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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 12:36

 

 

Catherine-Ashton-Iran-3 (Copier)

 

Catherine Ashton et Saeed Jalili à Istanbul

 

 

Un porte-parole de la cheffe exécutive des Affaires étrangères de l’UE, Catherine Ashton, qui dirige le groupe des six puissances mondiales dans les négociations nucléaires avec l’Iran, a diffusé lundi soir, 11 juin, un effet d'annonce disant que Téhéran veut, désormais, discuter la question de son enrichissement d’uranium à haute intensité, lors du prochain cycle de pourparlers à Moscou, les 18 et 19 juin.

 

Ce n’est qu’une fausse assertion. Téhéran refuse constamment de discuter son « droit à l’enrichissement » et a menacé de ne pas se rendre à la session de Moscou, après que la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton ait exigé, la semaine dernière, que l’Iran vienne à la table des négociations avec des « plans concrets » pour réduire son enrichissement d’uranium à une pureté de plus de 20%.

 

L’Iran n’est pas revenu en arrière. Ashton n’a rien obtenu de nouveau, au cours d’une heure de conversation tendue avec le négociateur iranien en chef, Saeed Jalili et a dû se satisfaire de la diffusion de la déclaration suivante sans engagement : « Les Iraniens sont d’accord sur la nécessité pour l’Iran de s’impliquer dans les propositions des six puissances mondiales, qui traduisent leurs préoccupations sur la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien ».

 

La notion d’enrichissement n’a même pas été mentionnée – et encore moins, il n’a été fait référence à la découverte des inspecteurs internationaux que l’Iran est en train d’enrichir son uranium à plus de 27% - et cette idée de la « nature exclusivement pacifique » du programme iranien a été approuvée.

 

 

Depuis le tout début, les discussions entre les six puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, Allemagne, France et Grande-Bretagne) à Istanbul (14 avril) et Bagdad (23 mai) et Téhéran ont été présentées de façon délibérément falsificatrice, par les Etats-Unis et l’Union Européenne, à l'opposé de toute diplomatie antérieure, en affirmant que : « Téhéran se prépare désormais à discuter des aspects controversés de son programme nucléaire ».

 

Cette imposture dans la présentation des faits et dires de l’Iran maintient la diplomatie en survie artificielle. L’admission de sa mort clinique confronterait les puissances mondiales à la seule voie qui reste, c’est-à-dire : l’action militaire – à laquelle le Président Barack Obama est engagé si toutes les autres options échouent – soit par les Etats-Unis ou par Israël avec le soutien américain.

 

Le Directeur de l’Agence Internationale à l’Energie Atomique, Yukiya Amano est resté sur la même ligne, lundi 11 juin, lorsqu’il a démenti que les négociations de l’AIEA avec l’Iran avaient été rompues, vendredi 8 juin, concernant les inspections par l’AIEA de ses sites nucléaires suspects, particulièrement le complexe militaire de Parchin, où on pense que sont menés des tests d’explosifs à charge nucléaire.

 

Ce n’est pas la première fois qu’Amano présente de belle manière un échec ne menant nulle part avec l’Iran. Le 2 mai, au retour les mains vides d’une visite à Téhéran, il a prétendu qu’un accord sur les inspections était enclenché et à la veille d’être signé. Cela n’a jamais été le cas. Mais, le jour suivant, le P5+1 était en mesure de relancer des « négociations » avec l’Iran à Istanbul.

 

 

Encore une fois, l’Iran s’est d’abord assure que ces discussions ne mèneraient nulle part. La session suivante à Bagdad est restée sérieusement bloquée dès son introduction, au cours d'une longue harangue déclamée par le chef du groupe de négociations iranien Jalili, à propos de rappels pleines de connotations historiques sur la bataille de Khorrmanshahr, il y a 30 ans, où l’Iran islamique révolutionnaire a battu à plates coutures l’Irak, alors que les puissances mondiales et les Etats du Golfe appuyaient solidement Saddam Hussein. Jalili n’a pas mentionné le programme nucléaire iranien, mais, en pointant tacitement du doigt les délégations présentes, il a fait le commentaire suivant : « Les armes qu’ils ont fournies au régime baathiste de Saddam comprenaient des tanks Léopard allemands, des tanks Chieftain britanniques, des missiles Exocet et des avions Super-Etendard français, des avions de combat MIG et des missiles Scud-B russes, des armes chimiques allemandes et britanniques, des missiles Sidewinder et des avions de surveillance AWACS américains, des dollars saoudiens, koweitiens et émiratis". Il a conclu par une déclaration affirmant que jamais la République islamique «  ne sera amenée à se rendre » face à des « exigences illégales et injustes ».

 

 

Le couvercle se refermant ainsi sur les procédures de négociations nucléaires, il permet de maintenir hors de portée du public les révélations embarrassantes et de soutenir les prétentions que les choses progressent, alors qu’en réalité, Téhéran a fermement refusé d’ouvrir le dossier de son programme nucléaire à toute discussion.

 

L’attitude réelle de l’Iran à l’égard de l’actuel cycle diplomatique se résume en cinq points, apportés par les sources iraniennes et du renseignement de Debkafile :

 

1. Les Etats-Unis sont à court d’options unilatérales qui permettraient de démanteler le programme d’armes nucléaires iranien et dépendent, désormais, de la coopération de Moscou et Pékin, en vue de la réalisation d’un progrès quelconque. Téhéran déduit cet enseignement du fait que Washington se tourne vers les Russes pour obtenir leur aide dans la résolution des la crise syrienne.


2. Les puissances mondiales confrontées à  l’Iran dans les négociations nucléaires, à Istanbul et Bagdad ne sont pas aussi unies que ne le décrit l’Administration Obama, mais, au contraire, elles se scindent en trois camps, entre la Russie, la Chine et l’Occident. Il est, par conséquent, dans l’intérêt de Téhéran de continuer à faire dériver les pourparlers aussi longtemps que possible et d’approfondir ainsi les divisions, de façon à isoler l’Amérique.


3.  Téhéran est parfaitement au courant des plans américains visant à imposer des sanctions plus dures très bientôt, y compris par un blocus aérien et maritime et il n’en est pas très impressionné. En fait, les stratèges iraniens s’activent à calculer des moyens de le contourner. Ils évaluent également que plus les sanctions seront dures, plus élevé sera le prix qu’ils exigereront en échange de toute concession sur le nucléaire. De ce point de vue, des sanctions plus dures permettra à l’Iran de gagner plus de temps et de trouver sa route plus rapidement, afin d’aboutir à la bombe nucléaire.


4. Téhéran perçoit la mise en scène des “Discussions du P7” comme un coin d’un tableau bien plus vaste. Une source iranienne de haut-rang déclare : « Si les négociations ne concernaient simplement que les sujets nucléaires, pourquoi alors y impliquer les puissances principales ? Ces pourparlers auraient pu être directement traités par l’Agence Internationale à l’Energie Atomique, à Vienne. Quoi qu’il en soit, les dirigeants iraniens capitalisent sur ces pourparlers comme leur fournissant un raccourci afin d’obtenir une reconnaissance globale et vaste du statut de la République Islamique comme puissance mondiale de tout premier ordre.


« Nous en sommes déjà à la moitié du parcours afin de le réaliser », se disent-ils à Téhéran.


5. En tenant compte des quatre premiers points, Téhéran pense que c’est lui qui tient le rôle du gagnant et qui peut se permettre de rester ferme, plutôt que de leur donner la moindre consistance, en cédant sur une seule de ses avancées technologiques et nucléaires.

 

La question que se pose Debkafile, c’est : pourquoi le Premier Ministre israélien Binyamin Netanyahou demeure silencieux, face à cette mascarade et semble même marcher, en acceptant que cette farce se poursuive indéfiniment?

DEBKAfile Reportage spécial 12 juin 2012, 10:05 AM (GMT+02:00)

Adaptation : Marc Brzustowski
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commentaires

K
"Pourquoi le Premier Ministre israélien Binyamin Netanyahou demeure silencieux"<br /> <br /> Parce qu'Israël doit maintenant se réserver l'option de la surprise. Surtout si l'intervention implique des troupes au sol telles que les forces spéciales.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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