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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 19:38




LES FRAGILES FONDATIONS DE L’ETAT  PALESTINIEN

 

Par Bertrand Ramas-Muhlbach

pour : http://lessakele.over-blog.fr et http://aschkel.over-blog.com

 

http://aval31.free.fr/photosdiverses/histoire/Abu_Mazen.jpg


A l’occasion du cinquième anniversaire de la mort de Yasser Arafat célébré chez les palestiniens ce 11 novembre 2009, les annonces relatives à l’indépendance de l’Etat de Palestine ont fusé de toutes parts : Mahmoud Abbas a déclaré que l’Etat Palestinien était un fait établi pour le monde entier et que le combat à mener ne portait plus que sur la reconnaissance des frontières. La veille, soit le 10 novembre 2009, le gouvernement de l'Autorité palestinienne a décidé de « la création d'un comité de pilotage » pour aider à réduire sa dépendance vis-à-vis de l'aide étrangère et développer des piliers de l'économie nationale en vue de la création d'un état palestinien. Ce même jour, le gouvernement palestinien a imputé à la communauté internationale la responsabilité dans la stagnation du processus politique et lui a reproché son incapacité à atteindre des objectifs convenus. Enfin, il a décrété que le 15 novembre serait un jour férié marquant la « Déclaration d'indépendance palestinienne ».


http://next.liberation.fr/files/images/resampled/485x320/keffiehintro.jpg


Côté israélien, une certaine inquiétude était perceptible : le 10 novembre,  le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a confirmé qu'Israël était prêt à entamer immédiatement des négociations avec l'Autorité palestinienne, annonce précédée deux jours plus tôt par celle du responsable kadima Shaoul Mofaz. Celui-ci a proposé un plan diplomatique avec à la clé la formation d'un Etat palestinien provisoire sur 60 % de la Judée-Samarie et à gaza (où  vivent 90 % des Palestiniens) et des négociations ultérieures sur les frontières définitives, les blocs d’implantations situés à l’est  (sur lesquels résident 228 000 israéliens) n’ayant pas vocation à être évacués.


http://www.capital.fr/var/cap/storage/images/media/images/photo-v2-457x222/reuters/ofrtp-po-palestiniens-israel-etat/5110338-1-fre-FR/ofrtp-po-palestiniens-israel-etat_large.jpg


La notion « d’Etat de Palestine » n’est en réalité pas nouvelle. Elle date du 15 novembre 1988 lorsque le Conseil National palestinien a proclamé « l’établissement de l’État de Palestine sur notre terre palestinienne avec pour capitale Jérusalem ». La proclamation qui a pris soin de détailler les fondements de cet Etat de Palestine, a d’ailleurs fait l’objet d’une reconnaissance internationale. Dans sa 82e séance plénière, l’Assemblée Générale de l’Onu a, le 15 décembre 1988, « pris acte de la proclamation de l’Etat Palestinien » par le Conseil National Palestinien le 15 novembre 1988, affirmé « qu’il était nécessaire de permettre au peuple palestinien d’exercer sa souveraineté sur les territoires occupés depuis 1967 » (sic), décidé qu’à compter du 15 décembre 1988 la désignation de « Palestine » devait être substituée à celle «d’Organisation de Libération de la Palestine » et enfin prié le secrétaire Général de prendre toutes les dispositions pour appliquer la  présente résolution (résolution 43/177 de l’Onu du 15 décembre 1988).

Il ressort en réalité de la proclamation palestinienne du 15 novembre 1988 que les fondements de l’Etat de Palestine sont particulièrement fragiles, quand bien même le texte s’est grandement inspiré de la déclaration portant fondation de l’Etat d’Israël par David Ben Gourion le 14 mai 1948.


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Tout d’abord, le texte du 15 novembre 1988 débute par le postulat selon lequel « la Palestine est le pays natal du peuple arabe palestinien ». Cette affirmation qui est naturellement à rapprocher de l’acte du 14 mai 1948 (« Eretz Israël est le pays où naquit le peuple juif ») contient toutefois une contradiction. En effet, les invasions arabes de la Palestine (VII° siècle ec) n’avaient pas encore débuté lorsque l’empereur romain Adrien a baptisé la région de ce nom en 135 ec.

 

Le texte mentionne également : « c’est là qu’il (le peuple) a grandi, qu’il s’est développé, et qu’il s’est épanoui ». Or, le texte justifie la nécessité de créer un Etat Palestinien par l’affirmation d’un lien immuable entre le peuple palestinien et sa terre au moyen d’expressions habilement choisies :  « Son existence nationale et humaine s’y est affirmée, dans une relation organique ininterrompue et inaltérée, entre le peuple, sa terre et son histoire », ou encore « Continuellement enraciné dans son espace, le peuple arabe palestinien a forgé son identité nationale, et s’est élevé, par son acharnement à la défendre, jusqu’au niveau de l’impossible », voire « l’attachement permanent de ce peuple à sa terre a néanmoins imprimé au pays son identité et au peuple son caractère national », ou enfin « le peuple arabe palestinien s’est développé dans une complète unité entre l’homme et son sol ».... En réalité, au début du XX° siècle, la volonté était de réunir la nation arabe dans un  Etat arabe sur l’ensemble du pourtour méditerranéen.

 

A l’instar de la proclamation du 14 mai 1948 qui évoque l’exil du peuple juif, les souffrances qu’il a endurées tout au long de son histoire et son attachement à restaurer son indépendance nationale, le texte palestinien de 1988 développe l’injustice subie par les palestiniens privés du droit à l’autodétermination : «  En dépit de l’injustice historique imposée au peuple arabe palestinien qui a abouti à sa dispersion et l’a privé de son droit à l’autodétermination au lendemain de la résolution 181 (1947) de l’Assemblée générale des Nations unies recommandant le partage de la Palestine en deux États l’un arabe et l’autre juif... ». Sur ce point, la proclamation palestinienne de 1988 fonde la légitimité de l’Etat de Palestine (et le droit du peuple arabe palestinien à la souveraineté et à l’indépendance) sur la résolution de 1947 alors que les arabes de Palestine tout comme l’ensemble des pays arabes de la région avaient rejeté le plan de partage de la Palestine en 1947. 

 


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La proclamation palestinienne affirme finalement qu’il existe un droit fondamental à l’établissement de l’Etat de Palestine : «Conformément aux droits naturels, historiques et légaux du peuple arabe palestinien à sa patrie, la Palestine, et fort des sacrifices des générations successives de palestiniens pour la défense de la liberté et de l’indépendance de leur patrie... ». Sur ce point, bien que l’affirmation de ce droit rappelle celle de David Ben Gourion (« C’est de plus le droit naturel du peuple juif d’être une nation comme les autres nations et de devenir maître de son destin dans son propre Etat souverain»), elle n’est pas sans susciter certaines interrogations.

 

 

Le texte évoque en effet les conditions dans lesquelles s’est développé le peuple palestinien et notamment : « Inspiré par la multiplicité des civilisations et la diversité des cultures, y puisant ses traditions spirituelles et temporelles » alors que ce n’est pas exactement l’image qu’a donnée le peuple palestinien au cours des 40 dernières années. De même, le texte fait référence aux multiples messages religieux de pardon et de paix véhiculés sur cette terre : « Sur les pas des prophètes qui se sont succédés sur cette terre bénie, c’est de ses mosquées, de ses églises et de ses synagogues que se sont élevés les louanges au Créateur et les cantiques de la miséricorde et de la paix »... Une fois encore, les palestiniens n’ont jamais montré dans l’affirmation de leur identité nationale, un visage clément qui mène au pardon...

 

http://www.seraphicpress.com/images/PalestinianNaziSalute01.jpg

Procession du "grand pardon" palestinien

Car c’est en fait le véritable problème des palestiniens : leur indépendance nationale ne sera pas fonction d’une auto persuasion quant à l’existence d’un cordon ombilical liant des individus à la terre, mais juste de leur capacité à vivre en harmonie avec leur environnement. Les palestiniens ont effectivement le droit à l’autodétermination puisqu’ils se présentent comme constituant une unité humaine sur un territoire donné. Toutefois, ils ne pourront jouir de cette prérogative que lorsqu’ils disposeront de la maturité politique pour y accéder. La guerre menée depuis des décennies  contre les juifs et celle fratricide entre le Fatah et le Hamas, permettent tristement d’en douter.



http://www.ynetnews.com/PicServer2/04062007/1142764/JRL160_wh.jpg
Procession du "Grand Pardon" inter-palestinien à Gaza -juin 2007, pour les 40 ans de la Guerre des "six-jours"


http://www.guysen.com/photos/p90_hamas_fatah_logos.jpg
M

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commentaires

mutuelle chomeur 21/11/2009 15:50


merci pour ces informations


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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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