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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 19:35

 

 

Mercredi 3 novembre 2010

Les élections américaines et le Moyen-Orient : combien de Barack Obama faut-il pour changer une ampoule ? *
 
Par Barry Rubin

Adaptation : Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


Avec l’aimable autorisation de Yeru Aharoni

Directeur des Publications/Rédacteur en chef du

Global Research in International Affairs (GLORIA)

Center Interdisciplinary Center

 

http://rubinreports.blogspot.com/2010/11/us-elections-and-middle-east-how-many.html

* Il s’agit d’une « joke » mettant en doute le sens pratique élémentaire, par exemple, de grands scientifiques, théoriciens, ici politicien, face aux problèmes de la vie courante, relevant du simple bon sens.


Quel impact les élections au Congrès auront-elles sur la politique étrangère des Etats-Unis en général et sur la politique au Moyen-Orient, en particulier?

 
Il n’est pas seulement question des candidats pris un par un, puisque personne, qu’il perde ou qu’il gagne, n’aura de grande influence sur la politique américaine dans les toutes prochaines années. Le facteur important consiste à savoir jusqu’à quel point la Maison Blanche est capable d’entendre le message délivré par l’électorat, qui, bien entendu, est d’abord largement préoccupé par les problèmes internes. Et même, à elle seule, une majorité républicaine à la Chambre des Représentants pourra t-elle forcer la Maison Blanche à opérer un quelconque changement, puisqu’elle conserve le réel contrôle sur la politique étrangère.

 
Et ainsi, cela nous entraîne vers le problème central, non seulement pour les Etats-Unis, mais également pour le monde d’aujourd’hui : le Président Barack Obama est-il à la fois pragmatique et assez politique, ou est-il un idéologue qui n’a aucune compréhension du monde dans lequel il vit ? Après presque deux ans, nous sommes encore à nous poser cette question, parce qu’on en sait finalement assez peu sur qui est vraiment cet homme.

 

Si Obama est un politique et un pragmatique, il devra prendre en compte trois choses :

D’abord, sa politique étrangère n’a obtenu aucun succès majeur auprès du peuple américain. Deuxièmement, cette même politique étrangère n’a soulevé l’enthousiasme – au moins en-dehors de l’Europe de l’Ouest, et même là, elle suscite de réels doutes- d’aucun dirigeant étranger. Troisièmement, sa politique étrangère n’a pas obtenu de succès véritable ni résolu aucun problème.

 
En plus de cela, la plupart de ses options politiques au Moyen-Orient a échoué, certainement en ce qui concerne le problème israélo-palestinien, le Liban et la Syrie.

Concernant l’Iran, l’Irak et l’Afghanistan, on peut arguer qu’il a réussit, respectivement, à imposer des sanctions plus contraignantes, à procéder au retrait des troupes américaines et à poursuivre la guerre contre les Talibans. Ce succès relatif, cependant, est sans doute le plus trompeur. L’Iran est bien handicapé par les sanctions, mais continue d’être lancé à toute vitesse jusqu’à l’obtention d’armes nucléaires. L’Irak est en crise, n’a pas de gouvernement, plonge dans une violence continuelle et l’influence iranienne s’accroît. L’Afghanistan est tiraillé entre l’effondrement de son gouvernement et toutes sortes d’arrangements empoisonnés avec les Talibans.

 
Par là, nous voyons apparaître clairement le grand secret de la politique d’Obama au Moyen-Orient, qui a travaillé relativement bien pour lui à l’intérieur : tâcher de maximiser le calme et de minimiser les conflits. Ce que beaucoup ne sont pas parvenus à reconnaître, c’est qu’en apaisant, flattant et négociant, Obama a évité qu’éclate toute crise ou confrontation ouverte. Ce qui permet de dire [de faire croire] au public américain que tout va bien, qu’il n’est pas haï, et qu’il n’y a pas de nouvelle guerre en perspective. Concernant le terrorisme, les Etats-Unis ont eu de la chance de pouvoir déjouer tout nouvel attentat catastrophique. Il est donc possible d’arguer de façon crédible, que tout va pour le mieux.

 
Bien entendu, le problème que pose cette approche, c’est qu’une crise reportée est une crise qui va en s’intensifiant. A mesure que l’Iran se rapproche de l’obtention des armes nucléaires, les radicaux progressent, le Liban est perdu, le régime turc rejoint l’ennemi, le Hamas est immune et en parfaite sécurité dans la bande de Gaza, et la position américaine dans la région se détériore.


Pour en revenir à Obama, la question consiste à savoir s’il finira par agir de façon pragmatique comme un politician se le doit, ou s’il continuera de rester sourd à l’expérience et à l’information, de façon à poursuivre son action d’idéologue. Mais, cela, nous ne le saurons que dans deux ans.

 
Je dois confesser ici qu’il m’est très difficile de croire qu’Obama et son administration vont agir de manière suicidaire, tant sur le plan politique que stratégique. Mais cela peut se produire. Une des préoccupations majeures concerne le processus politique. Après tout, pour qu’Obama accepte de changer le cours des choses, il faut que quelqu’un dans son équipe soit à même de le persuader de son intérêt à le faire.

 
La secrétaire d’Etat Hilary Clinton ne peut pas le faire, parce qu’elle s’attire sa méfiance en tant que riuvale politique. Le Secrétaire à la Défense Robert Gates ne peut pas le faire non plus, par qu’il n’a pas sa confiance, ayant été un membre zélé de l’Administration Bush et qu’il est bien trop carriériste pour parler ouvertement. Cela fait de l’équipe rapprochée de la Maison Blanche, la branche la plus idéologique et la plus inexpérimentée en matière internationale de tout le gouvernement. Le Conseiller à la sécurité nationale [ Thomas Donilon] est, aujourd’hui, un béni-oui-oui qui n’est pas prêt de persuader le Président de quoi que ce soit.


A un certain point, il doit y avoir un opérateur politique qui lui dira : “ Si vous voulez vraiment être réélu, vous devez agir de manière différente”. Cet homme est David Axelrod, l’architecte de l’avènement d’Obama, qui travaille actuellement à sa réélection. Il est difficile d’imagine quelqu’un d’autre, dans l’entourage d’Obama, capable de le faire changer d’avis, à moins que lui-même ne décide que des changements majeurs en politique étrangère sont nécessaires.

Le terme “pragmatique”, ici, signifie qu’il prendra en compte l’échec de ces politiques et qu’il veillera à les ajuster [à la situation]. Le terme « politicien » signifie qu’il cessera de suivre la courbe impopulaire qui consiste à cogner uniquement sur Israël. Il voudra alors éviter de passer pour un idiot, qui promet de stopper l’Iran dans sa course aux armes nucléaires et qui n’y arrive pas, ou qui s’engage à trouver une solution rapide au problème israélo-palestinien et qui échoue encore une fois.

 
Et l’objectif de ce réalisme inédit, bien évidemment, devrait être sa possible réélection en tant que Président en 2012.

 
C’est une donnée importante de l’imprévisibilité et du caractère unique d’Obama de considérer que ce qui est écrit ci-dessus ne peut pas être pris pour argent comptant. Obama peut tout aussi bien croire qu’il a été envoyé sur terre en mission pour apporter une “solution” au conflit israélo-palestinien.
En tentant d’imposer un accord à tout prix ? En reconnaissant une déclaration d’indépendance palestinienne unilatérale? Qui peut le dire?

 
Symétriquement, il peut bien continuer de rester totalement aveugle face à l’attitude syrienne, au régime turc, à la noyade du Liban et à la perte de confiance arabe en une Amérique forte et protectrice. L’autre question intéressante, alors, est de savoir si le désastre en politique étrangère apparaîtra clairement en toute transparence avant ou seulement après l’élection de 2012.

 
Combien de Barack Obama faut-il pour changer une ampoule? Un seul. Mais il doit encore avoir envie de la changer.


 

Barry Rubin est directeur du Centre pour la Recherche Globale en affaires internationales (GLORIA) et éditeur du journal : la revue des Affaires Internationales et du Moyen-Orient (MERIA). Ses derniers ouvrages sont « le lecteur israélo-arabe (7è édition), La longue guerre pour la liberté : la lutte arabe pour la démocratie au Moyen-Orient (Wiley), ainsi que La vérité sur la Syrie (Palgrave-McMillan). Le site internet du Centre GLORIA est à l’adresse : http://www.gloria-center.org et celle de son blog, Rubin Reports, à :http://www.rubinreports.blogspot.com.

 

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Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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