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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 08:34

 

http://www.france-israel.org/articles.ahd?idart=228

Sortir de l’expectative et prendre position, Isi Leibler

 

Texte original anglais : "Down from the fence", 14/04/2010


Traduction française : Menahem Macina, pour France-Israël
 


Il faut applaudir Ronald Lauder, Président du Congrès Juif Mondial, pour son appel à ce que l'Administration Obama mette fin à l'antagonisme et à la pression à sens unique qu'elle exerce à l’encontre d’Israël.

Cet appel figure dans une lettre ouverte au Président Barack Obama, publiée [le 14 juin] sous forme d’une page achetée dans le  Wall Street Journal, le Washington Post et le Jerusalem Post. Par cet action, Lauder brise le silence que s’est imposé la majeure partie de l’establishment juif américain, depuis l’exploitation par Obama d’une annonce faite à un moment inopportun par un fonctionnaire municipal israélien de rang inférieur concernant la construction dans un quartier exclusivement juif de Jérusalem, et dont le président américain a pris prétexte pour lancer une féroce attaque contre Israël.

L’autre exception notable est celle du responsable de l’ADL [Anti-Defamation League], Abe Foxman, qui, enfant, a survécu à l’Holocauste, et s’est affirmé dès le début comme la seule voix du courant juif majoritaire à protester contre ce traitement partial et brutal. Il a même proposé récemment une marche de protestation sur Washington.

La réaction générale des autres organisations juives a consisté en un silence décevant et semblait motivée par l’illusion que les relations entre les Etats-Unis et Israël s’amélioreraient d’elles-mêmes, par la force des choses.

En ouvrant la conférence de l’AIPAC, son nouveau président, Lee Rosenberg, a exprimé sa préoccupation et demandé instamment que ces divergences ne soient pas rendues publiques. Mais il y avait une certaine réticence à s’opposer ouvertement au comportement discriminatoire de l'administration Obama.

La Conférence des Présidents des Principales Organisations américaines, spécifiquement créée pour faire entendre la voix des Juifs américains à propos d'Israël, a été extraordinairement passive, bien que le vice-président de son conseil d’administration, Malcolm Hoenlein, n’ait rien d’une colombe.

Pour ce qui est des dirigeants d’organisations n’appartenant pas à l’establishment, il y eut, bien sûr, de bruyantes récriminations de personnalités juives indépendantes, y compris de  défenseurs notoires du parti démocrate, qui avaient voté pour Obama, croyant, à tort, qu'il honorerait ses promesses électorales. C’est ainsi que Alan Dershowitz a publié une mise garde explicite contre le danger qu’il y aurait, pour les Etats-Unis, à suivre la voie des erreurs désastreuses de Munich, qui visaient à amadouer [Hitler] ; Marty Peretz, éditorialiste de la New Republic a violemment réprimandé Obama.

Le démocrate en vue et ancien maire de New York, Ed Koch, n'a pas mâché ses mots. Il a accusé Obama d’humilier et de calomnier Israël et de vouloir pousser l'Etat juif sous un autobus, afin de mener à bien son ordre du jour pro-arabe. Il a confessé qu’il regrettait amèrement d’avoir voté pour un président disposé à trahir et à abandonner Israël.

Et il va sans dire qu’il y a eu des protestations de la droite politique – l'Organisation Sioniste d'Amérique et la Coalition Juive Républicaine. Il y a eu aussi des appels angoissés de nombreux Juifs de la base.

Il y a toujours eu des juifs engagés pour constituer l’avant-garde de l'action politique dans de telles situations.

Dans ce contexte, bien que tardive, la critique publique émise par Lauder est importante. Elle déclenchera sûrement une violente tempête de reproches, mais, il est à espérer qu’elle attirera l'attention sur la gravité de la situation, à laquelle beaucoup de défenseurs d’Israël étaient jusqu'ici peu disposés à faire face, et qu’elle obligera des organisations et des organismes juifs qui se tenaient à l’écart, à prendre position.

Si le récent sondage de l’American Jewish Committee constitue un indicateur, beaucoup de Juifs américains sont mystifiés par les affirmations répétées « d’alliance inébranlable », et ignorent tout bonnement l'ampleur du désaccord croissant entre Israël et l'Administration Obama. On en a un exemple dans la contradiction suivante : alors que 75 pour cent des sondés affirment que l’objectif principal des Arabes est la destruction d'Israël plutôt que le retour des territoires, beaucoup continuent à soutenir l'administration Obama.

Il faut donc espérer que l'appel de Lauder permettra à une part croissante des 78% de juifs qui ont voté pour Obama de se rendre compte à quel point il a trahi ses promesses électorales et est apparemment disposé à sacrifier la sécurité de d'Israël pour se concilier les Arabes.

Lauder a été auparavant étroitement associé à Binyamin Netanyahu, et il est certain que ses critiques l'accuseront d'agir comme son instrument. Je sais que c’est factuellement faux. Il a agi en fier Américain et dirigeant du monde juif.

Lauder est un prodigieux homme d'affaires de stature mondiale, qui a considérablement investi en Israël, et c’est un très grand philanthrope. Il a été nommé ambassadeur en Autriche par le Président Ronald Reagan, et est bien connu pour la Fondation Ronald Lauder, qu’il a créée et qui finance la renaissance du judaïsme et de la culture en Europe centrale et orientale depuis la fin de la Guerre Froide. Avant d'être élu président du Congrès Juif Mondial, Lauder avait également assuré la présidence de la Conférence des Présidents.

Avec Lauder à la barre, le Congrès Juif Mondial avait été jusqu'ici majoritairement inerte. Mais en prenant cette initiative nouvelle il a mis l’ensemble des juifs du monde sous les projecteurs et pris une position qui peut s'avérer d'importance sur le long terme, non seulement pour les rapports américano-israéliens, mais également pour l'image de la communauté juive américaine elle-même.

Une telle prise de position équilibrera les échecs de politique de certains de ses prédécesseurs, dont Rabbi Stephen Wise, qui dirigea le Congrès Juif Mondial durant la Seconde Guerre mondiale et compromit un passé de leadership impressionnant en se laissant intimider par le Président Franklin Roosevelt jusqu’à garder le silence sur l’inaction des Alliés pour tenter d'arrêter l’Holocauste.

En dépit de ses importantes contributions au bien du peuple juif, Edgar Bronfman, prédécesseur de Lauder, a commis l'erreur cruciale de prétendre savoir mieux que les Israéliens ce qui était bon pour eux. En août 2003, il a déchaîné une grande tempête – à propos de laquelle je suis personnellement intervenu – en appelant le Président George W. Bush à faire pression sur le Premier ministre Ariel Sharon. De cette manière, Bronfman a anticipé l’émergence de J Street.

Si Lauder reste sur ses positions, il se profilera comme un dirigeant juif prêt à s’opposer de manière marquante au comportement misérable de son président envers l'Etat juif. Certains défenseurs d'Obama pousseront les hauts cris, et on assistera à une intensification des tentatives d'intimider les Juifs américains. Les détracteurs d'Israël accuseront Lauder de double allégeance et de faire passer les intérêts d’Israël avant ceux des Etats-Unis. Les manigances ignobles consistant à insinuer qu'Israël met en danger les soldats américains seront réitérées. Les Arabes, les ennemis d'Israël et tous les antisémites uniront leurs efforts pour miner et calomnier tous les Américains qui soutiennent l'Etat juif.

Cependant, Lauder peut trouver un encouragement dans le soutien considérable d'Israël qui existe au sein du peuple américain. Nous en avons un exemple avec la résolution favorable à Israël, votée par l’un et l’autre partis politiques majeurs à plus des trois quarts de la Chambre et par le sénat, il y a seulement quelques jours, avec une majorité semblable.

C'est une époque historique. De véritables dangers menacent l'Etat juif, et le rôle des Etats-Unis sera crucial pour notre bien.

Par elle-même, une lettre ouverte ne constitue nullement une alternative à la puissance d’un peuple pour inverser le processus actuel de conciliation de l'administration Obama. Mais elle peut constituer un cri de ralliement qui stimulera les Juifs et les amis américains d’Israël à élever la voix et à rappeler à leur président que violer ses engagements électoraux concernant Israël n'est pas seulement honteux et immoral, mais ébranle aussi les intérêts mondiaux américains dans cette région explosive, où Israël est seul à incarner la liberté démocratique.


Isi Leibler


© The Jerusalem Post

                                                       

Mis en ligne le 16 avril 2010, par Menahem Macina, sur le site France-Israël.org

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commentaires

Y
<br /> Mouai... USA-ISRAËL = Diplomatie des faux pas, celle du couac permanent.<br /> <br /> Reste qu'avec le Hezbollah, Hamas, Syrie, Liban, Iran et Turquie, Israël baigne à l'envi dans un proche environnement d'insécurité permanente.<br /> <br /> <br />
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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