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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 17:09

 

 

LORSQUE SENSIBILITÉ ISRAELIENNE ET PERCEPTION PALESTINIENNE SE CONFONDENT

 


 logojusticebertrand

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info


 

Dans un article publié ce 9 août 2011 dans le journal britannique « The Guardian », Nurit Peled-Elhanan (Professeur de langue et de pédagogie de l’Université Hébraïque de Jérusalem) a présenté son mémoire sur les livres scolaires israéliens de ces cinq dernières années, intitulé : « La Palestine dans les livres d’école israéliens : idéologie et propagande en Éducation ». Elle y développe l’idée selon laquelle le système pédagogique israélien ferait preuve d’une certaine partialité anti-palestinienne. Le point de départ de sa réflexion est un sentiment particulièrement sévère et brutal à l'endroit de la jeunesse israélienne à savoir : « le comportement d’une cruauté de ces soldats israéliens envers les palestiniens", « leur indifférence devant la souffrance humaine » et « la perpétration de ces souffrances ». Aussi, synthétise-t-elle sa problématique de la manière suivante: « comment ces gentilles filles et ces gentils garçons juifs peuvent devenir des monstres une fois qu’ils ont revêtu l’uniforme ». Elle avance alors que cette mutation trouverait sa cause dans l’éducation et dans la façon dont les livres scolaires représentent les palestiniens.

Sa démarche soulève naturellement un certain nombre d'interrogations. Tout d’abord, le postulat concernant la cruauté de l’ensemble de la jeunesse israélienne, est avancé sans la moindre nuance : certains sont peut être cruels, d‘autres moins, et bien évidemment la très grande majorité pas du tout. Par ailleurs, Nurit Peled-Elhanan indique que cette mutation s’opèrerait dès le port de l’uniforme, ce qui est encore une affirmation dénuée de tout fondement ou justification puisque de très nombreux juifs pleurent lorsqu‘ils sont obligés de faire du mal à autrui ou angoissent à l'idée d'être placé dans une situation moralement difficile à gérer.

Dans son étude, elle reproche tout d’abord aux livres d’enseignement israéliens de ne jamais désigner les palestiniens sous cette appellation mais sous celle « d’arabes » à l’exception du contexte du terrorisme. « L’Arabe avec un chameau, dans une tenue d’Ali Baba. Ils les décrivent comme des gens vils, et anormaux, et criminels, qui ne paient pas d’impôts, des gens qui vivent en dehors de l’État, des gens qui ne veulent pas s’améliorer ». « Les palestiniens, ne sont présentés que comme des réfugiés, des paysans primitifs et des terroristes. Vous ne voyez jamais un enfant palestinien, ni un médecin, ni un enseignant, ni un ingénieur, ni un paysan moderne. ».

Sur ce point, force est de constater que les palestiniens se sont toujours eux-mêmes présentés comme étant les « arabes de Palestine », y compris dans la première Charte de l’Olp de 1964 où le terme qui revient systématiquement est « le peuple de Palestine ». Ce n’est que dans la Charte de l’Olp de 1968 qu’ils ont commencé à se nommer « palestiniens » ou « peuple arabe palestinien », c’est-à-dire dans l’ouvrage qui reprend les principes de la première Charte de 1964 appelant à l’éradication de l’entité sioniste au moyen de la lutte armée. Ainsi, l’identité « palestinienne » est imbriquée dans le concept d’éviction violente des juifs de Palestine, ce que les ouvrages pédagogiques israéliens ne peuvent occulter pour être agréable à Nurit Peled-Elhanan.

L’auteur regrette également de n’avoir pas trouvé, dans « des centaines et des centaines » de livres israéliens, une seule photographie montrant un Arabe comme « une personne normale ». Sur ce point, il conviendrait pour Nurit Peled-Elhanan qu’elle précise ce qu’est « une personne normale ». Toujours est-t-il que pour leur part, les palestiniens ne se présentent jamais comme constituant un peuple avec un projet politique, économique, intellectuel et une vision philosophique de l’avenir propre à éclairer le monde… De même, et s’il existe une intelligentsia palestinienne, il est regrettable qu’elle ne s’exprime jamais, ni ne condamne les actes terroristes, ni n’appelle à renoncer à l’action violente, ni ne propose les bases d’une coexistence pacifique.

S’agissant de la création de l’Etat d’Israël, Nurit Peled-Elhanan présente les israéliens comme étant des terroristes. « Les massacres ne sont pas niés, ils sont simplement représentés dans les livres d’école israéliens, dans le long terme, comme quelque chose de bénéfique pour l’État juif. Par exemple, Deir Yassin a été un massacre épouvantable perpétré par les soldats israéliens. Dans les livres d’école, ils vous disent que ce massacre a déclenché la fuite massive des Arabes d’Israël et a donc permis la création d’un État juif, avec une majorité juive. Par conséquent, c’était la meilleure solution. C’était peut-être dommage, mais à long terme, les conséquences pour nous étaient positives»...

Ce manque d’objectivité de la part de Nurit Peled-Elhanan est déconcertant. Tout d’abord Deir yassin n’est pas un exemple parmi tant d’autres, même s’il a donné un message fort aux arabes de Palestine en avril 1948. En outre, cet épisode doit se replacer dans son contexte historique : d'une part, les arabes venaient de refuser le partage de la Palestine (entre un Etat juif et un Etat arabe), d'autre part, les arabes assiégeaient Jérusalem qu’il convenait de ravitaille. L’Irgoun et le Lehi ont donc pris la décision de rouvrir l’axe Tel Aviv Jérusalem en avril 1948. Enfin et surtout le massacre de Deir Yassin a été condamné par Ben Gourion ainsi que par les principales autorités juives : la Haganah, le Grand Rabbinat et l'Agence juive qui ont envoyé une lettre de condamnation, d'excuse et de condoléances au Roi Abdullah. De leur côté, les leaders palestiniens ne s’excusent jamais, ni n’adressent de condoléances ou de lettre de regrets aux autorités israéliennes lors des d’attentats palestiniens contre les personnes israéliennes voire, continuent de rémunèrer les terroristes palestiniens et les familles des martyrs avec l'argent de la communuté internationale (comme l’a annoncé le journal Dailymail de ce 10 août 2011).

Pour Nurit Peled-Elhanan « Les enfants israéliens sont élevés pour servir dans l’armée et intérioriser le message que les Palestiniens sont des gens dont la vie peut leur être retirée en toute impunité. Et pas seulement cela, mais que ce sont des gens dont le nombre doit être réduit. ». Ce parti pris anti israélien est une véritable insulte pour tous les Israéliens qui se battent quotidiennement afin qu'Israël vive et continue d'exister, ainsi que pour tous ceux qui ont perdu un être cher lors d'une opération palestinienne. En réalité, il se pourrait bien que ce soit elle qui ait intériorisé la perception palestinienne et que le message palestinien soit enchevêtré dans sa propre sensibilité, ce qui lui permet de projeter sur les juifs les travers des palestiniens.

Ses prises de position n'en sont pas moins emminemment perturbantes dans la mesure où elle-même a été frappée par le terrorisme palestinien. En 1997, sa fille Smadar âgée de 13 ans a été tuée par un kamikaze palestinien alors qu’elle faisait des courses à Jérusalem. Évoquant cette « tragédie », elle impute encore la faute aux israéliens : « Les attaques terroristes comme celle-ci sont la conséquence directe de l’oppression, de l’esclavage, de l’humiliation et de l’état de siège qu’on impose aux Palestiniens ». Ainsi, et en dépit de sa douleur elle accable encore Israël et la supposée complicité américaine : « le changement, ne viendra que lorsque les Américains cesseront de nous donner un million de dollars par jour pour maintenir ce régime d’occupation, de racisme et de suprématie ». Quant à Israël : « Je ne lui vois que le chemin qui mène au fascisme. Vous avez cinq millions et demi de Palestiniens contrôlés par Israël qui vivent sous un apartheid horrible, sans droits civils ou humains. Et vous avez l’autre moitié, qui sont juifs, et qui de minute en minute perdent leurs droits ».

Il s'agit ni plus ni moins d'un véritable déni de sa propre histoire et de la réalité historique : les palestiniens ne souffraient d’aucune liberté de mouvement avant le déclenchement de l’intifada de décembre 1987. A compter de ce moment, le Hamas est venu prendre le relais de l'Olp qui semblait abandonner le combat contre Israël. C’est alors la multiplicité des attentats palestiniens qui a contraint Israël à se protéger au moyen de checkpoints entre les villes palestiniennes puis, avec la construction de la clôture de sécurité édifiée à compter de l'année 2002.

La sensibilité de Nurit Peled-Elhanan la trahit et lui fait oublier que ce sont les palestiniens qui élèvent leurs enfants dans la haine des juifs mais refuse d'accepter cette réalité et inverse le processus factuel : « Tout ce qu’ils (les israéliens) font, de la maternelle à la terminale, c’est de nourrir, de toutes sortes de façons et à travers la littérature, des chansons, des fêtes et des loisirs, ces idées de chauvinisme patriotique». Selon Nurit Peled-Elhanan, c'est la jeunesse israélienne qui est instrumentalisée par les ouvrages d’enseignement scolaire pour mieux perpétuer une haine des palestiniens alors qu'il n'en est rien. Les israéliens en ont juste peur. Son analyse n'en demeure pas moins profondément attristante.

 

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commentaires

shoshana netzer 15/08/2011 16:33


j'ai 82 ans et je vis en Israel depuis l'age de 19 ans.Je lis ce que cette dame dit de son propre pays, son propre peuple et je reste abasourdie. J'ai ete active, et je fais encore partie de ceux
qui pensent que nous n'aurions pas du investir TOUS les territoires conquis en 67. Mais n'oublions pas que ce sont les pays arabes qui nous entourent qui ont provoque cette guerre: 'chasser les
forces de l'ONU du Sinaie, puis bloquer la detroit de Tiran, puis faire passer des divisions de l'armee egyptienne dans le Sinaie, sans parler des applaudissements de tous les pays arabes. si ce
n'est pas ce qu'on appelle un casus belli alors qu'est ce???etc'est tant mieux si nous avons gagne!
Une juive israelienne qui hait son peuple a ce point c'est revoltant. Israel est une democratie donc le droit a la parole libre lui revient. j'espere qu'il se trouvera dans le monde univeritaire
des voix pour lui repondre.


Gad 15/08/2011 11:04


Très bien vu, Shraga, je l'avais sur le bout de la langue depuis la parution!


Extrait d'un manuscrit sur "le rêve brisé" d'Enderlin :

Après sa justification naturelle (par Erekat), un attentat a, effectivement, lieu (en 1997). Le narrateur (Enderlin) laisse resurgir la douleur d’une mère israélienne : Nurit Peled-Elahan, fille de
Matti Peled, général engagé, depuis 1967, en faveur de la restitution de tous les territoires. Meurtrie par la perte de sa fille de 14 ans, elle lance sa colère à la face du Premier Ministre. C’est
l’unique douleur israélienne exprimée, après la mort de Rabin [dans cet ouvrage] : celle qui se convertit en compassion pour les seules aspirations palestiniennes. Par allusion ou témoignages-choc
(voir celui de David Kimhi, p. 94), la culpabilité se retourne contre le gouvernement israélien. Ce « raisonnement » en boucle a des effets destructeurs sur la société pour laquelle on prétend «
vouloir la paix ». La victime, membre de l’élite, bénéficie d’une « prime à la crédibilité » passant pour incontestable. Nurit Peled-Elahan sera, en 2009, l’une des trois fondateurs, dont Leïla
Shahid,-porte-parole de l’OLP en Europe- du « Tribunal Russel pour la Palestine », inauguré par Stéphane Hessel, « l’indigné », issu du Quai d’Orsay. La liste de parrainage est édifiante
d’orientation à l’extrême-gauche : elle vise la radicalisation des opinions, la politisation du droit (guerre juridique) contre « l’impunité » d’Israël. Une caution de poids pour justifier le
terrorisme par « l’occupation » …


Héléna MASS-WAYSENSON 15/08/2011 11:03


Quand est ce que nous allons arrêter ces malades qui ont la haine de leur "être juif"
Les éditeurs ne s'y trompent pas, ils sont sûrs de gagner de l'argent avec ces élucubrations, plus le mensonge est gros et plus il a tendance à être cru
Je suis abasourdie et mon âge (74 ANS)ne me donne pas la "sagesse" pour accepter cela, je me révolte mais COMMENT
ÊTRE EFFICACE?


Shraga Blum 15/08/2011 10:54


Il faut savoir qui est cette femme. Elle est la fille du célèbre militant "pacifiste" Matti Peled, pro-palestinien notoire,et qui justifia un jour les assassinats de juifs de Judée-samarie au motif
"qu'ils prenaient leurs responsabilités en allant habiter dans ces régions". Triste ironie du sort et gifle cinglante pour ce personnage outrancier, sa petite-fille Semadar z.l.(fille de l'auteur
du livre en question) périt en 1997 dans un attentat terroriste sur la rue piétonne de Ben-Yehouda en plein centre de Jérusalem! Sa mère Nurit déclarait alors "comprendre les terroristes" et mis
par contre toute la responsabilité de la mort de sa fille sur le Premier ministre de l'époque...Binyamin Netanyahou!! Cette femme passe son temps à faire des conférences anti-israéliennes en Israël
et à travers le monde, et son livre, pur produit de sa haine de soi, rencontrera sans aucun doute un vif succès à l'étranger.


sebag 15/08/2011 09:46


si ce que vous rapportez est exact -il faut douter de tout-je trouve affligeant le dénigrement d'un peuple qui se défend pour protéger le peu de terre qui lui a été alloué par les nations et à
l'instar d'autres nations se voit cataloguer de colons. Mais où donc doit vire Israel pour exister? Sur la Lune? CE dénie d'existence de certains juifs est affligeant. Cette attitude outre le dénie
de soit qu'elle démontre montre que la foi reste le vrai moteur de la vie.


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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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