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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 23:32
Les grands défis de Bibi



Le 31 mars prochain, Binyamin Netanyahou célébrera sa première année au pouvoir. Ironiquement, l'un des dilemmes auxquels il risque d'être confronté est le même que celui qui s'était imposé au moment des négociations de coalition, à savoir : quel prix faudra-t-il payer pour faire entrer la dirigeante Kadima, Tzipi Livni, au gouvernement ? A l'époque, Livni avait exigé un système de rotation du pouvoir. Fermement opposé à une telle solution, Bibi était parvenu à rassembler une coalition de 74 membres, sans Kadima, mais avec Israël Beiteinou, Avoda, Shas, Judaïsme unifié de la Torah et Habayit Hayehoudi.


Photo: Ariel Jerozolimski , JPost

Plus exceptionnel encore : Netanyahou est parvenu à surmonter une première année de mandat sans véritable division de la coalition.
Souvenons-nous, lors d'une interview avec le Washington Post, l'an dernier, le chef de l'Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas avait annoncé qu'il n'était pas particulièrement pressé de reprendre le processus de paix. "J'attendrai que le Hamas honore ses engagements internationaux. J'attendrai qu'Israël gèle le développement des implantations. En Cisjordanie, les conditions sont bonnes... Les gens vivent une vie normale", avait-il déclaré.

Selon le journaliste qui dirigeait l'interview, Jackson Diehl, Obama a finalement "ranimé un vieux fantasme palestinien selon lequel les Etats-Unis vont tout simplement forcer Israël à faire de grandes concessions, que son gouvernement le veuille ou non, alors que les Arabes observent patiemment". "Les Américains sont les leaders du monde", avait ajouté Abbas. "Ils veulent faire pression sur n'importe qui à travers la planète. Il y a deux ans, ils faisaient pression sur nous. Maintenant, ils devraient dire aux Israéliens 'respectez nos exigences'."

La patience est d'or

Mais le leader palestinien n'était pas le seul à vouloir attendre : Netanyahou, non plus, n'était pas particulièrement pressé. Les tirs de roquettes Kassam ont cessé, l'état sécuritaire du pays s'est amélioré, l'économie suivait plutôt positivement et, plus encore, la coalition n'était pas en danger. Mais, ce dernier phénomène n'était pas tellement fiable. Au cours de la dernière année, le Premier ministre a affronté peu de difficultés internes parce qu'il n'a pas eu à prendre de grandes décisions susceptibles de créer des divisions. Ainsi, Israël Beiteinou pouvait siéger aux côtés de Shas et du parti travailliste pour une raison simple : tous les grands défis diplomatiques - notamment le refus palestinien de négocier - sont restés suffisamment à l'écart.

Or, la période de grâce arrive désormais à son terme. S'appuyant sur le "scandale Ramat Shlomo" - qui s'est produit en pleine visite du vice-président Joe Biden -, les Etats-Unis forcent Netanyahou à faire le choix suivant : continuer de rassurer ses partenaires de coalition, avec une politique de construction, au risque de perdre le soutien de Washington ; ou alors faire plaisir à la Maison Blanche, au risque de briser sa coalition.

Une stratégie double

Afin d'envisager les manières dont le Premier ministre est susceptible de gérer cette nouvelle situation, il est intéressant de se pencher sur deux grands aspects de son mode opératoire. D'une part, il a systématiquement recours à l'avis du cabinet restreint ; de l'autre, il cherche toujours une solution "intermédiaire" plutôt que de répondre par "oui" ou par "non".

Au sujet du cabinet restreint - composé du ministre de la Défense Ehoud Barak, du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, du ministre de l'Intérieur Eli Yishaï, du ministre des Affaires stratégiques Moshé Yaalon, du ministre des Renseignements Dan Meridor, du ministre sans portefeuille Benny Begin, et du Premier ministre - Netanyahou le consulte avant de prendre toute grande décision, y compris la manière de répondre aux dernières exigences américaines. En faisant cela, il parvient à prendre des décisions avant que celles-ci ne soient débattues devant des forums plus larges - soit le cabinet de sécurité (12 membres) ou le gouvernement (30 membres). Une façon de faire qui a largement contribué à sa politique silencieuse.

Mais elle a cependant un prix : Netanyahou perd ainsi une partie de son autonomie. Alors que chacun des chefs de gouvernement précédents s'entourait d'un groupe de conseillers - Ehoud Olmert consultait Ehoud Barak et Tzipi Livni ; Ariel Sharon avait son "forum du ranch" -, Bibi change la donne : les grandes décisions sont prises en fonction de ce qui est politiquement envisageable - et non pas de ce que lui conseille son entourage. Et, de ce fait, il cède en partie sa capacité à diriger.

En convoquant le cabinet restreint à plusieurs reprises la semaine dernière, Netanyahou a également démontré à Washington ses propres contraintes et dilemmes politiques. Autrement dit, il est obligé de tenir compte de l'avis de l'aile droite de sa coalition. Seul problème : les Etats-Unis s'en moquent totalement. Au contraire même, la position ferme de l'administration américaine au sujet des constructions est un moyen d'empirer la situation.

Si, l'été dernier, la Maison Blanche semblait avoir enfin accepté la composition du gouvernement Netanyahou, ce sentiment semble avoir récemment disparu. Et, si Olmert et Sharon étaient parvenus à convaincre l'administration Bush de ne pas faire trop pression - afin de sauvegarder la stabilité gouvernementale - l'administration Obama ne veut pas en entendre parler. Certains estiment même que les Etats-Unis ne cherchent plus qu'une seule chose : faire entrer Tzipi Livni au gouvernement. Cette hypothèse présente pourtant un obstacle : la dirigeante Kadima n'a plus aucune intention de sauver Netanyahou. Le seul moyen de la convaincre serait l'instauration d'un système de rotation du poste de Premier ministre - comme elle l'avait exigé l'an dernier. Et il y a très peu de chances que cela se produise.

Des solutions intermédiaires

La seconde stratégie de Netanyahou consiste à refuser de répondre par "oui" ou par "non". Rien n'est tout noir ou tout blanc pour le Premier ministre. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, lui aurait récemment demandé - lors d'une longue conversation téléphonique la semaine dernière - trois choses : l'annulation du projet de construction de Ramat Shlomo, des gestes de bonne volonté envers Abbas - tels que la libération de prisonniers palestiniens - et un engagement à aborder tous les sujets sensibles - frontières, réfugiés et Jérusalem - lors des prochaines négociations indirectes. Clinton attend une réponse rapide de la part de Netanyahou.

 

Mais, nous savons déjà que ce ne sera pas le cas : le cabinet restreint s'en charge.


Par ailleurs, tous ceux qui s'attendent à voir le Premier ministre annuler le plan de Ramat Shlomo - remettant ainsi en cause tout projet de construction à Jérusalem au-delà de la Ligne verte - se trompent lourdement. Première raison : il s'oppose par principe à une telle idée. Deuxième raison : trois de ses partenaires de coalition - Shas, Israël Beiteinou et Habayit Hayehoudi - ne le laisseront jamais faire. Autrement dit, le modus operandi de Binyamin Netanyahou au cours de la dernière année consistait toujours à trouver une formule originale, pouvant satisfaire tout le monde.


Exemple : l'année dernière, les Etats-Unis ont exigé la reconnaissance d'une solution à deux Etats. C'est aujourd'hui chose faite. Dans son discours de Bar-Ilan, le Premier ministre a accepté le principe, tout en présentant sa propre définition à cette solution : l'Etat palestinien sera démilitarisé et devra reconnaître le caractère juif de l'Etat d'Israël. Idem pour le gel des implantations. En réponse aux exigences d'Obama, Netanyahou a décrété un moratoire de dix mois, mais pas à Jérusalem. Il a même autorisé la poursuite de construction de 3 000 unités de logement.

Il faut s'attendre au même genre de réponse. Netanyahou et ses ministres cherchent une formule qui pourra répondre à certaines attentes de Washington, sans forcer Israël Beiteinou, Shas ou Habayit Hayehoudi hors de la coalition. La balle sera alors dans la cour américaine, et forcera l'administration Obama à choisir jusqu'où elle souhaite pousser ses alliés israéliens.

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commentaires

G
<br /> C'est très bien de conserver l'ami américain, notre seul ami près a nous défendre, et qui le dit.Toutefois,les éxigenses d'Israel, lors de pourpalers de paix, doivent être énuméres, et mise en<br /> avant. A savoir Jerusalem une et indivible, capitale d'Israel, des frontières sures et reconnues, la reconnaissance par tous les participants de l'état du peuple juif Israel la conservation des<br /> implantations en judée samarie,le non retour des palestiniens qui se sont enfuits, sur ordre du muphtie,lors de la guerre d'indépendance.Une fois ces exigences connues, et accepter, pourra être<br /> mise en route la reunion pour la paix. Chalom haverims Gerard David<br /> <br /> <br />
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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