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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 19:22

 

 

MOHAMED LE CONTORSIONNISTE 


 

NINA, pour http://lessakele.over-blog.fr et www.aschkel.info

 

S'il y en a un qui fait parler de lui en ce moment, c'est bien Mohamed El Baradeï.

Quelle arrivée triomphale au Caire le mois dernier ! Si triomphale qu'il n'a pu contenter ses fans en prenant un bain de foule comme il était prévu.
Trop d'amour peut tuer... surtout en Egypte !
 
C'est donc à reculons que l'ancien Directeur de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique et Prix Nobel de la Paix en 2005, a dû faire son entrée. Le temps que ses troupes venues l'accueillir à l'aéroport soient quelque peu refroidies. Il est vrai qu'ils étaient à bout de nerf, les pauvres fans : 2 heures de retard pour l'avion de leur grand homme sans compter l'attente avant,  histoire de de se chauffer un peu, il faut aimer pour ça.

Aimer quoi au juste ? Le changement pour l'Égypte. Coincée entre ses fanatiques frères musulmans qui sont, comme on nous le rappelle sans cesse, i
nterdits mais "tolérés", un archaïsme séculier, une nostalgie très prégnante du nassérisme et des intellectuels qui n'ont au fond, qu'une posture onirique des problèmes de leur pays. Ils rêvent ces pauvres écrivains, artistes, cinéastes... Ils rêvent d'avoir l'Orient et l'Occident comme au temps du protectorat  Britannique en Égypte.

Seulement, comment concilier une Égypte moderne avec un islam rigoriste ? Comment faire adopter des règles simples de démocratie avec le refus de la modernité ? Comment accepter son voisin juif et prétendre être un penseur Égyptien ?

On ne peut pas répondre pour eux. Ils doivent passer par ce marasme et ce despotisme éclairé,  même faiblement, tant que le point crucial, celui qui mène l'Égypte à sa perte ne sera pas réglé : la croissance démographique.

Sans régulation, ce pays verra encore bien longtemps des hordes d'enfants hanter les rues du Caire ou d'ailleurs, des familles vivant dans les cimetières faute de politique immobilière et la désertification des zones rurales qui transforme l'Égypte en vastes bidonvilles.



Il ne faut donc pas s'étonner de la croissance effective des frères musulmans dans la société Égyptienne : ils sont la solution et parfois la seule pour que beaucoup de familles mangent. En contrepartie, elles prient et emplissent les mosquées. En contrepartie, elles adhèrent au fondamentalisme et deviennent autant de troupes de combat pour la théocratie Égyptienne de demain.

Mohamed El Baradei arrive donc comme un vague espoir dans le paysage politique du pays des Pharaons. L'Occident, il connait : il lui a tout donné. L'Orient l'a vu naître et a formé son esprit à l'art du revirement brutal, à la "composition" avantageuse.

Le voici donc rentré au pays, lui qui a si mal œuvré durant son mandat de Directeur à l'AIEA. (12 ans).

Il affirmait, le poing sur la table en Octobre 2007 : "
qu'il n'avait à ce stade aucune preuve que la République islamique d'Iran cherchait à se doter d'une bombe atomique. "Avons-nous vu en Iran les éléments nucléaires qui peuvent être rapidement transformés en arme ? Non. Avons-nous vu un programme actif de militarisation du nucléaire ? Non, Il faut cesser de jeter de l'huile sur le feu !". (Fig du 29/10/2007)

 

PiNUKEchio


Sa seule préoccupation du moment (qui ne relevait certainement pas de son ressort) était sa campagne contre les préparatifs militaires des États Unis dans le Golfe Persique.

Durant
SEPT ANNÉES consécutives, Mohamed El Baradei, aura fait part de ses suspicions sur la volonté de la République théocratique d'Iran, de se doter d'ogives nucléaires et donc d'enrichir son uranium. MAIS il se battra comme le bon juriste de formation qu'il est afin que  : "le doute profite à l'accusé".

Se faire autant balader relève non pas de la stupidité, mais de la passivité criminelle.


Si depuis 2003 l'AIEA est mandatée pour faire des recherches en Iran, son Directeur apparaît pour le moins laxiste alors qu'en 2005, un inspecteur tombe sur une "bombe" : 15 pages de plans industriels décrivant minutieusement le moulage de demi-sphères d’uranium métal enrichi et appauvri, à partir d’hexafluoride d’uranium (UF6, gazeux).
Aucune application au monde autre que la conception d’ogives nucléaires ne peut justifier une telle opération.


UF6 (hexafluoride crystal en 3 D)


D'autre part, la multiplication des sites nucléaires en Iran a été maintes fois prouvée sans que les grandes puissances ne s'en émeuvent. Le pétrole Perse coule à flot et la sécurité d'Israël, la stabilité du moyen-Orient peuvent bien être bradées.

Le pire, dans toute cette affaire, c'est que des hommes au sein de l'AIEA se sont élevés contre les projets funestes des  Ayatollahs, sans que son Directeur n'en semble affecté le moins du monde.

En février 2008, le chef des inspecteurs de l’Agence, Ollie Heinonen, convoque tous les diplomates à l’AIEA et leur présente lors d’un long briefing technique
un impitoyable dossier à charge sur la « possible dimension militaire du programme nucléaire de l’Iran ». Il décrit les tests de détonateurs à haute altitude, les demi-sphères d’uranium métal, les modifications de missiles balistiques Chahab-3 pour emporter des charges nucléaires.

C'est donc couvert de gloire que Mohamed El Baradei s'en revient au pays, porteur d'espoir, adulé par les intellectuels mais un peu boudé par les frères musulmans. Il se peut qu'au soir de sa vie, fatigué et malade, Moubarak ne puisse rien y faire.

Ce serait un désastre bien entendu. Un désastre pour Israël car El Baradei est un antisioniste convaincu et virulent  qui pourra baser sa campagne sur l'esprit revanchard de la rue arabe, longtemps entretenue dans les mythes les plus horribles de l'antisémitisme.

L'Égypte avait, sous Moubarak, montré quelques velléités d'indépendance vis à vis de la Ligue Arabe. Elle avait compris que le Hamas n'était pas nuisible au seul État d'Israël mais à sa  propre politique intérieure. Le Raïs avait réussi à chasser les groupes chiites venant d'Iran et cherchant à imposer peu à peu le modèle du Hezbollah dans son pays.

El Baradeï n'a pas la carrure pour cela. Il pourrait, cependant, mettre au service de son pays ses compétences juridiques pour réformer, au moins, le système judiciaire qui peine à choisir une voie totalement hors de la Charia'h.

Il se dit favorable à la liberté de croyance et défend la liberté de création de partis politiques,
y compris pour les Frères musulmans. Ce n'est plus un clin d'œil, c'est une proposition claire aux intégristes : ouvrir la voie pour la justice sociale et la démocratie,  c'est avant tout servir la soupe aux assassins du Président Anouar Al Sadate, celui qui avait osé la paix avec Israël.

Avec Mohamed El Baradei aux commandes de l'Égypte, il faudra redouter un nouveau front pour Israël. Espérons que Gamal Moubarak devienne soudainement charismatique.

Nina

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commentaires

Y
<br /> El-Baradeï à PA : "Usez de la violence à l'encontre des occupants israéliens, le seul langage susceptible d'être compris par les sionistes".<br /> <br /> <br />
Répondre

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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