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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 13:10

Les grenouilles sautent la Manche
Publié le 7 février 2012
Plus grave que les polémiques sur l'immigration, la question de l'émigration des Français

Le nombre de Français partis vivre à l'étranger est en hausse vertigineuse. Lettre ouverte de Gaspard Koenig, lui-même installé à Londres et candidat aux législatives dans une circonscription des Français de l’étranger.

http://www.atlantico.fr/decryptage/polemiques-immigration-francais-fuient-hexagone-gaspard-koenig-282663.html

 

300 000 Français résident à Londres.

300 000 français résident à Londres. 

 

 

Gaspard Koenig est candidat du Parti Libéral Démocrate à Londres pour les élections législatives 2012 (circonscription "Europe du Nord" des Français de l'étranger). 

Son site de campagne : http://gaspard2012.com.

Après avoir été la plume de  Christine Lagarde, ce normalien et agrégé de philosophie travaille actuellement comme conseiller en stratégie à la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) à Londres.

Il est l'auteur, chez Grasset, de romans et d'essais, parmi lesquels Les discrètes vertus de la corruption et Leçons de conduite.

 

 

Voir la bio en entier

Une révolution silencieuse est en cours. A l’heure où l’on s’intéresse tant aux électeurs, j’aimerais vous parler de ceux qui ont déjà voté – avec leurs pieds. A l’heure où l’on parle beaucoup des dangers de l’immigration, j’aimerais vous parler d’un symptôme bien plus grave : l’émigration.

Le nombre de Français partis vivre à l’étranger est en hausse vertigineuse. En dix ans, il a augmenté de 50 % ; en 2011 seulement, de 6 % - un record. Officiellement, 1,6 million de Français résident hors de France, chiffre qu’il faut au moins multiplier par deux pour prendre en compte tous les Français non-inscrits sur les registres des consulats.

Parmi ces émigrés, les Londoniens, estimés à plus de 300 000, occupent de loin la première place. Ils sont accueillis à bras ouverts. Boris Johnson, le fougueux maire de Londres, s’est ainsi immédiatement saisi du débat sur la taxe Tobin pour inviter les banquiers français à émigrer (encore davantage) de l’autre côté de la Manche. « Si votre propre Président ne veut pas des emplois des opportunités et de la croissance économique que vous créez, nous, nous les prenons », a-t-il déclaré la semaine dernière.

Moi-même, je suis arrivé à Londres il y a près de trois ans. La plupart des compatriotes que je croise pensaient vivre une expérience de quelques mois, et sont finalement restés cinq, dix, vingt ans.Le

Pourquoi cet exil, qui est en train de prendre les proportions de pays en développement où les jeunes les plus dynamiques, les professionnels les plus brillants ne voient de salut que dans la fuite ?

Cessons d’abord de croire que les émigrés sont mus par la seule obsession d’échapper à l’impôt. Contrairement à la rengaine encore lue dans Le Monde daté de ce mardi, « l’exil fiscal » ne touche qu’une poignée d’ultrariches dotés de coûteux avocats fiscalites, qui ne valent guère la peine qu’on s’intéresse à eux. Au Royaume-Uni, pour les 99% de Français qui travaillent, l’imposition est, bon an, mal an, la même qu’en France - voire encore plus sévère, car la tranche supérieure d’imposition y est aujourd’hui plus élevée. 

 

 

Tous ces débats sur l’exil fiscal ne servent qu’à masquer une réalité bien plus embarrassante pour notre pays. Car ce que les Français, de tous les milieux et de tous les secteurs viennent chercher à Londres, c’est la liberté. La liberté d’entreprendre, la liberté de tenter sa chance. L’Angleterre, malgré tous ses défauts, est un pays où les entrepreneurs ne croulent pas sous la paperasse, où les business angels sont encouragés, où la concurrence est libre (les minicabs rigolent bien du monopole des taxis parisiens !). Un pays où le marché du travail, flexible, permet à chacun de se lancer quel que soit son diplôme ou son accent, où les serveurs peuvent rapidement devenir managers et les agrégés d’histoire travailler dans la finance. Un pays ouvert sur le monde, où les étudiants étrangers ne sont pas renvoyés dans leur pays, où la « démondialisation » ferait sourire.

Nicolas Sarkozy avait compris, en 2007, cet état d’esprit conquérant, cette envie de prendre des risques, de créer des opportunités nouvelles. En venant prononcer un mémorable discours de campagne à Londres, il avait su trouver les mots pour décrire la « société bloquée » à laquelle nous, Français de Londres, cherchons à échapper. « Revenez ! » nous avait-il lancé.

Nous ne sommes pas revenus. Et il n’osera sans doute pas revenir non plus, car il nous a trahi. Après quelques tentatives de libéralisation vite avortées (comme la Commission Attali), il a rendu la France à sa tradition de dépense publique, de gabegie administrative, de repli sur soi. Il a rendu la politique aux politiciens.

Aujourd’hui, les Français de Londres ont une voix à faire entendre que ni la gauche ni la droite ne sont en mesure de porter. C’est pourquoi j’ai décidé de me lancer dans la campagne législative de la troisième circonscription des Français de l’étranger (Europe du Nord). Je souhaite que dans le concert de réformettes sociales-démocrates que la campagne présidentielle nous promet, l’on entende l’indignation et les regrets de ceux qui sont partis, parce qu’ils n’acceptent pas un système sclérosé, parce qu’ils voudraient tant que notre pays, riche de son histoire, de ses ressources, de ses hommes exceptionnels, puisse retrouver la place qui n’aurait jamais dû cesser d’être la sienne.

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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