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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 20:57

 

 

Susanne Urban (Copier)

Susanne Urban.

 

Par Manfred Gerstenfeld. 

 

“L’Allemagne a érigé de nombreux lieux de mémoires et musées au sein des anciens camps de concentration, autant que pour les Juifs assassinés. L’amplitude de l’attention portée à l’éducation à propos de la Shoah est exceptionnelle, dans les écoles et d’autres institutions éducatives. En même temps, on observe également une auto-perception croissante des Allemands comme étant, eux-mêmes, des victimes – à cause des bombardements alliés, la fuite et l’expulsion d’Europe de l’Est, et ainsi de suite. Qui plus est, des préjugés, tels que : « Les Juifs ont encore réussi à faire de l’argent grâce à la Shoah ; ils instrumentalisent la Shoah contre l’Allemagne et l’Europe pour servir leurs propres intérêts »,… continuent de flotter dans l’air ambiant.

 

Le Dr. Susanne Urban, historienne, est Directrice de Recherche Historique au Service de Suivi International (International Tracing Service, ITS), à Bad Arolsen, en Allemagne. Avant cela, elle a travaillé cinq ans à Yad Vashem.

 

Urban observe : “On retrouve actuellement de l’antisémitisme chez 20% de la population allemande -1-. Depuis l’an 2000, les attitudes antisémites se sont souvent tournées contre l’Etat d’Israël et, par conséquent, contiennent autant d’antisémitisme que d’antisionisme. Un enseignement réussi sur la Shoah se trouve entravé, chaque fois que des comparaisons entre le Ghetto De Varsovie et la situation à Gaza, ou les soldats israéliens et ceux de la Wehrmacht abondent dans les médias, dans la sphère publique et, en fin de compte, dans les écoles.

 

Des collègues m’ont parlé de cas d’étudiants ayant des origines immigrées qui ont quitté la classe, parce que la Shoah était au programme. Des études, telles que celles réalisées par la fondation Amadeo-Antonio soulignent que ces attitudes apparaissent dans le contexte d’une perception de soi-même qui est souvent fondée sur une confrontation entre « nous » et « l’Occident », accompagnée d’un rejet de tout ce qui est juif/israélien – et, par conséquent, aussi dressé contre tout enseignement de la Shoah -2-  .

 

“Les enseignants devraient se demander : “Comment pouvons-nous susciter un intérêt concernant la Shoah, pour des étudiants qui ne sont pas nés en Allemagne ou qui sont d’origine immigrée ? ». Il existe de très nombreux angles à travers lesquels les enseignants peuvent parvenir à relier ces étudiants à l’histoire de la Shoah. Une façon de faire consiste à parler des sauveteurs musulmans en Albanie qui ont sauvé presque tous les Juifs de ce pays. Une autre peut être d’évoquer les expériences de Juifs d’Afrique du Nord ou des Juifs qui ont trouvé refuge en Turquie. Un autre exemple provient des documents ITS : un citoyen italien –musulman – a combattu avec les partisans italiens contre les Nazis  et a ensuite été enregistré comme personne déportée en Italie. Il ne voulait plus vivre en Europe, après l’expérience qu’il avait vécue durant l’occupation allemande. Il existe ainsi un lien entre le monde musulman et les évènements entre 1933 et 1945, autant d’après des exemples d’aide et de secours, mais aussi, à travers l’autre camp – si on pense aux formations de Musulmans-SS d’Hajj Amin al-Husseini – le Mufti de Jérusalem – qui dispensait sa propagande depuis Berlin.

 

“La Shoah a été un évènement qui a traversé les frontières et est devenu global. Ceci démontre la reconnaissance fondamentale que l’histoire concerne les êtres humains de diverses origines, de religions et de points de vue bien différents du monde.

 

“De récents sondages d’opinion montrent que même des étudiants en sciences de l’éducation  ont une conscience bien maigre d’évènements tels qu’Auschwitz et la Shoah. En janvier 2012, le magazine Stern a publié les résultats d’une étude -3-. 19% des Allemands connaissent Auschwitz et se sont montrés capables de lier ce nom avec celui du camp. Pourtant, seulement 21% de ceux âgés entre 18 et 29 ans connaissent Auschwitz. Un tiers de ceux interviewés ne savent pas qu’Auschwitz se trouve en Pologne. 43% n’ont jamais visité un site de mémoire dans un ancien camp de concentration.

 

“L’aspect positif des choses : en 1994, 53% des gens en Allemagne avaient envie de penser que le passé nazi et la Shoah appartiennent à l’histoire, sans importance présente. Aujourd’hui, ce nombre a chuté à 40%. C’est probablement lié au fait que la génération de ceux qui ont assisté, des acteurs et des profiteurs est en train de disparaître. Mais 40% représente encore un chiffre important, alors que ces personnes ne veulent pas partager la responsabilité de ce souvenir ni l’héritage des survivants. Cela a aussi à voir avec le fait que 65% insistent sur le fait que l’Allemagne ne porte pas de responsabilité particulière au-dessus des autres nations à cause de son histoire. Cela prend encore plus de relief si on considère la généralisation de l’attitude anti-israélienne dans le pays.

 

“Une leçon actuelle tirée de l’histoire est que nous avons la responsabilité de ne pas être de simples spectateurs d’autres génocides. Le monde a échoué au Rwanda. En plus, les menaces de génocide – telles que celles que fait l’Iran contre Israël- ne devraient pas rester sans réponse.

 

Urban conclut : “Il y a un besoin urgent de définir clairement les buts communs de l’enseignement de la Shoah. Il devrait offrir une restitution de leurs récits, et de l’histoire en général, aux victimes. On devrait lire et écouter leurs points de vue comme une contrepartie de la vision des auteurs de crimes. Les adolescents devraient apprendre à prendre leur responsabilité quant à leurs propres opinions et actions. Les récits des Justes non-Juifs devraient être enseignés pour démontrer qu’on doit avoir le choix et que la vie n’est pas le résultat d’un déterminisme. Toutes les victimes et survivants et tous les sauveteurs et contributeurs participaient de la même culture européenne, de sociétés enrichies et contribuaient à l’économie de leur pays. A l’ITS, nous disposons de plus de 30 millions de documents. A partir d’eux, on peut apprendre à enseigner et trouver sa propre voie pour être actif, engagé et alerté. Le souve »nir doit être orienté sur l’avenir, et aussi lié avec notre sens des responsabilités pour le présent ».

 


Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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commentaires

gerard.david 13/05/2012 22:06

On ne devrait jamais cesser de montrer ce qui s'est passé.La Shoah est le plus grand crime fait par des êtres dit humains,et leurs descendants doivent en prendrent la responsabilite afin d'assurer
l'humanite, qu'il n'y aura plus jamais çà. L'allemagne d'aujourd'hui doit tout faire pour défendre Israel et lui donner le maximum de respect a son existance, pour tous les survivants de la Shoah.
Amen

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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