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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 15:41

 

editorialaGad-copie-1

 

 

Seules la certitude d’une frappe et l’aide à une opposition crédible auront raison de la bombe islamiste iranienne.

 

Par Marc Brzustowski. 

 

Image accompagnant la nouvelle

 

On a assisté, cette semaine, à un regain de manifestations en plein coeur du Bazaar de Téhéran, alimenté par une nouvelle dépréciation de la monnaie face au dollar, qui frise les 40.000 rials pour un billet vert. Ce plongeon vertigineux indique que les Mollahs ont probablement dépensé une bonne partie de leurs réserves,- estimées, il y a un an, à 80 milliards de $ par le FMI-. Ils sont réticents à en lâcher plus, ou ne peuvent plus avoir accès à l’argent investi à l’étranger, qui leur permettrait, peut-être, d’être en mesure de limiter la chute. Le coût de la vie, l’accès aux denrées de base et au logement, deviennent insupportables, y compris et surtout, pour les classes moyennes qui vivent à Téhéran, dont les marchands et échangeurs de devises étrangères et d’or, qui se font le signe avant-coureur de ce nouveau mouvement de protestation.


 JPEG - 79.5 ko

Bassiji.

Version voltigeurs à moto. 

 

Cela dit, comme en juin 2009, il est à craindre que les milices des Bassiji reprennent rapidement le contrôle. D’autre part, l’Iran continue d’exporter, par des voies détournées, entre 1, 2 et 1, 5 million de barils de pétrole/jour, reflétant les failles criantes dans le train de sanctions et la solidarité internationale aléatoire sur ce sujet. Plus que l’étau financier global instauré par les Etats-Unis et l’Europe, ce sont les maladresses gouvernementales, sous Ahmadinedjad, en particulier, en matière de réponses fiscales et monétaires, qui sont les causes majeures d’une situation qui empire. Parmi les slogans criés dans les rues de la capitale, on relève des mises en cause de l’incompétence de ce régime et une exigence : « Sortez de Syrie ! Pensez à nous ! ».

 

La crise syrienne engendre l’un des marasmes les plus retentissants pour l’élite des Gardiens de la Révolution. On sait, et les Iraniens les mieux informés, malgré la poigne de fer de la censure, se doutent que Téhéran a déjà engagé, en vain, 10 milliards de $ pour la survie de Bachar. Cette politique agressive et meurtrière, loin de se limiter à Damas, consiste à nourrir des filières terroristes à travers tout le Moyen-Orient, en étau autour d’Israël, mais aussi, des régimes sunnites du Golfe (Bahrein, Yémen, Irak). Le Hezbollah, le Jihad Islamique et, malgré les divergences, le Hamas, restent l’avant-garde de la terreur qu’inspire la Révolution islamique. Or, le chef des Forces al Qods, Qassem Souleimani s’est personnellement engagé à retourner la situation au profit du régime syrien. A cette heure, il est incapable de remplir les conditions probantes de son contrat. La guerre interne syrienne représente, à elle seule, le défi central pour l’Iran [comme le rappelle Dan Meridor, dans un entretien au Figaro : «La chute d'el-Assad sera un coup énorme pour l'Iran»] : l’exportation de la guerre asymétrique vers les pays limitrophes, dont Damas est l’échangeur régional, est le gage de survie du régime à Téhéran, avec le bonus de l’armement nucléaire. Une raison simple à cela, l’armée conventionnelle, dont l’équipement est dépassé, serait incapable, à elle seule, de protéger le territoire iranien d’un conflit se déroulant sur son propre terrain.


 

Forces Al Qods.

 

Quand le cœur est touché, le bras armé fléchit : le Hezbollah lui-même perd toute immunité relative au Liban et à la frontière syrienne : le véhicule de son chef des opérations en Syrie, Ali Hussein Nassif, avec plusieurs de ses hommes, a été pulvérisé par une de ces bombes improvisées dissimulées sur le bord d’une route, près de Homs. On se souvient, pourtant, que le mouvement chi’ite avait le secret de ces engins explosifs improvisés, avant le retrait israélien du Sud-Liban, puis en Irak et en Afghanistan, contre les forces américaines et de l’OTAN.

 

Moins de deux jours plus tard, c’est l’un des entrepôts d’armes et d’explosifs de la plaine de la Bekaa, près de Baalbek, à Nabichit, qui a explosé en chaîne, provoquant l’effondrement d’un immeuble en construction, qui appartenait à un milicien chi’ite, Jaafar Ali Moussaoui. Celui-ci a été tué sur le coup, avec 8 autres individus, dont la plupart, liés à la milice du Hezbollah, et 7 blessés, dont 4 ouvriers syriens. Le gang de Nasrallah s’est empressé d’encercler les lieux, de dissuader les services officiels d’enquêter et de déclarer qu’il s’agissait d’obus israéliens datant de la guerre de 2006 qui auraient été chauffés à blanc par la chaleur de l’été indien. Or l’immeuble était en chantier et il est rare qu’on érige des constructions sur des sites avérés pour enfermer des vestiges de guerre prêts à sauter. Cette zone à risques proche de la frontière syrienne sert de plaque tournante pour le convoyage et la redistribution dans tout le pays, des armes iraniennes venues de Syrie. C’est donc, vraisemblablement, un centre nerveux du surarmement du Hezbollah qui a sauté, ce jour-là.

 

Autre revers de taille : chaque année, Ahmadinedjad se servait de la tribune de l’ONU pour menacer Israël de le rayer de la carte. Cette année, c’est lui qui peut faire une croix sur de nombreux documentaires filmés dans les sanctuaires nucléaires, missiliers et les bases des Pasdaran, car son caméraman personnel s’est enfui demander asile à la CIA, avec caméra, pellicules et bagages !

 

Ironie du sort, puni par où il a péché, c’est à la loterie de la guerre asymétrique que l’axe Iran-Syrie-Hezbollah paie, actuellement, le tribut le plus lourd. Damas n’a eu de cesse d’accuser un complot étranger, fomenté par l’Occident et Israël, pour expliquer sa déstabilisation interne. Assad et Rami Makhlouf, le financier d’al Qaeda en Irak, juraient de mettre la région à feu et à sang à la moindre velléité d’intervention extérieure. Mais, lorsque la Turquie réplique aux chutes d’obus contre son propre territoire, en tirant sans discontinuer sur les postes militaires frontaliers de Syrie, faisant plusieurs morts, l’armée du régime, épaulée par la milice libanaise et le grand frère Souleimani d’Iran, rentre la tête dans les épaules et présente platement ses excuses en jurant, mais un peu tard, que cela ne se reproduira pas… Drôle de tigre de papier que cette alliance de la « résistance », qui flanche au moindre coup de semonce. Non, elle préfère continuer de massacrer en interne, avec la bénédiction-veto du Conseil de Sécurité, focalisée sur sa propre survie, que de défier une armée régionale suréquipée par l’OTAN. Mais, c’est aussi un bon test, pour qui s’interroge sur les conséquences régionales, en cas de frappe israélienne, ou autre, contre les installations nucléaires iraniennes. D’aucun, de Robert Gates à Kissinger sur le retour, les décrit comme terribles, voire apocalyptiques. Mais, c’est aussi, parce que Téhéran espère en ce grand soir pour poser en victime de l’agression sioniste et retourner de son côté, certains régimes ou rues arabes, qu’il est de première importance d’éviter le conflit frontal avec une puissance comme Ankara.

 

Erdogan, de son côté, s’est vu signifier depuis longtemps, le refus de l’Administration Obama de s’engager ouvertement en Syrie, autrement qu’à travers un transfert au compte-gouttes d’armes relativement légères et de Stingers, utiles dans la défense anti-aérienne des rebelles contre le régime. Un hélicoptère et un MIG 21 syriens ont été abattus, ce 5/10. Les Turcs devraient se contenter de quelques bombardements nourris, comme pour creuser une zone de sécurité d’une dizaine de kms, entre les frontières, pouvant incidemment servir de couloir de transit pour son contrôle relatif sur certaines unités de l’Armée Syrienne Libre. S'aventurer au-delà de tirs de sommation risquerait d'entraîner Ankara dans la gestion d'une guerre civile, -comme les Etats-Unis en Irak- à laquelle ses propres frontières pourraient aussi devenir progressivement plus perméables. Le danger de contamination autonomiste kurde ou jihadiste viendrait fragiliser la république islamique turque.  

 

L’autre volet du test est moins porteur d’optimisme, pour qui rêverait de renversement du régime iranien, grâce aux forces conjuguées des sanctions et de l’aide à une éventuelle rébellion crédible en Iran : Damas, bon gré mal gré, tient depuis 18 mois, face à l’insurrection et la pression internationale. Les services de renseignements américains lui donnent une capacité de survivre, au bas mot, jusqu'au prochain printemps 2013, dans l'état actuel des forces. Si même Téhéran finissait par payer le prix fort pour son soutien au tyran damascène, quel laps de temps doit-on envisager, avant que les forces conjuguées du Hezbollah au Liban, de l’armée du Mahdi à Bagdad et des Gardiens de la Révolution dans toute la région, commencent à céder un terrain significatif, au point que le régime soit, réellement, en péril ?


Vraisemblablement des années, qu’on peut chiffrer de 5 à 10 fois plus que son homologue syrien. Le temps de stocker une première dizaine et plus, d'armes nucléaires, pour sanctuariser le régime et effrayer quiconque s'y risquerait. Hormis des révoltes épisodiques et quelques groupes armés kurdes ou baloutches, les missions d’espionnage réalisées par l’OMPI - depuis peu déclassé de la liste des groupes terroristes, par les Etats-Unis- et d'autres dissidents, il n’existe, actuellement, pas d’unité parmi les opposants iraniens. Pas plus que n’en donne à voir la révolte syrienne, après bientôt deux ans de combats sur le terrain et de conciliabules dans les capitales étrangères, dont Istanbul. Le Jihad peut alors s'infiltrer et jouer son propre va-tout. Qui parle de "chaos régional" après une frappe contre les installations nucléaires de l'Iran feint d'ignorer qu'il bat déjà son plein et que les conflits en cours sont inflammables, susceptibles d'embraser n'importe quelle frontière alentour...

 

La chute d’Assad représenterait une hypothèque de premier ordre de toute la stratégie iranienne d’exportation des conflits, depuis 1979. Rien ne dit qu’elle serait suffisante à faire refluer la globalité de la menace iranienne pour la contenir. Au contraire, ne pouvant plus se fier à son voisin et allié, Téhéran devrait surinvestir dans ses deux gages de survie : la combinaison de la guerre asymétrique, par ses autres couloirs terroristes et de l’utilisation de moyens atomiques, y compris comme les bombes sales ou l’arsenal d’armes chimiques transféré de Syrie, pour poursuivre l’avancée de ses ambitions régionales.

 

Face à une Amérique en eaux stagnantes menant une politique de reflux au Moyen-Orient, le régime iranien a encore de beaux jours, aussi sanglants que sinistres, devant lui. A force de reculer face à ce danger permanent, il faudra bien, un jour, prendre les moyens nécessaires pour surpasser son niveau de menaces et lui fixer la ligne rouge à ne pas dépasser… 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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