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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 21:10

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

Le 8 mai 2012, Israël s’est réveillé avec une nouvelle coalition gouvernementale au pouvoir comprenant le parti Kadima aux côtés du Likoud. Ainsi, et bien que la Knesset ait voté (deux jours plutôt) le principe de sa dissolution et fixé la date des élections anticipées en septembre 2012, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou a scellé un pacte d’union nationale le dotant d’une des majorités les plus larges qu’ait connu Israël : 94 députés sur 120 (en 1984, la coalition avait dépassé ce chiffre pour atteindre 97 députés). Pour sa part, Shaoul Mofaz, à la tête du parti Kadima (précédemment dirigé par l’ancienne Ministre des Affaires Etrangères Tzipi Livni jusqu’au 27 mars 2012), s’est vu attribué la fonction de Vice premier Ministre sans portefeuille.

Les critiques n’ont alors pas manqué de fuser : d’aucuns ont qualifié la manœuvre de tactique politicienne dans la mesure où la coalition permettra au Premier Ministre de prendre des mesures et de faire voter des textes, actuellement controversées en Israël. Une majorité confortable au sein de l’assemblée évitera certes, pour ce qu’il en est d’une éventuelle frappe des installations nucléaires en Iran, une confrontation avec une opposition farouche des chefs de l'armée et des anciens patrons du renseignement. En outre, les conditions sont réunies pour faire adopter des lois controversées comme le changement du système électoral, la conscription des juifs ultra orthodoxes, le vote du budget ou encore la relance du processus de paix avec les palestiniens. Par ailleurs, certaines mauvaises langues ont soutenu que le ralliement de Shaoul Mofaz s’inscrivait dans une forme d'opportunisme guidé par un intérêt personnel, sans véritable lien avec le Parti Kadima. Toutefois, le principe de l’union nationale est beaucoup plus subtile : il s’agit d’une véritable leçon de démocratie qui conjugue efficacité, pragmatisme et éclectisme.

En ces temps de crise, la population israélienne se trouve rassurée par la convergence de vue et d’esprit des grands partis, et l'engagement de Shaul Mofaz, de rester au sein de la coalition jusqu'à la fin de la législature en octobre 2013. En outre, Benyamin Netanyahou fait preuve d’une formidable largesse d’esprit en ne s’accrochant pas de façon acharnée à des thèses qu’il estime mieux adaptées, optant pour la stabilité et acceptant de prendre en considération les idées du principal parti d’opposition. Enfin, il est dans ce processus, une très grande humilité tant pour le Premier Ministre, qui s’est régulièrement présenté comme l’adversaire du parti Kadima, que pour l’ancien Ministre de la défense d’Ariel Sharon (entre 2002 et 2006) qui avait pourtant annoncé (à de nombreuses reprises), qu’il ne rejoindrait pas le camp de Netanyahou.

En somme, si le partenariat entre le Likoud et Kadima enrichira le débat, réunira les adversaires politiques et conduira à une cohésion du système (même s’il demeure quelques divergences de vues), la méthode est d’une remarquable efficacité : la coalition gouvernementale permet de faire l’économie d’inéluctables crispations en période électorale, du coût que représente l’organisation des élections, et surtout du temps pendant lequel des candidats passent leur temps à essayer de convaincre sur la justesse de leurs idées plutôt que de s’occuper des affaires intérieures du pays.

La méthode illustre, par ailleurs, en quoi la gestion politique d’un pays par ses mandataires (c'est-à-dire les personnes qui ont été mises à la tête de l’Etat) doit l’être dans l’intérêt du mandant (c'est-à-dire le peuple qui en a décidé ainsi). Le principe de la coalition signifie donc qu’il n’est pas de vérité universelle, au cœur d’une position doctrinale, qui doit s’imposer à l’ensemble du peuple, a fortiori lorsque la moitié de la population ne partage pas les mêmes conceptions. Il est plus à même de s’attacher à la réalité de la situation intérieure du pays, tout en restant tourné vers les défis extérieurs. Il n’est dès lors plus question de supputations abstraites, intellectuelles voire idéalisées et de projections imaginaires, mais des implications pratiques qui donnent un sens aux résultats contemporains révélés par l’expérience. Autrement dit, ce mode d’organisation politique concret s’attache exclusivement aux effets induits par les circonstances géopolitiques.

Les multiples courants de pensées qui s’expriment dans les différents partis, méritent d’être appliqués, non dans l’intérêt d’un élu qui cherche à se façonner un nom dans l’histoire, mais au service du plus grand nombre. Or, c’est précisément la juxtaposition des idées qui peut conduire à la mise en place d’un système complet. Il n’est donc pas surprenant que cette alliance nouvelle ait reçu l’agrément du partenaire américain, qui a immédiatement fait part de sa satisfaction, et confirmé son soutien à son allié historique.

Bien évidemment, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle (en termes d’efficacité) avec les élections présidentielles qui se sont déroulées en France en mai 2012. Tout d’abord, un candidat potentiel (Dominique Strauss Kahn) qui présentait de grandes chances de remporter les élections, a (curieusement) été éliminé un an avant l’engagement de la campagne. Ses frasques ont alors défrayé la chronique pendant de nombreux mois, détournant l’attention des français des graves problèmes économiques contemporains. La campagne a, par la suite, mis en concurrence de nombreuses personnes qui ont dépensé des sommes colossales pour tenter de faire avancer leurs idées (alors que les fonds employées auraient pu trouver une autre utilité en période de crise). Résultat : le Président Sarkozy n’a pas été éliminé en considération des actions menées pendant son quinquennat mais uniquement de sa méthode déplaisante arrogante, et dénuée de toute humilité.

De son côté, le nouveau Président de la République, François Hollande, a annoncé, pendant la campagne, qu’il se chargerait de défaire ce qui a été accomplit par son prédécesseur au travers d’une série de promesses démagogiques (qu’il sera difficile de tenir, compte tenu des impératifs budgétaires et de l’interdépendance des Etats). Toujours est-il que le temps de mise en œuvre des mesures nouvelles, et la production d’un résultat (plusieurs années), risque d’avoir un seul effet : la paralysie du pays. En effet, il n’est toujours pas posé (en politique) le principe selon lequel un Etat doit se gérer comme une entreprise qui doit faire face à ses dépenses (la redistribution et les investissements collectifs) avec ses produits (la production de la richesse nationale et les prélèvements fiscaux et sociaux). S’en suit donc un dérapage des comptes publics et beaucoup de temps de perdus…

De même, l’union affichée par les grands partis israéliens tranche singulièrement avec les divisions idéologiques palestiniennes (Hamas et Olp) et la compétition des dogmes sunnites et Chiites qui immobilise le monde arabo musulman et le plonge dans le chaos. Aussi, le monde de l’Islam qui tente (péniblement) de se positionner sur le terrain de la démocratie, gagnerait en s’inspirant du mode d’organisation politique consensuel en Israël, à même (une fois encore) de servir de modèle.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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