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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 21:26

 

 

 

Corbis-42-20289732

 

Merci Hafez al-Assad

Par Caroline B. Glick

Jerusalem Post, 24 May 2013 

  http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Column-One-Thank-you-Hafez-Assad-314197

 

Adaptation française de Sentinelle 5773 ©

 

 

 Face à l’incompétence américaine abyssale, Assad a déjà franchi toutes les lignes rouges suivies par son père et lui depuis plus de 40 ans.

 

Les menaces provenant de Syrie sont devenues véritablement effrayantes. Depuis quelques jours, le ministre de la Défense du front intérieur Gilad Erdan a été averti de façon répétée qu’il est certain que des centres de population israélienne seront frappés par des missiles balistiques syriens et que nous devons nous préparer aux pires scénarios, dont des attaques d’armes chimiques lancées par des missiles Scud sur les métropoles d’Israël.

 

Mercredi dernier, le commandant en chef des Forces Aériennes, le Major Général Amir Eschel a énoncé les préoccupations d’Israël d’un point de vue militaire. Le risque d’une guerre se déclenchant à tout moment est extrêmement élevé. La Syrie dispose d’un arsenal massif comprenant des missiles anti-aériens sophistiqués, des missiles anti-navires et des missiles terrestres. La Syrie a aussi de grandes réserves d’armes chimiques et biologiques, une artillerie sophistiquée ainsi que d’autres composantes d’une large force militaire conventionnelle.

Eshel avertit : « La Syrie s’effondre sous nos yeux. Si elle s’effondre demain, nous pourrions trouver son vaste arsenal dispersé et pointé contre nous ».

 

Dans ce cas, dit Eschel, la Force Aérienne devra opérer à 100 % de sa capacité pour ouvrir une voie aux forces terrestres qui opèreront en Syrie et prendront en charge les armements pour les empêcher d’être dispersés ou utilisés contre Israël.

 

Le Chef d’Etat Major Général le Lieutenant Général Benny Gantz a averti qu’Israël pourrait facilement se retrouver à devoir se battre dans une guerre sur trois fronts dans le futur proche. Nous devrons probablement combattre la Syrie, le Liban et l’Iran – dont le programme nucléaire continue d’avancer vers sa réalisation, nullement perturbée par les menaces vides des USA et de l’Europe.

 

La Syrie est dans un état d’anarchie parce qu’il n’y a pas les bons gars en position de vaincre. Le président syrien Bashar Assad est l’un des plus dangereux dirigeants dans le monde. C’est un soutien majeur des groupes terroristes. Il a permis  que al Qaïda et le Hezbollah utilisent la Syrie comme base logistique dans leur guerre contre les forces américaines en Irak. C’est un vassal de l’Iran. Il est allié du Hezbollah. C’est un assassin de masse.

 

Depuis la guerre civile commencée il y a deux ans, la dépendance totale d’Assad envers l’Iran et le Hezbollah – ainsi qu’à l’égard de la Russie – a été démontrée à la vue de tous. Il y a peu de doutes, quels que soient les contrôles que les USA furent capables d’exercer contre lui  avant que la guerre civile ne débutât : ils n’existent plus. Et s’il survit au pouvoir, il sera complètement indifférent à la pression des USA et se comportera donc plus violemment qu’il ne l’a fait avant le début de la guerre.

 

Pourtant, malgré toute cette attitude horrible d’Assad et la présomption raisonnable que ses actes ne feront que devenir plus violents et dangereux après chaque jour passé au pouvoir, l’aspect le plus parlant de la guerre civile syrienne est qu’Israël, les USA et l’Europe sont incapables de décider s’il est la meilleure ou la pire des alternatives.

Parce que se tenant à l’opposé d’Assad et de ses protecteurs iraniens et du Hezbollah, il y a al Qaïda.

 

La semaine dernière, nous avons été gavés d’analyses d’informations et d’histoires sur la façon dont les forces d’al Qaïda combattant Assad, volent aujourd’hui en éclats. Selon des rapports détaillés et haletants, le groupe al Qaïda « modéré », le Front Al-Nusra », est débordé par la fraction extrémiste d’al Qaïda en Irak. Cette dernière est venue en Syrie et prend le contrôle des opérations, à la grande consternation de leurs frères modérés syriens d’al Qaïda.

 

Mais à la réflexion, depuis qu’aussi bien les gars d’al Nusra et d’al Qaïda en Irak sont loyaux envers le chef d’al Qaïda Ayman al-Zawahiri, et que Zawahiri a dit aux gars d’al Qaïda en Irak de partir en Syrie et comme al Qaïda en Irak a formé et financé le Front Nusra, la raison pour laquelle tout ce beau monde vole en éclat n’est pas claire du tout, ni que quiconque serait contrarié en quoi que ce soit.

 

A part la révélation de la stupidité pathologique des Services d’information occidentaux, la tentative de faire la distinction entre les bonnes et les mauvaises forces d’al Qaïda combattant Assad souligne la futilité de la tentation de choisir son bord dans cette horrible guerre, qui a déjà provoqué la mort de plus de 94.000 personnes.

 

A ce stade, malgré la campagne réussie d’Assad pour restaurer son contrôle sur Qusair, ville stratégiquement vitale proche de la frontière libano-syrienne, la plupart des évaluations indiquent que la guerre n’est pas clairement terminée. Les parties peuvent fort bien s’enliser dans un combat contre l’autre pendant des années. 


Une fois encore, comme le ministre de la défense Moshe Yaalon l’a dit, il est aussi possible que cela se termine rapidement.  


En bref alors, personne ne sait comment la Syrie va sortir de la guerre, tous les chefs politiques et militaires israéliens savent que, en toute hypothèse, la situation en Syrie est dangereuse et hautement inflammable.


De plus, chacun sait que le conflit peut se répandre de deux manières, qui ne sont pas mutuellement exclusives.


D’abord, aussi bien les forces gouvernementales et leurs alliés chiites, ainsi que leurs opposants d’al Qaïda, pourraient attaquer Israël. Les deux parties ont clairement intérêt à attaquer Israël, puisque la seule chose sur laquelle ils sont d’accord, c’est de voir Israël détruit. Il en est de même pour les Palestiniens de toutes les parties, aussi bien pour Assad et ses alliés chiites et ses opposants sunnites, attaquer Israël est une manière garantie de se gagner le soutien du public.

 

Ce danger s’est déjà matérialisé. Les forces d’Assad ont tiré sur une Jeep de Tsahal patrouillant près de la frontière cette semaine, et se sont précipitées pour vanter l’affaire – et leur version exagérée du résultat – auprès des media. Des forces rebelles ont tiré à vue vers Israël, et ciblé des forces de l’ONU le long de la frontière, en les accusant de prendre le parti d’Israël.


Comme Eschel l’a montré clairement, le second danger, c’est que les armes en Syrie prolifèrent loin et sur une large échelle. Des officiels des USA ont déjà admis qu’ils ont perdu la trace de la plus grande part de l’arsenal des armes chimiques de la Syrie.

 

La semaine dernière, ‘PJ Media’ a rapporté qu’un informateur s’apprête à divulguer une nouvelle information au sujet de l’attaque du 11 septembre 2012 par al Qaïda contre le Consulat des USA à Benghazi. L’ambassadeur Chris Stevens et trois autres membres du personnel américain ont été assassinés au cours de l’attaque. L’informateur rapporterait que Stevens avait été envoyé à Benghazi dans le cadre d’une tentative secrète du Département d’Etat pour racheter des missiles anti-aériens Stinger que al Qaïda avait reçu du Département d’Etat pendant la campagne de 2011 menée par les USA à la tête de l’OTAN pour renverser le régime de l’ancien dictateur Mouammar Khaddafi.


Comme Khaddafi avait été vaincu, son arsenal massif d’armes terroristes s’est diffusé à travers la région, et en particulier en Syrie et à Gaza.


Si les armes syriennes sont pareillement dispersées, le désastre libyen paraîtra l’équivalent militaire d’un genou écorché.


La partie la plus responsable de la guerre civile syrienne barbare et prolongée qui entraînera très certainement Israël dans une guerre régionale, ce sont bien sûr les Syriens eux-mêmes. Mais le second acteur le plus responsable de ce désordre est l’administration Obama.

 

Depuis le début, les USA n’avaient qu’une seule bonne option pour l’intervention.


Ils auraient pu opérer conjointement avec Israël pour détruire les arsenaux syriens de missiles et confisquer ses armes de destruction massive.


C’est là le seul pari sûr pour les USA.


Toute autre action provoquait des risques élevés.


Plutôt que de prendre la décision du pari sûr, à chaque étape clé, l’administration Obama a choisi l’action la plus dangereuse avec le résultat le plus faible possible.

 

Par exemple, plutôt que de bâtir activement une armée d’opposition fondée sur les transfuges de l’armée syrienne, les Kurdes et d’autres forces relativement modérées, Obama a sous-traité la formation de l’opposition syrienne au Premier ministre islamiste turc Recyp Tayeb Erdogan.

 

Comme Israël et d’autres l’avertissaient, Erdogan a utilisé sa puissance de contractant des USA pour bâtir une opposition dominée par les ‘Frères Musulmans’, dont l’idéologie est largement indisctincte de celle d’al Qaïda. C’était la domination des Frères Musulmans sur les forces d’opposition syriennes qui a ouvert la voie à l’entrée et à la domination d’al Qaïda sur les forces d’opposition.

 

Après qu’Obama se soit assuré que les forces pro-occidentales n’avaient aucune chance de contrôler une Syrie post-Assad, il autorisa la Russie à faire empirer les choses. Plutôt que de menacer le président russe Vladimir Poutine de façon crédible pour l’empêcher de fournir des missiles anti-aériens S-300 à la Syrie, Obama resta coi et ne fit rien pour bloquer le transfert imminent à la Syrie d’un système capable de renverser le jeu.

 

Et comme Eschel en a averti, les batteries anti-aériennes avancées syriennes, qui menaceront la supériorité aérienne d’Israël, augmenteront profondément la probabilité qu’Assad attaque Israël.

 

Face à l’incompétence américaine abyssale, Assad a déjà franchi toutes les lignes rouges suivies par son père et lui depuis plus de 40 ans.

 

Il a déjà utilisé des armes chimiques. Il a distribué des armements sophistiqués au Hezbollah. Et il a déjà attaqué Israël sur les Hauteurs du Golan. Maintenant qu’il a déjà franchi toutes ces lignes rouges, la seule question pendante est jusqu’où va-t-il escalader ? Equipé de S-300, la probabilité qu’il escalade drastiquement a augmenté vertigineusement.

 

Face à tous les dangers émanant de Syrie, Israël dispose d’une carte maîtresse. Nous avons le consensus : nous devons gagner la prochaine guerre avec la Syrie de façon décisive, à n’importe quel prix. Et pour ce consensus, nous n’avons qu’un homme à remercier : le précédent Hafez al Assad.

 

Dans les années 1990, la Gauche israélienne et l’administration Clinton tentaient de convaincre les gouvernements Rabin, Netanyahou et Barak de céder les Hauteurs du Golan à la Syrie.

 

La seule raison pour laquelle l’initiative échoua était qu’Assad senior rejeta les offres répétées d’Israël de céder le plateau stratégique du Golan en échange d’un morceau de papier avec une face de ‘smiley’ dessus. Si Assad avait accepté les offres d’Israël, nous serions confrontés aujourd’hui à une situation à laquelle nous aurions du mal à faire face.


D’un côté, nous ferions face à une guerre plus que certaine avec la Syrie, avec al Qaïda ou l’Iran contrôlant tout depuis la vallée du Jourdain jusqu’à la baie de Haïfa.


D’un autre côté, nous ferions face à cette menace dans une société fracturée.

 

Pour cacher leur culpabilité d’avoir rendu Israël à tout le moins incapable de se défendre soi-même, ceux qui ont soutenu la restitution du Golan prétendraient que les dangers sont loin. Au lieu d’être libres de discuter la façon de gagner la guerre en Syrie, nous serions enlisés dans des discussions pour savoir si nous avons le droit de combattre en Syrie.

 

En d’autres termes, si ce n’avait été Assad et sa haine inexpiable d’Israël, nous serions confrontés à la même situation avec la Syrie aujourd’hui que celle avec le Liban en 2006 et celle affrontée à Gaza depuis notre retrait en 2005. L’absence de consensus concernant notre impératif stratégique de vaincre nos ennemis à Gaza et au Liban a provoqué l’incapacité de Tsahal de gagner dans ses campagnes sur ces deux théâtres d’opérations.

 

Aussi, arrivés à ce point cruel, alors que nous sommes confrontés à la perspective certaine d’une guerre avec la Syrie et que notre seul allié se comporte comme un taureau ivre dans un magasin de porcelaine, nous pouvons remercier un homme pour notre capacité continue à répondre à ce défi effrayant :

 

Merci Hafez Assad. Votre haine nous a sauvés.

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commentaires

Cat Ola Hadacha 30/05/2013 10:48

Magistrale demonstration. Merci Caro, merci Gad !!

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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