Partager l'article ! Lettre ouverte à Amos Oz, David Grossman, Rabbin Rafi Feuerstein: Lettre ouverte à Oz, Gross ...
Lettre ouverte : le soutien des intellectuels au boycott d'Ariel alimente la division par des conduites anti-démocratiques
Titre original : Op-ed: Authors supporting boycott of Ariel fuel divisiveness with undemocratic conduct
Par le Rabbin Rafi Feuerstein
Adaptation : Marc Brzustowski
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3950503,00.html
Pour © 2010 lessakele et © 2010 aschkel.info
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Amoz OZ,
A.B Yeshoha
David Grossman
L’une de mes deux mains saisit impulsivement le clavier de l’ordinateur, alors que je rédige la lettre suivante :
Aux honorables écrivains : A.B Yehoshua, Amoz Oz, David Grossman et leurs collègues,
Je présume que vous ne le savez pas, mais vos livres occupent une position honorable dans la bibliothèque de ma maison. « Voyage vers les 1000 profondeurs » et « Retour d’Inde », à côté de « Ici et là sur la Terre d’Israël », « Paix parfaite », « les Terres du Chacal », et bien sûr, « Une Histoire d’amour et de Ténèbres ». « Quelqu’un avec qui courir », « Estimer la valeur de l’amour » et, bien sûr, « Une femme court après le message ». Ce n’est là, bien sûr, qu’une liste partielle. Lorsque les fidèles de ma synagogue où j’officie en tant que Rabbin visitent ma maison, ils aperçoivent vos livres tout près des livres saints qui emplissent mes étagères.
N’allez pas penser que vos livres sont entrés dans ma maison sans la moindre hésitation, du fait que je ne sois pas d’accord avec vous sur une très large gamme de sujets. Et je sais que votre grand talent confère une grande force à vos idées. Je sais également à quel point il est facile, pour les jeunes, d’être bouleversés. Et quand bien même… Je ne les ai pas interdits, je ne les ai pas bannis ; j’ai même préféré choisir de savoir que mes enfants et mes étudiants connaîtraient les voix plurielles des autres qui s’expriment dans la société israélienne. J’ai choisi de vous écouter et de traiter avec votre vision du monde, dans ma maison, dans ma communauté.
Même si je suis un résident de la Jérusalem indivisible, l’instauration d’implantations sur la terre d’Israël est une pierre angulaire de ma perspective sioniste-religieuse. Et ma perspective sioniste-religieuse est une pierre angulaire de mon univers spirituel, qui est la force de vie essentielle de mon existence.
Et je réalise à quel point ma manière d’écouter et de débattre sans passer sous silence ou bannir peut vous apparaître étrange. Et vous me répondez, ainsi qu’à de nombreuses maisons religieuses-sionistes qui lisent vos travaux, par le boycott et le bannissement avec des tonalités humiliantes et méprisantes. Je réalise que, dans votre faiblesse morale, votre boycott d’Ariel est une forme de violence (qui, certaines fois, est, malheureusement, justifiée). Je réalise que ma main impulsive qui court sur le clavier s’apprête à formuler un cri en public, envers ma congrégation, à l’intention de mes amis, des rabbins de toutes les communautés du pays, aux responsables des institutions éducatives sionistes-religieuses. Et mon appel envers eux est le suivant : « Bannissez les livres de ces bannisseurs de vos maisons. Réagissez au bannissement par le bannissement. Séparons-nous d’eux et chassons leurs livres de nos maisons, et faisons-en une fête ! Nous ne les brûlerons pas, offense au Ciel, et nous n’humilierons pas. Nous les vendrons de manière organisée, autant que les librairies servent à quelque chose. Nous ne les achèterons plus et ne les lirons plus. Nous nous replierons vers notre clan qui révèlera chaque jour la liste [à proscrire] de ces écrivains talentueux. Réagissez au bannissement par le bannissement, au détachement par le détachement, et ainsi de suite et allons-y donc… »
Vôtre,
Rabbin Rafi Feuerestein
Mais, D.ieu merci, je dispose d’une seconde main, d’une main bien plus habile, qui, elle, essaie de prendre en compte le tableau d’ensemble plus large, et c’est ainsi que cette main formule, finalement, la lettre qui suit :
Honorables écrivains,
Il est regrettable que j’ai dû réaliser que la voix du dialogue n’est pas votre destinée. Dans un moment des plus critiques, vous avez annoncé le bannissement sur une part qui est chère, sainte et importante à la grande majorité de la nation, en tout cas, sur une partie qui a du sens pour elle. Je ne perçois pas ce bannissement que vous soutenez comme l’expression d’une faiblesse morale, mais plutôt comme celle d’une faiblesse intellectuelle. Quand quelqu’un est convaincu de la justesse de ses positions et de la véracité de ses arguments, il est préparé et même intéressé à les faire valoir partout. Au contraire, si son adversaire lui ouvrait sa porte, il entrerait dans sa maison et tenterait de le rapprocher de sa position, lui expliquant sa vision du monde et essaierait même de le convaincre.
Et vous nous avez enseigné depuis des années qu’on ne fait la paix qu’avec ses ennemis. Ne soyez pas désorientés. Même le public sioniste-religieux se trouve dans une position isolationniste, en retrait. Votre appel au bannissement n’amènera personne à changer d’opinion. C’est au contraire, une excellent véhicule pour renforcer celui qui s’est retranché, la position intolérante qui est si répandue dans la société israélienne. Est-ce là, la société ouverte, démocratique à laquelle vous êtes si attachés ?
A la veille du Grand Jour de Sainteté, je vous conjure d’adopter les termes fondamentaux de la prière de Kol Nidreï : “ Au Nom du Seigneur, au nom de la communauté, nous accordons la permission de prier avec ceux qui agissent mal”. Car quels sont vos sentiments au sujet des résidents d’Ariel et des résidents de Judée et Samarie ? On peut supposer, sans risque de se tromper, qu’ils constituent des « malfaisants », ou, au moins, que leur comportement est « mauvais » à vos yeux. Mais, supposons que l’inverse est également juste.
De grâce, adoptez le point de vue globalement inclusif de Kol Nidreï – levez l’interdiction- de façon à ce que la prière se poursuive, « Toutes les promesses et tous les interdits que j’ai promis et interdit – je les regrette tous et souhaite les annuler, de façon à ce qu’ils puissent être permis et expurgés »
Je formule l’espoir que nous pouvons faire de l’année à venir une année féconde de dialogue entre nous. Car je continue à penser qu’il nous reste encore beaucoup à apprendre les uns des autres.
Vôtre,
Rabbin Rafi Feuerstein
J’ai décidé d’envoyer la seconde lettre, bien que je me sente de plus en plus isolé dans cette approche. Une flamme ardente de fanatisme dangereux brûle autour de nous, à notre gauche et à notre droite, parmi les rabbins, écrivains et intellectuels. Les positions telles que celle que je présente sont perçues comme une forme de compromission et d’incapacité à accepter les décisions, un manque de courage en public.
Il me semble que la chose la plus dangereuse et menaçante pour notre existence est l’incapacité à gérer les situations de discorde. Il semblerait que cela fasse partie de notre patrimoine génétique juif ! Ce n’était pas un hasard si le Second Temple a été détruit du fait d’une « haine infondée ». Face aux défis complexes auxquels nous sommes confrontés, sommes-nous incapables d’éradiquer les germes de la haine et de la focalisation ? La paix ne pourra seulement s’accomplir que s’il n’y a pas seulement un semblant de paix parmi nous. Shana Tova.
A tous nos chers lecteurs.
Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?
Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.
En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.
L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.
Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.
La majorité d'entre elle sont trilitères.
Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.
Celle qui nous est demandée chaque jour.
La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.
De cette racine découlent plusieurs mots
Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser
Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges
Sé'hli > intelligent, mental, spirituel
Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre
Si'hloute > appréhension et compréhension
Haskala > Instruction, culture, éducation
Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser
Heschkel > moralité
Si'htanout > rationalisme
Si'hloul > Amélioration, perfectionnement
Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.
Aschkel pour Lessakel.
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