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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 10:58

ANALYSE-A-LA-UNE

 

Osama, le mort utile et le Poker menteur de l’aide américaine aux états-croupion, du Pakistan à l’Autorité Palestinienne.

 

 

par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

Nous sommes au lendemain de l’élimination spectaculaire de l’homme le plus « recherché » de la planète, Ousama Ben Laden, qui filait une retraite paisible à 100 mètres, à peine, d’une Académie militaire pakistanaise.

 

Certes, l’embarras du Premier Ministre du Pakistan, Al-Zardari est perceptible, d’avoir ainsi ignoré que le guide suprême du Jihad global partageait le même palier que lui. L’élite de l’ISI, les services secrets d’Islamabad, n’échapperont pas à une commission d’enquête interne. Elle permettra, sans doute, de les blanchir de s’être ainsi laissés dupés (disons : graissé la patte) par le barbu, au moment de lui fournir, en 2005, en bonne et due forme, un permis de construire un quartier- général dans leur périmètre. Rappelons-nous seulement, avec une pensée émue pour le contribuable américain, que, durant l’exercice 2010 du budget américain, ont été respectivement dépensés :

 

 environ 75 milliards de $ pour l’Afghanistan,

65 milliards de $ en Irak,

et 3, 25 milliards de $ au Pakistan. 

 


En protégeant Ben Laden, le Pakistan a, de fait, alimenté les réseaux d’al Qaeda dans le monde et participé au maintien du front Taliban contre la coalition en Afghanistan. Autant dire qu’on a incinéré, sans risque d’obtenir le moindre résultat, quelque chose comme l’addition de ces trois sommes, arrondies à 143, 5 milliards de $, voire plus, pour permettre à Ben Laden de prolonger ses vacances sécurisées à Abbottabad. Ce n’est que la rançon de la gloire…

 

L’Amérique a, également, soutenu, ces derniers mois, un autre mouvement « démocratique », en aidant les manifestants de la place Tahrir, à renverser Moubarak sans ménagement. L’ancien leader est même menacé d’exécution capitale, actuellement.

 

Cette même Egypte organise, au nez et à la barbe de l’Administration Obama, la réconciliation « historique » des frères ennemis du Hamas et du Fatah. Avec un avantage politique certain au premier, qui pourrait rafler tous les suffrages et postes d’ici moins d’un an. Déjà le Hamas terroriste partagera le luxe de participer à l’utilisation des fonds américains, au sein d’un Conseil conjoint à la « sécurité » : à savoir comment emprunter le plus court chemin pour la « conquête d’Al Qods » (i.e : Jérusalem) en infraction totale d’un présumé « processus de paix » pavé de bonnes intentions et tapissé de monnaie américaine et européenne ?

 

Ainsi, à l’annonce de la disparition de l’archi-terroriste d’al Qaeda, son homologue de Gaza, Ismaïl Haniyeh a-t-il condamné le lâche assassinat d’un frère-martyr. Le Hamas en a profité pour réitérer ses exigences qu’Abbas congédie le trésorier général du denier occidental, la mascotte des marchés et du FMI, Salam Fayyad. Et, bien évidemment, qu’il reprenne le chemin de la guerre existentielle contre Israël.

 

Voilà donc trois exemples récents de « fructueuse coopération » à la sauce Mc Donald’s, qui laissent pantoises les consciences encore tourmentées par des idéaux, sans doute, d’un autre temps… : justice, droits civiques, lutte contre le terrorisme et la barbarie…

 

Concernant l’Egypte comme « l’Autorité bicéphale palestinienne », cette aide massive et trébuchante reste conditionnée à la poursuite erratique du maintien des traités et processus de négociation enlisée. Ceci n’empêche guère chacun des partenaires financiers du contribuable de défier à tour de rôle, et de mordre la main qui le nourrit. L’Administration escompte, néanmoins, conserver la gestion politico-financière des évolutions sur ces deux sphères d’influence, en particulier, grâce aux 1, 7 milliards de $ annuels fournis au Caire.

 

C’est ainsi que la remise en selle des Frères Musulmans, probable parti dominant à l’assemblée égyptienne, compte sur l’effet « modérateur » de l’argent frais américain et européen. Il en va strictement de même, en ce qui concerne le Hamas : dans les principes, il est hors de question de négocier directement avec le mouvement classé terroriste, malgré les souhaits de Carter, Malley, Mary Robinson, Erdogan ou Hessel et bien d’autres, en Europe. Dans les faits, on compte sur la « pondération » de la confrérie et l’association avec Abbas, pour que les terroristes se « réforment » à la mode déjà éprouvée par ses rivaux…

 

De façon perverse, le mode américain de gestion des risques et conflits ressemble de plus en plus à une incitation directe à l’exercice de la « Taqqiya » : cette ruse conseillée au combattant de l’ombre arabo-musulman pour une conquête du monde toujours remise au moment où il cessera d’être en position de faiblesse.

 

Le calcul mercantile, qui a franchi tous les seuils de cynisme depuis bien longtemps, revient à constater froidement que ni le terrorisme ni l’appétit de richesses ne disparaîtront du monde qu’ils mènent. On ne le refait pas à coups de bonnes idées et de valeurs inaliénables, comme le croient encore les pro-démocrates de plus en plus isolés dans les foules du « printemps arabe ». Mais on influe sur les « irréductibles » en espérant qu’ils deviennent, un jour, plus « raisonnables ».

 

On n’applique jamais au terrorisme, finalement, que les vieilles recettes de la criminologie du XVIIIè siècle (Ecoles Beccaria et Bentham : Moral Calculus) : par la sanction ou la restriction de marge de manœuvre, parfois la coercition, -la carotte et le bâton- le criminel ou le malintentionné « comprend » son intérêt à réintégrer, progressivement, le « droit commun », par pur utilitarisme. En fait, cette théorie surannée n’a jamais expliqué ni le recours à la récidive, encore moins celui de la surenchère ou du renforcement dans l’attrait sacré du franchissement des lignes rouges.

 

Surtout, ce raccourci utilitaire élude totalement le conflit idéologique, l'affrontement des Dieux et Valeurs, dans les cieux orageux qui conduisent les peuples à se construire ou se détruire, pour ce en quoi ils croient, soit bien plus lourd qu'une poignée de $. 

 

Il en va de même aux Etats-Unis, dans les zones de « non-droit » des quartiers squattés par les gangs : sachant qu’il vaut mieux amadouer la violence qu’escompter l’éradiquer, la police passe des « accords » de contrôle territorial avec tel ou tel gang, en tentant de redéfinir au fur et à mesure les "règles du jeu ».

 

On assiste à un jeu d'ombres avec les apparences, qui pourrait bien ne leurrer personne, à très court terme : l’OLP, parvenu sans mal à moquer son monde, depuis 1993, et le Hamas, toujours sur liste noire, s’entendent pour mettre en avant un gouvernement « d’experts », chargés de proroger la légende : les gestionnaires s’occuperont de la finance, pendant que les terroristes endosseront les uniformes flambant neufs du bon docteur Jekyll Dayton et Mister Hyde.

 

Les partisans de l’intégrité morale des Etats-Unis, au Congrès et au Sénat, réclameront soit l’abandon pur et simple de certaines aides, soit leur suspension et conditionnement à certaines règles tacites.

 

Concernant la lutte anti-terroriste, l’élimination de Ben Laden est une bonne chose, évidemment. On ne peut que s’en réjouir. Le symbole, mais surtout le planificateur de la mort de milliers de personnes a cessé de proférer ses menaces.

 

Al Qaeda étant constitué de cellules atomisées, pouvant reprendre diverses étiquettes et sigles, c’est surtout le messager de ce courant radical qui  a mis un terme à sa sinistre carrière. Le mouvement est appelé à se recycler.

 

Sa mort est opportune, dans le contexte des révoltes arabes, pour afficher le degré d’obsolescence du Jihad contre l’Occident et espérer que les « rues arabes » se tournent vers d’autres idéaux que l’Islamisme pur et dur. Mais que leur donne t-on à se mettre sous la dent, sinon la Charia ?

 

L’offre politique et surtout, économique (en termes de développement endogène) est drastiquement limitée : en l’absence d’une ambition de l’ordre d’un « Plan Marshall » (notamment pour cause de crise globale, mais pas seulement) de développement aux institutions et reconversion des ressources, appliqué aux pays de cette région, on continue de tromper les foules, tout en tentant de réguler la violence et les conflits.

 

Les frères musulmans et leur marionnette du Hamas organisent le spectacle pour les années à venir : ils ont, dans leurs réserves un thème inépuisable à dépenser à profusion : l’union sacrée en vue de la « conquête d’al Qods ». 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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