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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 20:28

 

NOUVEL ORDRE OU DESORDRE MONDIAL ?

 

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

Ce 4 mai 2011, le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahou a livré à son homologue britannique David Cameron, sa position quant au principe d’une reconnaissance de l’Etat palestinien en septembre prochain lors de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

 

Pour le Chef du Gouvernement israélien, imposer la paix par le biais d’un « diktat » serait une très mauvaise idée. De même, et lors de sa rencontre avec Tony Blair, il a appelé Mahmud Abbas à abroger l’accord passé avec le Hamas qui porte un coup très dur au processus de paix. Il s’est d’ailleurs inquiété de la condamnation par le Hamas du raid américain qui a éliminé Oussama Ben Laden considéré par le Mouvement islamiste, comme étant un Moudjahid (combattant islamiste).

 

Le lendemain, 5 mai 2011, il a averti le Président Français Nicolas Sarkozy que la France devrait prendre ses responsabilités sur la question de la reconnaissance de l’Etat palestinien en septembre prochain, à défaut d’accord de paix avec les palestiniens. Enfin, il a assuré travailler sur une initiative de paix qui sera présentée au congrès américain à la fin du mois de mai.

 

Le mot de « diktat » employé pour la reconnaissance internationale de l’Etat palestinien, n’est pas sans rappeler la perception par les Allemands, du Traité de Versailles du 28 juin 1919 qui leur a été imposé par la force. Ce traité, dicté par les vainqueurs de la première guerre mondiale et censé régler le conflit débuté en 1914, a été vécu par les Allemands, comme une injustice qui constituera l’une des causes profondes de la seconde guerre mondiale. De la même manière, le désordre qui résulterait d’une reconnaissance par l’Onu de l’Etat palestinien à l’intérieur des frontières « dites de 1967 » devrait être assez comparable à celui qui a suivi le « diktat » imposé aux Allemands en 1919, d’autant que les élections palestiniennes n’auront toujours pas eu lieu et que les palestiniens ne se seront pas collectivement exprimés sur le principe d’une réconciliation avec l’Etat hébreu.

 

La communauté internationale est en effet sur le point de commettre deux erreurs majeures.

 

Tout d’abord elle fait une confusion entre le principe du Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (que la communauté internationale doit encourager) et le droit à un territoire. D’ailleurs, et bien qu’ils s’en défendent, les palestiniens disposent déjà de ce Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, puisqu’ils sont reconnus comme constituant une «nation » à l’Onu, qu’ils disposent d’un gouvernement qui les représente sur la scène internationale, d’institutions qui leur permettent de fonctionner de façon autonome et d’un budget (confortable) alloué par la communauté internationale pour financer leur développement économique. Le seul problème qui subsiste concerne l’emprise territoriale.

 

Or, et sur ce point, il n’appartient pas à l’Onu de se prononcer sur une emprise qui emporterait renonciation pour l’Etat juif à une partie de sa souveraineté. En effet, la souveraineté de l’un ne doit entraîner aucune conséquence sur la souveraineté de l’autre. D’ailleurs l’Onu n’a pas, ni qualité ni compétence pour interférer dans ce domaine. Si donc les palestiniens doivent créer leur(s ) Etat(s), cela ne peut être que sur des territoires sans souveraineté spécifique, c'est-à-dire sur les territoires non annexés ou sur lesquels l’Etat hébreu n’exerce aucune prérogative.

 

A titre de comparaison, c’est un peu comme si Israël proposait de créer un Etat palestinien dans des Etats souverains qui disposent d’une population palestinienne importante comme, bien évidemment, la Jordanie (qui comprend la population palestinienne la plus importante dans le monde) mais aussi, la Syrie, le Liban l’Arabie Saoudite, l’Algérie, les Etats-Unis, l’Irak, le Brésil, le Chili ou le Brésil. Il n’est pas certain que les pays concernés y consentent aussi aisément. Il faut donc revenir au principe général et établir l’Etat palestinien sur les territoires sur lesquels il n’existe aucune souveraineté concurrente israélienne.

 

Le second problème est celui du cadre philosophique dans lequel cet (ces) Etat(s) palestinien(s) sera (seront) créé(créés). Sur ce point, il convient de reprendre le premier paragraphe de la Charte des Nations Unies sur les Droits de l’Homme :

 

« Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde ».

 

De façon très claire, la finalité des Nations Unies est bien celle de parvenir à la liberté, à la justice et à la paix dans le monde et ce, par l’admission du principe de dignité de l’individu.

 

En se précipitant à reconnaître l’Etat palestinien, les Nations Unies font manifestement l’impasse sur cette dimension philosophique qui doit présider à la naissance de l’Etat. Or, le 6 mai 2011, le secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki Moon, a invité le Premier Ministre israélien à donner sa chance à l’unité palestinienne qualifiant d’historique l’accord de réconciliation signé deux jours plus tôt entre le Fatah et le Hamas :

 

« l’unité palestinienne est un processus qui ne fait que commencer. Il convient de l’évaluer au fur et à mesure qu’il se concrétise ».

 

Il s’agit en réalité d’une grave méprise du secrétaire général des Nations Unies. En effet, s’il n’appartient pas à l’Onu de déposséder Israël de sa capitale historique, il lui revient de veiller au respect, par le futur Etat palestinien, des principes humanistes. Les déclarations des palestiniens font, hélas, douter des bonnes dispositions d’esprit à l’égard d’Israël. Lors de son entretien avec le Président Français, Benyamin Netanyahou a rappelé qu’il n’était pas possible de faire la paix avec quelqu’un qui ne le souhaite pas :

 

« Le Hamas qui répète quotidiennement sa volonté d’éradiquer l’entité sioniste ne peut être un bon partenaire pour la paix ».

 

Une nouvelle fois, le chef du bureau politique du Hamas Khaled Mechaal le 7 mai 2011 a confirmé la position historique du mouvement lorsqu’il s’est exprimé sur la nature de l’accord passé avec le Fatah consistant à rechercher :

 

« Comment organiser la résistance, quel est le meilleur moyen de parvenir à nos objectifs, quand utiliser la violence et quand instaurer un cessez-le-feu, désormais nous devons nous mettre d'accord sur toutes ces décisions ».

 

Ces déclarations contredisent celles faites au Caire deux jours plus tôt et témoignent de la parfaite duplicité du Mouvement islamiste. En revanche, le leader du Hamas exilé en Syrie connait parfaitement les règles humanistes lorsqu’il s’agit de commenter l’élimination du chef d’Al Quaida :

 

« il s’agit d’un acte monstrueux. Les Arabes et les musulmans sont des êtres humains, et l'Occident doit les traiter avec respect ».

 

Ce double jeu palestinien a encore été dénoncé par le Ministre israélien des Finances, Youval Steinitz :

 

« Israël n'acceptera pas un gouvernement terroriste palestinien qui d'un côté parle de paix, et de l'autre continue de s'armer».

 

Or, c’est bien dans cette configuration que s’oriente le futur Etat palestinien. En fin de compte, en s’obstinant à reconnaître un Etat palestinien sur les frontières de 1967, la communauté internationale ne fera pas que nuire à Israël, elle nuira avant tout à elle-même. Si elle ne croit plus dans les principes contenus dans ses Chartes, c’est laisser entendre qu’ils sont factices et artificiels, tout comme le prétendent les islamistes pour qui, ces principes "soi-disants humanistes" ne visent qu’à asseoir la domination de l’Occident sur le monde de l’Islam.

 

Autrement dit, la communauté internationale donnera rétroactivement raison à Ben Laden suscitant donc de nombreuses vocations pour sa succession, dans un désordre généralisé.

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commentaires

gerard.David 08/05/2011 21:41


Le hamas aujourd'hui lié au fatah, ne peut en aucun cas entreprendre des discusions de paix avec Israel, alors qu'il dit, et c'est dans sa chartre, vouloir détruire Israel On ne discute pas de paix
avec quelqu'un que l'on désire voir disparaitre de la carte. La discussion pourra s'ouvrir, le jour ou le hamas, soit aujourd'hui, représentant du peuple palestinien, acceptera l'existance
d'Israel, pays du peuple juif, avec sa capitale Jerusalem, une et indivisible, pour pouvoir discuter avec Israel de paix. D'abor et avant tout, reconnaitre et accepter l'existance d'Israel.


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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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