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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 21:03

 

 

maj-gen-qassem-suleimani (Copier)

 

Qassem Souleimani, trop préoccupé par la situation à Damas, a t-il pu se commettre dans ces deux pétards mouillés? 

 

 

 

Rapide coup d'oeil : par Marc Brzustowski

 

Selon Ron Ben-Yichaï, spécialiste pour Ynet des questions de défense et de sécurité, ce double-attentat de New Delhi et de Tbilisi du lundi 13 février signe l'échec du Hezbollah à venger son commandant en chef des "opérations spéciales", c'est-à-dire son cerveau terroriste ; et l'amateurisme qui semble, dans les deux cas, avoir été privilégié par les deux plus grosses organisations terroristes de la planète : les Forces Al Qods, de Qassem Souleimani, pressenti par le Guide Suprême comme futur Président d'Iran ; et le Hezbollah libanais, sa succursale.

 

Aucune des deux cibles :


- la femme d'un attaché à la Défense en mission en Inde, cherchant ses enfants à l'école ;

 

- un employé local géorgien affecté à l'Ambassade, qui détecte l'engin sous sa voiture -

 

n'est réellement pertinente, en terme de recueil de renseignements préalables à un attentat ; et de réelle cible significative pour sanctionner un Etat par un acte de terrorisme. Ce qui laisse l'analyste entrevoir que, plutôt que de véritables professionnels du terrorisme, les Brigades Al Qods et le Hezbollah ont pu s'appuyer sur des réseaux locaux (ce que les renseignements indiens appellent des "sympathisants de l'Iran"), comme essayaient de le faire leurs membres arrêtés à Bakou, il y a quelques temps, alors qu'ils tentaient de recruter des Azéris pour frapper l'ambassade d'Israël et les représentations du système éducatif Habad en Azerbaïdjan. 

 

Qualitativement, on est très loin des risques déjoués autant à Bangkok en Thaïlande, à Bakou, en Azerbaïdjan qu'à San Carlos de Bariloche, en Argentine, qui ont permis l'arrestation de têtes de réseaux. 

 

La "mauvaise nouvelle", c'est que ces véhicules d'ambassade ont pu être facilement repérés et approchés par ces tueurs, y compris et surtout, s'il s'agissait de terroristes de seconde catégorie. Des mesures devront donc être prises pour brouiller ces aptitudes au repérage aisé, mettant en danger les proches et le personnel de ces services. 

 

D'autres questions devront être abordées, sur le choix des pays-cibles, à qui la "punition" est adressée, ainsi qu'à leurs citoyens :

 

l'Inde est le plus gros client d'armements israéliens et un allié stratégique, dans les jeux compliqués de l'Asie centrale. Elle a deux adversaires directs : le Pakistan musulman, qui craint son extension en Afghanistan et contre lequel il entretient des réseaux teroristes au Cachemire ; et la Chine, qui redoute la puissance de l'Inde. Les terroristes ont-ils reçu une aide logistique quelconque, de la part de réseaux chachemiris, affiliés au Lashkar e-Taïba, proche des services de renseignement pakistanais? Ou le Hezbollah et l'Iran ont-ils agi seuls, quitte à recruter des desesperados, tout comme ils sont capables de le faire au Mexique (avec le cartel Los Zetas), pour assassiner un ambassadeur saoudien, en plein Capitole, dans la capitale des Etats-Unis?

 

L'Inde est aussi le second client pétrolier de l'Iran, après la Chine. Téhéran a absolument besoin de ses roupies pour contourner les sanctions de sa Banque Centrale. Etait-ce, sur le plan économique, le "bon moment" de friser l'incident diplomatique majeur avec un tel partenaire? Dès cet attentat, le responsable indien des échanges économiques rappelle qu'il pourrait sérieusement "refroidir" cette coopération qui, jusqu'à présent, faisait fi des sanctions décrétées par les Etats-Unis et l'Europe...

 

La Géorgie, quant à elle, est aussi un allié d'Israël en Asie Centrale, au sud de la Russie et une probable base arrière américaine, en cas de frappe des installations nucléaires. S'attaquer à Tbilissi, c'est reconnaître qu'on a déjà échoué à Bakou et qu'on récidive un peu plus loin... Tbilissi a osé s'affronter à l'armée russe en 2008, même sans aucune chance de l'emporter. Il ne se laissera donc pas intimider par l'Iran. Dans cette zone, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, le Khazakstan représentent un bloc prêt à se souder face aux dangers dans la Caspienne, lorsque l'Arménie doit une partie de son économie aux droits de passage avec l'Iran, qui s'est alliée à elle, dans l'affaire du Nagorno-Karabakh...

 

La Géorgie, comme l'Azerbaïdjan, fait partie de ces pays que l'Iran menace de frapper, en cas où ils aideraient les Israéliens, dans le cadre d'une frappe. L'avertissement, consistant à manquer toute cible crédible, ne permet pas à Téhéran de se faire prendre au sérieux, lorsqu'il fulmine et menace. 

 

Dans les deux cas, autant le fait de manquer, chaque fois, ses cibles que le choix des pays pour y perpétrer un "carnage" à haute rétribution médiatique, trahissent autant un grand désordre logistique et organisationnel qu'un sentiment de précipitation, voire de panique, à devoir rapidement marquer des points, à n'importe quel prix. 

 

Le résultat est, heureusement, à ce stade, en tout cas, excessivement médiocre : Iran et Hezbollah apparaissent comme le dos au mur, tout juste bons à massacrer un peuple en Syrie, mais incapables de faire preuve de réel professionnalisme, à la mesure de leur réputation... Même le modus operandi imite les éliminations d'experts nucléaires, mais sans parvenir à un résultat équivalent...  De quoi s'en retourner dans sa tombe... 


 

hez-lib432 (Copier)

 

 

Néanmoins, dès les premières informations recueillies, vers midi, le Chef d'Etat-Major Benny Gantz a réuni le chef des renseignements militaires, Avi Kochavi, celui de l'armée de l'air, Ido Nehushtan et le commandant des forces spéciales réunifiées dans le Corps d'intervention en Profondeur, le Major-Général Ya'acov Ayash, pour évaluer la situation : il aurait suffi, en effet, que les terroristes parviennent à leurs fins et fassent de nombreuses victimes, pour que la situation, déjà incandescente au Moyen-Orient, ne soit hors de contrôle, au risque de déboucher sur un conflit ouvert, avec le Hezbollah au Liban et, probablement, avec l'Iran, sur l'un des points chauds qu'il alimente en permanence... 

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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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