Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 15:54

 

41QYUWeODPL. SL500 AA300 (Copier)

 

 

Par Manfred Gerstenfeld

 

 

 

Une variété de points essentiels dans l’actuelle délégitimation d’Israël, menée par des agitateurs européens, rappelle ce qu’ont éprouvé les Juifs dans les années 1930. Etudier cela de façon exhaustive requerrait un effort intensif. Par contre, commencer par formuler un premier faisceau d’idées fondamentales sur ce sujet peut aisément découler de la lecture d’un simple ouvrage qui couvre cette période.

 

On peut en tirer un bon exemple de l’autobiographie de Duff Cooper, Old Men Forget-1- [« Au-delà de l’Oubli »]. L’auteur est ancien Ministre conservateur britannique. Il était Premier Lord de l’Amirauté – titre britannique qui équivaut à celui de Ministre de la Marine – au temps des accords de Munich. Le 29 septembre 1938, l’Angleterre et la France ont abandonné la Tchécoslovaquie à Hitler, en signant qu’elle devait rétrocéder des régions de son territoire à l’Allemagne.  Ce territoire des Sudètes auquel elle devait renoncer était principalement habité par une population d’ethnie germanique, mais toutes les fortifications de défense tchécoslovaques s’y trouvaient installées. Cela a mené à l’occupation allemande du pays tout entier, six mois plus tard.

 

Peu de temps avant Munich, le Premier ministre britannique Neuville Chamberlain s’était exprimé à la radio. Cooper écrit qu’il n’avait alors eu aucune parole de sympathie envers la Tchécoslovaquie, qu’il s’était préparé à trahir. « La seule sympathie qu’il a exprimée s’adressait à Adolf Hitler, dont le Premier ministre a dit qu’il pouvait comprendre ses sentiments envers les Sudètes »-2- .

.

Cooper a démissionné du Cabinet immédiatement après Munich. Un tel acte requérait un énorme courage. Chamberlain était alors au pinacle de sa popularité, puisque l’accord promettait « la paix pour tous les temps ». En réalité, cela signifiait un répit de moins d’un an, jusqu’à ce que la guerre éclate après l’invasion de la Pologne par l’Allemagne, le 1er septembre 1939.  

 

Cooper a souvent cité des passages de son journal de bord. Le 22 mai 1938, à l’époque d’attaques verbales cruelles et continuelles, de la partie allemande contre la Tchécoslovaquie, il écrit, à propos d’une réunion du Cabinet : « le sentiment général semblait être que la grande et brutale Tchécoslovaquie tentait d’intimider la pauvre petite Allemagne pacifique… On avait décidé d’envoyer un télégramme pour demander à la France d’avancer avec précaution et de ne pas trop compter sur nous, et un autre pour faire pression sur les Tchèques, les incitant à faire de grandes concessions »-3-.  Dans une forme édulcorée, cela ressemble à la critique sans discontinuer de l’Union Européenne envers Israël et à son abord sur la pointe des pieds, « du monde arabe pacifique », alors que plusieurs milliers de membres de sa population sont massacrés par leurs propres compatriotes.

 

En septembre 1938, un autre membre du Cabinet, Viscount Hailsham déclare à Cooper : « Tout dépend de la confiance que nous pouvons placer en Hitler ». Cooper, stupéfait, lui demande : « Mais le croire pour quoi, exactement ? Il a obtenu absolument tout ce qu’il veut pour le présent et n’a fait aucune promesse en ce qui concerne l’avenir ! » -4-.

 

Peut-on croire les Etats Arabes d’aujourd’hui au sujet des Palestiniens? La vaste majorité des Egyptiens veut abolir le traité de paix de Camp David, grâce auquel leur pays a récupéré le Sinaï sans coup férir. L’Autorité Palestinienne glorifie les assassins de civils israéliens et désigne par leurs noms des camps de jeunesse, des rues et des écoles. Le Hamas a écrit noir sur blanc que le génocide des Juifs est au programme de sa charte. Qui de sensé pourrait croire qu’ils veulent la paix ?

 

Cooper décrit l’humeur qui règne en Grande-Bretagne après Munich : “Il devait ne plus jamais y avoir de guerre, pas plus maintenant qu’à aucune autre date ultérieure, dans l’avenir… Le vieux Premier ministre d’Angleterre venait de sauver le monde -5-». La majorité des Israéliens a exprimé cette attitude positive au moment des accords d’Oslo en 1993, mais cela n’a guère duré. Aujourd’hui, nous savons que cet accord permet surtout aux Palestiniens de mobiliser, épisodiquement et par étapes, de vastes portions du monde musulman contre Israël.

 

Après le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale, beaucoup de Britanniques ont exprimé une attitude affirmant que la Pologne était perdue, quoi qu’on fasse, aussi pourquoi la Grande-Bretagne devrait-elle continuer à se battre contre l’Allemagne [NdT : équivalant au fameux : « pourquoi mourir pour Dantzig ? » prononcé par le Socialiste Marcel Déat, futur collaborateur du RNP] ? L’ancien Premier ministre libéral David Lloyd George avait suggéré, au Parlement, que le gouvernement britannique devrait envisager d’émettre des propositions de paix. Cooper réagissait en déclarant que Lloyd George suggérait tout simplement de se rendre-6-.

 

Alors que les Allemands dépensaient de vastes sommes d’argent pour leur propagande, les Britanniques n’allouaient pas un centime pour la leur. Peu de temps après le déclenchement de la guerre, Cooper partit pour une tournée de conférences aux Etats-Unis. Avant son départ, Chamberlain délégua un officiel de haut-rang pour transmettre à Cooper sa requête qu’il s’abstienne de diffuser quoi que ce soit qui pourrait résonner comme émanant de la propagande britannique. Dans son autobiographie, Cooper écrit que, rétrospectivement, cette exigence apparaît presque incroyable : « Un ancien Ministre du Cabinet arrive d’Angleterre, alors que son pays vient juste d’entrer en guerre totale et son déplacement est couvert par une vaste publicité qu’il va tenir des conférences à travers tous les Etats-Unis au sujet des enjeux actuels. A quoi pourra s’attendre son auditoire, excepté à une information crédible concernant cette guerre, les causes et perspectives de celle-ci ? Comment un Anglais pourrait-il apporter une telle information, sans présenter et défendre la cause de son propre pays ? Et quelle meilleure forme de propagande pourrait-elle être autre que celle-là ? » -7-.

 

Depuis Oslo, nous avons eu des gouvernements israéliens qui se sont faits les émules de la position folle de Chamberlain. Ils ont prétendu que : « Si vous faites le bien, vous n’avez même pas besoin de diplomatie ». L’actuel gouvernement n’adhère pas à cette maxime absurde, mais il existe certainement un vaste champ ouvert pour l’amélioration de la présentation du dossier d’Israël dans le monde.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

Duff Cooper, Old Men Forget, (New York: E.P. Dutton & Co., Inc., 1954).

ibid. 238

ibid. 221

ibid. 235

ibid. 243

ibid. 267

ibid. 267-268

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

clovis simard 30/05/2012 17:50

Blog(fermaton.over-blog.com)No-18: PARADOXE FERMATON. - Les pièges de la raison.

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis