Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 23:14

Shalom ou Salam ? Quel choix…


Par Claude TENCER

pour© 2011 www.aschkel.info

Claude TENCER est historien, docteur en Communication, Civilisations et Médias.



Au Moyen-Orient, la paix n’a pas la connotation universelle connue en Occident, ce n’est qu’un statu quo d’un processus de non agression qui peut être éradiqué à tout moment. L’exemple de la paix signée à Camp David en 1979, entre l’Égypte et Israël, montre que cette paix s’inscrit essentiellement dans une « relation dilatoire » de tranquillité territoriale. Compte tenu les divergences politiques et les clivages qui existent dans la société arabe instrumentalisée par la religion, cet accord n’a pas une vocation éternelle et peut devenir caduc à tout moment. Toutefois, ni le courage exemplaire d’Anouar Sadate se rendant au Parlement israélien à Jérusalem en novembre 1977, ni celui de Rabin qui permit la création de l’Autorité palestinienne, par la signature des accords d’Oslo, n’ont pu changer les mentalités, ni faire oublier la vieille rancœur des Arabes qui rendent Israël responsable de tous leurs maux.

Les derniers événements en Egypte, les manifestations du WE du 14 mai demandant de renvoyer l’ambassadeur d’Israël du Caire, les manifestations à la journée de la Nakbah du même jour, montrent une fois encore que la paix entre Israël et ses voisins n'a qu'une connotation éphémère et explosive à tout moment. Les slogans affichés par les manifestants ne demandent rien d’autre que l’élimination d’Israël. La masse arabe, guidée par la haine de l'état juif et de l’Occident bénéfice de la compréhension de ce dernier qui n'a pas trouvé encore une cohésion face l'objectif réel de certains groupuscules qui tentent à détruire la société occidentale au nom d'un Islam réécrit.

On parle encore "d’occupation israélienne" pour justifier des actions terroristes, on parle de "résistance" pour bombarder des localités israéliennes et justifier les morts civils, on propage la haine de l’Occident pour justifier une instrumentalisation de la religion pour des intérêts politiques. Il faut être un Etat naïf ou inconscient pour croire dans ces conditions à un espoir de paix, même virtuel, tant que 22 pays arabes et 54 pays musulmans, privés pour l’instant de cohésion, ne virent pas vers une vraie démocratie civile.

Aussi, en lisant la Charte de l’OLP, toujours en vigueur, ou celle du Hamas, nul ne peut ignorer les intentions des leaders palestiniens. Pour l’exemple : dans le préambule de sa Charte, le Hamas annonce : « Israël s’élèvera et restera en place jusqu’à ce que l’Islam l’élimine, comme il a éliminé ses prédécesseurs ». L’article 2 annonce : « Le Mouvement de la résistance islamique [Hamas] est l’une des branches des Frères musulmans en Palestine. Le mouvement des Frères musulmans est une organisation mondiale, le plus important mouvement islamique à l’époque contemporaine ». Dans l’article 7 on peut lire : « Le temps ne viendra pas avant que les musulmans ne combattent les juifs et ne les tuent. »

Certes, certains assimilent ces dires à des slogans non réalistes, d’autres, à une action de « résistance », d’autres encore les assimilent à la passion de la haine et à une incitation au meurtre. Cette haine est propagée aussi d’une façon complètement officielle sur la télévision palestinienne. 

Pour l’exemple, observons quelques propos haineux propagés par le cheikh Ibrahim Mudeiris à la TV palestinienne dans son prêche du vendredi 13 mai 2005 : « Israël est un cancer [...] Les juifs sont un virus semblable au SIDA [...] Les juifs sont derrière toutes les guerres civiles de ce monde [...] Ce sont les juifs qui ont provoqué le nazisme [...] "Nous avons autrefois dominé le monde, et par Allah, le jour viendra où nous le dominerons à nouveau [...] Sous notre domination, les juifs n’auront pas une vie tranquille [...] Le jour viendra où tous seront soulagés des juifs ... Chaque arbre et chaque pierre voudront que les musulmans viennent à bout de tous les Juifs...
Ces propos n’ont guère de rapport avec une divergence territoriale, mais, avec la paix.

En juin 1951, le roi Abdallah, premier roi de Jordanie, déclare à un envoyé de l’ONU sa crainte face à l’action internationale en faveur de la paix : « Je suis un vieil homme ; je sais que mon pouvoir est limité ; je sais que je suis détesté par mon propre fils. Je sais aussi que mon propre peuple me déteste en raison de mes efforts de paix. Mais en dépit de tout, je sais que je pourrais obtenir un règlement de paix si seulement j’avais quelques encouragements et si je pouvais obtenir des concessions raisonnables de la part d’Israël... S’il vous plaît, aidez-moi. Je suis un vieil homme et je ne veux pas mourir le cœur brisé. » Le roi est assassiné un mois plus tard, après la prière à la mosquée Al Aqsa, par un homme du mufti de Jérusalem.

D’ailleurs, après la guerre de 1948, le roi Abdallah de Jordanie a proclamé : « la Jordanie est prête à accueillir les réfugiés comme citoyens permanents » (Le Monde, 21 avril 1951). Le roi Abdallah n’a fait qu’assumer rationnellement le rôle d’un Etat. La Jordanie est en effet majoritairement palestinienne.

Le royaume de Jordanie ou la Transjordanie a été fondé par les Britanniques en 1921avant même l’octroi du Mandat sur la Palestine et sans l’aval de la Société des nations ni d’aucune instance internationale. D’un point de vue historique, avant la guerre de 1948, la Cisjordanie ne faisait pas partie de la Jordanie. C’est durant la guerre de 1948, après le refus arabe de la résolution 181 (plan de partage de la Palestine) votée par l’ONU, que la Légion arabe et l’armée des volontaires arabes s’emparèrent de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

La Cisjordanie, faisant partie de l’espace du mandat britannique, n’a jamais été un État souverain, par conséquent, n’a jamais été un État palestinien. Le 24 avril 1950, le Parlement de la Jordanie vote une loi d’annexion de la Cisjordanie. Le 14 décembre 1955, la Jordanie est admise comme membre des Nations unies sans qu’aucune contestation ne soit faite quant à sa souveraineté sur ce territoire annexé et pourtant conquis par la guerre, en contradiction avec la Chartre de l’ONU.

Après sa victoire dans la Guerre des six jours en 1967, Israël s’empare de la Cisjordanie et de Gaza dans une guerre imposée par un casus belli. On parle alors de territoires occupés, que les Israéliens doivent rendre aux Palestiniens. Pourtant, aucun Etat palestinien n’existait ni n’a pris part à cette guerre. Comme le fait remarquer aussi J.F. Legrain : « Nulle part on ne trouve revendiquée la création d’un État palestinien, impensable en période de panarabisme triomphant et, de toute façon, exclue par la Jordanie. »

Dans l’histoire contemporaine, nous ne connaissons pas d’exemple où un État récupère un territoire perdu à l’issue d’une guerre offensive.

Quelques exemples : 

- Le 8 août 1945 l'Union soviétique déclarait la guerre au Japon après avoir dénoncé le traité de neutralité soviéto-japonais de 1941. Les îles Kouriles sont progressivement occupées, de même que la moitié sud de Sakhaline. La population japonaise des Kouriles (environ 17 300 personnes) est déportée dans des camps au Kazakhstan et en Ouzbékistan sans possibilité de retour. Le Japon n’a jamais récupéré ces territoires et la population déplacée n’a jamais était considérée réfugiée.

- Le 29 septembre 1938, Hitler déclare vouloir « libérer les Allemands des Sudètes » de l'oppression tchécoslovaque. Le Führer évoque alors le « droit des nations » pour exiger de Prague l'annexion au Reich de Région des Sudètes. Le 21 octobre les Sudètes deviennent citoyens du Reich. En 1945, la République tchécoslovaque est rétablie dans ses frontières initiales et le président Edvard Beneš émet les décrets Beneš qui, en application de la conférence de Potsdam, expulsent du territoire tchécoslovaque plus de deux millions d’allemands et confisquent leurs biens, en échange, l'État tchèque ne réclame pas de dommages de guerre à l'Allemagne vaincue.
Durant des années, les Allemands ont assigné les tribunaux afin d’obtenir un statut de réfugiés et des indemnisations pour la confiscation de leur biens, sans succès. 
En 2005, la Cour européenne des Droits de l'Homme de Strasbourg déboute les Allemands des Sudètes de la plainte déposée contre Prague par une petite centaine d'entre eux désirant récupérer les biens confisqués à leur famille après l'entrée en vigueur des décrets du président Benes. Le 13 décembre 2005, le juge strasbourgeois a déclaré cette plainte irrecevable, il décide donc qu’il n'y aurait pas de restitution ni de compensation pour les Allemands des Sudètes. 

- La Prusse et la Poméranie orientale faisaient partie intégrante de l’Allemagne. Celle-ci les a définitivement perdues en 1945, au bénéfice de la Pologne et partiellement de l’URSS.

- Lorsque l’Inde et le Pakistan accèdent à leur indépendance le 14 et 15 août 1947, ils entretiennent des relations tendues en raison du partage entre ces deux pays du territoire du Cachemire. Des millions de Musulmans ont fui l’Inde pour le Pakistan, à la suite des émeutes sanglantes de 1947. Non seulement l’Inde les a dépouillés de leur citoyenneté, mais, en l’inscrivant dans sa constitution, elle leur a interdit de revenir à jamais. Personne n’a jamais suggéré que ces réfugiés avaient "un droit au retour".

- Lorsque les communistes ont pris le pouvoir au Vietnam, des millions de "boat people" ont fui aux Etats-Unis et dans divers pays asiatiques. Personne n’a jamais suggéré que ces gens avaient "un droit au retour" »

Comme l’explique Dore Gold, ancien ambassadeur d’Israël auprès des Nations-Unies (1997 à 1999), l’utilisation de l’expression « territoires palestiniens occupés » dénie à Israël la possibilité de revendiquer cette terre : si l'on utilisait l’expression « territoires disputés », Israël et les Palestiniens se retrouveraient sur un pied d’égalité. De plus, présenter Israël comme un « occupant » a l’avantage de permettre aux partisans de la cause palestinienne de délégitimer le lien historique entre les Juifs et Israël.

En effet, Les termes « territoires occupés » ou « occupation » semblent ne s’appliquer qu’à Israël, ils ne sont jamais utilisés dans d’autres conflits territoriaux au monde.

Etonnant de constater que l’OLP ne revendique guère un État dans aucun des 33 articles de sa Charte, mais « la libération de la Palestine ». Un fait juridique controversé par le droit international, car l’espace de la Palestine inclut aussi bien la Jordanie que l’Irak. Il est invraisemblable que l’OLP ne revendique pas, non plus, une souveraineté sur la Cisjordanie et Gaza, bien que nous soyons après la Guerre des six Jours et que ces régions soient sous autorité israélienne.

Le 1 janvier 1969, après la Guerre des six jours, le Comité central du Fatah expose les perspectives de la lutte palestinienne. Dans l’article 5 de sa déclaration, il est mentionné : « Le mouvement de libération nationale palestinienne Fatah proclame solennellement que l’objectif final de sa lutte est la restauration de l’État palestinien indépendant et démocratique dont tous les citoyens, quelle que soit leur religion, jouiront à droits égaux. »

La formule « la restauration de l’État palestinien » laisse croire que l’État palestinien existait dans le passé, et que l’objectif palestinien n’est que de le libérer et de le restaurer. Une malhonnêteté intellectuelle qu’il convient de corriger.

Depuis les accords d’Oslo, l’Etat d’Israël a participé à la création de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et à Gaza, acceptant même d’armer plus de 40,000 policiers. Certes, l’opinion internationale ne comprend pas pourquoi les négociations israélo-palestiniennes n’aboutissent pas à la création d’un Etat palestinien, et la rumeur a édifié l’idée que seul l’Etat d’Israël soit responsable de la détresse palestinienne.

Il est sans doute étonnant de constater qu’aucun accord n’a été conclu entre Israël et les Palestiniens prévoyant la création d’un Etat palestinien. Seules, la création d’une Autorité et ses institutions de gestion ont été prévues. 

Toutefois, si les accords d’Oslo ont fait naître l’espoir de paix au Moyen-Orient, Arafat anéantit tout rêve. Dans son discours à Johannesburg en mai 1994, il compare les accords d’Oslo à l’accord Khodeïbeh, que Mahomet signa avec la tribu de Koreïsh, lorsqu’il était en position de faiblesse. Il dénonce l’accord deux ans plus tard, les attaque et occupe la Mecque. Arafat explique l’apologue : « Les accords avec les mécréants et les infidèles ne sont toujours que des accords temporaires et sans valeur selon l’Islam, nous avons le droit de nous soustraire à nos obligations à tout moment, cela s’applique de même aux accords d’Oslo. »

Depuis son installation en 1994, l’Autorité palestinienne veut tout négocier, sauf ses exigences inamovibles, à savoir : retrait israélien sur les lignes de démarcation du 4 juin 1967 (avant la Guerre des six jours), Jérusalem capitale, et le droit de retour des réfugiés palestiniens en Israël. Israël n’accepte guère ces conditions. A son sens, la création d’un Etat palestinien doit résoudre le problème des réfugiés dans l’espace de cet Etat. Etonnant de constater qu’une majorité des dits réfugiés demeurant hors des territoires n’a guère l’intention de déménager et de passer sous contrôle de l’Autorité palestinienne, préférant leur situation actuelle.

Sous le titre « Un alibi pour la Ligue arabe », Le Monde du 21 avril 1951 relate la réflexion de Richard Crossrrian, député travailliste, au cours du débat du 15 mars à la Chambre des communes au sujet des réfugiés : Tant que nous compterons sur l’ONU pour faire quelque chose de sérieux pour l’établissement des réfugiés, nous ne ferons que nous leurrer, car l’ONU est une organisation politique. II y a la Ligue arabe et toute la politique de la Ligue arabe... ! La Ligue arabe a besoin du problème des réfugiés pour maintenir la cohésion contre Israël... L’établissement des réfugiés la priverait de son sujet de plainte le plus important. En second lieu, une paix entre la Jordanie et Israël serait des plus embarrassantes du point de vue de la Ligue arabe, en levant l’embargo sur Israël... Telle est, me semble-t-il, l’impasse à laquelle nous nous trouvons acculés...

La conception de l’entité palestinienne est récente. Cette entité palestinienne ne se distingue d’aucune exception ou particularité de l’entité ou de l’identité arabe comme ne cesse de le faire remarquer l’OLP dans sa Charte dans son article 1: La Palestine est le foyer du peuple arabe palestinien ; c'est une partie indivisible du foyer arabe, et le peuple palestinien est une part intégrale de la nation arabe… Dans cette optique, il ne serait pas exagéré d’imaginer la communauté maghrébine de Marseille ou celle de Roubaix revendiquer un jour, « au nom des peuples à disposer d’eux-mêmes » et du « droit à la terre », le territoire marseillais ou celui du Nord comme territoire musulman. Cette revendication peut paraitre amplement « logique » pour le néophyte imprégné de l’exemple de la revendication palestinienne sur la Palestine. Cependant, n’oublions pas que la Palestine n'a jamais été un Etat comme le fait courir la rumeur, mais, une région nommée ainsi par les Romains en l’an 132...

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis