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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 09:39

 

 

QUAND LE PRIX NOBEL DE LA PAIX 2005 DECLARE LA GUERRE A ISRAEL

 

 

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

 

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

Ce 4 avril 2011, Mohamed El Baradei, ancien directeur de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique et prix Nobel de la Paix en 2005, a lancé sa campagne pour les élections présidentielles égyptiennes prévues pour octobre ou novembre prochain. Son message s’est voulu protecteur des palestiniens dont la souffrance heurte la sensibilité des égyptiens, tout en acceptant de prendre en charge la direction du front arabe. Imputant à Israël sa responsabilité dans le conflit, il a lancé qu’en cas d’attaque israélienne : « Si je gagne les présidentielles égyptiennes, je ferai ouvrir les passages frontaliers du pays avec la bande de Gaza  ». Par ailleurs, il n’a pas manqué de présenter le monde arabe comme étant agressé par l’entité sioniste et affirmé la nécessité de mettre en place une « défense arabe commune ». Enfin, posant qu’Israël est responsable du malheur des palestiniens, il a avancé l’urgence de rétablir un équilibre dans le rapport de forces en affirmant : « Israël a occupé les territoires palestiniens et n'entreprend aucune démarche sérieuse dans le sens du processus de compromis, puisqu'il n'y a pas, pour l'heure, dans la région, ce qu'on appelle un équilibre des forces »…

avec Ali Larijani

Ce discours « anti israélien » tranche bien évidemment avec la position classique de neutralité égyptienne dans le conflit voire, prend la forme d’une véritable déclaration de guerre faite à l’entité sioniste. Ce faisant Mohamed El Baradei adopte une démarche motrice au sein de la population égyptienne qui colle parfaitement à la sensibilité du monde arabe, grandement utile à l’occasion d’une élection présidentielle. Ce message agressif s’est, par ailleurs, accompagné de promesses démagogiques tel l’engagement de procéder à une meilleure répartition des richesses... Le Prix Nobel de la paix 2005 présente donc un programme en parfaite rupture avec la politique d’Hosni Moubarak tout en répondant aux aspirations de la rue égyptienne.

Ce qui est en fait choquant dans son propos, c’est qu’il émane d’une personne qui a remporté le prix Nobel de la paix qui récompense (selon les vœux d’Alfred Nobel rappelés dans son testament) «  la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ».  Ainsi, ce prix est en principe décerné aux personnes qui se sont battues pour l’action humanitaire, les droits de l’Homme, la défense des égalités ou contre l’oppression politique (comme Martin Luther King ou Mère Teresa). Selon toute vraisemblance, les propos de Mohamed El Baradei n’auraient certainement pas plu à celui qui désirait que les revenus de sa fortune soient « distribués chaque année à titre de récompense aux personnes qui, au cours de l'année écoulée, auront rendu à l'humanité les plus grands services ».

Par ailleurs, les propos de Mohamed El Baradei remettent en question les accords de paix signés le 26 mars 1979 par le Président égyptien Anouar el-Sadate et le Premier Ministre israélien Menahem Begin, prévoyant le retrait de l’armée israélienne du Sinai, le démantèlement des implantations juives, la normalisation des relations diplomatiques israélo égyptiennes, la libre circulation sur le canal de Suez et l’interdiction de rassembler des forces militaires à la frontière. A cet égard, Mohamed El Baradei méprise les accords passés par le Président égyptien Anouar El Sadate qui déplorait le refus pour « les pays arabes d’entrer dans la modernité et de s’ouvrir au monde occidental ». Dès novembre 1977, Anouar El Sadate s’était en effet, déclaré prêt à se rendre à Jérusalem pour entreprendre des négociations directes avec Israël, devenant ainsi le premier responsable arabe en guerre à signer un traité de paix avec Israël (lui valant également le prix Nobel de la Paix en 1978 avec Menahem Begin).

En réalité, le projet politique de Mohamed El Baradei n’est que le résultat de l’ambiguïté de la position américaine au cours de ces trente dernières années. En effet, les Etats Unis ont, d’un côté, grandement aidé l’Egypte depuis la signature des accords de Camp David en 1979 en octroyant des aides de l’ordre de 2 milliards de dollars par an (dépensés dans l’achat d’armes américaines), accordé des remises de dettes ou encore des crédits pour acquérir des chasseurs-bombardiers de dernière génération, des batteries de missiles et d’autres systèmes d’armes avancés, et entraîné les officiers et les soldats égyptiens, et les forces spéciales... Dans ce cadre, ils ont contribué à maintenir le contrôle dictatorial du pays depuis plus de trente ans, et indirectement cautionné les tortures et assassinats d’opposants tout comme la corruption, la répression et les inégalités sociales.  De l’autre côté, les Etats-Unis supportaient de moins en moins les violations répétées des droits de l’Homme et ont, depuis quelques années, commencé à subordonner le maintien de l’aide à une plus grande coopération sur le terrain de la promotion des libertés, des droits de l’Homme  et de la primauté du droit. Les américains ont enfin poursuivi leur étrange double jeu en favorisant le renversement de Hosni Moubarak en vue de l’élection d’un gouvernement démocratique pour septembre 2011, tout en essayant de le maintenir au pouvoir jusqu’à cette date pour permettre une « transition ordonnée », cautionnant ainsi la terreur d’Etat et la violence à l’origine de nombreux morts chez les manifestants (lors du soulèvement populaire de février 2011).

Sur ce point, Mohamed El Baradei a adapté son discours à la sensibilité populaire qui rejette la subordination aux Etats-Unis et son modèle démocratique occidental. Il encourage par ailleurs une reprise des actions contre Israël pour incarner une politique nouvelle en captant les voix des égyptiens qui inclineraient pour l’islamisme radical. Il rejette enfin les Etats-Unis perçus comme un catalyseur de la dictature par leur contrôle ininterrompu de l’armée et l’organisation d’élections démocratiques truquées, d’autant qu’ils sont l’allié inconditionnel d’Israël alors que les égyptiens s’opposent majoritairement au projet sioniste.

Mohamed El Baradei, leader de la réforme, satisfait également la rue égyptienne en ce qu’il effraie Israël qui lui préfère Hosni Moubarak qui représente depuis des décennies, un excellent barrage contre l’islamisme,  bloque les envois illicites d’armes à Gaza, évite la contagion de l’instabilité de l’autre côté de la frontière et la mise en place d’un système théocratique (sur ce point, les responsables politiques israéliens reprochent aux américains de commettre la même erreur que Jimmy Carter en 1979 qui n’avait pas soutenu le régime en place au nom de la démocratie).

Une nouvelle fois, se révèle l’un des aspects pervers de la démocratie qui permet la mise en place de régimes totalitaires, avant de devenir l’instrument de sa propre destruction (tel Hitler en 1933, ou la République islamique d’Iran en 1979…). Pour autant, l’inquiétude doit être limitée : les systèmes autocratiques finissent par s’autodétruire à terme. En outre, les égyptiens admirent la culture occidentale et son système social, et veulent s’engager sur le chemin de la modernisation sans se couper des revenus du tourisme. Il est donc nécessaire pour l’Egypte qu’elle prenne en main la maîtrise de son devenir politique.

 Mohamed El Baradei devrait toutefois éviter d’utiliser l’hostilité à l’égard d’Israël comme instrument publicitaire. Mais si par impossible,  le prix Nobel de la paix 2005 persistait dans sa démarche, il conviendrait, ne serait ce que pour faire honneur à l’intégrité morale intellectuelle des titulaires de prix Nobel de la paix, de restituer le Sinaï à Israël.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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