Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 09:50

 

 

ANALYSE-A-LA-UNE

L’Iran pend un homme soupçonné d’avoir livré des informations aux services secrets israéliens, au beau milieu d’une crise au sommet de l’Etat et dans la rue.

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 L’Iran pend un homme reconnu coupable d’espionnage pour Israël
Selon l’Agence officielle de presse iranienne IRNA, l’Iran a ordonné la pendaison, mardi matin, d’Ali Akbar Siadat, soupçonné d’avoir livré des informations à Israël, au sujet des bases de missiles des Gardiens de la Révolution.
Il a été pendu, ce mardi 28 décembre à la prison d’Evin, de sinistre réputation. Il aurait eu des contacts avec les services israéliens durant 6 ans et perçu 60 000 $ d’émoluments, après avoir établi le contact avec une Ambassade israélienne à l’étranger. Aux dires de l'acte d'accusation, il aurait rencontré ses contacts dans des hôtels en Turquie, Thaïlande et aux Pays-Bas et aurait été arrêté il y a deux ans, avec son épouse, en tentant de quitter le pays.
Dimanche dernier, 26 décembre, un autre iranien, dont l’identité n’a pas encore été révélée, a également été condamné à mort pour les mêmes motifs, selon les termes du procureur Abbas Jafari Dolatabadi.
Il semble qu’il s’agisse-là de la première diversion officielle depuis l’assassinat de l’expert nucléaire et informatique Majid Shahriari et des graves blessures subies par un autre savant atomiste, Fereydoun Abbassi, fin novembre 2010.

 

FILE - In this file photo of Thursday, Dec. 17, 2009, Iranian Vice-President Mohammad Reza Rahimi, right, accompanies President Mahmoud Ahmadinejad in his departure ceremony as he leaves Tehran's Mehrabad airport for Copenhagen to attend the U.N. Climate Summit. The allegations in Tehran aim high: Iran's top-ranked vice president facing charges of high-level corruption that could force him to stand trial. But it's the fallout that could prove most stinging for President Mahmoud Ahmadinejad. The claims _ hitting one of Ahmadinejad's most trusted political partners _ hold the potential for serious mudslinging that could blast open the rivalries within the president's conservative camp. (AP Photo/Vahid Salemi, file)

Le "Bras droit" d'Ahmadinedjad Mohammed Reza Rahimi, accusé de corruption
Durant ce temps, Mohammed Reza Rahimi, le vice-président iranien, associé direct et conseiller le plus écouté de Mahmoud Ahmadinedjad est accusé de corruption à haut-niveau, ce qui devrait l’amener à être traîné devant un tribunal. Cette mise en examen pourrait constituer la piqûre mortelle la plus directe qui ait jamais atteint les toutes premières loges du cercle rapproché autour d’Ahmadinedjad. La crise menace d’éclater en rivalités ouvertes au sein même du camp le plus radical et conservateur en Iran. L’un de ces rivaux se trouve précisément être à la tête de l’appareil judiciaire, alors que, dernièrement, une pétition de parlementaires circulait pour obtenir le nombre suffisant de voix afin d’invalider la Présidence d’Ahmadinedjad par une mesure d’empêchement, mais elle n’avait pas atteint le quorum nécessaire.
Le coup est sévère sans menacer directement l’homme qui a pris en main le destin de l’Iran depuis les élections truquées de juin 2009. Ses liens sont trop puissants avec le réseau militaro-économique conduit par les Pasdaran qui étrangle le pays et il dispose de la bénédiction du Guide Suprême Khamenei.
La démission récente de Manouchehr Mottaki, alors Ministre des Affaires étrangères, s’inscrit directement dans ces luttes de pouvoir au sommet de l’appareil, puisque celui-ci est un allié proche du Président du Majliss, ou erzatz de Parlement iranien, qui affronte Ahmadinedjad, Ali Larijani. Lors de son départ, Mottaki a été ovationné par 260 parlementaires, contre 30 pro-Ahmadinedjad, un véritable camouflet et geste de défi contre le Président. A l’éviction du précédent, la Justice iranienne a donc répliqué par la mise en accusation du proche du Président, Rahimi. Son impact ne devrait pas être ressenti sur le court terme, mais plutôt en prévision des élections parlementaires de 2012.
Les luttes internes pourraient, néanmoins rester sporadiques à ce stade, du fait que le Gouvernement iranien est confronté à sa plus grave crise économique depuis 30 ans. Même des radicaux du clan Ahmadinedjad ont jugé ouvertement que les mesures de suspension nette des subventions, arrêtées depuis le 20 décembre, provoquaient une hausse des prix excessive et trop rapide.

1043051-gf.1293291304.jpg
Plus de 30 villes connaîtraient des mouvements de cessation de travail, de la part des ouvriers de l’industrie, des mineurs et des chauffeurs routiers. « A bas le despote » est leur cri de ralliement et ils parlent de « situation explosive ».. Les motivations semblent autant de caractère social que politique. Les travailleurs tentent de créer de nouvelles unions syndicales indépendantes, en se rassemblant face au Majliss. Cet élan syndical attire plus de 2 millions de personnes du secteur public. Là où les anciens leaders faisaient très attention de se tenir à distance de toute mise en cause politique, la jeune génération pense ouvertement que, sans réforme politique, il n’y aura pas d’amélioration des conditions de vie des travailleurs.

aleqm5hkzmb_podbg8tfyv21vrccqmbala.1292779462.jpg
A Téhéran, les chauffeurs réclament la libération de Mansour Osanloo et de Reza Shahabi, leurs dirigeants syndicaux, dont le second vient de mettre un terme à sa grève de la faim de 60 jours, exprimant sa protestation contre son internement arbitraire.
Les usines pharmaceutiques, textiles et de céramique sont fermées pour cause de grève à Qazvin : les ouvriers du textile n’ont pas perçu leur salaire au cours des 11 derniers mois, leur compagnie étant totalement sous tutelle de l’Etat.
A Golestan, les mineurs ont stoppé la production de charbon sur plusieurs sites : Qishlaq et Roudbar, notamment. Les exploitants de 21 sites miniers sur 42 dans la région n’ont pas été payés, la société minière étant propriété du gouvernement. On observe des marches de protestation à Ardebil, avec des mouvements de solidarité entre ouvriers et étudiants.
Dans les villes portuaires de Bandar Abbas, Bushehr et Khorramshahr, les chauffeurs routiers en grève ont provoqué une congestion massive dans les produits d’importation qui ne sont plus acheminés. Ici, l’objet de la protestation concerne l’augmentation de 25% du prix de l’essence ; beaucoup de chauffeurs routiers, propriétaires de leur véhicule, pensent que cela va ruiner leur affaire.
Une grève générale affecte au niveau national, aussi bien les ouvriers que les directeurs d’usine de l’Agence des céréales et farineux, ce qui pourrait conduire, à brève échéance, à une rupture de stocks dans les boulangeries. Des actions identiques sont observées dans l’industrie de raffinerie du sucre, à Haft-Tapeh, dans l’aciérie à Ahvaz, et au compexe pétrochimique de Mahshahr.
petrol-station-fire-in-iran.1292784026.jpg
La réduction des subventions touche de plein fouet les couches de la population à bas salaire. Le coût de la vie pourrait brutalement augmenter de + de 20%. Des milliers d’affaires du secteur privé ont dû mettre la clé sous la porte. Le Ministre du Travail reconnaît que 3000 emplois par jour sont perdus. Et l’aventurisme d’Ahmadinedjad en politique étrangère est la cible des critiques et des mots d’ordre qui s’échangent par le bouche à oreille. Tous les éléments sont en place pour un affrontement à moyen terme entre le monde iranien du travail et le régime khomeniste d’Ahmadinedjad, des Gardiens de la Révolution et du Guide Suprême, Ali Khamenei.
Les médias étrangers ne prêtent que peu d’attention à ce qui se profile en Iran, en cette période de fêtes en Occident. Les pendaisons orchestrées par les Pasdaran tiennent lieu de "jeux du cirque", mais le peuple a faim... de pain et de justice élémentaire. 
Partager cet article
Repost0

commentaires

rubin alain 28/12/2010 19:34


les millions de manifestants de juin 2009 -défiant la dictature dans les rues de Téhéran et de plusieurs dizaines de villes- annonçaient une crise de nature révolutionnaire.
Les actions "économiques" de grève de masse de la classe ouvrière, et celle du mouvement ouvrier syndical en reconstruction le confirment.
Ahmadinejad et son "comité central" d'apparatchiks" pendeurs et knouteurs répondent par la violence et... Tout est de la faute aux Juifs.
En bon disciple de Khomeiny, l'admirateur d'Hitler, il agit comme l'okhrana, la police politique du tsar, qui voulait rassurer son chef en mettant sur le compte des Yévreï (les hébreux/leS
Juifs)les grèves de masses devenant la révolution de 1905 et amenant le Soviet des délégués ouvriers de Pétrograd, véritable organe de double gouvernement issue de la Démocratie ouvrière.
Pour donner de la vraisemblace à ses délires la police politique du Tsar écrira le "protocole des sage de sion".
Le protocole d'Ahmadinejad, ce sont les potences pour les "espions sionistes"... Sans eux, tout irait bien en Iran.


Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis