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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 07:52

Les rebelles syriens auraient utilisé du gaz sarin, selon Carla Del Ponte

 

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OLJ/Agences | 06/05/2013

Abou Tarek, 74 ans, un officier de l'armée syrienne à la retraite, désormais membre d'une brigade rebelle, prépare son propre masque à gaz, assemblage d'une morceau de bouteille d'eau, de charbon, de coton, de gaz, de carton... AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA
Abou Tarek, 74 ans, un officier de l'armée syrienne à la retraite, désormais membre d'une brigade rebelle, prépare son propre masque à gaz, assemblage d'une morceau de bouteille d'eau, de charbon, de coton, de gaz, de carton... AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA
CRISE Neutraliser des armes chimiques est un véritable casse-tête, avertissent les experts.

Des enquêteurs des Nations unies ont réuni des témoignages selon lesquels des insurgés syriens se sont servis de gaz sarin, un agent neurotoxique interdit par le droit international, a déclaré dimanche la magistrate suisse Carla Del Ponte.

"Nos enquêteurs se sont rendus dans des pays voisins (de la Syrie) pour interviewer des victimes, des médecins et du personnel médical et, selon leur rapport la semaine dernière, il existe des suspicions fortes et concrètes, mais pas encore de preuve incontestable, de l'emploi de gaz sarin, sur la base de la manière dont ces victimes ont été soignées", a dit Mme Del Ponte, membre de la commission d'enquête indépendante de l'Onu sur les violences en Syrie. Le gaz a été "utilisé par les rebelles, pas par les autorités gouvernementales", a-t-elle insisté.

 

Interrogée par la télévision suisse, Carla Del Ponte a précisé que les investigations menées jusque là ne permettaient pas de conclure que les forces gouvernementales syriennes ont elles aussi employé des armes chimiques.

 

L'ancienne procureur générale du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) n'a pas donné de détails sur les circonstances dans lesquelles des rebelles syriens auraient employé du gaz sarin.

 

Le régime de Bachar el-Assad et les rebelles se sont mutuellement accuséd'avoir employé des armes chimiques à trois reprises, en décembre près de Homs puis en mars près d'Alep et de Damas.

 

Les Etats-Unis, où Barack Obama a fait de l'utilisation d'armes chimiques une "ligne rouge" dans le conflit syrien, ont déclaré pour leur part être parvenu à la conclusion "avec différents degrés de certitude" que les forces gouvernementales syriennes avaient utilisé du gaz sarin contre leur propre peuple. Mardi dernier, Barack Obama a toutefois déclaré que si les Etats-Unis avaient des preuves que des armes chimiques ont bien été utilisées en Syrie, ils ne savaient "pas comment elles ont été utilisées, quand elles ont été utilisées, ni qui les a utilisées".

 

(Pour mémoire : Washington reste prudent sur les armes chimiques syriennes)

 

Le président américain a également affirmé ne pas prévoir a priori d'envoyer des soldats américains sur le territoire syrien s'il était prouvé que le régime avait eu recours à son stock d'armes chimiques.

 

Lundi, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a indiqué qu’il y "avait un faisceau d’indices" de l’utilisation par les forces d’Assad d’armes chimiques. Ila également souligné que Paris a demandé avec les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada une enquête sur le sujet. "On enquête pour savoir si ces faisceaux d'indices sont des preuves", a-t-il déclaré.

 

 

Neutralisation

L'éventuelle neutralisation de l'arsenal chimique syrien suppose l'envoi d'une importante force militaire au sol ou des bombardements aériens aux conséquences incertaines, mais implique avant tout de disposer de renseignements fiables et complets, s'accordent à dire les experts.

 

"La première chose à faire est de savoir où les armes chimiques sont stockées et où se trouvent les sites de production. Ca semble évident mais ce n'est pas facile", assure David Kay, expert au Potomac Institute. Et selon cet ancien chef des inspecteurs de l'ONU en Irak, "plus le pays s'enfonce dans le chaos, plus cela devient compliqué".

Le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey, l'a reconnu devant le Sénat: sécuriser les armes chimiques syriennes serait ardu "tout simplement parce qu'elles sont déplacées et que les sites de stockage sont assez nombreux".

Pour Elizabeth O'Bagy, de l'Institute for the Study of War, "il est impossible de recenser tous les sites", dont certains sont camouflés ou souterrains.

 

L'arsenal du régime de Bachar el-Assad est estimé à plusieurs centaines de tonnes de gaz moutarde, de sarin et de VX. Neutraliser un tel arsenal, "même dans les meilleures conditions, requiert des effectifs très nombreux", simplement pour assurer une surveillance 24 heures sur 24 de chaque site et empêcher toute intrusion, explique David Kay.

 

Des troupes "peuvent être amenées à se frayer un chemin par la force jusqu'au site puis le protéger contre toute attaque potentielle pendant que les experts travaillent", abonde Michael Eisenstadt, du Washington Institute for Near East Policy.

Vêtus de tenues de protection, dotés de stations de décontamination, les spécialistes doivent ensuite trouver un moyen de neutraliser les agents chimiques en y ajoutant d'autres produits chimiques pour les rendre inertes ou les figeant dans un carcan de béton. Les incinérer suppose de les transporter dans des installations spécifiquement conçues pour cela.

 

Les opérations de neutralisation diffèrent, en outre, selon que l'agent est déjà ou non chargé dans un obus, une roquette ou un missile ou simplement stocké en vrac.

La neutralisation prendrait quoi qu'il en soit "des semaines voire des mois", selon M. Eisenstadt.

 

Mais la volonté internationale d'envoyer des troupes sur le terrain semble très faible. Quant à la formation de rebelles syriens pour le faire, "ce serait une dépense massive de temps et d'argent", juge Elizabeth O'Bagy.

 

(Pour mémoire : Armes chimiques : les défis de l’enquête de l’ONU)

 

Le recours aux bombardements aériens semble donc vraisemblable. "Il y a quelques sites qui peuvent être sécurisés par des troupes au sol mais d'autres qui sont inatteignables et devront être bombardés", estime Michael Eisenstadt. Il y a alors le risque de dispersion du produit dans l'atmosphère, et "si les armes chimiques sont dans des sites de stockage d'armements, elles sont dans des bunkers, des munitions incendiaires ne serviraient à rien", note David Kay. Des bombes incendiaires pourraient en revanche être efficaces en cas de stockage à l'extérieur.

Et une fois bombardé, "comment s'assurer que les armes ont bien été détruites et qu'il n'a pas de fuite", s'interroge-t-il.

 

Une solution pourrait selon lui être d'interdire l'accès au site en bombardant ses alentours avec des bombes à sous-munitions, interdites par une convention internationale que les Etats-Unis n'ont pas ratifiée.

 

"On s'est penché sur le problème depuis les années 1990 et on a mis au point une série de munitions qui peuvent être utilisées" contre les armes chimiques, veut croire Michael Eisenstadt. La bombe BLU-126/B, qui comporte une faible charge explosive, pourrait ainsi faire s'effondrer les structures dans laquelle les armes sont stockées sans les détruire, détaille-t-il. La CBU-107, qui n'explose pas mais libère des centaines de pointes de tungstène, pourrait elle servir à percer des munitions, et ainsi provoquer des fuites d'agents chimiques interdisant l'accès du site.

 

Le problème est qu'"il n'y a pas de bonne option", juge David Kay. Et pour Michael Eisenstadt, de toutes les manières, "les vraies armes de destruction massive en Syrie sont les armes conventionnelles". Elles ont fait au moins 70.000 morts selon l'ONU depuis le début en mars 2011.

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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