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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 09:06

 

 

Toujours selon les "révélations" de Wikileaks, Paris aurait délibérément exagéré le rôle de Bachar al-Assad et mystifié l'opinion publique à propos du rôle de la Syrie dans la libération de Clotilde Reiss. C'est un article d'Ynet qui le souligne ce matin : 

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3992969,00.html

 

 

Il s'agissait, visiblement, pour N. Sarkozy, d'encourager le régime totalitaire alaouite, à jouer un "rôle plus constructif dans la région" et de semer les germes de la discorde entre Damas et Téhéran. L'espoir a toujours été de provoquer un bouleversement des alliances stratégiques, mais il s'avère que ce ne fut jamais que vaines manoeuvres.


Cette présomption de retournement de veste possible repose, en fait, entièrement sur la longue tradition du Quai d'Orsay, et les nombreux réseaux, parfois à la limite de la corruption, entre les deux pays ou d'autres de même acabit (affaires Julia, mais aussi "pétrole contre nourriture" du temps de Saddam : Boisdevaix, Guillet, Pasqua, Maugein, Mérimée, Munier... etc.). Donc, d'une simple réactivation, après la fâcherie personnelle de J. Chirac, suite à l'assassinat de son ami Rafik Hariri. Il fallait fermer la parenthèse.

Malheureusement, pour ces savantes manoeuvres, Damas n'a jamais été aidant ou instrumental, dans une éventuelle modification des rapports de force et des axes au Moyen-Orient. Tout au contraire, elle a, plutôt, favorisé la mise en orbite de la Turquie et son réalignement constant dans la guerre anti-occidentale menée par Téhéran et ses affidées du Hezbollah. 

 


Clotilde Reiss avait été arrêtée dans le cours de l'été 2009, juste après les élections controversées de juin en Iran et des protestations massives dans les rues pour réclamer le respect des règles électorales. Elle a été accusée d'avoir pris des clichés de ces évènements, et donc, de s'être livrée à de "l'espionnage" pour le compte de l'Ambassade de France à Téhéran, l'accusation permettant d'engager un chantage avec la France. D'abord condamnée à 10 ans de prison, elle est, néanmoins libérée en mai 2010. 


 

C'est l'Ambassadeur américain en France, Charles Rivlin, qui mentionne ces exagérations, dès le 29 août 2009. Cette publicité mensongère s'est appuyée sur la couverture du Time Magazine, ne tarrissant pas d'éloges envers Assad et son régime "libéral" (présumé, en tout cas, pour la pauvre Clotilde). Le Conseil stratégique de la Présidence française avoue à l'ambassadeur qu'au moment même de prononcer ces éloges purement péremptoires, la France ne sait absolument rien de ce que dit ou fait Damas en faveur de notre otage. En fait d'auto-mystification, l'Elysée ne semble pas avoir compris que, dans le cadre, notamment des élections frauduleuses iraniennes, l'intérêt et la survie-même du régime alaouite, dominant la Syrie grâce à son maillage des services de la Moukhabarat derrière un individu sur deux, en moyenne, n'avait strictement aucune raison, voire pire, tout l'inverse, de contrarier Ahmadinedjad sur sa gestion de la crise avec la rue. Il ne s'agit pas là de strictes alliances militaires, mais aussi et surtout de la certitude de se maintenir lui-même par la force. Cette identité d'intérêt est totalement occultée à Paris. Elle est, pourtant, rédigée noir sur blanc dans la Déclaration universelle des Droits de l'homme, mais c'est un autre sujet... 


En privé, par contre, Rivlin mentionne qu'au-delà de ces louanges, on reconnaît devant lui que la France n'a eu qu'une très vague conception de ce que Assad aurait pu faire ou dire, dans le cadre de ses rencontres fréquentes et serrées avec Ahmadinedjad, sur la prochaine vague de saignement du Liban ou la planification d'attentats en Irak, en bordure de Gaza ou partout dans le monde. Surtout, sur la bonne façon de maintenir un peuple sous une chape de plomb et une main de fer. Dans ses contacts, à propos de Clotilde Reiss, en revanche, il n'y a ni nom ni adresse ni rang de quelque responsable iranien mentionné, qui aurait pu être contacté dans ce but. 


 

En quelque sorte, il s'agit de faire à Assad une "avance sur salaire" diplomatique fictif, un véritable encouragement à l'impunité quant à ses méthodes terroristes et terrorisantes envers son propre peuple, au cas où il lui prendrait de jouer un rôle "positif" en Orient, en lui faisant miroiter les honneurs qu'il peut gagner gracieusement sans rien faire, pas même lever un doigt. Aussi pourquoi se fatiguer ou se fâcher avec Téhéran? 


Rivlin en rit d'ailleurs presque sous cap en voyant ses interlocuteurs piaffer d'avoir emporté là une grande victoire diplomatique. Il est vrai que l'Amérique, dans cette affaire sous influences, ne vaut guère mieux et se paie en retour des mêmes gratifications en monnaie de singe. Mais, d'après les documents, Clotilide Reiss devrait plutôt son retour en grâce à l'intervention d'autres canaux, notamment turcs et qataris (dans la mine).

 

A l'époque, un ancien agent de la DGSE en disgrâce avait alors trouvé très intelligent de semer des doutes sur le statut "d'honorable correspondante" de la jeune étudiante. Attention, camarades, les services extérieurs recrutent dans les facs, particulièrement, d'histoire de l'art, matière qui stimule les aptitudes à la guerre de l'ombre (la Joconde, par exemple, mate absolument tout, de son regard aussi altier que panoramique. C'est Léonardo qui a esquissé les plans de vol du satellite Hélios. D'autres révélations à suivre)...

 

Gad.


 


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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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