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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 00:47

 

 

The Economist propose une solution idéologique à l'actuelle pression militaire de l'Iran contre Israël

par Dore Gold, président d'un institut de recherche de Jérusalem et ancien ambassadeur, pour Jerusalem Post

 

http://www.objectif-info.com/index.php?id=1539


Par Dore Gold
Thème : International
Titre original : Media: Indecent proposal

Date de publication : 7 janvier 2011

Rédaction d'Objectif-info: 

L'Iran est en train d'intensifier, si faire se peut, ses transferts d'armements en direction du Hezbollah. Il a créé un corps libanais des Gardes de la Révolution commandé par un général iranien, Hassan Madavi. Le Hezbollah dispose de 50.000 fusées, mais d'une portée et d'une force de nuisance bien supérieures à celles de la guerre de 2006. Un immense réseau de tunnels peut abriter de nombreux combattant tandis qu'au moins cent villages sont devenus des bases fortifiées. Les mosquées, les écoles, les casernes de pompiers sont affectés au stockage de l'énorme arsenal. Un dirigeant iranien vient d'assimiler le Hezbollah à une assurance tous risques de la république islamique contre des frappes américaines. De fait le risque de guerre est tout à fait considérable. C'est dans ce contexte que The Economist, qui est lu par 1,6 millions de personnes appartenant pour moitié à l'élite britannique et pour moitié à son homologue américaine, propose en guise de solution, qu'Obama intensifie ses pressions sur Israël et qu'il impose une solution. Comme si la poussée belliciste de l'Iran était motivée par la "défense" des Palestiniens et non par ses propres objectifs expansionnistes de nouvelle puissance régionale. Dore Gold répond ci-dessous au texte indécent de The Economist.

Obama doit-il imposer une solution pour éviter une guerre au Moyen-Orient? Les rédacteurs de "The Economist" font preuve d'irréalisme en croyant que c'est la bonne réponse à ce risque.

Cette semaine Israël occupe la page de couveture de The Economist, le prestigieux hebdomadaire britannique, extrêmement influent au sein des élites du pays comme de celles des Etats-Unis. On y trouve une photo du président Barack Obama, dont la tête s'appuie sur sa main droite, en profonde reflexion. Tout en bas de la page il y a une photo d'un char Mekava. En haut un titre dit "S'il vous plait, ne recommencez pas" , ce qui n'est compréhensible qu'après avoir vu le sous-tire suivant, écrit en rouge: "La menace de guerre au Moyen-Orient".

Revenant sur ce thème, le principal éditorial du magazine avance la thèse selon laquelle il y a un risque réel de guerre, à moins qu'Obama ne prenne une vigoureuse initiative dans le processus de paix.

Quel est le changement soudain qui conduit The Economist à sonner l'alarme? Son éditorial note que les guerres de 2006 et de 2009 ont été des conflits limités. Mais depuis cette époque, l'Iran a fourni au Hezbollah 50.000 roquettes ou missiles. Ainsi, "pour la première fois un acteur non-étatique radical a le pouvoir de tuer des milliers de civils dans les villes israéliennes selon qu'il appuie ou non sur un bouton." Une attaque massive de ce genre pourait survenir à la suite d'un accrochage sur les frontières avec le Liban ou avec Gaza.

Selon le scénario que The Economist imagine alors, dans de telles circonstances Israël répliquerait avec "une force double". Il suggère que "cette guerre impliquerait alors facilement la Syrie, peut-être l'Iran". Après avoir décrit les causes de cette future guerre régionale, l'hebdomadaire offre une solution: "Tout cela confère une urgence nouvelle à la conslusion d'une paix entre Arabes et Israéliens".

Quel rapport y a-t-il entre la conclusion d'un accord avec le président Mahmoud Abbas et l'arsenal de roquettes du Hezbollah? Sans plus d'explications l'éditorial suggère simplement: "Donnez aux Palestiniens un Etat en Cisjordanie et il sera plus difficile de justifier le lancement d'une guerre."

Regrettant l'incapacité politique des Américains de faire aboutir une solution politique du conflit à travers des négociations de paix directes (échec dont les Palestiniens ne portent pas la responsabilité), The Economist conclut qu'Obama, comme le reste du monde, doit changer de tactique et imposer une solution aux parties.

On ne peut pas rejeter cet éditorial d'un haussement d'épaule. Il est important parce qu'il reflète l'opinion de nombreux experts européens de la politique étrangère sur le Moyen-Orient. Néanmoins, il est entaché de profondes erreurs essentiellement sur deux points. Il confond d'abord, et c'est le plus fondamental, la principale source d'escalade potentielle et de guerre, l'Iran, avec la cible de l'initiative diplomatique qu'il recommande, les Palestiniens.

Régler des problèmes avec les seconds n'entamerait nullement les intentions hostiles des premiers.

Historiquement, les relations avec les Palestiniens et les tensions avec les supplétifs de l'Iran, le Hamas et le Hezbollah, sont obéissent à des schémas complètement indépendants. En Avril 1996, la situation sur la frontière Israélo-libanaise se détériora au moment où Shimon Pérès, alors premier ministre, négociait avec les Palestiniens. Israël fut contraint de lancer l'opération "Raisins de la colère" contre le Hezbollah.

En 2008 à nouveau, on assista à une escalade massive des tirs de roquettes du Hamas qui amenèrent l'opération Plomb Fondu, au moment où un autre premier ministre, Ehoud Olmert, conduisait des négociations avancées avec Abbas et les Syriens (par le truchement des Turcs).

Tout simplement, il n'y pas de correlation entre la diplomatie israélo-palestinienne et l'escalade militaire des organisations soutenues par l'Iran.

En fait, du point de vue des Iraniens, s'il y a un lien entre les deux, celui-ci est fondé sur une logique qui est exactement à l'opposé de celle que propose The Economist: l'Iran a souvent cherché à alimenter le terrorisme pour empêcher Israël et les Arabes de parvenir à un règlement. Ainsi, plus la diplomatie fait des progrès, plus l'Iran a des motifs de pousser à la rupture.

Les solutions de The Economist sont aussi irréalistes que son analyse. Il propose une nouvelle diplomatie américaine plus musclée, fondée sur l'idée que si l'on élabore un plan en guise de "nouveau point de départ" il est possible de faire pression sur les parties pour régler les détails. Mais pour quelle raison les Palestiniens feraient quelque concession que ce soit sur la sécurité ou les réfugiés s'ils reçoivent ce qu'ils veulent comme territoires, les lignes d'avant 1967, sur un plateau d'argent? Israël perdrait son capital territorial et n'aurait plus rien à offrir pour obtenir des concessions.

Finalement, The Economist en vient à l'argument usé jusqu'à la corde qui veut que les grandes lignes d'un accord sont connues: plus précisément, les paramètres de Clinton, qui avaient été proposés après l'échec des négociations de Camp David et de Taba. Ils n'ont jamais été signés et ils ne peuvent certainement pas être opposés aux gouvernements israéliens suivants.

De plus, de nombreux responsables israéliens avaient émis à l'époque de sérieuses réserves sur les propositions de Clinton. On a rapporté une déclaration de Shaul Mofaz qui était chef d'état-major en 2000 devant le cabinet gouvernemental au nom de tous les membres de l'état-major : "Les propositions de conciliation de Clinton ne sont pas compatibles avec les impératifs de sécurité d'Israël et s'elles sont acceptées, elles menaceront la sécurité de notre Etat."

Cette analyse franche ne fut pas très secrète à l'époque : elle fit l'objet d'une fuite et s'étala en première page d'un numéro du vendredi du Yediot Aharonot. Il faut rappeler que les propositions de Clinton ne divisaient pas seulement Jérusalem ; elles boutaient aussi l'armée israélienne hors de la Vallée du Jourdain pour les remplacer par des forces internationales qui devenaient ainsi les garantes de la sécurité d'Israël.

The Economist désire néanmoins que cette solution soit imposée même si elle augmente manifestement la vulnérabilité d'Israël. Il ne prend pas en compte des changements des conditions régionales qui sont intervenus depuis. Par exemple, en 2000, l'Iran n'était pas à la veille d'obtenir des armes nucléaires. Il n'était pas une force dominante en Irak, il n'était pas en train d'en faire un satellite qu'il peut désormais utiliser contre Israël et l'Arabie soudite dans la région.

The Economist affirme qu'il appelle à des pressions sur les "deux cotés" mais il est clair qu'il parle de pressions exercées principalement sur Israël, pour le ramener derrière les lignes de 1967, lui déniant le droit à des frontières défendables.

Les progrès dans les relations avec les Palestiniens ont une valeur en soi, mais ils n'altèrent pas fondamentalement la détermination visible de l'Iran d'entrainer le Moyen-Orient sur la route d'une escalde des tensions. The Economist donne un poids déterminant au fait que trop de peuples du Moyen-Orient considèrent que l'Amérique est "faible" et "sa puissance en déclin". C'est une erreur fondamentale de croire que la puissance américaine est décroissante, vu que si cet Etat décide d'utiliser sa puissance, nul autre Etat ne peut s'opposer à ses objectifs mondiaux.

Néanmoins, si Washington veut gommer ces impressions de vulnérabilité que décrit The Economist, il doit identifier correctement le principal facteur de guerre du Moyen-Orient, l'Iran, le dissuader effectivement d'accomplir des activités déstabilisatrices, et non pas malmener Israël, ce que l'hebdomadaire britannique préfèrerait à l'évidence.

L'auteur, un ancien ambassadeur aux Nations Unies, est président du Jerusalem Center for Public Affairs
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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