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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 19:49

 

 

Pour aschkel.info et lessakele

Benilou

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NUCLEAIRE : LA NOUVELLE DOCTRINE OBAMA

Par Jacques BENILOUCHE

 

 

 

KEYSTONE

 

 

       Barack Obama et Dimitri Medvedev ont signé le 8 avril, à Prague, un nouveau traité de réduction des armes stratégiques offensives. Cet accord, considéré comme« historique », prévoit la diminution du nombre d’ogives nucléaires déployées de 2.200 à 1.550 dans un délai de sept ans. Le traité START-2 (Strategic Arms reduction talks) remplace ainsi celui signé en 1991 qui est arrivé à échéance en 2009.  De nombreux mois de négociations ont été nécessaires aux deux partenaires pour arriver à un accord qui, selon tous les experts, est purement symbolique sur le plan militaire car quelques centaines de bombes suffisent déjà à faire sauter plusieurs fois la planète. La France par exemple, grande puissance, ne détient que 300 ogives nucléaires tout en ayant une dissuasion nucléaire digne de ce nom.     

 

Crainte des pays satellites

       

            Les anciens pays satellites de l’URSS ne voient pas d’un bon œil ce traité qui risque de les affaiblir après le désengagement américain. En effet le président Obama a déjà décidé de suspendre l’installation du bouclier anti-missile dans certains pays de l’est, la Pologne en particulier. George W. Bush avait lancé ce projet pour protéger les européens contre toute attaque russe ou iranienne. Tous les pays qui ont souffert de la mainmise soviétique craignent le retour de l’influence de la Russie dans leurs affaires intérieures. Ils y voient pour preuve les évènements qui se sont déroulés ces derniers jours au Kirghizistan et qui justifient leur inquiétude. La révolution dans ce pays a certes été fomentée par l’opposition locale mais elle avait été fortement inspirée et appuyée par la Russie. Le président déchu Kourmanbek Bakiev, qui a vidé les caisses avant de s’enfuir avec ses proches, était un fervent partisan des américains au point de leur permettre l’installation d’une base militaire dans son territoire stratégique. Les russes n’ont pas apprécié cette infidélité et avaient juré de faire sauter le régime comme du bon vieux temps de l’URSS.

            Ce traité, en trompe l’œil, ne concerne que les missiles à longue portée déployés en mode opérationnel et n’inclue nullement tous les armements stockés qui sont en nombre aussi important. Les missiles de courte portée ne sont pas non plus concernés par ce traité alors qu’il en existe de grandes quantités. Cependant, le président américain n’est pas au bout de ses peines car la décision finale appartient aux deux parlements qui devront entériner le traité. Le Sénat américain aura à se prononcer à la majorité des deux tiers et celle-ci ne semble pas encore acquise. Elle ne pourra être comblée que par des voix glanées auprès de sénateurs républicains qui monnayeront très cher leur soutien. La majorité républicaine reste en effet foncièrement opposée à un traité qui donne l’impression de porter atteinte à la crédibilité militaire des Etats-Unis. Les conservateurs américains restent donc en embuscade.

 

Nouvelle doctrine

 

            Pour Barack Obama, les capacités de réduction des armements nucléaires ne représentent pas la finalité de ce traité. Il veut s’en servir dans le cadre de sa nouvelle doctrine tendant à montrer sa rupture totale avec la stratégie de George W. Bush. Il agit comme s’il voulait mériter son prix Nobel de la paix et il est en passe de réussir. Il veut prouver que tout est négociable et que les problèmes épineux les plus complexes, en particulier ceux du nucléaire, peuvent être traités par des voies pacifiques. Même si les effets de ce traité sont purement symboliques, il consolide ses relations étroites avec la Russie après une période de tension qui a vu s’affronter Bush et Poutine.

            A son arrivée au pouvoir, Barack Obama avait promis la désescalade nucléaire et il semble qu’il soit parvenu à marquer des points dans ce domaine. Il veut effacer le mauvais climat qui régnait entre les deux grandes puissances et il s’oppose ouvertement à la politique suivie par son prédécesseur. Il veut convaincre les russes qu’ils ne sont pas considérés comme des vaincus humiliés mais comme des partenaires à part entière. Le nombre d’ogives nucléaires actives n’a jamais été le point d’achoppement de la négociation mais en le réduisant, il entrait dans la stratégie du président américain d’obtenir des russes une compensation non négligeable. Il a réintroduit les russes à leur place dans le concert international de façon à consolider le camp anti iranien tout en leur faisant accepter des concessions dans le problème iranien. Il veut réussir par ailleurs à rassurer les chinois sur sa politique fondée sur des négociations et non sur des rapports de force tout en obtenant de leur part le vote de sanctions contraignantes contre l’Iran. Il a en effet définitivement intégré l’idée que sa main tendue n’a pas payé.

            La nouvelle doctrine nucléaire vient d’être exposée stipulant que les Etats-Unis n’utiliseront jamais l’arme nucléaire contre un adversaire qui ne la détient pas. En revanche, ils pourront cibler tout pays qui cherche à l’obtenir ou qui est en passe de l’obtenir comme l’Iran, la Birmanie ou la Corée du nord. Les Etats qui ne respectent pas le traité de non prolifération nucléaire ou qui se lancent dans une attaque bactériologique ne seront pas épargnés non plus. Les Républicains voient cependant dans ce refus d’utiliser l’arme nucléaire une atteinte à la dissuasion nucléaire. Ahmadinejad ne s’y est pas trompé puisque deux jours après l’énoncé de cette doctrine, il a provoqué Barack Obama dans un discours insolent : « Obama devrait être prudent. S’il marche sur les traces de Bush, il recevra une réponse fracassante ».    

 

Soutien anti iranien

 

            Ces accords sont le moyen trouvé par les Etats-Unis pour gagner le soutien de la Russie et de la Chine sur le dossier de l’Iran et ils consacrent le retour de la Russie comme interlocutrice stratégique des Etats-Unis. Barack Obama est en passe de démontrer que les relations ont changé depuis l’ère Bush puisque les Etats-Unis ne jugent plus les Russes comme hostiles ou ennemis potentiels mais comme des partenaires,  par forcément fiables, qui ont besoin de gages de coopération et de preuves d’une entente cordiale.

            Le président américain a un agenda chargé puisqu’il lance ses actions tout azimut.  En effet, du 12 au 14 avril, se tiendra à Washington un sommet sur la sécurité nucléaire réunissant une quarantaine de chefs d’Etats étrangers. Il veut obtenir de leur part l’assurance qu’ils lutteront pour empêcher la contrebande des matériaux nucléaires. À Prague en avril 2009, il avait exhorté la communauté internationale à redoubler d'efforts afin de protéger en lieu sûr les matières nucléaires et  de lutter contre les marchés noirs de ces matières.

            Benjamin Netanyahou a déjà annoncé qu’il boycotterait ce sommet car il prévoit que de nombreux Etats musulmans pourraient faire pression pour que l’Etat juif accepte que ses installations nucléaires soient inspectées par des experts internationaux. « Le premier ministre a décidé d'annuler son voyage à Washington pour assister à la conférence sur le nucléaire, après avoir appris que certains pays dont l'Egypte et la Turquie envisagent de dire qu'Israël doit signer le TNP (traité sur la non-prolifération des armes nucléaires) », a annoncé un responsable israélien.

            Barack Obama semble suivre son chemin patiemment en évitant les écueils et les échecs. Son arrivée au pouvoir avait suscité de profonds espoirs qui s’étaient délités parce qu’on attendait de lui plutôt des miracles. Mais il vient de montrer qu’il savait aussi parvenir à des résultats concrets tout en faisant comprendre aux iraniens que les puissances internationales exigent l’arrêt de la prolifération des armes nucléaires.    

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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