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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 10:21

 

 

 

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Obama l’isolationniste pourrait renforcer Bibi Netanyahou, en s’ingérant dans les élections israéliennes.

 

Par Marc Brzustowski.


 netanyahouobama5mars2012 (Copier)

Scoop : ils ne s'apprécient guère...


Barack Obama, fidèle à une vieille politique d’ingérence des Etats-Unis dans les affaires de l’électeur israélien, a voulu y aller de sa petite phrase de soutien au Centre-Gauche qu’il affectionne. Extrémiste comme jamais aucun Président des Etats-Unis ne s’était permis de l’être, en matière de paternalisme néocolonial envers l’Etat Hébreu, il s’est fendu d’un : « Israël ne sait pas ce que sont ses intérêts vitaux », lors d’une interview accordée à son faire-valoir, le journaliste Jeffrey Goldberg, du NYT. Tout en critiquant les politiques régionales de Binyamin Netanyahou, il a ajouté qu’en continuant en ce sens, « Israël s’isolerait encore plus sur le plan international ». Mais cet isolationnisme n'est-elle pas la seul politique que lui-même suit, en se tenant prudemment à l'écart des principaux dossiers de cette région?

 

Tzipi Livni et Shelly Yachimovich se sont, bien entendu, saisies de ce prompt renfort extérieur, pour qualifier ces politiques d’impasse menant à la paralysie, sans remettre en cause les signes d’effritement pourtant clairs du pouvoir de Mahmoud Abbas, en Cisjordanie, avec la réapparition ostensible des Brigades des Martyrs d’Al Aqsa dans les rues et des succès d’estime pour le Hamas. Les récents incidents du camp de Balata, où les deux principales entrées ont été barrées à l'entrée de forces de sécurité de l'AP, par des hommes masqués, en armes, avec le plein soutien de la population locale, démontrent à merci qu'Abou Mazen ne fait plus la loi sur le territoire et qu'il risque, à un moment ou à un autre, d'être démis de fonctions qu'il occupe sans légitimité, depuis 2009.

 

Le résultat contre-productif ne s’est pas fait attendre, si l'on devait s'en tenir à un dernier sondage, mené par l’oganisme Moot Maagar, pour le compte de Ma’ariv : à cinq jours de l’élection accorde 72 sièges à l’ensemble des partis de Centre-Droit et de Droite, contre 46 à tous les autres partis du Centre-Gauche et d’extrême-gauche. Le Meretz est le seul, du reste, à regagner des sièges, au détriment des quatre partis plus modérés. La liste Likoud/Israël Beitenou prétendrait à 37 sièges, contre 42 dont il disposait, dans l’actuelle Knesset, peut-être parce que l’électorat lui reproche son manque de fermeté dans la gestion de la crise de novembre, contre le Hamas. Mais, il s’est renforcé, à la suite de l’interférence d’Obama. Le nouveau parti de Naphtali Bennett, « Foyer Juif », plus à droite, demeure stable, avec 14 sièges, soit juste un de moins que le Parti Travailliste. Yesh Atid, « Il Y a un Avenir » du journaliste-vedette Yaïr Lapid, gagnerait 8 sièges, alors que Tzipi Livni et Hatnoua s’effondrent, avec à peine 5 sièges, soit moins que le Meretz, qui peut viser 7 postes. Kadima, le « grand » parti de Centre-Gauche, survivrait à cette élection avec 3 petites places concédées par ses homologues à sa gauche sur l’échiquier.

Un autre sondage, sur un millier de personnes sondées, pour le Yediot Aharonot, donne des résultats exactement contraires, avec une chute à 32 sièges pour la liste de l'actuel Premier Ministre, et une remontée du Centre-Gauche. Ce coup de sonde offrirait 17 sièges au Parti Travailliste, 13 à Yesh Atid, fait remonter sa favorite, Tzipi Livni, à 11, 8 au Meretz, et 11 aux partis arabes, considérant, d'ailleurs ces deux dernières tendances, comme appartenant de plein droit au "Centre-Gauche" (?). On peut demeurer seceptique sur ce marquage "modéré". 

 

L’électeur israélien est très pointilleux sur son indépendance et n’aime pas qu’on lui dicte sa conduite dans l'isoloir. Surtout quand le personnage qui s’y risque n’est pas particulièrement admiré en Israël. Obama n’est pas Bill Clinton, considéré comme un grand ami du pays, malgré des divergences tolérables.

 

Lors des élections de 1996, Bill Clinton, alors très populaire parmi les Israéliens, avait ouvertement fait campagne pour Shimon Peres, en disant que le projet de « Nouveau Moyen-Orient » rêvé par le Premier ministre intérimaire (depuis la mort de Y. Rabin) d’alors était à portée de main. Netanyahou, plus jeune, avait fait campagne pour une position plus responsable et soucieuse de la sécurité des Israéliens. Par respect pour la personnalité de Clinton, certains électeurs l’ont suivi, mais une courte majorité s’est reportée sur les injonctions et la fermeté de Netanyahou. Certains experts politiques en ont conclu que l’activisme de Clinton en faveur de Peres avait été un des facteurs concourant au passage d’un gouvernement de droite, dans l’une des élections les plus serrées qui se soit jamais déroulée en Israël (Netanyahou l’emportant, alors, sur le fil, avec 0, 4% d’avance sur son rival).

 

Les critiques appuyées d’Obama, envers Netanyahou, sont d’autant plus déconcertantes que le Président américain est parfaitement au courant de la perte de contrôle de M. Abbas, des risques d’extension jihadiste au nord, du fait du conflit syrien et au sud, dans le Sinaï, à cause d’un gouvernement des Frères Musulmans qui fricote avec l’Iran et se désolidarise, voire congédie les généraux égyptiens encore opposés à ce rapprochement anti-américain. Il sait aussi à quel point le dossier du nucléaire iranien stagne et les risques vitaux que cela fait courir à Jérusalem. Mais, cela ne l'a pas empêché de nommer à la Défense Chuck Hagel, notoirement connu pour s'opposer à toute intervention américaine musclée contre Téhéran. 

 

Dans la lutte anti-terroriste, il a baissé la garde depuis l’élimination de Ben Laden, mène des politiques de contrôle en coulisses et laisse le soin à quelque européen audacieux de régler lui-même ses comptes, après le lynchage de son Ambassadeur Chris Stevens, à Benghazi, ou les 600 millions de $ misés sur la tête des milices touarègues, qui ont rejoint AQMI, au premier coup de semonce…  Politique bien ordonnée commence par soi-même.

 

Obama n’est pas Clinton et ne jouit pas de sa popularité, aussi bien en Amérique qu’en Israël. Il est le premier Président réélu qui le soit avec une aussi faible marge, comparée à son premier mandat. Le partage des voix en sa faveur a chuté dans tous les Etats d’Amérique, excepté à Hawaii et dans le Mississipi. Il a enregistré une perte de 7, 8 millions d’électeurs, parmi les Blancs américains, de 1,6 million parmi les Noirs, et un reflux de 10% parmi les Juifs-Américains. 75% des Israéliens auraient préféré Mitt Romney, s’ils avaient eu le choix.

 

Tout compte fait, la petite phrase d’Obama risque fort d’avoir l’effet inverse à celui souhaité, plus encore que l’appui de tous les instants de Bill Clinton à Shimon Peres. Elle pourrait même favoriser un « raz de marée » à droite. Les électeurs indécis, plus à gauche ou plus à droite du Likoud, ont, maintenant, une bonne raison de se rapprocher d’un dirigeant attaqué dans la dernière ligne droite, pouvant l’aider à refaire une partie du recul de 5 sièges concédé dans les sondages.

 

Quant à l’article d’Adrien Jeaulmes, dans le Figaro, à propos des confessions opportunes d’anciens dirigeants du Shin Bet, dans un documentaire : The Gateskeepers, notons qu’au moins 3 d’entre eux : Ya’acov « Pinnochio » Perry, Carmi Gilon, Ami Ayalon ont été directement impliqués, et même initiateurs de la « politique sécuritaire » de Feu Yitzhak Rabin. Perry a négocié, directement avec Jibril Rajoub, la fameuse politique dite du « Shabbes Goy » : il s’agissait de confier, presque intégralement la sécurité dans les territoires, aux seules brigades du Fatah. Elle s’est traduite par deux symptômes : celui de « la porte tournante », des membres du Hamas et du Jihad Islamique entrant et sortant de prison, selon le bon vouloir et les besoins d’Arafat de faire pression, par le terrorisme, contre Israël. L’autre symptôme affligeant est que la plupart des Palestiniens travaillant pour le Shin Bet ont, à l‘époque, été arrêtés, souvent torturés et exécutés sans autre forme de procès, par la milice palestinienne, ayant désormais, tout pouvoir de vie et de mort sur eux.

 

Perry a proposé à Carmi Gilon sa succession en vantant ses mérites auprès de Rabin. Gilon était tenu pour être un « spécialiste » du terrorisme juif d’extrême-droite. C’est lui qui était en poste, lorsque Rabin a été assassiné par Yigal Amir. Celui-ci était « serré de près » par un provocateur, détaché des services, le fameux Yichaï Raviv. Raviv est le fondateur du groupe « Eyal », avec les deniers du contribuables, un mouvement d’agitateurs qui hissaient des pancartes de Rabin en « nazi » ou couvert d’un keffieh, jusqu’à ce que la situation échappe totalement au contrôle de cet indicateur.

 

Gilon s’est néanmoins rattrapé en éliminant l’artificier du Hamas, Yahyia Ayyash, le 5 janvier 1996, à quelques semaines de l’élection israélienne. Du fait de la perte de maîtrise des réseaux terroristes dans les territoires, une nouvelle campagne de terreur s’est, peu de temps après, déclenchée.

 

Ami Ayalon a été plus noble, en lançant des discussions avec l’honorable Sari Nusseibeh, universitaire d’une grande famille de Jérusalem, mais rapidement évincé de l’OLP par Arafat, à cause de ses positions modérées et ouvertes à la négociation.

 

Yuval Diskin est très critique, dans ce film, à l’encontre des deux personnalités d’Ehud Barak et de Binyamin Netanyahou : selon son avis, et il dit que cela concerne bien d’autres partageant le même sentiment, dans les services de défense, l’un et l’autre sont trop faibles, face aux grandes décisions et d’abord préoccupés de leur Ego. Il ne les sent pas capables de faire face à un enjeu tel que le péril iranien. Il pense aussi qu’Israël avait les moyens d’affaiblir le Hamas et de renforcer Abbas, mais que là encore, les décisionnaires ont fait défaut.

 

Le Bureau du Premier Ministre a rétorqué que Diskin se voyait promis à la tête du Mossad et que ce poste lui échappant, c’est d’abord l’amertume et la frustration qui s’expriment par ses prises de paroles défavorables, en public.

 

La campagne électorale israélienne demeure un monde impitoyable, plus que ne l'imaginerait Obama, s'il pouvait l'orchestrer depuis Dallas ou la Maison Blanche… 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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