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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 19:02

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 

 

Le 7 octobre 2012, le groupe Zebda a diffusé en avant première, le clip de sa nouvelle chanson intitulée « une vie de moins », écrites par Jean Pierre Filiu, spécialiste (s'il en est) du monde de l'Islam. Cette collaboration entre les chanteurs toulousains (qui n'ont jamais caché leur militantisme pro palestinien) et le Professeur de Sciences Politiques arabisant, a permis la réalisation d’un produit de propagande anti-israélienne tout à fait hallucinant. Dans le clip, présenté sous la forme d'un dessin animé, Israël est montré comme enfermant les palestiniens qui ne demandent qu'à jouir d’une vie normale, libérée de l’angoisse permanente et des menaces militaires israéliennes. De leur côté, les palestiniens apparaissent sous un côté attachant, émouvant, généreux, en grande souffrance, avec une jeunesse en manque de dignité, de sécurité et de paix.

Le premier symbole auquel s’attaque la chanson est la valeur supérieure de la vie dans le judaïsme avec le titre, « Une vie de moins », qui suggère le peu de cas que les israéliens feraient de la vie des palestiniens (comme si une vie de plus ou de moins ne changeait pas véritablement la donne). Ce titre désacralise ainsi l’un des principes fondamentaux du judaïsme en vertu duquel « Celui qui tue un homme tue toute l’humanité ».

La chanson et le clip dressent le parcours de vie d’un jeune palestinien depuis sa naissance, où il ne comprend pas les conditions de son existence, jusqu'à sa mort survenant dans des conditions tout à fait absurdes. « Je suis né dans un pays qui n’existe pas, je suis né sur une terre qui n’est plus à moi, une terre occupée, une terre piétinée, une terre autonome sur le papier ». Le clip débute alors avec l'image d'une colombe qui vole sur la mer (symbole de l’aspiration à la paix et à la liberté des palestiniens) avec le premier couplet qui se termine sur les images des barbelés et du mur de séparation (symbole de l’emprisonnement des palestiniens par Israël). Bien que Jean Pierre Filiu soit réputé pour ses connaissances du monde arabe, les paroles de la chanson n’en sont pas moins éminemment mensongères. S’agissant de la propriété sur la terre, il oublie que les palestiniens de la bande de Gaza sont les descendants des philistins, ce peuple de la mer venu s’établir (pour ne pas dire occuper) la terre de Canaan, après leurs déconvenues avec les égyptiens. De même, il parle d'occupation, alors que plus aucun juif ne réside sur la bande de Gaza. Enfin, au regard de l'autonomie, il est regrettable que Jean Pierre Filiu n’ait pas suggéré aux palestiniens de créer « l’Etat palestinien de la bande de Gaza » dans la mesure où ils y exercent un contrôle exclusif, qu'ils disposent d’un gouvernement, d’institutions (« la charia »), d'une philosophie (la destruction de l'entité sioniste) d’une police, d’une justice (expéditive) et d’un budget alloué par la communauté internationale et abondé par les taxes reversées par Israël. Une partie du problème dénoncé dans ce couplet serait réglée.

Dans le couplet suivant, l’enfant palestinien explique être né sous les « youyous et les cris de joie, dans un camp beaucoup trop étroit avec la mer comme frontière, comme sanctuaire pour lui faire oublier les colons, le blocus et la misère ». Il est intéressant sur ce point de rappeler que les camps de réfugiés de la bande de Gaza sont maintenus pour des raisons uniquement « financières » puisque les palestiniens sont indépendants sur ce territoire : ils sont donc réfugiés chez eux. Par ailleurs, en évoquant les « colons », Jean Pierre Filiu ne semble pas informé de l’opération menée au cours du mois d’août 2005, par Ariel Sharon qui a chassé tous les juifs qui s’y étaient établis (Une documentation abondante traite toutefois de la question). Pour ce qu'il en est de la misère, c’est un problème de gestion. Si l’argent est employé à l’acquisition des armes, à la propagande télévisée anti israélienne, et plus généralement à la culture de la haine contre les juifs dans les camps d’entrainement ou les camps d’été pour les jeunes, il ne peut plus l'être pour faire fleurir la société.

Dans le couplet suivant, le jeune palestinien explique avoir grandi « au son du récit de l’exil » (alors qu'il vit sur sa terre), « au creux des lits suspendus à un fil » (c'est un mode de vie culturel), « à l’espoir tenace dans l’impasse », mais qu’un jour, « la tête haute, les palestiniens auront leur passé…» (Les palestiniens sont nés en tant que peuple avec la Charte de l'Olp de 1968. Il est donc encore un peu tôt pour avoir du recul sur leur histoire). L’enfant palestinien développe ensuite avoir « grandi trop vite, entre le deuil et l’oubli » (puisque les israéliens tuent et que la communauté internationale se contre fiche de leur problème), mais qu’il garde l’espoir de devenir quelqu’un : « le sable chaud sous mes pas me portait vers l’au-delà. Je serai si grand et si fort qu’on ne verra que moi ». (A ce stade de la chanson, on ne peut que lui souhaiter de réussir sa vie et de ne pas la finir en martyr, entouré d’une bombe confectionnée par le Hamas).

Dans le couplet suivant, le jeune palestinien explique l’enfer de la prison « j’ai vécu sans jamais sortir » (il ne doit pas savoir naviguer, ni où se trouvent le passage vers l'Egypte, voire, l'emplacement des tunnels). Cette séquestration est encore appuyée avec la référence « de jour en jour, sans remords ni soupirs, malgré les barbelés, le couvre feu, les blessés ». On ne sait pas bien de quel couvre feu il s’agit, mais cette référence tend à montrer l’existence d’une présence militaire israélienne sur la bande de Gaza, ce qui est encore faux. Il précise alors «avoir chéri au fond de lui le rêve d’en partir » pendant que le clip montre une petite fille qui s’envole, accrochée à des ballons gonflés à l’hélium, qui seront crevés par une aiguille dans le ciel, avant que la fillette ne s'écrase sur le sol.

La ferveur des palestiniens, pacifiques et inoffensifs, est alors illustrée par sa participation « aux vagues humaines de l’intifada » (rassemblement pacifique des palestiniens) avec les « drapeaux portés à bout de bras » (ce ne sont pas des armes) à l’occasion desquels « nous chantions à plein poumon notre passion » (les palestiniens s’expriment par des chants) tandis qu’« au dessus de nous, paradaient leurs avions » (les mirages qui contrôlent les faits et gestes des palestiniens).

Bien évidemment, ce jeune palestinien va être tué dans des conditions dramatiquement injustes : « je suis mort d’une balle perdue » (comble de l’absurdité). Puis, le jeune palestinien insiste « je suis mort assassiné par un homme inconnu » (on ne saura jamais qui), « un homme qui croyait faire son devoir » (les israéliens sont aussi méchants que stupides puisqu’ils tuent dans le cadre d’un devoir), « en tirant dans le brouillard » (sur n’importe qui, sans savoir), « sur des ombres ennemies aux armes dérisoires » (L’adversaire n’est pas armé). Le clip montre ensuite des palestiniens qui tombent les uns après les autres, sous les balles israéliennes alors que la chanson se poursuit : « je suis comme d’autres, mille autres, et mille et mille avant », tel une hécatombe, un génocide…

La mort du jeune palestinien « un soir de Ramadan », laisse entendre que la Palestine est occupée (puisque terre d’Islam), avant que la chanson ne conclue sur les modestes mais légitimes motivations du jeune palestinien : « je ne voulais que vivre libre »... Les jeunes français (peu intéressés par la politique en général et encore moins par la situation au Moyen Orient, mais amateur de Zebda), sont maintenant prêts pour haïr Israël, cet Etat injuste, meurtrier et illégal. Pour Jean Pierre Filiu, spécialiste du monde arabe, ce n’est pas très fort.

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commentaires

Castor 15/10/2012 01:29

Le clip à été diffusé sur LCP il y 2 jours (la chaîne parlementaire, donc avec nos sous!).
Avouez que le moment est plutôt bien choisi.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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