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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 16:42

 

 

 Moscou préserve ses acquis libyens et syriens par veto, et rappelle à l’Occident, chevalier blanc, qu’il n’est plus ce qu’il était.

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info


 

Serait-ce le nerf de la guerre qui manque à l’OTAN pour en finir avec la crise libyenne ? Quelles armes morales, économiques, militaires, quels gros yeux pourrait-elle faire, face à l’exemple syrien de survie d’un régime fasciste, qui la joue Tien An Men au quotidien depuis trois mois ?

 

Deux pays d’Europe, la France et la Grande-Bretagne, se sont lancés dans la charge ancien empire, en pleine crise économique. Ils sont flanqués par l’Amérique qui sort à peine d’Irak et se maintient bon an mal an en Afghanistan et d’un total de 8 pays, apportant quelques escadrilles pour maintenir la façade de l’Alliance.

 

Le coût de la guerre commence à peser sur les épaules encore charnues des trois leaders, creusant leurs budgets militaires, face à un multimilliardaire pétrolier, Mouammar Kadhafi, qui vend chèrement sa peau. Au point que l’idée émerge de puiser directement dans les fonds gelés du dictateur, estimés à 45 milliards de $, pour alimenter la guerre contre son propre régime. L’arroseur-arrosé, en quelque sorte. Chaque raid aérien journalier coûte 25 millions de $. Il suffirait de présenter cette saisie comme un moyen de venir en aide à la population libyenne sous le coup des exactions de son bourreau.

 

C’est ainsi que Tim Johnson, président de la Commission des banques au Sénat américain a déclaré, le 9 juin : « la violence incessante en Libye a rompu l’économie du pays et laisse la majorité de la population se battre essentiellement pour obtenir un peu de nourriture à mettre sur la table ».

 

En réalité, l’OTAN a sous-estimé les capacités financières de la partie adverse avant de sonner le glas, pensant le déloger du pouvoir en quelques semaines. Depuis 4 mois, c’est le statuquo ou presque. Certaines capitales européennes commencent à fixer des échéances autour de la fin 2011, début 2012, mais se demandent s’ils auront les moyens de poursuivre. Mouammar Kadhafi, pour sa part, s’est mis quelques réserves de côté pour ses vieux jours : il est probable qu’il a caché l’équivalent d’1 trilliard de $ dans des banques bunkérisées en plein désert libyen. Malgré les bombardements réguliers, il continue de distribuer cette manne à ses troupes, qui ne font que redoubler dans leur résistance à la pression extérieure. Des chefs de tribus gèrent cette fortune depuis ses sanctuaires, ce qui ne fait qu’accroître leur propre prestige tribal.

 

Cette maldonne se concrétise un peu plus à chaque assaut intensif, comme lors des 80 frappes d’un seul tonneau, sur Bab al-Aziziya et Tripoli, ces derniers jours. Elles visaient à créer les conditions d’une mutinerie au sein des troupes loyales à Kadhafi, qui se seraient alors lancées dans la conquête de la capitale pour en finir avec le régime. Mais les bombes se sont principalement abattues sur des bâtiments et bunkers vides, le personnel militaire ayant été préalablement évacué, dès les premiers coups de semonce.

 

Face à ce genre de déconvenues répétées, certains membres, comme la Suède, annoncent qu’ils vont réduire leur niveau de participation. Robert Gates a demandé à l’Allemagne, la Pologne, la Hollande, l’Espagne et la Turquie de mettre un peu plus de cœur à l’ouvrage, mais ses invités ont poliment décliné l’offre.  D’autres ont laissé entendre une certaine « fatigue », face à ce conflit. On tient de grands discours sur le soutien aux rebelles, mais à l’heure de mettre la main à la poche, le cochonnet teinte difficilement de quelques piécettes jaunes supplémentaires.

 

Compter sur une entrée en guerre de l’Egypte relève de la chimère. Le pays des Pharaons est engoncé jusqu’au cou dans les difficultés intérieures, politiques, et économiques, avec une baisse de 50% de ses capacités et de 40% de ses exportations.

 

A force, la position militaire et diplomatique de Kadhafi prend, néanmoins, des coups. La logistique et sa fourniture de moyens encore frais ne suivent pas toujours. La Russie et certains pays de l’Union africaine qui le soutenaient se font prier. Ils cherchent un moyen de le faire partir « proprement », quitte à entamer des pourparlers avec son fils, Saïf-al-Islam, de façon à ce que le leader ne perde pas totalement la face.

 

Mais le calcul russe est ailleurs. Moscou veut donner une leçon à ces impétueux Occidentaux, qui font comme si la Russie n’était plus une des superpuissances dont l’avis et les intérêts comptent. Le Kremlin souhaite leur rappeler qu’on ne part pas en guerre contre une capitale arabe quelconque sans un mandat clair qu’il est en position d’accorder ou de refuser.

 

Si Medvedev et Poutine peuvent, à terme, montrer une souplesse relative pour sortir l’Ouest des sables mouvants libyens, il n’est absolument pas question qu’ils donnent le sentiment de sacrifier leurs anciens alliés aux caprices « pétro-humanitaires » des chancelleries occidentales.

 

En Syrie, la panique s’est emparée du régime Assad, face aux rebelles armés du Nord qui ont vaincu son armée constituée de mercenaires iraniens et du Hezbollah. Parmi les 120 soldats tués du début de semaine, bon nombre n’avaient rien à faire en Syrie. Mais le contrepoids militaire iranien et diplomatique russe lui laisse encore les coudées franches pour parachever le carnage et réduire la Syrie à une sorte de remake cauchemardesque de la Corée du Nord ou de la Birmanie, en plein cœur du Levant.

 

Si la population syrienne veut assurer sa propre survie contre le régime qui l’oppresse, elle ne pourra, vraisemblablement, compter que sur une guerre d’usure menée par des partisans. Les défections et mutineries au sein de l’armée devraient se poursuivre, de même que l’appel d’air des filières, à travers les frontières poreuses des « pays frères »… En aucun cas, du poids des bonnes paroles venues des diplomaties impuissantes. 

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Published by Gad - dans Editorial
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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