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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 21:04

Non à la politique d’endiguement

 
Adaptation française de Sentinelle 5770
L’idée  “d’endiguement” semble marginaliser toute perspective précédente de frappe militaire préventive contre les installations nucléaires de l’Iran.
Des indications se multiplient sur la décision du gouvernement Obama de faire monter sévèrement la pression sur Israël : la construction à Jérusalem Est pourrait être liée à la politique de facto des USA d’éviter une confrontation militaire avec Téhéran.
 
Bien que les officiels américains le démentent publiquement, on a vu au cours des semaines récentes les signes croissants d’une réconciliation des Etats-Unis avec un Iran nucléaire.
 
L’idée « d’endiguement » – fondée sur la conception que ce qui a fonctionné pendant la Guerre Froide avec l’URSS et la Chine fonctionnera avec les mollahs aujourd’hui – semble marginaliser toute perspective récente de frappe militaire préventive contre les installations nucléaires de l’Iran si, ou plutôt quand, l’effort actuel de négociation et de sanctions sera en échec reconnu. L’idée semble être que quand un Iran nucléaire surgira, il sera dissuadé d’utiliser directement sa capacité nucléaire ou de l’exporter à ses semblables du Hezbollah et du Hamas.

Dans une analyse récente d’informations, le journaliste du ‘New York Times’ Davis Sanger a cité intégralement le dernier titre de ‘Foreign Policy’, intitulé « Quand l’Iran disposera de la bombe », et a déclaré simplement que « le gouvernement est engagé en faveur de l’endiguement désormais – bien qu’il souligne que l’augmentation de sa puissance défensive dans le Golfe est destinée à dissuader une attaque conventionnelle de l’Iran ».
 
Et alors que la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, intervenant à la conférence politique du Comité des Affaires Publiques Amérique Israël - AIPAC – la semaine dernière, a déclaré pas moins de quatre fois de suite qu’un Iran pourvu de l’arme nucléaire serait « inacceptable », elle s’abstint néanmoins de mentionner directement la possibilité d’une intervention militaire.
 
Les révélations cette semaine de l’ordre donné par le président Mahmoud Ahmadinejad de lancer bientôt deux nouvelles usines nucléaires, à construire à l’intérieur de montagnes pour les protéger d’une attaque, n’ont pas provoqué une réponse plus agressive des USA.

L’un des principaux partisans de « l’endiguement » est Zbigniew Brzezinski, conseiller national à la sécurité de Jimmy Carter, et partisan enthousiaste d’Obama qui mis en garde contre les retombées d’une frappe militaire sur l’Iran.
 
Sur cet arrière-fond, la réaction délibérément excessive du gouvernement Obama à l’extension d’un quartier religieux à Jérusalem Est peut être interprétée comme un avertissement à Israël de l’interruption du soutien inconditionnel de Washington dans tous les domaines. Comme Stephen Hayes le formule dans un article récent du ‘Weekly Standard’ : « Vous croyez que nous avons surréagi à une construction de maisons crachées à la face à Jérusalem ? Essayez de bombarder l’Iran. »
  
En fait, Brzezinski, qui a travaillé à un dossier politique avec le secrétaire d’Etat à la défense Robert Gates en 2004 au Conseil pour les Affaires Etrangères, a déclaré dans un entretien avec ‘The Beast’ en 2009 que les Forces Armées des USA abattraient des avions de chasse israéliens s’ils allaient à l’encontre des ordres américains et attaquaient des installations nucléaires iraniennes.
 
Dans le cadre de la stratégie émergente américaine de l’endiguement, Israël poussant à une intervention militaire pose une lourde responsabilité. Une frappe militaire israélienne sur les installations nucléaires iraniennes sans le soutien des USA est presque hors de question. Israël aurait besoin de la permission des USA pour survoler l’Irak, pour recharger en combustible et réparer les avions de combats des Forces Aériennes d’Israël sur les bases régionales de l’armée US. Même si Israël devait décider qu’il est obligé d’agir et d’une certaine façon de réaliser sans l’aide technique des USA, il est désormais incertain de savoir si les USA soutiendraient Israël au Conseil de Sécurité de l’ONU et au-delà, dans d’inévitables conséquences et dénonciations diplomatiques, économiques, diplomatiques.   
 
Pourtant Israël doit continuer de résister à l’endiguement. Un Iran nucléaire ne fait pas que remettre en cause l’équilibre de la puissance au Moyen-Orient et d’enhardir les islamistes dans leur lutte de rapaces contre l’Occident ; c’est une menace existentielle pour Israël.
 
Même si l’on croit que Téhéran est suffisamment “pragmatique” pour ne pas frapper directement l’Etat juif dont il recherche ouvertement l’élimination, personne ne peut garantir que le Téhéran fondamentaliste ne glissera par une bombe rudimentaire ou du matériel au Hamas, au Hezbollah ou à un réseau inspiré par al Qaïda.
 
La compromission avec les mollahs antisémites et anti-occidentaux, qui se considèrent en phase ascendante et peuvent revendiquer des millions de partisans, ne peut être comparée  à la contrepartie de la Guerre Froide, avec ses apparatchiks soviétiques âgés, idéologiquement en faillite. La confrontation actuelle ressemble davantage à la décision de Hitler en 1936 d’envoyer des troupes allemandes en Rhénanie – violant avec une détermination belliqueuse le traité de Versailles – alors que la France et la Grande-Bretagne se tenaient coites.

Comme les attentats à la bombe dans le métro russe l’illustre de nouveau, l’islam radical est loin de perdre son élan, et il menace la liberté partout – pas seulement à Jérusalem, mais à Moscou et à Washington. « L’endiguement » ne l’émasculera pas.  
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commentaires

G
<br /> Merci Lestat, pour ce lien et cet exposé.<br /> Une doctrine reste une doctrine, ensuite, elle se complique chaque fois qu'elle entre en conflit avec la réalité. Celle-ci sert aussi aux altermondialistes de tous poils pour justifier que<br /> l'Amérique a inventé Ben Laden et tutti quanti. Et que donc c'est bien le capitalisme sous toutes ses formes et Israël comme son agent traitant au Moyen-Orient qu'il faut abattre.<br /> Après, et malgré ses propres avoeux relatés dans le Nouvel Obs (précisément), on peut aussi dire que le diable est sorti de sa boîte et que ce genre de théories de la Balkanisation du Moyen-Orient<br /> a échappé à ses concepteurs, qui s'en servaient tant qu'il s'agissait de repousser l'influence soviétique en Afghanistan et Asie Centrale. Que cette menace a pris son autonomie et sert ses propres<br /> buts, bien loin de complaire à l'Amérique. Autrement dit, que le Hezbollah, Hamas et, dans une certaine mesure al Qaeda au Yémen, dans la Péninsule arabique, en Somalie, au Maghreb, sert bien plus<br /> les intérêts de l'Iran, voire du Pakistan contre l'Inde et plus vraiment e l'Arabie Saoudite ou de l'Egypte, par exemple, que ceux des Américains qui s'y trouvent, de fait, confrontés. Que les<br /> choses se ont amèrement compliquées depuis 1989. Et que les simplifications ne sont plus de mise. L'autre point, c'est quela Russie et la Chine se sont adaptées à ce genre de menace et que, par<br /> exemple, les Etats-Unis pouvaient croire que les pays d'Asie Centrale allaient rallier l'OTAN entre 1991 et 2010, ce qui n'est absolument pas le cas, mais qu'ils ont cherché leur propre autonomie<br /> entre les 3 blocs, tout en demeurant dans le giron de la Russie ou de la Chine pour le Khirgiztan.<br /> Israël joue également un jeu serré de rapprochement graduel avec la Russie et la Chine, à travers le contrepoids de l'Inde. De fait, l'hégémonie américaine est,pour partie, contenue et très<br /> inférieure dans ses ambitions à ce qu'elle pouvait projeter par une quelconque théorie des dominos en 1989, année de la chute du Mur de Berlin.<br /> On dit aussi que le FSB n'a pas été en reste, en ce qui concerne al Qaeda, puisqu'il aurait embauché Ayman al-Zawahiri, formé en Russie, autour de 1997. L'Iran peut avoir intérêt à se ménager la<br /> Chine comme client et la Russie comme fournisseur. Idem pour la Syrie qui soufre de la fin de la guerre arabe avec Israël. On a des exemples frappants de ratage d'une stratégie américaine avec la<br /> Turquie, qui loin de se raccorder à l'Europe, file le parfait amour avec l'Iran et la Syrie et se tourne résolument vers l'Est. Turquie quia des intérêts communs avec la Russie sur le Gaz pour<br /> saigner l'Europe comme vache à lait.<br /> Bref, les retournements d'alliance, les double-jeux sont monnaie courante et croire qu'un schéma écrit il y a plus de 30 ans aurait encore une efficience imparable sur le terrain, c'est manquant<br /> quelque chose à ses devoirs d'observation...<br /> <br /> <br />
Répondre
L
<br /> Un bon papier daté de 2009 de Noémie grynberg pour Israel magazine sur l'ami Brzezinski :<br /> <br /> <br /> http://noemiegrynberg.e-monsite.com/rubrique,la-doctrine-brzezinski,327522.html<br /> <br /> Petit extrait :<br /> ---------------<br /> La doctrine Brzezinski : l'arme islamiste, instrument géostratégique américain.<br /> <br /> <br /> En résumé, Brzezinski veut normaliser les relations avec les pays islamiques et les inclure dans la stratégie asiatique des Etats-Unis contre la Chine, son nouvel ennemi. Il serait prêt à<br /> sacrifier<br /> tout le Moyen-Orient pour promouvoir son Front Islamique afin de contenir l'Empire du Milieu. La reprise des négociations avec les mollahs iraniens constitue la première phase de la réalisation<br /> de<br /> son plan.<br /> <br /> Apparemment, une frange du parti démocrate américain ne voient pas le danger de soutenir des mouvements islamistes anti-russes dont les actions à terme peuvent se retourner contre les<br /> Etats-Unis.<br /> Israël se retrouve de ce fait un pion infiniment négligeable sur l'échiquier géopolitique.<br /> <br /> <br /> Cette doctrine explique l’orientation de la gouvernance mondiale actuelle. La défense des intérêts américains devient un objectif supérieur qui justifie tous les sacrifices, notamment celui<br /> d'Israël. Au vu de cette théorie politique sous-jacente qui défend une sorte de nouvelle Guerre Froide, on comprend mieux les positions défendues par les Etats-Unis au Moyen-Orient et leurs<br /> véritables motivations à long terme dans la région. De ce point de vue, les récentes demandes de l'administration Obama rentre parfaitement dans le cadre de la politique Brzezinski à savoir<br /> l'éradication de pays ne représentant pas d'intérêts vitaux ou sécuritaires pour les Etats-Unis au profit d'alliance leur assurant un contrepoids de choc face au géant russe ou chinois,<br /> véritable<br /> défi (obsessionnel ?) de la théorie Brzezinsk<br /> <br /> <br />
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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