroriste se modérait, a été un morceau de choix de la vision du gouvernement Obama sur les jihadistes islamiques en général.


S’il existe des « éléments modérés » au Hezbollah, dans la perspective du gouvernement Obama, l’homologue jihadiste sunnite du Hezbollah – ‘les Frères Musulmans’ – est vraiment très très amical.


Le 10 février 2011, le directeur du Renseignement National d’Obama, James Clapper donna clairement sa position dans une déposition devant le Comité Restreint du Congrès sur le Renseignement. Le témoignage de Clapper avait lieu le jour précédent celui de la retraite forcée du président égyptien d’alors, et allié de longtemps des USA Hosni Moubarak. La démission forcée de Moubarak était due largement à la décision du gouvernement Obama de mettre fin au soutien des USA à son régime et d’exiger ouvertement son abdication immédiate du pouvoir. Comme Israël en avait averti, l’expulsion de Moubarak ouvrit la voie à l’ascension des ‘Frères Musulmans’ au pouvoir en Egypte.


Dans sa déposition, Clapper dit : « Le terme ‘Frères Musulmans’ est une désignation pour un ensemble de mouvements. Dans le cas de l’Egypte, un groupe très hétérogène, largement laïque, qui a évité la violence et a décrié al Qaïda comme une perversion de l’islam. Ils ont poursuivi des buts sociaux, l’amélioration de l’ordre politique en Egypte, etc… ».


En suivant le témoignage de Clapper en Israël, sa signification à travers le spectre politique, partagée autant par des experts et des observateurs ordinaires, montrait que les USA avaient perdu tout bon sens.


Le slogan des ‘Frères Musulmans’ est “Allah est notre objectif ; le prophète est notre chef ; le Coran est notre loi ; le Jihad notre voie ; mourir dans le chemin d’Allah est notre plus grand espoir”. Comment un officiel de haut niveau des USA peut-il déclarer qu’une telle organisation est « en grande partie laïque » ? Chaque jour, les chefs des ‘Frères Musulmans’ appellent à l’annihilation violente d’Israël. Et ces appels sont souvent associés à des appels au jihad contre les USA. Par exemple, dans un sermon d’octobre 2010, le chef des ‘Frères Musulmans’ Mohammed Badie appela au jihad contre les USA. Comme il le dit : « La résistance [c.à.d. le terrorisme] est la seule solution contre l’arrogance et la tyrannie sioniste et américaine, et tout ce dont nous avons besoin est que les peuples arabes et musulmans se tiennent derrière elle et la soutiennent ».


Badie promit alors à sa confrérie que la mort de l’Amérique était proche. Comme il le dit : « Une nation qui n’est pas la championne des valeurs morales et humaines ne peut pas conduire l’humanité, et sa richesse ne lui servira pas lorsque Allah se sera prononcé, comme c’est arrivé pour de [puissantes] nations par le passé. Les USA font aujourd’hui l’expérience du commencement de leur fin, et ils se dirigent vers leur disparition ».


L’inconscience de Brennan et Clapper quant à l’essence et la nature du Hezbollah et des ‘Frères Musulmans sont des symptômes de l’ignorance totale qui forme l’approche du gouvernement Obama sur les réalités du Moyen-Orient.


Prenez, par exemple, la confusion politique du gouvernement Obama sur la Syrie. Cette semaine, le ‘Washington Post’ a rapporté que le gouvernement Obama manque de toute information sur la nature des forces d’opposition combattant pour renverser le régime syrien. Alors qu’un officiel de haut rang a dit au journal : « Nous identifions les dirigeants clefs, et il y en a beaucoup. Nous sommes en contact avec eux et nous gardons le contact », un autre officiel a déclaré que ce n’est pas le cas.


Comme ce dernier officiel l’a dit : « Les gens qui ont été identifiés l’ont été à travers la Turquie et la Jordanie. Ce n’est pas du fait de ceux que nous connaissons directement. Ce n’est qu’à travers des liaisons ».


Le fait que le gouvernement des USA vole en aveugle alors que la Syrie vrille hors de contrôle est d’autant plus flagrant si vous reconnaissez que cela n’était pas inévitable. L’Amérique s’est infligée cette ignorance.


Au cours de 16 mois écoulés depuis que la guerre civile syrienne a éclaté, le gouvernement des USA a laissé passer plusieurs opportunités pour développer ses propres liens avec l’opposition et même donner forme à son projet politique. Deux exemples suffisent à le montrer clairement.


D’abord, en octobre 2011, selon le portail en langue arabe basé à Beyrouth ‘al Nashra’, Dalia Mogahed, conseillère d’Obama pour les affaires musulmanes, a bloqué une délégation de chrétiens du Moyen-Orient conduite par le Patriarche maronite Bechara Raï qui allait à une réunion avec Obama et des membres de son équipe de sécurité nationale à la Maison Blanche. Selon al Nashra, Mogahed annula la réunion à la demande des ‘Frères Musulmans’ de son Egypte natale.


La Maison Blanche annula la visite, plusieurs jours après que Raï soit venu en visite chez le président français de l’époque, Nicolas Sarkozy à Paris. Pendant cette rencontre, Raï mit en colère le ministre français des affaires étrangères quand il le prévint que ce serait un désastre pour la minorité chrétienne syrienne, et pour les Chrétiens à travers la région, si le régime du président syrien Bashar Assad était renversé. Raï fonda sa déclaration sur son évaluation que Assad serait remplacé par un régime islamiste dominé par les ‘Frères Musulmans’.


Et neuf mois plus tard, il est évident qu’il avait raison. Avec la guerre civile syrienne faisant toujours rage à travers le pays, les media du monde sont pleins d’articles sur les Chrétiens de Syrie fuyant leurs villes et villages en masse alors que les islamistes de l’opposition syrienne les prennent pour cibles de meurtres, d’extorsion et d’enlèvements.


Puis, il y a les choix étranges des USA concernant les personnalités de l’opposition qu’ils favorisent. En août dernier, dans une tentative pour mieux se familiariser avec l’opposition syrienne, la secrétaire d’Etat Clinton rencontra des représentants de l’opposition au département d’Etat. Herb London du ‘Hudson Institute’ rapporta à ce moment que le groupe que Clinton rencontra était dominé par les ‘Frères Musulmans’. Les membres du Conseil de la Démocratie Syrienne pro-Occidentale, composé de Kurdes syriens, d’Alaouites, de Chrétiens, de Druzes, d’Assyriens et de Sunnites non islamistes n’étaient pas invités à cette réunion.


Clinton aurait donné son accord pour rencontrer des représentants de ce Conseil séparément. Mais à l’opposé du carnaval médiatique après sa réunion avec les membres des ‘Frères Musulmans’, Clinton refusa de rendre publique sa réunion avec les chefs de l’opposition non islamiste. ainsi, elle dénia à ces alliés présumés des USA la capacité de déclarer qu’ils bénéficiaient du soutien de son gouvernement.


La question est : « Pourquoi » ? Pourquoi ce gouvernement Obama dédaigne-t-il des alliés potentiels et renforce-t-il des ennemis ? Pourquoi le gouvernement a-t-il faux partout ? Dans une tentative pour en venir au fond, et peut-être conduire le gouvernement à repenser sa politique, un groupe de législateurs américains, membres des Comités juridiques et du renseignement du Parlement, conduits par les Représentants Michele Bachmann, a envoyé des lettres aux inspecteurs généraux des départements d’Etat, de la Sécurité intérieure, de la Défense de la Justice ainsi qu’à l’inspecteur général du bureau du directeur du renseignement national. Dans ces lettres, Bachmann et ses collègues ont demandé aux inspecteurs généraux d’enquêter sur une possible pénétration du gouvernement des USA par des agents des ‘Frères Musulmans’.


Dans leurs lettres, et dans une lettre ultérieure explicative aux représentants américains, Keith Ellison et la Rep Michel Bachmann, les législateurs ont dit clairement que quand ils parlaient de pénétration gouvernementale, ils se référaient au rôle central que des groupes musulmans, identifiés par le gouvernement des USA à la Cour Fédérale comme des organisations en tête des ‘Frères Musulmans’, jouaient dans la formation de la perception du gouvernement Obama et de la politique envers les ‘Frères Musulmans’ et ses mouvements alliés aux USA et à travers le monde.


Que ces groupes de tête, dont les co-conspirateurs non mis en examen mais finançant le terrorisme, Council on American-Islamic Relations (CAIR) et la Société Islamique d’Amérique du Nord (ISNA), jouent un rôle clé dans la formation du projet politique du gouvernement Obama, cela est au-delà de toute discussion. Des officiels de haut rang du gouvernement dont Mogahed ont des liens étroits avec ces groupes. Il existe une profusion de preuves qui suggère que la décision du gouvernement de prendre le parti des ‘Frères Musulmans’ hostile contre ses alliés, est dû, à un niveau significatif, à l’influence que ces groupes du front des ‘Frères Musulmans’ et leurs agents exercent dans le gouvernement Obama.


Pour ne prendre qu’un exemple, en octobre dernier, le gouvernement Obama a donné son accord pour éliminer le matériel utilisé par le renseignement des USA et les agences d’application de la loi et pour éliminer tous les matériels contenant des références à l’islam que des groupes musulmans aux USA associés aux ‘Frères Musulmans’ avaient déclaré insultants. Le gouvernement a également licencié des formateurs de l’antiterrorisme et des conférenciers employés par les agences de sécurité des USA et les académies de la défense qui enseignaient à leurs élèves au sujet des doctrines de l’islam jihadiste. Le gouvernement a aussi engagé des représentants des ‘Frères Musulmans’ alignés sur des groupes musulmans aux USA pour superviser l’approbation de matériels de formation sur l’islam destiné aux agences fédérales des USA.


Pour leurs efforts d’avertissement – et peut-être pour amener le gouvernement à abandonner sa confiance dans les groupes de tête des ’Frères Musulmans’, Bachmann et ses collègues ont été dénoncés comme racistes et McCarthystes. Ces attaques n’ont pas été portées seulement par des soutiens du gouvernement.


Le Sénateur Républicain John Mc Cain a dénoncé Bachmann dans l’enceinte du Sénat. Le Sénateur Républicain Marco Rubio s’est rué à l’attaque pour sa tentative de convaincre le gouvernement de reconsidérer sa politique. Cette politique, une fois encore, met les membres les plus radicaux de la communauté musulmane des USA à la charge de la politique du gouvernement des USA envers les ‘Frères Musulmans’ et d’autres mouvements jihadistes.


Il est clair que la notion insidieuse que les ‘Frères Musulmans’ sont une force modérée et amicale s’est emparée des cercles politiques des USA. Et apparemment la prise de décision des USA au Moyen-Orient est de plus en plus enracinée dans cette évaluation fausse et dangereuse.


En menant une initiative pour enquêter et changer cet état de choses, Bachmann et ses collègues doivent être félicités, et pas condamnés. Et il faut s’associer à leurs efforts courageux pour poser des questions pertinentes sur la nature de l’influence des ‘Frères Musulmans’ sur les décisionnaires politiques des USA, et non pas qu’ils soient méprisés par leurs collègues à Washington, les media et pas tous les citoyens concernés en Amérique et dans tout le monde libre.


caroline@carolineglick.com
 

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