Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 10:17

 

 

 

 Ses autres textes :

Banner Alain Rubin

 

 Munich et munichois :

Les limites et la réalité d’une analogie politique 1/3

Par Alain RUBIN

pour aschkel.info et lessakele.

 

Rupture et continuité-  (tiré d'une conférence d'Alain Rubin du 16 février 2009)

 

-           Il y a quelques mois, lors d’une discussion entre amis, les intervenants évoquaient les caractéristiques principales de la situation internationale qu’ils comparaient à la négociation de Munich,  négociation aux conséquences tragiques, comme on sait.

-           Munich, c’était en effet la marche à la guerre mondiale totale, via le détour de quelques mois d’une négociation qui devait éviter la guerre, en « sauvant la paix ». 

-           On n’a pas oublié les résultats effectifs de la real politic de Chamberlain suivie par Daladier ? La Tchécoslovaquie a été sacrifiée. Elle a été jetée en pâture, pour sauver la « paix », pour apaiser l’ogre hitlérien. Mais au lieu de le calmer, l’abandon des Tchèques lui a donné plus d’assurance. Il a aussi donné le temps dont les chefs nazis avaient besoin pour se doter des moyens qui leur manquaient encore en  1938.

-           Face à Ahmadinejad, qui est issu d’un courant de l’islam chiite qui, avec Khomeiny et son maître à penser, verra l’Imam caché, le douzième imam, dans le chef du troisième Reich, et se réjouira de son objectif stratégique de « tuer les Juifs jusqu’au dernier », où qu’il vive

-          Nous avons affaire à des équipes gouvernementales et à des diplomates qui ne veulent pas regarder les choses en face. Nous avons affaire à des hommes politiques cherchant à rassurer les citoyens avec des commentaires alors que leurs tergiversations et leurs reculades renforcent dans leur détermination un homme et un noyau dirigeant qui veulent délibérément la conflagration thermonucléaire et ne s’en cachent même pas, lorsqu’ils affirment vouloir « vitrifier » Tel Aviv.

-          Mais nous avons, face à eux, des sourds volontaires, des personnages politiques et des médias continuant de parler de volonté iranienne de n’accéder qu’à la maîtrise civile, et purement civile, de la fabrication de l’énergie nucléaire, alors qu’ils savent parfaitement que l’énergie nucléaire « civile » est le cache- sexe, réduit à un string rétréci, de la production de l’uranium enrichi destiné à l’arme atomique.

-          Les poltrons et les pleutres de la diplomatie et des équipes gouvernementales se laissent entraîner dans une voie qu’ils savent funeste. Ahmadinejad n’oserait pas utiliser la bombe, -nous débitent-ils. Mais Ahmadinejad n’a pas pour plan de faire forcément partir ses armes nucléaires depuis l’Iran même. Il dispose à cet effet de sous-traitants, prêts à passer des moyens du Shahid à la ceinture explosive classique à ceux du Shahid muni de matériaux « sales » et portables par un homme ou une femme ; moyens issus de la technologie dont la centrale inaugurée il y a quelques jours est destinée à les doter.

-          Répétons-le : Les vecteurs d’Ahmadinejad ne partiront probablement pas d’Iran même. Ses ogives nucléaires, ce sont les hommes des milices du fascisme vert au Liban, et ceux du Hamas et de ses concurrents du Djihad islamique liés à Al Qaïda à Gaza, et ce sont leurs honorables correspondants du Londonistan, du Barbéstan, du Marseillestan ...

 

Alain Rubin 27 août 2010

 

 

Le fond de l’analogie résidait dans cette comparaison qui me semble encore juste : une fausse paix produit de fausses négociations. Question en 2009 : qui est la Tchécoslovaquie?

 Comparaison n’est pas raison. Les situations de 1938- 1939 et 2009 présentent des points communs et des dissemblances évidentes et importantes.

 

   - les différences entre 1938 et 2009 : La principale, c’est l’effondrement du stalinisme. 

Ses avatars et ses annexes ne peuvent prendre la place d’un gouvernement et de partis qui, sur tous les continents, agissaient et parlaient au nom d’une révolution qu’ils avaient dévoyée mais qui conservait un immense prestige.

Ce qui rapproche et distingue les situations : c’est bien sur le pacte germano soviétique, qui prend aujourd’hui l’aspect du front unique, de plus en plus intime, sous prétexte d’antiracisme et de lutte contre les stigmatisations, entre l’islamisme d’une part, les écologistes verts, les « néo gauchismes » à la remorque des débris malodorants du stalinisme d’autre part.

 

-          on n’est plus lorsqu’il était minuit dans le siècle. En 2009, qui occupe le devant de la scène ? Ce n’est plus le stalinisme triomphant des procès de Moscou, qui affirmait sans complexe qu’il édifiait « le socialisme dans un seul pays » formant un sixième des terres émergées. Et ce n’est ni la banqueroute castriste, ni l’aventure sombrant dans la démagogie bonapartiste et policière de Chavez, qui peuvent prendre cette place ; ce n’est pas l’hitlérisme de la nuit des longs couteaux puis de la nuit de cristal ; ce n’est plus les étoiles jumelles à l’œuvre en Allemagne : le KPD et l’organisation berlinoise du NSDAP organisant l’asphyxie de Berlin par la grève générale des transports ; ce n’est plus la peste brune nazies mais la peste verte islamiste ;  ce n’est plus l’extermination des « koulaks », (pas loin de trois millions de paysans ukrainiens), mais c’est la destruction des populations animistes de la région des monts Nouba, puis presque trois décennies de guerre contre les sud soudanais chrétiens provoquant le massacre de deux millions et demi de civils par les successifs gouvernements djihadistes de Khartoum et l’exil d’un nombre équivalent de Sud Soudanais auxquels il convient de rajouter plusieurs centaines de milliers de Darfouri…

-          S’il n’est plus minuit dans le siècle, l’espoir social étant alors étouffé par une prétendue révolution triomphante et ses annexes, peut-être qu’un nouveau minuit politique et moral nous menace, avec la montée de l’islamisme manifestant agressivement des ambitions mondiales totalitaires ? Ces ambitions totalitaires sont exprimées clairement, sans camouflage aucun, dans la charte Hamas qui fonde une internationale du djihad… 

 

Nous étions tombés d’accord, dans cette discussion, pour relier ces éléments munichois à la situation qui est celle d’une guerre d’un genre nouveau, un djihad mondial par d’autres moyens que ceux des tribus arabes des VIIème et VIIIème siècles, avides d’un butin pris sur les impies. Ce qui n’exclue pas cette particularité de se faire jour, à une échelle encore artisanale, dans les prétendues explosions sociales des « banlieues ».

 

Je disais que, pour ce qui concerne certaines forces politiques, dans leur positionnement vis-à-vis du Juif collectif qu’est redevenu Israël étatique, il y a une continuité par rapport aux années d’avant le second conflit mondial et discontinuité.

Pour certains, la discontinuité leur fait franchir des failles politiques qui les apparente à ce que fut la transformation de socialistes en néos socialistes.

 

Si Marx a écrit quelque part que l’histoire se répète, ou plutôt qu’elle bégaie, la première fois en tragédie et la seconde comme farce, il semble bien que la seconde shoah, revendiquée sans état d’âme par les islamismes, menace de faire mentir Marx, et ne pas du tout être une farce.

 

Certains des idiots utiles, devenant chaque jour un peu plus des compagnons de routes des partisans de cette seconde shoah ne s’arrêtant pas en chemin, osent encore se réclamer de Lev Davidovitch Bronstein (Trotski), pour justifier leur dérive inquiétante.

 

1° bis, ouvrons ici une parenthèse, comment Trotski considérait-il la solution sioniste à la « question juive » ?

 

Qu’elle était la position de Léon Trotski sur la renaissance nationale juive ?

 

Revenir à ce que l’homme des soviets de 1905 et 1917 à Petrograd, -le fondateur de la Quatrième Internationale et le rédacteur de son programme-, a écrit à différents moments, sur la question, vous montrera pourquoi je vois, dans les actuels « trotskistes », une variété de ce que l’on appelait, - avant la seconde guerre mondiale, à l’époque du premier Munich (celui de Daladier, Chamberlain et Hitler), les néos socialistes. 

Les néos socialistes, pour beaucoup, finirent la carrière dans la collaboration politique et même militaire avec le nazisme.

 

Les citations que je vais vous lire maintenant surprendrons peut être plus d’un parmi vous, tellement on s’est habitué à ce que trotskisme égale antisionisme à 100%.

 

Elles vous expliqueront pourquoi, pour les trotskismes, LCR devenue NPA, LO et POI, je mets des guillemets à trotskiste ; elles vous montreront aussi pourquoi je parle de ces organisations, comme je viens de l’indiquer, en les qualifiant de « néo », dans le sens que l’on donnera à « néo socialiste » après le congrès SFIO de Royan en 1935, et surtout après les ralliements à la « révolution nationale » menée sous la férule patriarcale du Maréchal Pétain en 1940-1945.

 

En 1934, on demandera à Léon Trotski quelle était sa position sur « la Palestine en tant qu’éventuel foyer national pour les Juifs » et sur « un pays pour les Juifs ». Je répète, nous ne sommes pas en 1945,    après la shoah, mais 11 ans plus tôt.

 

Je cite ici le fondateur de l’armée rouge et de la 4ème internationale, que notre postier de Neuilly sur scène a enterré sans même une larme au congrès qui transformera la LCR en NPA. Mais peut être ne l’a-t-il jamais lu et encore moins étudié, se contentant de quelques résumés succincts entendus de la bouche de l’ancien leader du secteur lettre de l’union des étudiants communistes, l’organisation étudiante du PCF, un dénommé Krivine, je crois.

 

Le fondateur de la future 4ème internationale, je crois que c’est au mois de février 34, en réponse à la question suivante :

 

« Quelle est votre position sur la Palestine en tant qu’éventuel foyer national pour les Juifs ? (…) »

 

Trotski répond :

 

« Aussi bien l’état fasciste en Allemagne que la lutte arabo- juive fournissent de nouvelles occasions de vérifier le principe suivant lequel la question juive ne peut être résolue dans le cadre du capitalisme. J’ignore si le judaïsme peut être reconstruit en tant que nation. (…) L’établissement d’une base territoriale pour le peuple juif en Palestine ou dans tout autre pays n’est concevable que sur une immigration de masse. (…) On peut prévoir que cela pourrait se réaliser soit sur la base d’une entente mutuelle, soit par le recours à quelque tribunal international qui prendrait en main cette question et la réglerait. » (Tome 3 des œuvres complètes, page 221-222)

 

 Vous observerez que pour le fondateur de la 4ème internationale, la « renaissance nationale juive » n’a rien d’illégitime. Elle n’est pas un colonialisme et n’est pas non plus une spoliation. Non. Son objection essentielle au sionisme vient d’un scepticisme, quand à ses capacités de rassembler un nombre suffisamment important de Juifs sur un même territoire. A l’inverse, il pense : que seule une révolution prolétarienne victorieuse pourrait reconstruire le judaïsme en tant que nation.

 

Après les décisions de la SDN de 1920 et 1921 et l’amoindrissement de l’espace du « foyer national » par le mandataire britannique, est-ce que le vote de division territorial de l’ONU en 1947, résultant du refus arabe d’un état commun aux Juifs et aux Arabes, partageant un bout de la « Palestine historique », -c'est-à-dire en réalité un bout de l’ancienne Judée, puisque la « Palestine historique » n’est rien d’autre que ce fragment qui fut la Palestine du mandat britannique-, est-ce que ce vote majoritaire des états représentés aux Nations Unies continuant la SDN, n’était pas en réalité ce que Trotski appelait : « le recours à un tribunal international qui réglerait cette question après l’avoir prise en main ? »

 

Je me répéterai certainement, en disant ceci : Entre Trotski et ses épigones, LCR/NPA, LO, POI en France, SWP en Grande Bretagne, PST en Argentine, Warschawski et Cie en Israël, etc. on est dans le même rapport qu’entre les socialistes des années 30-40 et les néo socialistes munichois devenus admirateurs du « socialisme brun » du NSDAP d’Adolphe Hitler...

 

Concernant Trotski, était-on devant une prise de position accidentelle, une réponse irréfléchie, un lapsus ou une volonté de faire plaisir à quelque interlocuteur ?

 

Faire plaisir n’était pas le genre d’un homme de pensée approfondie doublé d’un homme d’action, qui ne mâchait pas ses mots et choisira une vie d’errance et d’expulsions plutôt que se soumettre au pouvoir bureaucratique et aux délices du pouvoir pour le pouvoir.

 

Le 18 janvier 1937, le grand révolutionnaire persistait :

 

 Il expliquait, que le judaïsme est un peuple et non une confessiondont la cristallisation en état politique serait une théocratie, comme l’expliquera au moment du meurtre sauvage d’Ilan Halimi, le défunt Lambert, le chef « trotskiste orthodoxe » à vie, le chantre de la « continuité » du programme de la quatrième internationale. Il justifiera ainsi l’absence de son parti au moment de la manifestation consécutive à l’assassinat d’Ilan Halimi ; c’est aussi le genre d’explication  de Warschawski et de ses semblables en Israël.

 

Ces gens confondent sciemment, et souvent par ignorance combinée à la mauvaise foi, Israël et Pakistan.

 

Relisons, ou lisons Trotski dans le texte, et nous verrons tout de suit que ses admirateurs alliés de Hamas n’ont pas grand-chose en commun avec le vieux révolutionnaire.

 

1937, on pourrait nous objecter que la montée vers la shoah, qu’il pressentait avec lucidité, affectait son raisonnement politique. Remontons encore à nouveau jusqu’en 1934.

 

Ma seconde citation est encore de février 1934 (œuvre complète Tome 3 Page 220) :

 

Trotski s’y exprime au sujet des événements d’août 1929 de Jérusalem, Safed et Hébron.

Le grand-père de Leila dite « Martyre », l’ancienne déléguée générale de l’autorité palestinienne en France, a alors préparé méthodiquement un vaste massacre de Juifs. Pour ce faire il utilise la provocation et le faux. Il fait pour cela distribuer en tract une carte postale ; elle montre la mosquée Al Aqsa, sur laquelle flotte le drapeau du Ichouv (le futur emblème national israélien). Husseini accuse les Juifs : de vouloir s’emparer de la mosquée bâtie sur l’ancien temple de Salomon reconstruit sous Hérode et d’où Mahomet, lors de son « voyage nocturne » depuis la Mecque, se serait envolé pour être reçu et adoubé par les prophètes juifs en tant que leur seul et ultime successeur…

 

Le journaliste Albert Londres a décrit à l’époque, -il était sur place-, avec précision, ces événements qui se traduiront par des massacres sauvages, à Hébron, Jérusalem et Safed (voir son ouvrage de reportages, « le Juif errant s’est arrêté »).

 

C’était un vaste pogrome, classique par sa violence et son organisation, mais, par ses motivations et les formes de sa violence débridée, c’était un de ceux dont la terre d’islam n’a jamais été avare et dont elle avait l’exclusivité ; ce fut donc un pogrome bien caractéristique de la terre de la dhimmitude, cette terre où le Juif était toléré, comme un afro américain était toléré en Alabama avant que s’imposent les lois civiques.

 

Mais les ancêtres politiques de nos PCF, LCR/NPA, LO, POI, y virent, ou plutôt voulurent y voir un soulèvement révolutionnaire anti impérialiste, après quelques hésitations que leurs descendants politiques ont oublié. On les comprend.

 

Témoin direct des débordements organisés de violence bestiale de Jérusalem, -ville majoritairement juive même dans sa partie orientale-, de Hébron et de Safed, le Parti Communiste Palestinien est appuyé, dans sa prise de position initiale, par Sméral. L’homme est l’ancien leader, le Jaurès, du parti social démocrate tchèque. Il devient le fondateur et le futur président du parti communiste de Tchécoslovaquie et un des hommes de la direction de la nouvelle internationale.

Bohumil Sméral est, en 1929, le délégué de l’Internationale Communiste auprès du Parti Communiste Palestinien qui soulignera, je cite : que ces violences n’étaient pas dirigées contre « l’impérialisme britannique », mais contre les Juifs en tant que tels.

 

Le PCP et le délégué de l’IC caractérisèrent donc l’action du Mufti Husseini comme étant des manifestations chauvines et réactionnaires.

 

Mais l’exécutif de l’internationale communiste, c'est-à-dire Staline, qui n’étaient pas sur place, dénonça la position du PCP et de Sméral son délégué. L’exécutif de l’Internationale Communiste affirma, à l’opposé complètement, je cite : « qu’il s’agissait de mouvements anti impérialistes provoqués par l’impérialisme britannique et son agence sioniste ». (Voir œuvres complètes de Léon Trotski, Tome 3, page 221)

 

Couper des mains, éventrer, égorger, décapiter des personnes sans défense, sans arme aucune et hostiles au recours à la force, tuer des hommes, des vieillards, des femmes et des enfants, défoncer les portes de leurs maisons pour perpétrer sur eux ces meurtres furieux, pour Staline et les siens, c’était un mouvement anti impérialiste ! 

Les pseudos trotskistes qui défilent avec le Hamas, le Hezbollah, avec leurs hommes ou leurs sympathisants parisiens ou argentins, chaussent allègrement les lunettes au verre dépoli et les brodequins cloutés de Staline et de ses gardes chiourmes du goulag.

 

Un mouvement anti impérialiste, le pogrome organisé par le mufti Husseini, allié politique du nazisme et future partenaire militaire de ce dernier pendant le second conflit mondial.

C’est ce que décidèrent de voir, depuis Moscou, les précurseurs de nos alliés de Hamas : les hommes ivres de haine, -plongeant leurs mains avec délice dans le sang coulant à flot des massacres et des mutilations sauvages des victimes du vaste pogrome-, c’étaient de bons et courageux combattants de la noble cause anti impérialiste.

 

Notons ici que les « lambertistes », ces prétendus défenseurs de la continuité du trotskisme de Trotski, se retrouvent, ici, sans complexe, avec les crypto staliniens de la défunte LCR et aux côtés des débris du stalinisme fidèle à lui-même, même si, plus hypocrites, ils ne défilent pas bras dessus-bras dessous avec les jeunes femmes voilées et niquabisées et aux côtés des activistes du Tabligh et du salafisme vociférant « mort aux yahoud !Mort aux yahoud, partout !. »

 

Cinq ans plus tard (février 1934), on interrogera à nouveau Trotski. On lui demandera son opinion sur les sinistres événements de l’été de 1929. Donnons- lui encore la parole. 

En écoutant la réponse qu’il donne à la question, nous constatons que sa réponse n’a pas variée.

 

Question :

 

« Le parti communiste officiel a caractérisé les événements entre Juifs et Arabes de 1929 en Palestine comme un soulèvement révolutionnaire des masses arabes opprimées. Que pensez-vous de cette politique ? »

 

Toujours nuancé, le vieux révolutionnaire répond à son interlocuteur :

 

(…) Malheureusement, je ne connais pas assez les faits pour me risquer à donner une opinion catégorique. Je suis en train d’étudier cette question. Il me sera plus facile ensuite de me prononcer et de déterminer dans quelle mesure sont représentés des éléments comme, d’une part, des partisans de la libération nationale- anti-impérialistes- et, de l’autre, des musulmans réactionnaires et pogromistes antisémites. Apparemment, il semble que tous ces éléments étaient présents. »

 

Trotski se tâtait, il cherchait la vérité. Le stalinisme lui, n’hésitait pas.

En 2009, les pseudos trotskistes, comme les staliniens honteux du PCF n’hésitent pas.

 

Pour mémoire, revenons encore à ce qui s’était passé. En  quoi consistaient « les événements du mois d’août 1929 entre Juifs et Arabes » ?

 

Citons un témoin direct. C’est le grand et populaire journaliste Albert Londres, l’homme qui fit abolir le bagne de Cayenne. Il écrit, décrivant dans son livre, « le Juif errant est arrivé », ce qu’il a vu sur place. 

 

Je le cite :

 

« Le 23 août, jour de la Saint Barthélemy, les sicaires du mufti husseiny défilent : 

«  (…) À la main un bâton ou un poignard lame nue ; ils scandent : 

La religion de Mahomet

Défend son droit par l’épée

Nous défendons par l’épée

Le prophète Mahomet. (…) »

 

En 14 pages, l’écrivain décrit les assassinats ; il dénonce ces meurtres sans excuse, ces rituels de haine furieuse, quasi pathologique, ces mains coupées, ces têtes tranchées, ces viscères arrachés des flancs d’hommes vivants, ces yeux crevés et arrachés. 

Albert Londres stigmatise les assassinats sauvages. Il décrit ces crimes prémédités, perpétrés par des meutes humaines. Il stigmatise ces crimes que des hommes fanatisés, ne pensant plus, perpètrent contre leurs voisins Juifs. Ces voisins qu’ils tuent en cherchant à faire souffrir, souvent ils les connaissent personnellement et les fréquentaient, avant de faire irruption dans leur maison pour les massacrer, les hommes devant leur famille, les mères devant les enfants qui ne seront pas épargnés. Des voisins de toujours montrent qu’une haine fanatique rompt toute retenue et anéantit tout lien de sympathie réciproque.

 

Albert Londres devait sûrement faire mauvais ménage avec le stalinisme.

Il posera dans son livre la question suivante, en concluant sa relation des massacres furieux qui ensanglantèrent Hébron, Safed et Jérusalem :

« C’est ce que l’on appelle un mouvement national ».

 

 Revenons à Trotski.

En février 1937, à l’occasion de sa dénonciation des procès de Moscou et du rôle que Staline y fait jouer aux Juifs en tant que boucs émissaires, coupables de tout ce qui n’allait pas en URSS, l’organisateur de l’armée rouge écrit :

 « (…) je ne peux pas dire ce qu’il adviendra des Juifs dans quelques centaines d’années, pas plus que je ne sais ce qu’il adviendra des Mexicains (…) je sais peu de choses sur les problèmes intérieurs de la vie juive. Je peux dire que, sous l’ordre socialiste, les Juifs aussi peuvent et pourront vivre leur propre vie de peuple, avec leur propre culture qui a connu un développement important dans les dernières années. »

 

Je veux citer la conclusion de son article, elle reste très actuelle, face à la logorrhée haineuse des épigones de Trotski, alliés ou amoureux de Hamas, -Hamas ce digne successeur du Mufti Husseini et de ses tueurs fanatiques lancés contre leurs voisins, telles des meutes de chiens affamés et enragés à l’occasion du pogrome de l’été 1929.

 

Ecoutons encore Trotski :

 

« (…) si un groupe de Juifs maintient qu’il veut vivre sous le socialisme dans la culture juive qui leur permet de vivre conformément à leurs façons et à leur esprit, pourquoi ne pourraient-ils pas le faire ?

La concentration en un endroit compact est nécessaire au développement culturel (…) si des Juifs le veulent, le  socialisme n’aura aucun droit de le leur refuser. »  (Tome 12, page 122)

 

Ce que je vais vous citer tout de suite après a été déclaré, je le rappelle, en janvier 1937, trois ans après la prise de position que je viens de vous lire :

 

« (…) D’un autre côté, les Juifs de différents pays ont crée leur propre presse et développé la langue yiddish comme un instrument de communication adapté à la culture moderne. Il faut donc tenir compte du fait que la nation juive va se maintenir, pour toute une époque à venir. Aujourd’hui les nations ne peuvent exister sans un territoire commun. Le sionisme est précisément né de cette idée. (…) le conflit entre Juifs et Arabes en Palestine prend un caractère toujours plus tragique et toujours plus menaçant. »

 

On est, chez Trotski, aux antipodes du défunt Lambert autant que du véloce postier de Neuilly sur scène et de la kyrielle de staliniens (à peine honteux d’avoir soutenu le régime qui assassina au moyen d’une famine organisée depuis le Kremlin des millions de paysans ukrainiens coupables d’avoir possédé une ou deux vaches, staliniens à peine honteux d’avoir soutenu le gouvernement Pol Pot assassin de près de deux millions de cambodgiens enfermés dans des camps de la mort par le redressement) ou de fils du stalinisme qui se trouvent le plus souvent derrière les sites les plus agressivement antisionistes. 

 

Fin de la 1ère partie

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis