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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 21:25

 

syrie-massacres (Copier)

 

 

Mais où sont donc passés tous nos bons moralistes ?

[Ballade en forme d'épitaphe à Saint Hessel]

 


Par Douglas Murray
11 Mars 2013 at 5:00 am

 

Quand il s’agit d’Israël, chaque mort déclenche une enquête, chaque mouvement provoque des manifestations. Mais quand survient le massacre systématique en Syrie, il n’y a, tout juste, plus qu’un haussement d’épaule à l'échelle mondiale. Aussi les gens ne seront pas vraiment surpris si certains d’entre nous choisissent de faire remarquer que beaucoup de ceux qui poussent des commentaires outragés, quand il s’agit d’Israël, se sont révélés n’être ni des humanistes ni des journalistes, mais, purement et simplement, des militants politiques anti-israéliens ou des tartuffes.

 

La guerre civile en Syrie est, désormais entrée dans sa troisième année, sur le calendrier. Le pire restant à venir, durant les derniers jours, on a estimé que le nombre de personnes tuées en Syrie, depuis le début du soulèvement se situe, à présent à plus de 90 000 morts. Toute mort est une tragédie pour quelqu’un et tous ceux qui lui sont proches ; et un million de morts ne correspondent pas à une statistique, mais à un million de tragédies personnelles. Comment ce fait évident que nous esquissons à peine, ici, peut-il susciter aussi peu de commentaires indignés ?


S’agissant de la Syrie, il existe probablement quelques bonnes raisons pratiques que cela se passe de cette façon. L’une, indubitablement, c’est que les gens sont vite saturés de récits d’actualité qui durent trop longtemps. Comme l’ont démontré les guerres en Irak et en Afghanistan – avec des soldats américains, britanniques et bien d’autres armées occidentales qui s’y sont, après tout, illustrés – l’attention du public et des médias a plutôt été de courte durée. Après une première flambée de fascination, une fois que la nouvelle norme était établie, l’attention des gens s’est détournée ailleurs. La situation en Syrie a, maintenant, trop traîné en longueur pour retenir ne serait-ce que les plus brefs moments d’attention.


Il y a aussi cette circonstance atténuante, qu’en Syrie – comme dans d’autres guerres récentes- les journalistes se sont changés en cibles. Alors que beaucoup de journalistes veulent prendre les mêmes risques que la population dans son ensemble, peu souhaitent rester dans des situations, où ils pourraient devenir l’objectif réel des escadrons de la mort ou du ciblage des RPG. En Syrie, la plupart des journalistes a senti qu’il était difficile d’intervenir, ou, une fois sur place, ne tient pas à rester, et du coup, le volume de prises de vue qui sortent sont nécessairement limités. En l’absence de séquences filmées abondantes, si le récit ne peut pas être visualisé, le récit se fait plus rare, voire il n'existe plus. De toute évidence, nous sommes accros à l'image.


Mais il existe une autre raison, bien plus importante qui explique pourquoi ce récit capte aussi peu l'attention. Il y a souvent des raisons soulignées, immédiates, disant pourquoi une situation ne fait pas l’actualité. Il y a des situations où une tragédie nourrit une cause politique et d’autres où cela risque de l’entraver. Pour certaines personnes, les pertes humaines ne sont pas des tragédies ni des statistiques, mais simplement un bon tremplin pour marquer des points politiques. Comparer les dossiers d’Israël et de la Syrie, c’est l’observer de la manière la plus radicale.


Prenons, par exemple, les configurations les plus hautes, dans toutes les guerres où Israël a été impliqué tout au long de son histoire. Les estimations les plus fortes suggèrent que la Guerre d’Indépendance de 1948 a coûté environ 20 000 pertes au total, soit 20 000 morts pour l’ensemble des deux camps. Les estimations les plus importantes pour les guerres de 1967 et 1973, sont similaires : à nouveau 20 000 et 15 000 respectivement. Les guerres de plus petite ampleur, au Liban et à Gaza, au cours des années, depuis cette époque, ajoutent plusieurs milliers de morts à ce triste total. Mais il y a, en cela, quelque chose de frappant.  


Toutes les guerres impliquant Israël, à travers toute son histoire, ont causé au moins 30 000 morts de moins qu'en Syrie, au cours des deux dernières années seulement. Admettons que vous additionniez ensemble toutes les guerres impliquant Israël, qu’elles se soient produites consécutivement ou en une seule fois. Aurions-nous assisté au même volume de couverture que celle dont nous sommes témoins en Syrie ? Y aurait-il eu plus ou moins de manifestations à travers le monde, engageant des gens de toutes les religions, races et milieux, qu’il n’y en a, à l’extérieur de la Syrie, ces derniers mois ? Les nations du monde, les Nations-Unies et le Conseil de Sécurité de l’ONU seraient-ils restés plus calmes ou auraient-ils été plus agités qu’ils ne l’ont été, lorsque le sujet du voisin d’Israël, la Syrie, a été évoqué, ces derniers mois ?



La réponse à toutes ces questions, c’est que les incursions aériennes et terrestres à Gaza, au cours des dernières années ont, à chaque fois amené des morts – tragiques, toutes autant qu’elles soient- qui ne représentent qu’une petite fraction du nombre atteint en Syrie, depuis que le soulèvement a commencé. Pourtant, le monde, et la presse mondiale, et les mouvements de protestation dans le monde entier, et les gouvernements du monde et les organisations supranationales du monde, ont, à chacune de ces occasions et dans toutes, mobilisé les foules d’une façon qui semblait à l’époque et rétrospectivement, démontrer une obsession qui est probablement, au mieux malsaine, et au pire, l’expression d’un fanatisme taillé d'une seule pièce. Tous ces gens qui prétendaient que de petites incursions à Gaza étaient tout sauf de petites incursions, mais, bel et bien, un « génocide », où sont-ils donc passés, à présent ? Si la mort d’une centaine de personnes est un « génocide », que représente alors, pour eux, la mort de 90 000 êtres humains ?


Comment se fait-il que la différence entre les réactions aux situations tragiques en Syrie et en Israël soit devenue aussi obscène et exagérée ? Il y a, là encore, de nombreuses raisons à cela. D’abord, et la plus évidente, nous somme forcés de conclure encore une fois, que quand des Arabes tuent des Arabes, ce n’est vraiment pas un scoop. Il n’y a que si un Juif est impliqué que cela peut faire l’affaire.


Deuxièmement, on doit prendre en considération qu’il existe une raison stratégique au silence sur la Syrie, quand on le compare à la tour de Babel des opinions au sujet d’Israël. Alors que le taux de morts frôle dangereusement les 100 000 tués, est-il seulement possible que le monde réagisse de manière aussi (in-)différente, en Syrie, parce qu’il ne perçoit absolument aucune solution à y appliquer ? Il voit un dictateur en guerre contre son peuple, mais ne parvient à concevoir aucune voie pour résoudre ce problème. Il ne voit à l’horizon que des dictateurs encore pires, des partis bien plus fanatiques, des factions plus exécrables et des extrémistes religieux bien pires encore.


Mais, quand il s’agit d’Israël – et là, nous touchons aux fondements de cette Tour de Babel- le monde pense qu’il y a une solution. Quiconque est en charge des affaires d’Israël –Olmert, Netanyahou ou qui que ce soit- la réponse dans l’esprit du public reste la même. Et le monde, en général, pense, de plus en plus, que la réponse est extrêmement simple. Le problème, pensent-ils, c’est Israël. Et c’est devenu un lieu commun que si la presse, les hommes politiques, les organisations internationales et les ONG, qui pensent de cette façon exercent suffisamment de pression, ils seront finalement capables de mener les choses à leur toujours même conclusion heureuse et parfaitement illusoire.


Quand les gens parlent “de génocide” à Gaza, ils cherchent à persuader le monde d’intervenir (si un « génocide » est en train de se produire, comment ne le ferait-il pas ? Il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé au Rwanda). Pourtant, lorsqu’il s’agit de la Syrie, la majeure partie du monde semble bien content de rester simple spectateur. Quand il s’agit d’Israël, chaque mort déclenche une enquête, chaque mouvement provoque des manifestations. Mais quand survient le massacre systématique en Syrie, il n’y a, tout juste, guère plus qu’un haussement d’épaule à l'échelle mondiale. Aussi les gens ne seront vraiment pas surpris si certains d’entre nous choisissent de faire remarquer que beaucoup de ceux qui poussent des commentaires outragés, quand il s’agit d’Israël, se sont révélés n’être ni des humanistes ni des journalistes, mais, purement et simplement, des militants politiques anti-israéliens ou des tartuffes.

 

http://www.gatestoneinstitute.org/3617/who-are-these-moralists  

Adaptation : Marc Brzustowski

 

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commentaires

shoshana 12/03/2013 17:48

que faire? l'histoire se repete en prenant toutes les formes possible. Ce n'est plus de mise d'etre antisemite dans son propre pays, c'est meme interdit, parait-il!? nais etre anti Israel alors ca
c'est parfait!

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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