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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 15:14

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Simon Erlanger 

 

simon erlanger

Simon Erlanger 

 

 

Il y a environ 18 000 Juifs en Suisse. C’est, à peu près, le même nombre qu’en 1900. La population générale, cependant, a plus que doublée depuis lors, à plus de 7, 8 millions. Le nombre de Juifs de Suisse et leurs descendants vivant en Israël est de 14.000. Puisque ce sont, généralement, les plus jeunes et les plus actifs qui partent pour Israël, la communauté juive de Suisse tend aujourd’hui à devenir plus âgée, beaucoup de membres restant à la périphérie des centres communautaires.

 

“Sur le plan démographique, la vie juive est aujourd’hui centrée autour de Zurich et, dans une moindre mesure, sur Genève et Bâle. Il n’y a qu’à Zurich que le nombre de Juifs y vivant est demeuré constant, autour de 6000 personnes. La communauté juive de Bâle, par exemple, a diminué d’environ un tiers au cours des trente dernières années et se compose, actuellement, d’environ 1.100 personnes. De nombreuses petites communautés se sont déjà évanouies, dans les années 1990 et d’autres vont probablement disparaître d’ici une génération ».

 

Simon Erlanger est journaliste et historien. Il est né en Suisse, en 1965 et a été élevé à Bâle et Jérusalem. Il enseigne l’histoire juive à l’Université de Lucerne et travaille également comme rédacteur, pour le compte d’une chaîne de télévision du nord-ouest de la Suisse.

 

Erlanger raconte que : “A la suite de la Guerre des Six-Jours, l’antisionisme de la Nouvelle Gauche est devenu un facteur important en Suisse, prédominant sur la position traditionnelle pro-israélienne de la Gauche sociale-démocrate . Les incidents antisémites restaient rares, durant les années 1970, mais ils ont commencé à se multiplier après la guerre du Liban de 1982. Depuis lors, par exemple, des cimetières ont été victimes de profanation, de façon quasi-régulière.  Au cours des années 1980 et 1990, est également apparue une extrême-droite militante. Du fait des lois libérales du pays, les négateurs de la Shoah et autres révisionnistes ont utilisé la Suisse comme plaque tournante. Cela s’est transformé pour le mieux à partir de 1994, avec l’introduction du « Loi antiraciste ».

                                                                                                                                            

“En 1987, lorsqu’a éclaté la Première Intifada, la plupart des medias en vue sont devenus hostiles envers Israël et l’atmosphère générale s’est détériorée pour les Juifs. Depuis lors, on a assisté, en Suisse, à une recrudescence sans précédent, autant de l’antisémitisme traditionnel que de son nouveau déguisement, « l’anti-israélisme ».

 

“Un sondage de 2007 a découvert que plus de 86% des Juifs de Suisse déplorent les distorsions et biais médiatiques. Ils considèrent que cela a contribué à une baisse majeure de la sécurité personnelle et communautaire. Il y a de nombreuses attaques verbales et, parfois, physiques. Elles sont rarement enregistrées [par la police]. En 2007, la SIG, la Fédération Suisse des Communautés Juives a instauré un observatoire pour recueillir des données et fournir des statistiques. Une autre organisation, la CICAD rapporte les incidents antisémites de la région ouest, francophone de la Suisse. La plupart des communautés juives de Suisse appliquent d’importantes mesures de sécurité.

 

“Une composante spécifiquement Suisse de la montée de l’antisémitisme a correspond à l’affaire des comptes juifs dormants dans les banques, entre 1992 et 1998. Durant de nombreuses années, les descendants de victimes de la Shoah ont réclamé l’accès aux comptes dont leurs parents assassinés disposaient dans les banques suisses. Ils ont soumis ce problème immédiatement après la guerre et une fois encore, dans les années 1950. Après le paiement, par les banques, de petites sommes aux organisations juives et à la Fédération des Communautés Juives de Suisse, on a voulu considérer le dossier clos.

 

“Le dossier des restitution ont été rouverts en Europe dans les années 1990. Concernant la Suisse, cela a évolué vers une controverse au sujet du comportement du pays durant la Seconde Guerre Mondiale. Elle comprenait la collaboration économique avec les Nazis, le blanchiment d’or volé [résultant, également, de l’extraction des dents en or, dans les camps d’extermination] et de la politique anti-juive d’accueil des féfugiés. Le gouvernement a, initialement, refusé de coopérer avec les plaignants juifs, tout comme les banques. Par la suite, des organisations centrales du Judaïsme et le gouvernement américain ont commencé à s’impliquer. Cela a mené à la pire crise dans la politique étrangère de la Suisse, depuis des décennies. En définitive, un accord financier a pu être trouvé entre les banques suisses et les organisations juives.

 

“La Suisse a dû, alors, faire face à un passé qui ne correspondait pas à l’image de soi héroïque qu’elle avait nourrie. Le mythe de la neutralité, qui lui aurait permis, à la même époque, de résister à l’Allemagne nazie, a largement été carté. Beaucoup de Suisses se sont senti sous la contrainte d’un monde extérieur hostile – principalement les Juifs et les Américains- qui chercherait à porter atteinte à l’image de soi de la Suisse pour des motifs et des objectifs purement politiques et financiers. Là-dessus, une élévation palpable de l’antisémitisme et de l’anti-américanisme est apparue.

 

“En 1996, le Président Suisse d’alors, Pascal Delamuraz, a fait référence au débat sur la restitution comme s’agissait d’un “chantage” en posant la question ironique de savoir si Auschwitz se situait en Suisse. Cela offrit une nouvelle respectabilité à l’antisémitisme. Le débat sur l’attitude de la Suisse durant la période de la guerre a re-légitimé l’antisémitisme dans de nombreuses strates de la société et a déchaîné une vague d’antisémitisme.

 

“Il y a eu une autre vague d’antisémitisme en 2001. La Ministre de l’économie du moment, la Conseillère Pascale Couchepin, a suggéré, aux côtés de la Fédération des Communautés juives de Suisse, d’abolir la prohibition de la shechita (abattage rituel). Non seulement les groupes militants pour les droits des animaux, mais la majorité du public se sont montrés scandalisés par cette proposition. Des articles et des lettres envoyées à sa rédactrice ont employé ouvertement un langage antisémite traditionnel qui aurait été jugé inacceptable quelques temps auparavant. Le gouvernement a enterré la proposition au motif de préserver la paix sociale ».

 

Concernant l’avenir, Erlanger conclut : “De nombreux jeunes Juifs de Suisse ont émigré, au cours de ces décennies, alors que beaucoup d’autres se sont désolidarisé de la communauté juive organisée et souvent, sont sortirs de toute forme de vie juive. L’avenir de la communauté – bien qu’elle reste bien établie et aisée – est une source de préoccupation ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski

 

 

Christina Späti, Die schweizerische Linke und Israel: Israelbegeisterung, Anti-Zionismus und Anti-Semitismus zwischen

1967 und 1991 (Berlin: Klartext Verlagsgesellschaft, 2006). [German]

Cf. Hans Stutz, Rassistische Vorfälle in der Schweiz (Zurich: GRA-Stiftung gegen Rassismus und Antisemitismus,

1992 [published yearly]). [German] 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

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La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

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Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

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