Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 15:27

Houriya Ahmed, 15 Février  2012   

 

Meshaal Abbas Qatar (Copier)

 

Mahmoud Abbas, Khaled Meshaal et l’Emir Qatari, lors de la rencontre de réconciliation du 6 Février. L’accord offrira plus de pouvoir à Abbas et marginalisera le Premier ministre réputé « modéré » Salam Fayyad. (AFP photo)

      [Plutôt que de favoriser le point de vue israélien et juif, il est aussi sage de laisser s'exprimer une femme, chercheur(e) arabe, dans ce qu'elle peut déceler de positif ou non, à cet accord. On s'aperçoit que, plutôt qu'un "pas en avant", elle évoque surtout une belle dégringolade vers les façons de se repasser le pouvoir de main en main et l'argent corrompu qui va avec. Il n'y a pire voyoucratie que le Caïdat palestinien, exempt de la moindre interférence populaire dans la gestion de ses rackets qui sont une affaire strictement privée... Arafat, selon Globes, était la 7ème fortune du monde, après Bill Gates, Warren Buffet, Ruppert Murdoch et quelques autres rares]

 

Après une année durant laquelle les Arabes ont lutté et sont morts pour "plus de démocratie", les Territoires Palestiniens semblent être les seuls dans la région où l’autocratie est en pleine ascension.

L’accord de réconciliation signé au début de la semaine entre l'Autorité Palestinienne contrôlée par le Fatah et le groupe islamiste Hamas, sous les auspices du Qatar, donnera même plus de pouvoir à Mahmoud Abbas. L’homme, âgé de 75 ans, agira, à présent, en tant que Premier ministre par intérim, dans un gouvernement transitoire, en supplément de ses positions actuelles de Président de l’AP et de Président de l’Organisation de Libération de la Palestine. Mais, ni la Bande Occidentale de Judée-Samarie, administrée par l’AP, ni la Bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, n’ont tenu d’élections depuis 2006, lorsque les résultats ont précipité un bref accord de partage du pouvoir, avant de déboucher sur la guerre civile de 2007.

L’accord pose les conditions pour la formation d’un gouvernement d’unité, avec Abbas dirigeant “les technocrates indépendants… dont la mission sera de faciliter des élections présidentielles et parlementaires et de commencer la reconstruction de Gaza”, selon une déclaration officielle. L’accord verra l’homme politique indépendant, soutenu par l’Occident et actuel Premier ministre Salam Fayyad – qui a conduit les efforts de construction d’un Etat et a fait le maximum pour éradiquer la corruption de l’ère Arafat dans les rangs du Fatah – évincé de son poste et, effectivement, marginalisé.

En dépit de leur rivalité historique, le Fatah et le Hamas ont annoncé leur intention de poursuivre ce processus de réconciliation de mai 2011. Ils étaient motivés, non tant par une percée dans les relations, que par la stricte nécessité mutuelle, du fait de l’affaiblissement de leurs bases traditionnelles de pouvoir, à cause des effets du « Printemps Arabe ». La chute du Président égyptien Hosni Moubarak a affaibli le Fatah, et le Hamas a été contraint d’aller chercher ailleurs, alors que l’insurrection syrienne incessante menace de renverser le pouvoir du régime de Bachar al Assad. Par représailles aux réticences du Hamas à défendre son patron Assad, on a rapporté que l’Iran aurait interrompu son soutien financier.

On rapporte également que le manque à gagner dans le financement du Hamas a été compensé par la Turquie (et, si on en croit les rumeurs, par le Qatar), mais cela n’a pu se faire qu’assorti de probables contraintes : modérer sa position à l’encontre d’Israël et s’engager vers l’unité palestinienne. Cela s’est reflété par le récent comportement du Chef du Bureau Politique du Hamas Khaled Meshaal, demandant à la branche terroriste de son parti d’arrêter les attaques contre Israël. La conséquence a été que l’Iran jette actuellement son dévolu et tout son poids derrière le groupe terroriste rival à Gaza, le Jihad Islamique palestinien – dont les membres sont convertis au Chi’isme, et le groupe menace de plus en plus le pouvoir du Hamas dans sa propre base interne.

Alors que le fait de participer à un accord unitaire pourrait paver la voie, pour le Hamas, lui permettant d'affirmer une position diplomatique, cela peut aussi le mettre dans une posture de plus grande faiblesse ; il pourrait y perdre ses lettres de créance révolutionnaire qui le distinguent traditionnellement du Fatah. S’il n’obtient pas suffisamment d’influence diplomatique de cet accord pour qu’un tel sacrifice en vaille la peine, cela pourrait, en fait, offrir à d’autres groupes terroristes –ou simplement, au Fatah- la capacité de le déborder.

Le Fatah, d’un autre côté, a été incapable d’aller au-delà d’un blocage des négociations de paix avec Israël et a opté pour la poursuite de la réconciliation, au moins partiellement, pour demeurer pertinent et utile durant la période intérimaire, avant de ranimer d’éventuels pourparlers. Les négociations formelles sont paralysées depuis presque une année entière, à présent, et les discussions de niveau moindre menées en Jordanie, le mois dernier, ne semblent pas avoir offert la moindre perspective d’évolution. La décision du Fatah de finaliser sa réconciliation avec le Hamas peut, par conséquent, être partiellement interprétée, comme née de la conviction que les négociations de paix ne reprendront pas de sitôt.

Pourtant, cette réconciliation pourrait s’avérer, également, risquée pour l’Autorité Palestinienne, puisqu’elle peut déboucher sur une diminution substantielle de l’aide des Etats-Unis et de l’Europe, et parce que la fourniture d’assistance financière à une organisation terroriste désignée comme telle est illégal, pour les uns comme pour les autres. Ce qui est très intéressant, c’est que cela pourrait être la raison pour laquelle le Hamas envisage de changer son nom pour devenir la branche palestinienne des Frères Musulmans. Cette tactique pourrait permettre au Hamas de modifier sa propre image, pour devenir plus conforme à l’idéologie à laquelle il est affilié, au sein de la confrérie des Frères Musulmans, qui a gagné une légitimité populaire d’une façon dont ne dispose pas le Hamas, grâce aux élections de l’année passée.
 
Le risque lié à la perte d’un pactole significatif de soutien financier peut aussi être la raison pour laquelle le Fatah s’est appuyé sur Abbas pour diriger le gouvernement par intérim, alors qu’il peut être perçu comme l’option la plus viable, en tant que dirigeant, à l’exception de Salam Fayyad, qui n’aurait jamais été accepté par le Hamas, à cause de la répression qu’il a menée contre les terroristes islamistes et de sa coopération avec Israël dans le domaine sécuritaire. Cela correspond, également, à un appel en direction de l’Occident, en choisissant quelqu’un de réputé « sûr ». Cependant, Abbas n’est pas Fayyad, qui défiait la corruption qui a longtemps été endémique au Fatah, et qui, en même temps, édifiait pratiquement les bases de l’appareil institutionnel, nécessaire à un Etat fonctionnel. En fait, le placement d’Abbas – dans une nouvelle position de pouvoir et la marginalisation de Fayyad ne transmet uniquement qu’un message : le Fatah est retourné au temps des copinages et à la gabegie politique.

Il demeure obscur de savoir quelle position, si jamais il en occupe aucune, Fayyad occuperait dans un gouvernement intérimaire. Il reste également peu clair de savoir combien de temps un gouvernement par intérim durera, jusqu’à ce que de nouvelles élections se tiennent, alors qu’elles sont déjà en souffrance depuis plus de 2 ans. Le Hamas se démène à travers sa propre lutte interne, entre les "pragmatistes politiques" comme Khaled Meshaal et les tenants de la ligne dure, comme le Premier ministre Haniyeh. Ce défi lancé à la communauté internationale consisterait à assurer que ce seraient bien les pragmatistes qui prévalent et qu’ils soient assez forts pour empêcher une reprise de la guerre civile de 2007, ou la résurgence de la violence contre Israël.

Du fait de la faiblesse actuelle du Hamas, cela pourrait représenter une bonne opportunité, pour des pays comme la Turquie et le Qatar [s'ils le souhaitent vraiment, mais qu'en est-il???], de presser le mouvement d’accepter les Principes du Quartet comme signe avant-coureur de leur engagement dans un gouvernement unitaire. Ces pays pensent peut-être qu’une approche au coup par coup, par des mesures de modération, telles qu’un accord d’unité, pourraient être suffisantes à apaiser les critiques internationales du Hamas, et, en retour, renforcer le pouvoir des deux groupes, donnant le sentiment d’un renouvellement du cycle de négociations avec Israël.

Les dynamiques changeantes de ce régime rendent les conséquences de cet accord d’unité loin d’être certaines, et cela pourrait bien être un "arrangement Potemkine", servant surtout à faire gagner du temps aux deux groupes, pour qu’ils puissent re- calibrer chacune de leurs positions. Pourtant, dans cette période intérimaire, nous pourrions bien assister à une dangereuse dégringolade en arrière, vers la stagnation politique de l’ère Arafat.

Houriya Ahmed est directeur de recherches  à la société Henry Jackson  et co-auteur de : Regional Actors and the Fatah-Hamas Unity Deal: Shifting Dynamics in the Middle East? (May 2011)



To read more: 
http://www.nowlebanon.com/NewsArticleDetails.aspx?ID=365012#ixzz1mUmLZE3J 

Adaptation : Marc Brzustowski

Partager cet article

commentaires

Roberto 18/02/2012

Ils passent leur temps à se quereller et à se réconcilier. Ca semble les occuper, et beaucoup leur plaire. Laissons "les enfants" s'amuser. Pendant qu'ils font cela, ils ne font pas autre chose. Le
problème des Arabes, c'est leur double, (voir triple) langages. Ils ont leur discourt destiné à leur population en Arabe, et le discourt destiné au monde International, en Anglais; situation "d
'équilibriste"qui fait qu'eux même n'y comprennent plus rien.

clovis simard 18/04/2012

blog(fermaton.over-blog.com),No-20. - THÉORÈME MARTEAU. - Éliminer la corruption ?

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis