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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 22:36

 

Obama, les Démocrates et les Juifs

 

Par Isi Leibler


Jerusalem Post 27 Septembre 2012


http://wordfromjerusalem.com/?p=4280


Adaptation française de Sentinelle 5773 ©


La participation anormalement élevée des Juifs américains dans la campagne de l’élection présidentielle et les efforts investis par les deux candidats pour se décrire comme partisans de l’Etat juif a atteint des niveaux surréalistes.


Dans l’ensemble, la position d’Israël aux USA aujourd’hui est élevée comme jamais. Pourtant, la Convention Démocrate a mis en lumière une composante anti-israélienne du Parti qui menace de saper le soutien bipartisan de longue date envers Israël, mis en exergue par les ovations debout reçues par Netanyahou pendant son discours devant le Congrès en mai 2011.


Les questions économiques seront un facteur invariablement dominant pour influencer les électeurs et la plupart des Juifs américains fonderont leur choix politique sur un ensemble de questions multidimensionnel. Mais la majorité aimerait être assurée du bien-être de l’Etat juif et attend de leur président de se comporter à l’égard d’Israël comme un allié sensible à ses besoins de sécurité.


Bien que la majorité des Juifs continue de soutenir Obama, une quantité croissante, en particulier les orthodoxes, ont abouti à la conclusion que sur la base de son discours tortueux du Caire et de ses coups diplomatiques antérieurs envers Israël, il est plus engagé dans la narration palestinienne que vers l’israélienne et ils voteront contre lui.


Avec les élections à venir, Obama a lancé une offensive de charme concertée pour éviter des défections supplémentaires de son électorat juif. Il a répété qu’il « sera toujours derrière Israël », a souligné son passé exemplaire dans le renforcement des capacités de défense d’Israël et répété qu’il a prononcé le discours le plus pro-israélien à l’ONU, jamais égalé par un autre président des USA.


Initialement, il semblait avoir réussi. Mais ensuite, l’angoisse juive a été ravivée par de nombreux aspects du comportement d’Obama. Il existe des doutes plus intenses concernant sa véritable intention de recourir à l’option militaire si nécessaire pour empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire. Cette anxiété a été renforcée par l’échec d’Obama à répudier la rhétorique angoissante des porte-parole du gouvernement suggérant des menaces voilées si Israël agissait indépendamment, en particulier la remarque insultante du Chef d’Etat Major Général, le Général Martin Dempsey, qui ne souhaitait pas « être complice » si Israël agissait contre le projet nucléaire de l’Iran.


Une autre cause de préoccupation a été la relation douillette des USA avec la Turquie dans laquelle les USA ont cédé à leurs exigences d’exclure Israël d’exercices militaires conjoints ou même de participer à une conférence sur le terrorisme mondial. Il y a eu aussi l’échec d’Obama à condamner convenablement le Sommet des Non Alignés qui a adoubé la politique nucléaire de l’Iran, nommé un négationniste de l’Holocauste comme son nouveau dirigeant et dont les représentants de 120 pays ont écouté poliment les divagations génocidaires de leurs hôtes iraniens.


Mais le message le plus effrayant a été l’élimination des composantes pro-Israël de la Plateforme Nationale Démocrate actuelle. En particulier, l’élimination de toute référence à la reconnaissance de Jerusalem comme capitale d’Israël – qui se conformait à la politique de l’administration. Après une immense protestation, et après trois appels à l’approbation des délégués, elle a été maladroitement réinsérée, provoquant une nuée de huées audibles de nombreux délégués.


Mais d’autres clauses concernant Israël n’ont pas été restaurées. Elles comprennent la référence à « Israël, notre allié le plus fiable au Moyen Orient », la condamnation du Hamas, le rejet du retour aux lignes d’armistice indéfendables de 1949 et l’appel aux réfugiés palestiniens et à leurs descendants à être réinstallés dans un Etat palestinien plutôt qu’en Israël. La journaliste du ‘Washington Post’ Jennifer Rubin a décrit cette plateforme comme « la déclaration la plus radicalement non solidaire de politique envers Israël de tout Parti important depuis la fondation de l’Etat d’Israël ».


Ensuite, la dure récusation par Obama et la secrétaire d’Etat Hillary Clinton de la demande d’Israël de tracer des lignes rouges au-delà desquelles des sanctions combinées au refus du président de rencontrer Netanyahou pendant sa visite à New York, a élevé les tensions avec Israël avant même les élections. Elle a aussi apporté une projection effrayante de ce à quoi s’attendre d’un second mandat d’Obama.


Pourquoi les Juifs n’abandonnent-ils pas un Parti qui est au mieux, ambivalent envers l’Etat juif ?


La réalité pour la plupart des Juifs américains est que depuis l’ère du Président Franklin Roosevelt, leur lien avec le Parti Démocrate est incrusté dans leur ADN politique et même considéré comme une quasi religion.


Pourtant, il est probable que le président Obama aurait agi encore plus durement contre Israël si les Juifs n’étaient pas une composante aussi importante du Parti Démocrate. Il y a donc un aspect positif à l’implication juive actuelle à maintenir un soutien bipartisan Démocrate au Congrès – en l’absence duquel l’infrastructure de défense d’Israël s’éroderait et la communauté internationale nous jetterait sans aucun doute aux loups.


Aussi quand les membres Démocrates pro israéliens influents ou bien des Démocrates proéminents comme Stuart Eizenstat ou Dennis Ross conservent leur affiliation au Parti, même ceux qui sont en désaccord avec eux doivent être soulagés que dans ce terrain politique Démocrate dominant dangereux, il demeure des Juifs influents qui veulent combattre ceux qui cherchent à mettre des distances dans l’alliance traditionnelle entre les USA et Israël.


Alan Dershowitz en est l’exemple. C’est un champion dévoué d’Israël qui a récemment réaffirmé son soutien à Obama bien qu’il ait auparavant condamné sa politique, le comparant même à Chamberlain.


En sa faveur, Dershowitz a condamné la plateforme du Parti Démocrate et a même déclaré au journal ‘Algemeiner’ qu’après les amendements il était amer « non seulement en ce qui concerne Jerusalem, mais aussi pour les autres questions cruciales qui n’ont pas été réintroduites ». Il a accusé des « éléments voyous », au sein du Parti Démocrate, les Arabes américains jusqu’au Juifs anti-israéliens, de chercher à saper « le soutien bipartisan pour Israël qui a caractérisé a politique américaine depuis 1948 », et détruit l’alliance USA-Israël. Il a promis de soumettre cela au président qui, espérait-il, « ferait des déclarations avant les élections pour réaffirmer le contenu de la plateforme de 2008 ».


Ainsi, même ceux qui aspirent à voir davantage de Juifs montrer leur insatisfaction envers Obama dans les sondages, réalisent que c’est un mauvais service pour Israël que de diaboliser les partisans Démocrates comme Dershowitz si ils élèvent la voix et protestent contre la politique anti-israélienne.


Ceci n’est pas l’approbation de ceux qui arguent que les Juifs devraient éviter de considérer Israël comme une question angulaire aux élections. C’est précisément pendant la période électorale que les Juifs américains doivent maximiser leur droit démocratique à influer la politique en critiquant de façon responsable et en faisant obstacle à la politique qu’ils considèrent comme fausse ou immorale.


En effet, pour s’assurer que les politiciens prennent davantage en compte les sensibilités juives, on doit s’attendre à ce que les principaux dirigeants juifs américains, tout en demeurant apolitiques, parlent bien plus fermement contre tout Parti qui adopte des positions anti-israéliennes, qu’il soit Démocrate ou Républicain.


Cela s’applique en particulier maintenant : même s’il est réélu, Obama est capable – comme il l’a été après les dernières élections – de revenir sur ses garanties. En effet, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a déclaré sans vergogne à un journaliste international que comme tous les politiciens, les remarques du président Obama ne doivent pas être prises au sérieux.


Des indicateurs suggèrent que la majorité des Juifs continuera de voter pour Obama ; malgré des sondages contradictoires, une minorité croissante, en particulier les plus engagés, est encline à s’opposer à lui et ce pourrait être bien le plus faible niveau de soutien à un président Démocrate depuis Carter.


De plus, beaucoup de Juifs, peu désireux de couper leur cordon politique avec le Parti Démocrate, pourront bien continuer de soutenir leur représentant Démocrate au Congrès et pourtant s’opposer à Obama à l’élection présidentielle – ce qui servira vraiment à renforcer le support bipartisan envers Israël, actuellement en question.


ileibler@leibler.com

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Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

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Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

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Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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