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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 09:38
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Checks points, palestiniens, Israel

Accord-Hamas-Fatah.jpg

Mythes & Réalité du Proche-Orient : la réconciliation Hamas/Fatah,

Par Dr Mitchell G. Bard

(directeur de la Jewish Virtual Library)

Traduction Fabien MIKOL

pour © 2011 www.aschkel.info

-

Mythe :

« La réconciliation Hamas/Fatah ouvre la voie aux négociations de paix avec Israël. »

Réalité :

            En s’unissant pour la première fois depuis 2007, le Hamas et le Fatah, contrôlant respectivement la Bande de Gaza et la Judée-Samarie, ont théoriquement rendu plus réaliste la perspective d’une négociation d’un accord de paix définitif avec Israël. Auparavant, Israël a négocié exclusivement avec le Fatah qui, même s’il l’avait voulu, n’aurait pas pu signer un accord mettant fin au conflit puisque le Hamas s’opposait à une telle paix avec Israël.

            Le pacte de réconciliation, signé en Egypte le 4 mai 2011, rassemble les deux directions palestiniennes au sein d’un gouvernement intérimaire jusqu’à ce que les élections parlementaires longtemps retardées puissent être tenues. L’ancien président Jimmy Carter et d’autres ont soutenu que ce pacte « aidera la démocratie palestinienne et établira la base d’un Etat palestinien unifié … capable d’établir une paix sûre avec Israël » (543). En pratique, toutefois, l’accord de réconciliation fait bien peu pour créer le cadre d’un Etat palestinien démocratique et rend la paix avec Israël virtuellement impossible à atteindre.

            Aucun des deux partis n’a montré quelque intérêt pour la démocratie. Le Fatah a repoussé à répétition les élections prévues, principalement de peur de les perdre face au Hamas comme lors des dernières élections. Les deux partis, entre-temps, ont régné de manière autocratique et violé les droits humains des Palestiniens sous leur contrôle. Le Hamas demeure engagé dans la création d’un gouvernement islamique de style iranien et a entretenu un environnement oppressif à Gaza tout autant pour les non-musulman que pour les musulman.

            La politique intérieure concerne moins Israël que l’antagonisme résolu du Hamas à l’encontre de la paix. Les officiels du Hamas ont répété qu’ils étaient engagés à la destruction d’Israël et ont dit que leurs vues n’avaient pas changé lors de la réconciliation avec le Fatah. Après la signature de l’accord, l’un des dirigeants du Hamas, Mahmoud Zahar, a répété de nouveau le refus de son organisation de reconnaître Israël et d’abandonner la résistance armée, mentionnant la croyance selon laquelle une telle reconnaissance « annulerait le droit de la prochaine génération à libérer le territoire »(543a).

            Plus encore, les dirigeants du Fatah ont bien précisé qu’ils n’attendaient pas du Hamas qu’il modifie son attitude envers Israël. Nabil Shaath, un conseiller de haut rang du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a déclaré que demander au Hamas de renoncer au terrorisme et de reconnaître Israël était « injuste, impraticable et dénué de sens » (544).

            La future coopération sécuritaire entre le Hamas et le Fatah menace aussi de devenir une inquiétude majeure à la fois pour Israël et les Etats-Unis. Washington a dépensé à soi seul 542 millions de dollars depuis 2005 dans l’entraînement et l’armement de la Force de sécurité nationale de l’Autorité palestinienne en Judée-Samarie, une force qui a gagné en légitimité opérationnelle avec Tsahal pour ses efforts de contre-terrorisme (545). Grâce au pacte d’unité, l’appareil sécuritaire du Hamas – qui se vante lui-même de viser activement Israël – sera intégré dans la force de l’Autorité palestinienne, conduisant fondamentalement à la fin de l’engagement palestinien contre le terrorisme (546). Plus encore, l’accord requiert du Fatah qu’il libère des centaines de militants du Hamas actuellement emprisonnés en Judée-Samarie, un geste qui poserait de sérieux risques sécuritaires pour Israël et anéantirait la confiance construite auparavant entre l’AP et Israël par l’arrestation de ces hommes (547). Le premier ministre Benjamin Nétanyahou a remarqué que cette clause de l’accord signifierait « un immense coup porté à la paix et une grande victoire du terrorisme » (548). Le danger pour Israël s’est aussi accru en résultat de la décision égyptienne d’ouvrir sa frontière avec Gaza, facilitant ainsi le trafic d’armes du Hamas.

            La décision de réconciliation semble être d’abord tactique et contrainte par les circonstances plutôt que par une communauté de vues. Le Fatah s’est progressivement affaibli en Judée-Samarie et sa corruption est notoire. Constatant l’émergence d’une ferveur révolutionnaire contre ce genre de corruption, les régimes autocratiques craignent un soulèvement contre eux et imaginent qu’un accord d’unité assouplira la rue palestinienne. Le Fatah souhaite aussi presser l’ONU à déclarer unilatéralement la reconnaissance d’un Etat palestinien et s’inquiète du fait que des pays ne disposent d’une excuse pour voter contre les Palestiniens si ceux-ci sont divisés. Le Hamas est aussi incité à travailler avec ses rivaux par crainte de perdre une base majeure de soutien si le régime d’Assade tombe en Syrie, et aussi par sa foi qu’il pourra s’emparer de l’Autorité palestinienne de l’intérieur si des élections sont tenues et s’il lui est permis d’étendre ses ramifications plus profondément en Judée-Samarie.

            Il reste à voir si la réconciliation prendra vraiment place et persistera dans la durée. Les efforts précédents avaient sombré dans la division du pouvoir et de l’idéologie. Le fait que le Hamas ne se soit pas rétracté de ses positions sur Israël, sur l’islam ou sur ses revendications de pouvoir réduit la probabilité que ces factions demeurent longtemps unies.

            Malgré tout, le Quartet a clairement établi les conditions sous lesquelles il pourrait travailler avec le Hamas, à savoir la reconnaissance par le Hamas du droit d’Israël à exister, le rejet du terrorisme et l’acceptation d’honorer les accords israélo-palestiniens passés. Le Hamas a refusé de remplir ces conditions et par conséquent le Quartet doit dédaigner le gouvernement d’unité naissant (549).

            La décision du Fatah d’abandonner la voie de la paix et de se joindre à des terroristes appelant à une lutte armée devant apporter la destruction d’Israël ne fait pas que menacer le bien-être des Palestiniens. Après avoir constaté le boom économique de ces dernières années, en grande partie grâce à Israël et au soutien international, le monde devrait vraisemblablement reconsidérer son soutien à un gouvernement incluant des terroristes. Les Etats-Unis pourraient à présent être contraints par la loi de mettre fin à toute aide envers l’Autorité palestinienne. Selon la représentante parlementaire du Comité des Affaires étrangères Ileana Ros-Lehtinen (Parti Républicain), « la loi actuelle interdit d’utiliser l’argent des contribuables américains pour financer [des organisations terroristes] » (550). Le sénateur Robert Menendez (Parti Démocrate) a rédigé une pétition, cosignée par 27 autres sénateurs démocrates, appelant le président Obama à suspendre l’aide annuelle de 500 millions de dollars à l’Autorité palestinienne tant que le Hamas n’aura pas renoncé au terrorisme (551).

            Au bout du compte, les Palestiniens doivent s’unir pour atteindre leurs objectifs nationaux, mais en autorisant les terroristes du Hamas, du Djihad islamique et du Front Populaire de Libération de la Palestine à devenir membres du gouvernement, le Fatah s’est distancié lui-même encore davantage de ceux qui ont travaillé pour créer une Palestine indépendante (552). Les Palestiniens doivent en effet se réconcilier – mais avec Israël, non avec le Hamas.

            Les dirigeants israéliens, qui ont supplié les Palestiniens d’accepter une solution de deux Etats, ne voient à présent plus personne avec qui négocier. Ainsi, plutôt que d’améliorer les perspectives d’une fin au conflit, les Palestiniens ont fait un nouveau pas s’éloignant de la paix et de la réconciliation avec leur voisin, et confirment que les négociations demeureront dans les limbes et l’Etat palestinien un rêve.

Notes :

543 Jimmy Carter, "Support the Palestinian Unity Government",Washington Post, (May 3, 2011).
543a JPost Staff, "Zahar: Hamas will Accept Palestinian State on '67 Borders", Jerusalem Post, (May 11, 2011).
544 Tzvi Ben Gedalyahu, "Advisor to Abbas: Hamas has No Need to Recognize Israel", Arutz Sheva, (May 4, 2011).
545 Ethan Bronner, "Accord Brings New Sense of Urgency to Israeli-Palestinian Conflict", The New York Times, (May 5, 2011).
546 Elliott Abrams, "The End of the 'Peace Process'", Council on Foreign Relations, (May 6, 2011).
547 Avi Issacharoff, "Gaps Between Hamas, Fatah Loom Large Despite Unity Deal", HaAretz, (May 4, 2011).
548 Tovah Lazaroff, "Netanyahu: Fatah-Hamas Unity a Blow to Peace", Jerusalem Post, (May 4, 2011).
549   Ethan Bronner, "Hamas Leader Calls for Two State Solution, but Refuses to Renounce Violence", The New York Times, (May 5, 2011).
550 Jennifer Rubin, "Interview with Rep. Ileana Ros-Lehtinen (Part 1)", Washington Post, (May 4, 2011).
551 Wire Staff, "Half of Democratic Senators Urge PA Aid Cut Off",JTA, (May 8, 2011).
552   Wire Staff, "Palestinian Factions Sign Unity Deal in Cairo", Ahlul Bayt News Agency, (May 4, 2011

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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