Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 07:34

 

Yoram Cohen, nouvelle tête du Shin Bet

Par YAAKOV KATZ 
05.04.11

Généralement, les nominations aux plus hauts échelons de l'Etat ne sont pas annoncées à la télévision. La semaine dernière, pourtant, le Premier ministre Binyamin Netanyahou a décidé de déroger à la tradition. C'est lors d'un discours télévisé, lundi 28 mars à Jérusalem, qu'il a annoncé sa décision de nommer Yoram Cohen à la tête du Shin Bet (Services de sécurité intérieure).

 

Yoram Cohen. Il doit développer la coopération avec Tsahal. (© DR) 
PHOTO: JPOST

Cohen, un homme hautement qualifié pour le poste. Il a intégré le Shin Bet il y a trente ans et occupé tous les postes clés - agent de terrain, chef de l'espionnage contre l'Iran et les Arabes, chef de l'organisation en Judée-Samarie, puis chef adjoint de l'agence.
Pourtant, sa nomination a fait débat.

 

Avant toute chose, Cohen est pratiquant - il sera le premier nommé à ce poste à arborer la kippa. Deuxièmement, un responsable du Shin Bet nommé Y. avait été désigné favori jusqu'à ce qu'une campagne politico-religieuse ne vienne mettre fin à ses espoirs de nomination.


Y. avait été le chef de la section "juive" du Shin Bet. Il avait alors provoqué la colère d'habitants des implantations en faisant tomber les mouvements d'extrême droite en Judée-Samarie. Selon certains témoignages, il aurait mélangé considérations politiques et professionnelles.

 

Alors, Y. ou Cohen ? Cohen ou Y. ? Cohen l'Afghan ou Y. le Géorgien ? Le public n'est pas en mesure de déterminer lequel est le plus à même de diriger le Shin Bet. Idem pour l'armée, le Mossad, la police et les services pénitentiaires. Mais les récents remous créés par les nominations avortées du général Yoav Galant au poste de chef de l'état-major, ou d'Eli Gavizon à la tête des services pénitenciers, et maintenant celle de Cohen, en remplacement de Y., montrent clairement une politisation des organisations de sécurité et de défense du pays.

 

Gaza, la menace numéro 1

On ne sait pas grand-chose sur le Shin Bet et la façon dont il fonctionne. L'organisation est responsable de la prévention du terrorisme palestinien et de la collecte d'informations sur les groupes terroristes, en particulier dans la bande de Gaza. Mais elle fait également office d'agence de renseignements pour prévenir tout espionnage étranger et œuvre contre les extrémistes juifs.

Une chose est sûre, l'accalmie de la menace terroriste de ces dernières années, notamment en Judée-Samarie, est en grande partie due à l'action du Shin Bet, de Tsahal et des forces de sécurité de l'Autorité palestinienne. Désormais, et à la lumière des derniers événements, le principal challenge de Cohen, et le plus urgent, reste la bande de Gaza.

Pour avoir été chef du Shin Bet en Judée-Samarie durant ces dix dernières années, Cohen a été l'un des concepteurs de la pratique des "éliminations ciblées". Une méthode surtout utilisée lors de la seconde Intifada, contre les terroristes.
En 2005, il devient chef-adjoint du Shin Bet. Quelques mois plus tard, Galant est nommé à la tête du commandement militaire de la région Sud.

C'est à cette période que les liens entre le Shin Bet et Tsahal se resserrent. Galant crée des postes de commandement spéciaux confiés à des agents du Shin Bet, des officiers de l'armée de l'air et des représentants du renseignement militaire. Ils prennent l'habitude de se réunir régulièrement pour mettre en commun leurs informations et planifier des frappes aériennes.
Résultat : l'organisation de l'opération Plomb durci, dans la bande de Gaza, en décembre 2008.

Au début, l'action devait se réduire à des éliminations ciblées de hauts chefs militaires du Hamas. Mais lorsque le plan s'est révélé inefficace, le commandement a décidé de lancer l'opération "Oiseaux de proie" - une action menée par l'armée de l'air : 100 cibles ont été bombardées en quelques minutes.

 

Changement de vocabulaire

Avec le danger de plus en plus menaçant d'un nouveau conflit avec le Hamas, Cohen devra définir de nouvelles cibles, mais cette fois, sans l'aide de Galant. Les deux hommes ont en effet été formés à la même école de pensée. Selon ses notes, rédigées lors de son année de recherche à l'Institut politique du Proche-Orient de Washington en 2009, Cohen estime, tout comme Galant, que Tsahal aurait dû aller plus loin lors de Plomb durci.

"Israël n'a pas profité de son avantage militaire (cela aurait demandé plus de temps et exigé de l'armée d'entrer plus profondément dans les zones très peuplées de Gaza), mais s'il l'avait fait, il aurait pu détruire les capacités militaires du Hamas", avait alors écrit Cohen.
L'homme avait insisté auprès des instances politiques et de son supérieur, Gabi Ashkenazi, pour mettre en place le troisième volet de l'opération : une avancée militaire dans les zones urbaines de Gaza. Une demande qui a toujours été refusée.

Les échecs de la seconde guerre du Liban, en 2006, et le succès de l'opération Plomb durci ont montré que pour battre des ennemis tels que le Hamas ou le Hezbollah, il faut utiliser les forces terrestres.
Tous les gouvernements, cependant, restent frileux sur la possibilité d'une opération militaire prolongée dans le Sud-Liban ou à Gaza. Le scénario le plus probable - en cas d'un nouveau conflit : une utilisation importante des forces aériennes couplée par une intervention immédiate mais de moindre envergure sur le terrain.

Dans ce cadre, plusieurs avis s'opposent, notamment au sujet du Liban. Pour certains, il faudrait au moins une semaine à Tsahal pour conquérir le sud du pays. Pour d'autres, c'est une question de jours. Dans les deux cas, il y a toutefois consensus sur la finalité de l'opération : l'armée ne parle plus de victoire totale, mais de défaite de l'ennemi.

Un changement de vocabulaire dû au fait que, dans l'optique d'une nouvelle guerre avec le Hezbollah, Israël n'aurait pas pour objectif de détruire les structures de la guérilla - une tâche impossible en raison de son identité politique, sociale et militaire - mais chercherait plutôt à faire imploser l'organisation vers une victoire diplomatique positive.

 

Un programme en trois objectifs


Au Liban, même si la FINUL (La Force intérimaire des Nations unies pour le Liban) affirme être parvenue à freiner quelque peu les activités du Hezbollah, cela n'est vrai que dans les endroits accessibles. Dans la réalité, la plupart des armes sont stockées dans des villages inaccessibles aux forces des Nations unies. Cela doit changer.

 

Deuxième changement voulu par Tsahal : maîtriser la frontière libano-syrienne, où de nombreux camions transitent chaque semaine, pour livrer des armes au Hezbollah. Si Israël parvient régulièrement à intercepter des cargaisons, comme celles du Victoria ou du Francop, le Hezbollah détient tout de même plus de 40 000 missiles. La preuve que les livraisons d'armes ont toujours lieu.


Cette stratégie pourrait également être mise en place en cas de conflit avec le Hamas. Car si Plomb durci a réussi là aussi à calmer la situation ces deux dernières années, les échanges d'armes ont toujours lieu à Gaza. Et ce, malgré une prise de conscience internationale et surtout égyptienne face au danger de la situation.Troisième changement souhaité par Israël : la diminution de l'influence du Hezbollah sur les institutions politiques du Liban. Ce troisième point, cependant, demanderait l'intervention de la France et des Etats-Unis, qui ont des intérêts dans le pays.

Mais pour le moment, tout cela n'est que pure supposition. Même si Israël connaît les ambitions et les progrès militaires des deux organisations, il profite aussi du calme qui règne. Et il le fera aussi longtemps que possible.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis