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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 16:20

 

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Vers un soutien indirect aux insurgés syriens pour ménager un dialogue parfaitement creux avec l’Iran ?

 

Par Marc Brzustowski

 

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Ce vendredi 24 février, 80 nations, qui se présentent comme « Amies de la Syrie » se réunissent à Tunis pour décider des modalités d’un « ultimatum » au pouvoir d’Assad. Il s’agit, d’abord, de l’inviter à un cessez-le-feu, dans la répression qui s’abat sans discontinuer, notamment sur la ville-martyr de Homs et de laisser passer des secours et de la nourriture à l’intention de la population sinistrée depuis 11 mois.

 

Hillary Clinton a laissé entendre que, sans cesse, la résistance de l’Armée Syrienne Libre se renforce. Qu’elle trouvera toujours, ici ou là, des chemins de traverse pour se réapprovisionner en armes, hommes, munitions et « se défendre » ; et même qu'elle pourrait passer à l’offensive. Le sous-entendu vise à faire comprendre au régime syrien et à ses alliés (Iran, Russie, Hezbollah) que plusieurs Etats souhaitent prendre une part plus active dans le combat contre la répression, tout en évitant, sans doute, l’ingérence directe.

 

Cette initiative a, au moins, le mérite de tenter de contourner le veto russo-chinois devant le Conseil de Sécurité et l’Assemblée Générale de l’ONU. Cela dit, même si des moyens logistiques et, vraisemblablement militaires sont déjà sur pied, il reste peu probable que l’OTAN, à travers la Turquie et d’autres alliés arabes des Etats-Unis (Qatar) choisisse de « mettre les pieds dans le plat » bouillant de la Syrie. Il n’est pas dans les pratiques du Président Obama, qui n’a que le mot "dialogue" à la bouche, lorsqu’il ne chante pas du blues avec Mick Jagger, de froisser ses interlocuteurs, qu’ils soient Russes, Chinois et, plus que tout, Iraniens.

 

A l’opposé, il est notoire que Vladimir Poutine se prépare à sa 3ème réélection comme grand patron de la Fédération de Russie, aux deux-tiers du corps électoral. Le seul moyen de renvoyer dans leurs foyers les cortèges de mécontents à cette seule perspective, est de réaffirmer sa légitimité et son leadership international, flambeau d’une Russie qui gagne et marque des points contre l’hyperpuissance américaine en déclin. En ce sens, il a trouvé un adversaire clé-en-main avec l’idéologue jobard du multiculturalisme, et, au-delà, d’un monde multipolaire, où les Emergents creusent leur sillon, au détriment de l’Administrateur Obama. Il n’a pas à craindre d’actions-surprise musclée qui bousculent les codes et changent fondamentalement la répartition des prérogatives régionales.

 

Plus que tout, avec l’aide diplomatique de la Chine, Poutine tient son atout-maître dans l’avènement d’un Iran nucléaire. Si l’Amérique n’est pas prête à aller trop loin, pas au-delà d’une exigence de cessez-le-feu temporaire et de « dialogue constructif » et « réformateur » avec Assad, a fortiori parlementera t-on, tant et si bien qu’à la fin la cruche se casse, face à l’Iran, de plus en plus en position de force, avant les « négociations ». Washington fait le forcing, à la fois, pour attirer quelques puissances en demande de pétrole, comme l’Inde, du côté de mesures alternatives à des livraisons iraniennes ; et pour lier les mains dans le dos au gouvernement Netanyahou, incité à attendre les « résultats » des sanctions, couplées aux discussions vides avec Téhéran.

 

En ce sens, cette idée de regroupement de pays « amis de la Syrie », proposée par Paris, est une aubaine pour Obama : d’une part, comme dans le cas libyen, il pourra se permettre de soutenir logistiquement une initiative qui n’émane pas de lui. De l’autre, la focalisation sur la question syrienne intéresse, au plus haut point, les puissances régionales du monde arabe sunnite. En tout premier lieu, l’Arabie Saoudite, les pays du Golfe. Elle inquiète et mobilise aussi le Liban, qui ne participe pas au sommet de Tunis, mais retient son souffle : son destin est totalement lié à celui de la Syrie. De ce qui se passera à Damas dépend l’avenir de Beyrouth et ses jeux d’alliances et de répartition des pouvoirs entre partis confessionnels. Autre destin gémellaire, l'Irak de Nouri Al-Maliki joue au renvoi à l'envoyeur avec le Jihad, jamais à l'abri d'un retour de flammes. La Jordanie, quant à elle, vient de déployer 4 systèmes anti-missiles Patriot livrés par l’Allemagne, sur ordre de Washington et avec le plein aval de Jérusalem, à sa frontière avec la Syrie, près d’Irbid. Ainsi, les deux pays, Israël et la Jordanie, semblent à l’abri d’une pluie de missiles Scud lancée, dans un geste de dépit, par le dictateur alaouite aux abois, comme son cousin Rami Makhlouf et lui-même ont menacé de le faire… L’accord et le déploiement sont, pour ainsi dire, passés inaperçus, de façon à ne pas agiter la population majoritairement palestinienne du royaume hachémite

 

Un soutien indirect aux insurgés libyens peut longtemps, occuper l’esprit des capitales arabes, dont la Ligue fut la première, quoi que parfaitement inefficace, à s’organiser pour dépêcher des observateurs. L’enjeu est de taille, puisqu’à terme, il s’agira de destituer un solide allié de l’Iran, relais du Hezbollah et, jusqu’à présent, du Hamas, pour rebattre les cartes, en faveur des Sunnites, et, peut-être, des autres minorités syriennes qui acceptent de se défaire du « faux parapluie bulgare » offert par le clan Assad.

 

Durant ce temps, l’Administration Obama pourra s’adonner à son sport favori : « le Dialogue critique, mais constructif » avec Téhéran, à propos de son programme nucléaire. Cette notion a été forgée, en 1982, - c’est dire si ce n’est pas hier, et c’est mesurer la maigreur des résultats constatés,- par le ministre allemand de l’époque, Hans-Dietrich Gensher. Il s’agissait, alors, d’apaiser l’Iran pour ses tendances criminogènes au terrorisme international et aux atteintes aux droits de l’homme. Chaque fois, les Mollahs ont montré être des élèves studieux et assidus à ces cours de rattrapage en formation humaniste. Mais ce « dialogue critique » a trouvé d’autres champions et adeptes : d’abord la France et la Grande-Bretagne, puis, à partir de 2006, les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Obama peut même déléguer une filiale sous-traitante de choc, en la personne de Catherine Ashton, qui a tout d’une représentante des affaires étrangères de l’UE, excepté qu’elle est absolument sans pouvoir, pour ne pas dire dénuée de toute compétence. Cela permet aux Occidentaux de prétendre, face à leurs opinions publiques, qu’ils « font quelque chose » (oui, mais quoi ?) ; aux Russes et aux Chinois, de démontrer que, puisque la diplomatie, de toute évidence, fonctionne, alors il n’y a nul besoin de mesures trop contraignantes (sanctions, agitation militaire, etc.). Et le clan Obama se sent autorisé à stigmatiser les « néo-cons » américains, persuadés que seule une action déterminante viendra à bout des Iraniens, laissant peu de place et de temps aux risettes.

 

Ce qui est particulièrement édifiant, dans ce dialogue de sourds, c’est l’opinion des Iraniens eux-mêmes, et plus précisément, le contenu de leurs propositions, censées faire « avancer le sacrosaint Dialogue » : Ahmadinedjad et divers autres ténors du régime n’ont eu de cesse de répéter, ces dernières semaines, que le « problème du nucléaire  n’était pas à l’agenda de ces discussions ». En réalité, la joie de se retrouver ensemble autour d’une table, entre « égaux », a surtout pour but d’habituer les « partenaires » à accepter l’idée que l’Iran, depuis le temps qu’on en parle, fait, d’ores et déjà, partie du « Club » des puissances nucléaires. Pour rendre la situation plus piquante, Téhéran a commencé par couper le robinet de pétrole de deux membres du « Club des 5 +1 (avec l’Allemagne) : La Grande-Bretagne et la France… C’est dire si, en Iran, on ne manque ni d’humour, ni de répartie.

 

Pour mieux comprendre les choses, il suffirait, hormis l’analyse des discours des responsables iraniens et des articles de la presse officielle à Téhéran, de se reporter au contenu même de la lettre et aux propositions du négociatieur-chef, Jalili, envoyées à Ashton. Celui-ci propose à son homologue européenne de discuter « des moyens d’éradiquer la misère dans le monde, et d’en finir avec la Domination du Grand Satan américain ».

 

Selon le quotidien iranien Kayhan, voix officielle du Guide Khamenei, « le ballet diplomatique n’altère en rien les objectifs essentiels de l’Iran »… et cet objectif stratégique majeur est rappelé, en citant le premier grand Ayatollah, Ruhola Khomeiny : il s’agit, ni plus ni moins, de « changer de régime aux Etats-Unis et –reprenant les paroles du grand sage- de planter le drapeau de l’Iran sur le Capitole et la Maison Blanche… le but, c’est la fin du monde capitaliste » (sic. Fermez le ban)…

 

Le ministre israélien Yuval Steinitz, sur CBS news, met l’Amérique en garde du fait que Téhéran disposera sûrement de missiles intercontinentaux capables de frapper New-York et plusieurs capitales européennes, d’ici 2015. L’Administration Obama, jamais en reste d’une politesse, fait, alors, publier, dans le LA Times, une nouvelle évaluation de 16 agences de renseignements américains. Et celle-ci réaffirme sans rougir le précédent gag de novembre 2007 : l’Iran « aurait gelé » son programme nucléaire depuis… 2003 ».

 

Obama, en vérité, n’a peur que d’une chose : que le Ciel israélien, un beau matin, ne tombe sur la tête de la garde noire au pouvoir en Iran. Il ne craint nullement de s’entretenir avec celui qui l’observe comme le « Grand Satan » à détruire de pied en cape.

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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