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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 19:29

 

Les soldats d’Assad (et des combattants du Hezb ? ) se pavanant dans les champs de ruines de Qousseir après la prise de la ville. Mohammad Azakir/Reuters

 

Message depuis les ruines de Qusair


Par Charles Krauthammer


07 juin 2013, The Washington Post


http://www.washingtonpost.com/newssearch/search.html?st=krauthammer&submit=Soumettre+la+requ%C3%AAte 

 

Adaptation française de Sentinelle 5773 ©


Mercredi, Qusair est tombé sous le contrôle du régime de Bashar al Assad en Syrie. Qusair est une ville stratégique qui relie Damas avec le cœur du pays alaouite d’Assad sur la Méditerranée, avec ses ports et sa base navale russe. C’est un changement stratégique majeur. Les forces d’Assad peuvent désormais avancer sur des zones dominées par les rebelles vers la Syrie centrale et du Nord, y compris Alep.


Pour les rebelles, c’est une énorme perte de territoire, de moral et de leur corridor d’approvisionnement vers le Liban. Personne ne sait si ce revers de fortune sera le dernier, mais chacun sait qu’Assad a désormais la main gagnante.

 


Sens du phrasé. 

Ce qui a modifié le sens de la bataille a été une intervention extérieure éhontée. Une entité du Hezbollah renforcée, bien entraînée, bien armée – de ce groupe terroriste shiite qui domine le Liban et obéit à l’Iran – à traversé vers la Syrie et a expulsé les rebelles hors de Qusair, que l’artillerie syrienne a transformé en une ruine fumante.


Il s’agit d’une immense victoire non seulement pour Téhéran mais aussi pour Moscou, qui soutient Assad au pouvoir et met à haut prix son port en eaux profondes de Tartous [Tarse, la ville natale de St Paul dans l’antiquité chrétienne, NdT], seule base militaire de la Russie en dehors de l’ex Union soviétique. Vladimir Poutine a positionné un dizaine de bateaux de guerre russes au large ou plus encore, protégeant davantage son avant-poste stratégique et son client syrien.


Les perdants ? La Turquie membre de l’OTAN, principal soutien des rebelles ; la Jordanie, allié arabe le plus proche de l’Amérique, se noyant maintenant avec un demi million de réfugiés syriens , et les alliés de l’Amérique dans le Golfe, principaux fournisseurs d’armes aux rebelles.


Et les Etats Unis, dont le président avait déclaré en passant que Assad doit partir, qu’il a perdu toute légitimité et que sa chute n’est qu’une affaire de temps, apparaît non seulement incapable mais nul.


Le président Obama ne veut pas que les USA débarquent sur le terrain. Personne ne le veut. Mais entre rien et une invasion, il reste beaucoup d’options intermédiaires : armer les rebelles, aider la Turquie à maintenir une zone de sécurité dans le Nord de la Syrie, clouer au sol la force aérienne meurtrière d’Assad en attaquant les terrains d’aviation – toutes les manières d’appliquer une zone de non survol en détruisant le système de défense anti-aérienne du régime.  

Obama pouvait choisir n’importe quel échelon sur l’échelle. Il n’en n’a choisi aucun. Il y a plusieurs semaines, alors que la fortune de la bataille commençait de changer, l’administration [Obama] laissa fuité qu’elle envisageait, eh bien peut-être, d’armer les rebelles. Et puis rien.


Obama imagine que si l’Amérique n’intervient pas du tout, une guerre civile comme celle en Syrie se poursuivra, en se contenant. Il ne comprend pas que si l’Amérique se retire de la scène, cela crée un vide qui appelle une intervention extérieure hostile. Un rôle de superpuissance dans un conflit régional est dissuasif.


En 1958, le Président Eisenhower - vénéré par les « réalistes » à la mode d’aujourd’hui pour sa retenue stratégique – avait envoyé des Marines au Liban pour protéger le gouvernement pro-américain des menaces de la Syrie et de l’Egypte.


Dans la Guerre de Kippour de 1973, la Russie menaça d’envoyer des troupes au nom de l’armée égyptienne. Le Président Nixon menaça d’une réaction des USA, renforça la VIème flotte [en Méditerranée] et éleva le niveau mondial de l’alerte militaire des USA au niveau DEFCON 3. La Russie recula.


Voilà comment la région fonctionne. La puissance dissuade la puissance. Au lieu de cela, Obama se perd en abstractions vides – comme la « légitimité internationale » - et en conclaves inutiles, comme les conférences des « Amis de la Syrie ».


Assad, au contraire, a un vrai ami. Poutine connaît Obama. Ayant observé la retraite d’Obama en Europe de l’Est, sa passivité face à l’obstruction russe en Iran, sa politique d’agenouillement pour « recommencer », Poutine sait qu’il n’a rien à craindre du président des USA.


Résultat ? L’approvisionnement méprisant de Poutine en armes vers la Syrie. L’Iran toute aussi méprisante, envoie des Gardes Révolutionnaires pour conseiller et soutenir les forces d’Assad. Le Hezbollah envahit la Syrie et s’empare de Qusair.


Réponse d’Obama ? Aucune mise en garde que de telles provocations modifiant l’équilibre déclencheraient ne serait-ce que la moindre réponse américaine.


Même la ligne rouge des armes chimiques d’Obama est une farce. Sa seule déclaration a averti de sa passivité, signalant que rien moins que des AMD (Armes de Destruction Massives) - disons massacrant 80.000 innocents en utilisant des armes conventionnelles - déclencheraient  une réponse des USA.


Et quand cette ligne rouge des AMD a finalement été franchie, Obama a eu recours à une surmultipliée juridique pour l’effacer. Est-il étonnant que Assad et ses alliés soient en pleine offensive – le Hezbollah se joignant sans vergogne à la guerre sur le terrain. La Russie en envoyant une petite armada et des montagnes de matériel militaire, l’Iran avertissant chacun de se tenir à l’écart ?


La réponse d’Obama est d’envoyer son secrétaire d’Etat, chapeau à la main, à Moscou. Et John Kerry revient en pensant vraiment qu’il est parvenu à quelque grande percée diplomatique – une conférence de « paix » que la Russie va dominer et utiliser pour redonner une légitimité à  Assad et marginaliser les rebelles.


Juste pour s’assurer que Kerry a bien compris sa position, Poutine l’a laissé attendre hors de son bureau pendant trois heures. Les Russes savent comment adresser des messages.


Et celui de Qusair est celui-là :


Vous combattez pour votre vie. Vous avez le choix de vos alliés : Obama portant la « légitimité internationale » et une déclaration risible de la Maison Blanche que le « Hezbollah et l’Iran doivent immédiatement retirer leurs combattants de Syrie » ou bien Poutine apportant la protection navale russe, des expéditions d’armes iraniennes et des milliers de combattants du Hezbollah.


Lequel choisissez-vous ?  

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

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Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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