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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 14:04

 

 

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l'objet du "délit"

Manfred Gerstenfeld interviewe Chaim Shmuel Nisan

 

“En 2008, j’étudiais l’hébreu à Amsterdam. Pour gagner ma vie, je travaillais dans un supermarché près de Dam, le principal square de la ville. Le magasin faisait partie de la vaste chaîne Albert Heijn, un grand patron, très humain. J’étais garçon de rayon, affecté au département des légumes. Je portais alors une kippa, mais pas des vêtements ultra-orthodoxes typiques, comme j’en ai porté plus tard. Quand je repense aux Pays-Bas, je me rappelle qu’il y avait beaucoup d’insultes verbales et même, parfois, des menaces de mort. Cela dit, je n’ai jamais été physiquement blessé ». 

 

 

Chaïm Shmuel Nisan, qui a hébraïsé son nom d’origine, vit, à présent, à Jérusalem. Il a grandi dans une ville près de Rotterdam. En 2008, il a décidé d’en savoir plus, à propos du Judaïsme et, par la suite, de se convertir. Nisan a passé les mois d’été de cette année-là, en Israël. Lorsqu’il est retourné aux Pays-Bas, il a commencé à porter la kippa à la maison, à l’université et dans la rue.

 

“Au supermarché, la plupart des incidents antisémites étaient provoqués par nos patrons marocains. Ils faisaient des remarques insultantes ou me traitaient de divers noms d’oiseaux. Parfois, ils se livraient à des intimidations physiques. Ils lançaient des cris et diverses malédictions, telles que « Cancer de Juif » et « Hamas, Hamas, les Juifs aux chambres à gaz ». Certains Marocains me faisaient le salut hitlérien. D’autres préféraient ne rien dire, mais me tournaient autour, jusqu’à l’exaspération. En moyenne, il y avait deux ou trois incidents du genre par semaine. Durant les moins d’un an où j’ai travaillé au magasin, ces incidents ont bien dû se produire au moins 100 fois. Cependant, je ne voulais pas déposer plainte à l’observatoire de l’antisémitisme, le CIDI, ni auprès d’un autre organisme extérieur.

 

“Le nombre d’incidents augmentaient gravement, en particulier, au cours de la période du Festival du Sucre (Eid al Fitr). A ce moment-là, les Marocains arrivaient au magasin, en habits de fête. Je me faisais continuellement insulter et suis allé m’en plaindre un certain nombre de fois à mon patron. Il se comportait toujours de façon amicale et arrangeante et il m’avait embauché, en sachant pertinemment que je portais une kippa. Quand la situation a commencé à devenir menaçante, il a mis quelqu’un d’autre dans la même allée où je travaillais. Cela dit, ça n’a jamais débouché sur des confrontations physiques, parce qu’il y a des agents de sécurité qui interviennent immédiatement quand un problème se produit et que mes agresseurs le savaient.

 

“J’avais, aussi, des collègues de travail marocains. Ils ne me parlaient pas ni me regardaient. Ils ne pouvaient guère en faire plus, parce que j’aurais, alors, été m’en plaindre au patron, ce qui aurait pu avoir de fâcheuses conséquences pour eux. Dans ce supermarché, il y avait, environ, une vingtaine d’employés d’origine étrangère. Il n’y avait aucun problème avec les Turcs, les Antillais, les Espagnols et les Portugais. Je n’avais de problèmes qu’avec les Marocains.

 

 

“Je me rendais souvent à Amsterdam pour le Shabbat. Pour nous rendre à la Synagogue, nous devions traverser un quartier où vivaient de nombreux Marocains. Chaque Shabbat, nous nous faisions insulter, au moins deux ou trois fois. Toutes ces mésaventures se sont déroulées à cause des Marocains.

 

“Nous avons fait, une fois, une rencontre positive avec des adolescents antillais. Ils ont vu nos kippot et nous ont demandé : « êtes-vous Israéliens ? ». Nous leur avons expliqué que nous n’étions pas Israéliens, mais Juifs. Ils nous ont dit : « C’est fort ! ». Ils ont aussi aperçu nos livres de prière en Hébreu et nous ont demandé si nous étions capables de les lire. Ils ont trouvé tout cela très intéressant.

 

 

“A Amsterdam, je me suis fait inviter, un certain nombre de fois, pour Shabbat, par quelqu’un qui vivait dans le quartier à l’Ouest de la Synagogue. Là, nous nous faisions, également, régulièrement insultés. Nos agresseurs nous faisaient des gestes de provocation et criaient qu’ils nous tueraient. J’ai, également, vécu durant un an à Antwerp et ne m’y suis jamais fait insulter.

 

 

“Depuis 2010, j’ai vécu de façon permanente en Israël et je m’y suis marié, en 2012. Je ne porte plus vraiment de vêtements ultra-orthodoxes, mais je suis toujours religieux. J’étudie pour devenir rabbin et enseignant et je dispose déjà d’un certificat de Shohet, c’est-à-dire chargé de l’abattage rituel.

 

“Au cours de ces dernières années, je suis retourné aux Pays-Bas, en visite, un certain nombre de fois. Je portais une casquette, à chaque fois que je voyageais par là-bas et cachais ainsi partiellement mon identité. Cependant, je porte mes franges traditionnelles (Tsitsith) à l’extérieur de mon pantalon. Cela nous rend reconnaissables, en particulier aux yeux des autres Juifs, et un peu moins pour des gens de l’extérieur.

 

“Je n’ai plus de forces à dépenser pour le genre de tensions que j’ai subies aux Pays-Bas. Je n’ai pas, non plus, envie que ma femme me voit pris dans des situations conflictuelles. Si je porte une kippa, c’est, habituellement une grande tricotée, qui peut aussi être prise pour un couvre-chef musulman. Les jeunes des rues associent fréquemment les petites kippot aux Juifs.

 

“Cela dit, une fois, un Marocain m’a craché à la figure, dans le train que je prenais pour me rendre à la Haye. Une femme hollandaise a assisté à la scène et s’est montrée surprise. Elle a demandé : « Pourquoi ce type a fait ça ? ». J’ai pointé le doigt en direction de ma kippa et lui ai répondu que c’était parce que je suis un Juif aisément reconnaissable. Elle a, encore demandé : « Mais, vous pensez que c’est pour cette raison-là ? ». Je lui ai répondu que je ne faisais pas que le croire, mais que je savais que c’était bien pour ça. Cela m’a étonné qu’il y ait encore des Hollandais qui semblent surpris par ce type d’incidents ».


Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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