IDC Herzliya

Jeudi 21 juillet 4 21 /07 /Juil 21:20

      

 

 

Combattants du PJAK.

L’Iran frappe par-delà la frontière au Kurdistan irakien

Par Jonathan Spyer  21 juillet 2011


Adapté par Marc Brzustowski

Pour © 2011 lessakele et © 2011 aschkel.info

 

 

Avec l’aimable autorisation de Yeru Aharoni

Directeur des Publications/Rédacteur en chef du

Global Research in International Affairs (GLORIA)

Center Interdisciplinary Center

http://www.gloria-center.org/iran-strikes-across-border-into-iraqi-kurdistan/

 

 Le conflit frontalier entre l’Iran et la région kurde a subi une escalade significative cette semaine, quand les Gardiens de la Révolution iranienne ont traversé la frontière pour engager le feu contre les groupes de guérilla de l’organisation du PJAK (Parti pour une vie libre au Kurdistan/ Confédéralisme démocratique). Les incursions ont commencé samedi dans la nuit. Les combats se sont prolongés pendant presque toute la journée de dimanche. Tard dans l’après-midi de dimanche, un calme sous tension est revenu dans la zone de la frontière.


 

Les rapports diffèrent, quant aux nombre de victimes et aux zones de combats. L’Agence de presse officielle iranienne (IRNA) a déclaré que cinq membres du PJAK et un gardien de la révolution avaient été tués, dans la zone de Sardasht, une ville kurde près de la frontière. Les Iraniens prétendent également avoir capturé un membre blessé du PJAK. Un Colonel des Pasdaran (CGRI), Delavar Ranjbarzadeh, a fanfaronné devant l’IRNA que le PJAK avait subi «  une lourde défaite historique ».

 

Les rebelles kurdes ont démenti cette version des faits. Le porte-parole du PJAK Sherzad Kamankar a déclaré que 53 Iraniens [d'autres sources parlent de 128 Pasdaran tués]  avaient trouvé la mort dans les affrontements, aux côtés de deux membres du PJAK. Il a ajouté que le PJAK avait réussi à forcer les Iraniens à battre en retraite de l’autre côté de la ligne de frontière. Des sources kurdes rapportent la mort de deux officiers Pasdaran dans les combats, désignant l’un d'entre eux par son nom comme étant le Colonel Halit Sure.


Femmes combattantes du PJAK

Les sources kurdes dans la zone ont aussi confirmé que les bombardements iraniens se sont déroulés en d’autres endroits le long de la frontière. Les zones de Sehit Harun, Sehit Ayhan et Dola Koke, à l’intérieur de la partie gouvernée par les Kurdes d’Irak, se sont trouvées sous un feu nourri.


Autant les sources iraniennes que kurdes ont remarqué un renforcement des forces iraniennes, indiquant la possibilité imminente d’une prochaine escalade. L’IRNA a rapporté la présence de 5000 soldats de troupes iraniennes le long de la frontière. Des sources du PJAK notent que les forces iraniennes sont équipées de blindés, d’équipements lance-missiles et d’hélicoptères dotés de mitrailleuses embarquées. [Le Kurdistan a déployé 12 000 Peshmergas, en toute éventualité].


L’incursion iranienne dans la zone sous contrôle kurde du nord de l’Irak est la phase la plus récente d’un processus d’escalade qui est en cours depuis le mois dernier.

Résistance anti-iranienne kurde

Le 3 juillet, Massoud Barzani, Président du Kurdistan irakien, a mis en garde les Iraniens contre le fait que leurs troupes continuent à perpétrer des opérations transfrontalières. L’Iran a répliqué, il y a une semaine, en accusant le gouvernement Barzani d’avoir alloué 300 000 hectares de terres au PJAK, sans en avoir averti le gouvernement central à Bagdad. Des responsables iraniens ont affirmé que ces terres étaient destinées à être utilisées comme bases d’entraînement et dans le but de lancer des attaques contre l’Iran. Un responsable, cité par l’agence de presse FARS, déclarait que l’Iran « se réserve le droit de prendre pour cible et de détruire les bases terroristes dans les zones de la frontière ». Barzani a démenti qu’aucun terrain ait pu être alloué au PJAK.


 

La décision iranienne de lancer des frappes au-delà de la frontière, juste à ce moment, selon des analystes, pourrait être lié à la stratégie plus large de Téhéran d’encourager le désordre en Irak comme un moyen de mettre sous pression les USA et l’Occident. Washington est particulièrement vulnérable sur ce front, du fait de l’espoir de l’Administration américaine de mener en bon ordre un retrait d’Irak, avant la fin de cette année. Les Iraniens sont désireux de rappeler leur vulnérabilité aux Américains.


Plusieurs sources kurdes mettent en avant la préoccupation iranienne quant à la perte éventuelle du principal allié arabe de Téhéran : la Syrie d’Assad. L’assertion est généralement acceptée qu’un soutien ferme de l’Occident à l’opposition syrienne constituerait un facteur décisif qui pourrait provoquer la chute d’Assad. Un tel soutien ne s’est pas encore concrétisé. L’Iran pourrait bien considérer que l’une des façons d’empêcher l’émergence d’un tel soutien serait de rappeler sa propre vulnérabilité à Washington en cas d'éclatement confessionnel et de subversion en Irak.

 

Les évènements des derniers jours jettent ainsi un éclairage cru sur un élément largement ignoré de la guerre froide en cours entre l’Iran et ses ennemis dans la région. On a remarqué un regain d’activités des groupes terroristes chi’ites soutenus par l‘Iran en Irak centrale et du sud, au cours des dernières semaines. Les actions de tels groupes se sont soldées par la mort de 15 hommes de troupes américains en juin.

Il apparaît désormais que les zones sous contrôle kurde du nord de l’Irak sont également incorporées dans la campagne iranienne de déstabilisation. Semer la pagaille et les conditions d’une crise dans le Kurdistan irakien est d’une valeur stratégique particulière, parce que cette zone s’est avérée être la plus tranquille et la partie la mieux administrée du pays depuis l’invasion américaine.


Le Général de Brigade des GRI, Mohammad Pakpour, a juré d'éradiquer le PJAK. Il a prétendu avoir pris le contrôle de trois bases de ce groupe, ce que celui-ci dément. 


La présence de groupes de guérilla anti-iranienne et anti-turque dans la zone frontalière des montagnes de Qandil a posé un dilemme aux autorités kurdes. Totalement conscientes des conditions extrêmement difficiles auxquelles leurs frères kurdes sont confrontés dans ces pays, ils se sont montrés réticents à agir contre ces éléments.


La conséquence est que les bombardements iraniens et les raids aériens turcs font partie intégrante des conditions de vie de ces zones. Cela a continué même lorsque les autorités kurdes ont tenté d’établir des relations normales avec l’Iran et la Turquie.


L’Iran apparaît désormais activer ce front, de façon à poursuivre ses propres objectifs. Les compte-rendu des médias officiels iraniens et des programmes des rebelles kurdes diffèrent largement, sur ce qui s’est exactement passé dans la zone frontalière entre le Kurdistan irakien et l’Iran, au cours de ces derniers jours. Ces compte-rendu s’accordent, cependant, sur au moins un point central : un énorme bain de sang a eu lieu, durant les combats entre les Gardiens de la Révolution et le PJAK, à la suite des incursions iraniennes à travers cette frontière. De plus vastes escalades dans les semaines à venir apparaissent plus que probables.


Au sujet de Jonathan Spyer

Jonathan Spyer est un chercheur permanent majeur au Centre de recherché globale en affaires internationales d’Herzliya, en Israël. Il est l’auteur du « Feu en transformation : le conflit israélo-islamiste (Continuum, 2010) et éditorialiste au quotidien Jérusalem Post. Spyer est détenteur d’un Doctorat en relations internationales de l’Ecole Londonienne d’Economie et d’un diplôme du Master en politiques moyen-orientales de l’Ecole d’études orientales et africaines de Londres. Il a servi au sein d’une unité d’avant-garde au combat, dans les Forces de Défense d’Israël en 1992-3, et a combattu durant la guerre du Liban de 2006. Entre 1996 et 2000, Spyer était employé au Bureau du Premier Ministre d’Israël. 

 

Par Gad - Publié dans : IDC Herzliya
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Mardi 12 juillet 2 12 /07 /Juil 10:36

 

 

Flash-info : Une foule commanditée par le régime syrien attaque l’Ambassade américaine

 

11 Juillet 2011 - 3:04 pm - par Barry Rubin

 

 

Par Barry Rubin

Adapté par Marc Brzustowski

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

Avec l’aimable autorisation de Yeru Aharoni

Directeur des Publications/Rédacteur en chef du

Global Research in International Affairs (GLORIA)

Center Interdisciplinary Center

 

http://www.gloria-center.org/news-flash-syrian-regime-mob-attacks-u-s-embassy/

 

Les ambassades de France et des Etats-Unis attaquées


A Damas, une manifestation organisée par le régime syrien a attaqué les ambassades américaine et française. Les gardes français ont tiré en l’air, blessant deux personnes et les manifestants ont immédiatement cessé. Trois employés de l’Ambassade française ont été blessés. A l’Ambassade américine, pendant que les gardes syriens laçaient des gaz lacrymogènes, les Marines américains ont refusé de tirer et la foule a surgi au sein de l’Ambassade, brisant les vitres des fenêtres et saccageant des parties au moins du bâtiment, durant deux heures et demi, alors que les forces de sécurité syriennes restaient les bras croisés…

Voici ce que sont les faits élémentaires. La question est : qu’est-ce que cela signifie et que va faire l’Administration Obama à ce propos ?

Ce que cela nous raconte de la nature du gouvernement syrien

La Syrie, à la difference de l’Egypte de Moubarak, est un véritable régime totalitaire. Les dirigeants croient, et l’expérience leur  prouvé, que la violence et l’intimidation l’emportent toujours. C’est précisément le type de gouvernement que le Président Barack Obama et les partisans bien-pensants du « processus de paix », ainsi que ceux qui tiennent le haut du pavé universitaire en matière de « résolution du conflit » sont parfaitement incapables de comprendre. C’est l’Irak de Saddam Hussein qui aurait perdu tout visage humain.

C’est un régime qui parraine le terrorisme dans le but de tuer des Américains en Irak. Il a orchestré le terrorisme contre Israël depuis 50 ans et continue à le faire. Il a assassiné des dirigeants politiques, des journalistes et des juges au Liban. A quelques encablures à peine, il y a quelques mois, des responsables américains se rendaient en visite, et gazouillaient sur le merveilleux café qu’on buvait dans les bars, pendant que les dissidents étaient torturés à mort.

Et ainsi, reconsidérons l’échange suivant :

“N’êtes-vous pas préoccupé du fait que votre politique de la main tendue soit interprétée par les extrémistes, particulièrement par [le Président iranien Mahmoud] Ahmadinedjad, [le dirigeant du Hezbollah] Nasralla, [le dirirgeant du Hamas] Meshaal comme de la faiblesse?”.

PRESIDENT OBAMA: «  Eh bien, je ne vois vraiment pas pourquoi ma politique de la main tendue devrait vraiment être interprétée comme un aveu de faiblesse ! »

Et c’est précisément ce qui est arrivé. La précédente Administration Bush appliquait une ligne dure contre la Syrie, en employant des sanctions et d’autres pressions. Cela ne marche pas, s’est dit l’Administration Obama, aussi allons-nous tenter d’être plus tendres. Durant deux ans et demi, on a laissé la Syrie aller toujours plus loin dans le meurtre. Le Sénateur John Kerry et la porte-parole du Congrès, Nancy Pelosi attestaient de la nature « réformiste » et « modérée » de ce régime meurtrier. La Maison Blanche faisait tout son possible pour réduire le niveau des sanctions contre la Syrie.

Mais, cela n’a pas marché non plus. Les deux camps jouaient des parties complètement différentes. L’idée que les Etats-Unis aient la moindre chance d’attirer la Syrie loin de son patron iranien a toujours été parfaitement absurde, mais les médias et l’université ont largement cautionné les multiples arguments persuasifs qui accréditaient ce point.

Il y a seulement quelques jours, le Département d’Etat convoquait l’Ambassadeur syrien et lui faisait savoir que les Etats-Unis savaient que des agents syriens filmaient les manifestations menées, en Amérique, par les étudiants syriens et les Américano-syriens contre Assad. Quiconque pouvait-il ignorer que l’étape suivante consistait à les intimider en punissant leurs proches restés au pays ?

Très bientôt, les journalistes écriront qu’il doit y avoir un hiatus au sein du régime : après tout, pourquoi certains responsables nous parlent-ils de démocratie et de compromis, alors que les autres ordonnent de tirer à vue et de torturer ? Il n’y a là aucune contradiction ; c’est ainsi que le régime perdure. Il pense que l’usage de la force, des menaces et de l’intimidation fonctionnera toujours. Les autres méthodes sont juste utiles à paralyser le système de temps en temps ou à confondre les crédules pour obtenir des concessions de leur part.

Que va donc faire l’Administration Obama?

Elle devrait immédiatement laisser tomber la politique qu’elle a cru bon de suivre jusqu’à présent, renoncer à ses illusions tenaces, et retourner à une posture plus ferme. Une position ferme ne modifiera pas l’esprit du régime syrien, mais elle pourrait contribuer à changer le régime syrien. Plus que tout, une politique mielleuse ne rend les choses que de pire en pire.

L’attaque contre l’Ambassade était une réponse  aux critiques américaines très enrobées et à la visite de l’Ambassadeur américain à Hama. Un régime de type occidental, et même une dictature, aurait dit : « Excellent ! Les Américains nous laissent tomber, excepté si nous faisons un petit geste et quelques déclarations sans consistance. Continuons de jouer au chat et à la souris avec eux ! »

Mais nous sommes au Moyen-Orient et le régime syrien exige des Etats-Unis et de la France la même chose qu’il exige de son propre peuple : un soutien aveugle et total ou ils seront matraqués jusqu’à la soumission totale.

Malheureusement, l’Administration Obama semble ne rien vouloir faire et ne rien apprendre du tout. Il y aura certainement quelques paroles de réprimande sévère et on trépignera des pieds sur le sol. Mais reconnaître que le régime syrien est un ennemi et agir en conséquence (et je ne suis PAS, je le répète, Pas en train d’évoquer des représailles militaires) ? Cela n’est pas prêt d’arriver.

 L’avenir de la Syrie

Le point de départ devrait être qu’on admette que personne ne sait ce qui adviendra. La révolution ne se poursuit pas facilement. Il suffit de regarder cette vidéo pour s’en rendre compte.

Mais l’avenir du régime n’est pas plus sûr. L’évidence montre que le gouvernement, et l’élite alaouite derrière lui, pensent qu’ils doivent triompher ou mourir.

Je pourrais prédire les choses ainsi :

Les chances que le régime procède à des réformes (ce que l’Administration Obama a prédit jusqu’à présent) : 0 %

Les chances que le régime se fractionne jusqu’au sommet : 10%

Les chances que des unités non-alaouites, n’appartenant pas à l’élite désertent et entament une guerre civile : 25%.

Les chances que de plus en plus de gens se fassent tués : 100%

Une révolution risque t-elle de  conduire un régime islamiste au pouvoir ? On ne peut rien en savoir avec certitude. J’insisterais sur le fait que les chances sont plus faibles qu’en Egypte. D’autres forces politiques organisées existent. 40 % du pays n’appartient pas aux masses arabes sunnites musulmanes et s’opposeraient à un régime islamiste. Le portrait en Egypte correspond à à peine 10%, qui sont tous chrétiens et absolument sans la moindre influence politique.

J’aimerais aussi ajouter que nous n’en sommes qu’au commencement. Que la politique américaine s’oppose ou soutienne les régimes existant ici, il continuera d’y avoir un accroissement d’anti-américanisme, un problème que sont incapables d’expliquer ceux qui dénoncent que le seul problème résidera it dans les mauvaises politiques américaines du passé. En Egypte, lorsque l’Administration Obama s’est soudain mis à soutenir de façon enthousiaste la révolution, elle était déjà en cours de construction.

Mais on peut conclure, pour le moment, par une petite comparaison entre la vision du Moyen-Orient par Barack Obama et selon le Président syrien Bachar al-Assad :

Obama : «  Eh bien, je ne vois vraiment pas pourquoi ma politique de la main tendue devrait vraiment être interprétée comme un aveu de faiblesse ! »

Assad : “Il est assurément préférable d’être craint que d’être aimé ! ». 

 

 

Barry Rubin est directeur du Centre pour la Recherche Globale en affaires internationales (GLORIA) et éditeur du journal : la revue des Affaires Internationales et du Moyen-Orient (MERIA). Ses derniers ouvrages sont « le lecteur israélo-arabe (7è édition), La longue guerre pour la liberté : la lutte arabe pour la démocratie au Moyen-Orient (Wiley), ainsi que La vérité sur la Syrie (Palgrave-McMillan). Le site internet du Centre GLORIA est à l’adresse : http://www.gloria-center.org et celle de son blog, Rubin Reports, à :http://www.rubinreports.blogspot.com.

 

Par Gad - Publié dans : IDC Herzliya
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Vendredi 27 mai 5 27 /05 /Mai 20:47

 

Par Dr. Boaz Ganor

Publié en Mai 2011

Vol. 11, No. 1 27 Mai 2011

 

Le Printemps arabe selon une perspective anti-terroriste.

Boaz Ganor

 

 

Adapté par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

http://www.jcpa.org/JCPA/Templates/ShowPage.asp?DRIT=1&DBID=1&LNGID=1&TMID=111&FID=442&PID=0&IID=7209&TTL=The_Arab_Spring_from_a_Counter-Terrorism_Perspective

 

Résumé :     

- La IIIè guerre mondiale est juste en train de commencer. Ce n’est pas seulement une guerre des idées, c’est une guerre religieuse – non pas entre l’Islam et le reste du monde, mais d’abord et avant tout, une guerre au sein de la religion même de l’Islam. C’est une guerre de la culture du radicalisme islamique contre le reste du monde, qui comprend la majorité des Musulmans à travers le monde.

 

- Il y a quelques mois, le Conseiller à la Maison Blanche pour le contre-terrorisme, John Brennan a déclaré : « les Islamistes et les Jihadistes ne sont pas nos ennemis ». En réponse, j’ai écrit un éditorial dans le Jerusalem Post qui explique que les dirigeants arabes modérés savent parfaitement que les Jihadistes et les Islamistes sont l’ennemi. En disant que les Islamistes et les Jihadistes ne sont pas l’ennemi, les Etats-Unis – le fer de lance de la société occidentale et le protecteur des valeurs libérales dans le monde – envoient un message très confus à leurs alliés, partout dans le monde.

 

- Dans la compétition entre l’axe Iranien et l’axe pragmatique, c’est l’axe iranien qui l’emporte. Le Hezbollah devient plus fort au Liban et le Hamas accumule du pouvoir et marque des points à Gaza au nom de l’axe iranien. Aussi, la décision de la Turquie d’opter pour l’axe iranien devient assez claire.

 

- Le Dr Condoleezza Rice a affirmé que son prochain livre à paraître fera référence à un pilier de la politique étrangère américaine : l’introduction de la démocratie dans le monde musulman. Mon prochain livre développera exactement l’idée inverse. Il portera sur la façon dont les terroristes et les fondamentalistes abusent du système démocratique d’un Etat dans le but de promouvoir leurs objectifs. Lorsque les fondamentalistes l’emportent, lors d’élections démocratiques, c’est pour un seul homme, un seul vote et une seule fois.

 

- Y a t-il quoi ce soit que nous puissions faire, pour changer ce perspective négative? J’appellerais à ce qu’on instaure sans délai un second Plan Marshall, identique à ce qui s’est passé, après la IIème Guerre Mondiale, à l’intention de ces nouveaux régimes qui s’installent en monde musulman, pour soutenir d’autres régimes pragmatiques qui n’ont pas encore été confrontés à des révolutions intérieures. Puisque imposer la démocratie à ces sociétés pourrait être contre-productif et dangereux, et il faudrait que cela soit un processus marginal. Au bout du compte, il n’y a que les Musulmans qui pourraient éduquer des Musulmans.

Une guerre au sein de l’Islam

Quelle connexion pouvons-nous établir entre le terrorisme et le processus que nous voyons évoluer dans le monde musulman? Ils sont interdépendants, ont beaucoup de dénominateurs communs, et ils s’influenceront définitivement l’un l’autre, dans les années à venir.


La IIIème guerre Mondiale est tout juste en train de commencer sous nos yeux. Ce n’est pas seulement une guerre des idées, c’est une guerre religieuse. Ce n’est pas une guerre entre les religions, entre l’Islam et le reste du monde, mais d’abord et avant tout, une guerre au sein même de la religion de l’Islam. C’est une guerre de la culture du radicalisme islamique contre le reste du monde, qui comprend la majorité des Musulmans à travers le monde. Pour l’essentiel, les Musulmans ont la responsabilité de devoir faire face à ces mauvais germes qui proviennent de l’Islam.



L’équation du terrorisme.

 

L’équation du terrorisme implique deux facteurs : la motivation et la capacité opérationnelle. Lorsqu’un groupe d’individus dispose aussi bien de la motivation de mener des attentats terroristes que de la capacité opérationnelle pour le faire, on est sur le point d’essuyer des attaques terroristes.


L’équation du contre-terrorisme, consiste, soit, à faire en sorte de réduire la motivation, soit la capacité opérationnelle. La solution ultime consiste à faire face aux deux facteurs ensemble et en même temps. Dans la littérature anti-terroriste, il n’existe qu’une seule façon de réduire la capacité opérationnelle des terroristes, et cela revient à les attaquer. Une fois qu’on l’a fait, on augmente leur motivation à mener des représailles.


Israël est le meilleur exemple dans le monde d’un Etat qui comprend la nécessité de combattre la capacité opérationnelle des terroristes, et qui réussit à le faire en se fondant sur sa capacité de renseignement très efficiente, autant que sur ses capacités défensives.


En même temps, on peut et on aurait dû faire bien plus, au cours des deux dernières décennies, en matière de compréhension et de façon de contrer les motivations qui mènent au terrorisme, tel que, par exemple, dans les activités entre les individus et leurs interactions. Parmi les Palestiniens, beaucoup nous haïssent, mais beaucoup comprennent, en même temps que nous sommes nés pour vivre les uns avec les autres et qu’il est crucial de surmonter les obstacles personnels. Cela ne suffirait jamais à remplacer la nécessité de mettre un terme au conflit et de résoudre le débat politique, mais, même dans les temps, d’intense débat, il est crucial d’atténuer les flammes de la haine et d’instaurer la plateforme nécessaire à la prochaine étape en vue de construire une solution politique.



L’approche américaine de l’anti-terrorisme.

 
Après le 11 septembre, l’Amérique s’est focalisée sur la restriction de la capacité opérationnelle des terroristes. Cela a débouché sur la guerre en Afghanistan et en
Irak. L’effort était destiné à réduire les capacités d’al Qaeda, des Jihadistes internationaux et des terroristes, partout dans le monde. Mais les Américains n’ont pas prêté suffisamment d’attention au besoin simultané de faire face à la manière de contrer les motivations à devenir terroriste.


Il y a quelques mois, le Conseiller à la Maison Blanche chargé de l’anti-terrorisme, John Brennan, a exposé la politique anti-terroriste de l’Administration Obama. Il a expliqué que « le terrorisme n’est pas notre ennemi ». Je comprends que le terrorisme est une tactique et qu’une tactique ne peut constituer un ennemi. Mais, ensuite, il a déclaré que : « les Islamistes et les Jihadistes ne sont pas nos ennemis ». En réponse, j’ai rédigé un éditorial dans le Jérusalem Post, intitulé : « Si le Jihad Global n’est pas l’ennemi, alors qu’est-ce que c’est ? ».


J’expliquais que le Président Moubarak sait qui est l’ennemi, tout comme le Roi Abdallah de Jordanie et d’autres dirigeants arabes modérés. Ils savent pertinemment que les Jihadistes et les Islamistes sont l’ennemi. En affirmant que les Islamistes et les Jihadistes ne sont pas l’ennemi, l’Amérique – le fer de lance de la société occidentale et le protecteur des valeurs libérales aux yeux du monde- envoie un message très confus à ses alliés partout dans le monde.


Il est vrai qu’il reste encore, pour al Qaeda, à parvenir à établir un Califat islamiste, un état islamique radical qui contrôlera le monde entier et qui sera gouverné par la seule loi de la Chari’a. Mais il réussit à réaliser ses buts intermédiaires, en gagnant les cœurs et les esprits qui adhèrent à sa version de l’Islam. Tant que la vaste majorité des Musulmans n’a pas adhéré à cette vision, la tendance reste négative, alors que nous voyons de plus en plus de gens y adhérer. D’un point de vue historique, les Islamistes sont en train de gagner la guerre.




Le renforcement de l’Axe iranien.

 
Lors de la dernière décennie au Moyen-Orient, s’est déroulée une compétition entre deux acteurs : l’axe iranien et l’axe pragmatique. Malheureusement, c’est l’axe iranien qui est en train de l’emporter, point par point. Le Hezbollah devient plus puissant au Liban, qui, dans l’avenir, pourrait bien basculer vers un état islamique chi’ite. Nous observons le même processus à Gaza, et certains diraient, à travers toute la scène palestinienne. Le Hamas accumule plus de pouvoir et marque des points pour l’axe iranien. Aussi, la décision de la Turquie d’opter pour l’axe iranien devient assez claire.

 
La tourmente actuelle au Moyen-Orient ne résulte pas directement d’une initiative américaine, mais les Américains sont, d’une certaine façon, responsables, du fait de leur obsession de la démocratie. Le Dr. Condoleezza Rice a annoncé que son prochain livre à paraître référera à un pilier de la politique étrangère américaine : l’introduction de la démocratie dans le monde musulman.

 
Mon propre livre dira exactement le contraire. Il portera sur la façon dont les terroristes et les fondamentalistes abusent du système démocratique d’un état dans le but de promouvoir leurs objectifs. Lorsque les fondamentalistes gagnent des élections démocratiques, c’est pour un seul homme, un seul scrutin et une seule fois, et il n’y a aucune façon de se débarrasser d’eux, excepté par des moyens violents.

 

La démocratie ne se construit pas seulement à travers des élections libres : pas plus que les élections libres ne correspondent à l’essentiel de la démocratie. La démocratie est un état d’esprit et un ensemble de valeurs. La démocratie, ce sont les droits de l’homme et les droits de la femme. Lorsqu’on prend des peuples qui, depuis des années, ont été exposés à l’incitation et à l’endoctrinement, cela les conduit directement à penser que devenir un shahid, une bombe humaine, est le but le plus important de tout jeune palestinien patriote. Aussi, ne soyez pas surpris si, lorsque vous leur imposez des élections libres, ils votent pour le Hamas.


Ma thèse de doctorat s’intitulait : “La stratégie anti-terroriste israélienne : efficacité versus valeurs démocratiques libérales ». Bien évidemment, il existe une contradiction totale entre les valeurs démocratiques libérales et la sécurité. Trouver l’équilibre exact constitue le dilemme anti-terroriste de tout état démocratique libéral ».



Les rébellions populaires au Moyen-Orient.  


La tourmente actuelle dans tout le Moyen-Orient n’a pas été planifiée. Il a s’agit d’une rébellion populaire contre ces régimes. Il existe une relation entre elles, parce qu’il y a un effet de contagion qui s’est mis en route. Si vous étiez un adolescent frustré de tout et qui regarde Al Jazeera – qui joue un rôle négatif dans ce processus global- et que vous voyez d’autres réussir, du coup, vous feriez de même.


Les révolutions islamiques se comportent selon deux modèles 
différents. L’un est le modèle iranien – une révolution rapide. Cela prend seulement 36 jours pour paver la voie entre le gouvernement de Shapour Bakhtiar- qui avait remplacé le régime du Shah – et la prise de pouvoir par l’Ayatollah Khomeini. Le deuxième modèle, c’est celui du Hezbollah et de la Turquie, suivant un chemin plus lent et progressif. Au Liban, la révolution islamique radicale du Hezbollah, dure depuis 15 ans. La Turquie se situe, également, à mi-chemin d’un processus de long terme.

 

En Turquie, les Islamistes partent d’un point différent de celui des pays arabes. Ils entraînent des gens qui n’étaient pas fondamentalistes et leur lavent le cerveau par touches successives, en changeant le sens des messages dans le système éducatif, dans la constitution, en réduisant le pouvoir de l’armée, et en traînant ses membres devant la Cour Suprême. De manière identique, les Iraniens constituaient une des populations les plus pro-occidentales, pragmatiques, opposées au radicalisme, avant la révolution de Khomeini. Au fond d’eux-mêmes, les Iraniens ne sont pas des fondamentalistes.


Il reste encore la question de savoir si le résultat de la révolution égyptienne mènera à un gouvernement plus démocratique. Même si les Egyptiens choisissent, lors d’élections libres, le personnage le plus libéral et modéré pour lequel ils puissent voter, qui peut penser que cette personnalité aura la capacité de satisfaire les attentes du public égyptien, de changer la condition actuelle de la société égyptienne, et de transformer le fait que chaque année, un million de bébés naissent en Egypte? J’ai tendance à penser que la frustration se fera sentir dès le moment où leur gouvernement nouvellement élu ne parviendra pas à améliorer leurs conditions de vie, et alors, la durée de vie de ce gouvernement se terminera par un mandat clair en faveur de l’option islamiste radicale des Frères Musulmans.


Les Etats-Unis sont bien plus faibles dans la région, à ce jour qu’il y a seulement quelques mois. L’Egypte était un allié crucial des Etats-Unis, mais elle ne sera plus aussi amicale et aussi proche qu’elle avait coutume de l’être.  Même si le régime le voulait, il ne le pourrait pas. Du point de vue des Etats-Unis, il s’agit d’une tendance négative.


Que devrait faire l’Occident?

 

Y a t-il quelque chose que nous puissions faire pour changer ces conséquences négatives? J’appellerais d’urgence à instaurer un second Plan Marshall, identique à ce qui s’est produit à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, en direction de ces nouveaux régimes qui s’établissent en monde musulman. Ce Plan Marshall devrait aussi être employé à soutenir les autres régimes pragmatiques qui n’ont pas encore été confrontés à une révolution intérieure. L’argent devrait également provenir de sources musulmanes, de l’Arabie saoudite et des pays du Golfe. On devrait aider ces pays pragmatiques à améliorer le niveau de vie de leur nation et à y introduire des valeurs de démocratie. Puisqu’imposer la démocratie dans ces sociétés peut s’avérer contre-productif et dangereux, il faudrait que ce soit un processus marginal – en employant une approche pédagogique.


Nous devons garder à l’esprit que cela devrait être une approche pédagogique musulmane, avec l’aide occidentale et une guidance positive. Au bout du compte, seuls les Musulmans eux-mêmes peuvent et doivent interpréter l’Islam de façon pragmatique et moderne.


Finalement, le gouvernement israélien n’a pas intérêt à perpétuer une situation de statuquo confortable. Israël a besoin de soutenir les éléments palestiniens pragmatiques. Abbas et Fayyad ont un intérêt commun avec l’axe pragmatique, et ceci est nouveau, parce qu’Israël, les Palestiniens, l’Egypte, la Jordanie et même l’Arabie Saoudite, aujourd’hui ont de nombreux intérêts en commun, qu’ils n’avaient pas auparavant, et également, au moins autant d’ennemis communs.

 

Israël, actuellement,  jouit d’une période de relative quiétude. Il ne fait aucun doute que les capacités de renseignement d’Israël sont bien meilleures qu’elles ne l’étaient autrefois, mais il existe deux autres éléments importants à l’oeuvre. Le premier, c’est qu’Abbas et Fayyad comprennent que le terrorisme est contre-productif pour les intérêts nationaux palestiniens, ce qui est quelque chose qu’Arafat n’a jamais compris. Le second, c’est que le Hamas comprend que, dans l’immédiat, il serait contre-productif, pour lui, de laisser la situation se détériorer vers une guerre de grande envergure, parce que le Hamas est avide d’obtenir une légitimité ou une réhabilitation internationale et d’alléger le siège de Gaza. Des attentats terroristes ne vont pas contribuer à promouvoir les objectifs immédiats du Hamas.

 

* * * .

 

Dr Boaz Ganor est le Doyen en activité de l’Ecole Lauder de Gouvernement et de Diplomatie du Centre Interdisciplinaire d’Herzliyah. Il est aussi le fondateur et directeur exécutif de l’Institut International de Contre-Terrorisme (ICT). Il est membre de la Commission Nationale israélienne des technologies de sécurité territoriale, et de l’équipe de conseil international de l’Institut de Manhattan du Département de la Police de New-York. Le Dr Ganor a servi en tant que consultant du Gouvernement israélien sur l’anti-terrorisme en de nombreuses occasions et il est l’auteur  de nombreux articles et livres concernant l’anti-terrorisme. Cette synthèse réalisée à Jérusalem est fondée sur sa présentation à l’Institut des Affaires Contemporaines de Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, le 24 mars 2011. 

Par Gad - Publié dans : IDC Herzliya
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Lundi 16 mai 1 16 /05 /Mai 21:41

 

 

La politique américaine au Moyen-Orient devient cliniquement folle

Par Barry Rubin

Adapté par Marc Brzustowski

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

http://rubinreports.blogspot.com/2011/05/us-middle-east-policy-becomes.html


 

Les derniers énoncés de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton sont tout simplement totalement effrayants. Prenez en compte ce qu’elle a dit au cours de cette interview :

 

Concernant l’Egypte :

 

"QUESTION : Devrions-nous redouter les Frères Musulmans?



SECRETAIRE CLINTON : Bien, je pense que nous n’en savons pas encore assez, pour comprendre exactement comment ils vont se transformer. Et je suis – je veux dire, en ce qui me concerne, ce n’est pas encore décidé. Il y a quelques éléments islamistes qui reviennent à la surface en Egypte, dont je pense qu’ils sont juste la façade –



QUESTION : Oui, enfin, ils sortent surtout de prison, en fait



SECRETAIRE CLINTON: Ils sortent de prison, ils sortent de l’ombre, qui sont hostiles à la démocratie, au genre de liberté d’expression, de liberté de rassemblement, de liberté de conscience, qui étaient les aspirations du Square Tahrir. »



...." “Nous n’en savons pas assez…”



Vraiment? Lisez n’importe quell discours ou interview d’un dirigeant et lieutenant des Frères Musulmans, c’est bourré de rhétorique jihadiste, de rage géoncidaire contre les Juifs, d’insistance sur le devoir de faire de l’Egypte un Etat Islamiste, de répugnance et de rejet pour l’Amérique. De quelle métamorphose parlez-vous ?

 

(-Je dis que)… c’est gens sortent juste de prison. »


Ils tiennent ouvertement des réunions conjointes et des manifestations avec les Frères Musulmans. Je le sais, pourquoi, elle, ne le sait pas ?



“Ce n’est pas encore décisif ».


Quand est-ce que le gouvernement américain percevra le danger des Frères Musulmans ? Quand ils prendront le pouvoir et commenceront à prendre le sentier de la guerre contre Israël et feront preuve d’hostilité ouverte envers les Etats-Unis ?

 

L’avis peut être aussi clair, concernant les Frères Musulmans qu’il ne l’est au sujet de Ben Laden.



2. Syrie



Et, voici tout aussi effrayant :  interview :



"Q : A ce point, la Syrie est un pays où on a tué la plupart des gens dans les rues.

"CLINTON : Bien, je ne dispose pas d’éléments de comparaison, mais ce que je sais réellement, c’est qu’il leur reste une occasion à saisir pour reprendre un agenda de réformes. Personne ne pensait que [le dirigeant libyen Mouammar] Kadhafi le ferait. Le gens croent encore qu’il subsiste une voie possible pour cela en Syrie ».


Ainsi, le Gouvernement des Etats-Unis espère encore que le Président Bashar al Assad deviendra un réformateur ? Je ne voudrais pas, une fois encore, lister toutes les preuves du contraire, aussi bien en ce qui concerne ses démonstrations passées que sa propre compréhension de ce que sont ses intérêts.



Mais voilà quelque chose de tout-à-fait remarquable. Clinton mentionne Kadhafi. Kadhafi avait, lui-même, effectivement « réformé » sa politique étrangère, après avoir eu peur, à la suite de l’invason américaine de l’Irak, qu’il pourrit bien être le prochain sur la liste. C’est ainsi que la pression a montré qu’elle entraînait des résultats favorables en Libye, alors que la politique d’apaisement de l’Administration Obama en Syrie a totalement échoué – et continuera d’échouer totalement.



3. Hamas


Mais, apparemment, il n’y a rien de “decisif”, non plus, à propos du Hamas. Comment cela, nous n’aurions pas suffisamment d’information pour évaluer ce mouvement ? Peut-être, alors, est-il, lui aussi, en train de “muer”? L’Administration Obama a vertement critiqué Israël d’avoir suspend le transfert des revenus des taxes à l’Autorité Palestinienne. Evidemment, puisque cet argent n’est dû qu’il est verse, en conformité avec les accords d’Oslo, que l’AP n’observe plus depuis longtemps.



Les responsables américains disent que l’Administration “attend de voir à quoi ressemble cet accord de réconciliation sur le plan pratique, avant que nous ne prenions la moindre décision en ce qui concerne une assistance à l’avenir”.



Rappel élémentaire à l’Administration Obama : un pays ne fait pas qu’observer et attendre, lorsque d’autres jettent ses propres intérêts à la poubelle. Cela fait quelque chose. Quand l’un de vos clients, que vous n’avez de cesse d’aider et auquel vous donnez de copieuses sommes d’argent, réunit ses forces avec une organisation ouvertement terroriste, alliée à vos pires ennemis, combien de temps vous reste t-il pour attendre les bras ballants et regarder ce qui est en train de se produire ?

 

De la première interview de Clinton

 :

“Nous sommes en train de perdre la guerre des idées, parce que nous ne sommes pas dans l’arène, de la même façon que nous l’étions Durant la guerre froide”.



Bien, si vous ne pouvez pas définir les Frères Musulmans et la Syrie comme hostiles, vous n’êtes sûrement pas « dans l’arène ». Imaginez que la Guerre Froide se soit déroulée en ces termes ! Combien de temps l’Amérique aurait-elle pu dire qu’il « n’y avait rien de décisif » à propos de la nature de l’Union Soviétique ?



Mais Clinton n’est pas aussi stupide qu’elle en a l’air. Elle bégaie autant parce qu’elle doit suivre la ligne politique du Président, et c’est cela qui est vraiment stupide. Et bien plus que cela, c’est tout simplement dangereux. 

 

Barry Rubin est directeur du Centre pour la Recherche Globale en affaires internationales (GLORIA) et éditeur du journal : la revue des Affaires Internationales et du Moyen-Orient (MERIA). Ses derniers ouvrages sont « le lecteur israélo-arabe (7è édition), La longue guerre pour la liberté : la lutte arabe pour la démocratie au Moyen-Orient (Wiley), ainsi que La vérité sur la Syrie (Palgrave-McMillan). Le site internet du Centre GLORIA est à l’adresse : http://www.gloria-center.org et celle de son blog, Rubin Reports, à :http://www.rubinreports.blogspot.com.

 

Par Gad - Publié dans : IDC Herzliya
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Dimanche 6 mars 7 06 /03 /Mars 17:33

 

Barack Obama à pleine vitesse dans la cavalcade effrénée de la Naïveté


Par Barry Rubin

6 Mars 2011

Adapté par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

 

Avec l’aimable autorisation de Yeru Aharoni

Directeur des Publications/Rédacteur en chef du

Global Research in International Affairs (GLORIA)

Center Interdisciplinary Center


http://www.gloria-center.org/gloria/2011/03/barack-obama-and-the-cavalcade-of-naivete

Le Président Barack Obama a déclaré, face aux contributeurs du Parti Démocrate, à Miami :

 “Lorsque vous voyez ce qui est en train d’arriver… au Moyen-Orient, on assiste à une manifestation à partir des nouvelles technologies, les vents de la liberté qui soufflent à travers des pays qui n’ont pas ressenti ces vents durant des décennies, une nouvelle génération entière qui dit vouloir faire partie de ce monde. Ce sont des temps dangereux, mais il s’agit aussi d’une vaste opportunité pour nous ».

 Obama a également affirmé que les Etats-Unis ne devaient pas être “effrayés” de ces changements au Moyen-Orient. Et bien, cela dépend du genre de changements dont on parle, n’est-ce pas? Je ne serais pas effrayé si l’Iran, la Syrie et la Bande de Gaza vivaient des soulèvements révolutionnaires qui instaureraient des gouvernements démocratiques modérés, par exemple.

Mais laissez-moi vous rappeler une fois encore, le sujet que j’évoquais dès le premier jour de la revolution égyptienne, et qui disait que je me sentais préoccupé parce que d’autres, précisément, ne sont pas dérangés. Plus ils démontrent qu’ils ne comprennent pas les dangers, plus importants deviennent ces dangers.

Le Président Franklin Roosevelt avait déclaré, à propos de la Grande Dépression, “qu’il n’y avait rien dont il ne fallait avoir peur, sinon de la peur elle-même ». Ce qui veut dire que, les Américains devraient avoir confiance en leur capacité à résoudre les problèmes. Mais il n’a pas dit, lorsque les forces allemandes envahissaient un pays après l’autre, que les Américains ne devraient pas s’effrayer des changements en cours en Europe. Pas plus qu’il n’a dit, alors que l’empire japonais étendait son hégémonie, que les Américains ne devraient pas redouter les changements en Asie.


Le Président Harry Truman n’a pas dit que les Américains ne devraient pas avoir peur des changements dans l’Est de l’Europe, lorsque les Soviétiques y prirent le pouvoir à la place des gouvernements antérieurs ni lorsque la Chine devint communiste.

Ces présidents (pourtant, eux aussi, démocrates) reconnaissaient la nature du danger et travaillaient afin de le contrer du mieux qui’ls le pouvaient en ces circonstances.

Par contraste, tout en admettant du bout des lèvres qu’il s’agit “de temps dangereux”, Obama ne met jamais le doigt sur la nature de ces dangers, franchement, parce qu’il n’en a aucune idée. Toutes les remarques qu’il fait, à propos de ces changements, sont positives, menées tambour battant.

Mais encore, s’il avait raison, pourquoi donc les Etats-Unis ne souhaitent-ils pas que plusieurs régimes – l’Arabie Saoudite, la Jordanie, l’Autorité Palestinienne – soient également renversés ? Pourquoi ne fait-il pas une claire distinction entre les ennemis et les amis de l’Amérique ?

Afin de montrer qui est vraiment naïf, il a ajouté :

“Toutes les forces que nous voyons se construire en Egypte sont des mouvements qui devraient naturellement s’aligner sur nous. Qui devraient être compatibles avec Israël ».

Toutes les forces devraient être compatibles avec les Etats-Unis et Israël! Très bien ! Peut-être “devraient-elles” l’être, mais elles ne le sont pas, à l’heure qu’il est. En fait, c’est même plutôt totalement le contraire : toutes les forces que nous voyons émerger en Egypte sont des forces qui, en fait, ne sont pas du tout compatibles avec les Etats-Unis et Israël. C’est là que nous constatons l’arrogance de quelqu’un qui dit aux peuples d’autres pays ce qu’ils « devraient » penser, au lieu d’analyser ce qu’ils pensent exactement.

Bien évidemment, ce qui arrive – et nous assistons à cela Presque in vivo – c’est que les agences de renseignement et les medias réécrivent la réalité pour faire croire que ces gens sont des modérés, précisément, parce que c’est que le Président espèrent au fond de lui.

Voici quelques parallèles historiques qui illustrent les déclarations d’Obama (c’est moi qui les ai relevés) :

En 1932 : l’Allemagne aurait dû s’aligner sur les démocraties occidentales et les Etats-Unis, parce que c’est la seule voie qui aurait permis d’accomplir la prospérité et la stabilité en Europe, deux choses don’t les Allemands avaient désespérément besoin. Ce n’est que 14 ans plus tard, que l’Allemagne a fini par perdre une longue guerre extrêmement sanglante. Certainement, les Allemands n’ont pas le moindre désir de se battre de cette façon une fois encore, ni de répéter leur erreur de tenter de conquérir l’Europe !


1945 : l’Union Soviétique aurait dû s’aligner sur les démocraties occidentales et les Etats-Unis, puisque, justement, nous venions juste d’être allies au cours d’une guerre épouvantable. Moscou aurait dû comprendre que les Etats-Unis n’avaient aucun désir de l’offenser, voulaient vivre en paix, et respecter les intérêts soviétiques. Certainement, Staline mettrait l’accent sutr la reconstruction de son pays et pas le moins du monde sur l’expansionnisme à l’extérieur de ses frontières!


1979 : le nouveau régime islamiste en Iran aurait dû s’aligner sur l’Occident et les Etats-Unis, parce qu’ils acceptaient sa révolution chez lui, souhaitaient de bonnes relations et sont les consommateurs naturels des exportations de pétrole iranien.

 

1989 : Saddam Hussein et son régime irakien auraient dû s’aligner sur l’Occident et les Etats-Unis, parce que ceux-ci l’avaient soutenu Durant sa dernière guerre contre l’Iran et que le monde redoutait l’extension de l’islamisme révolutionnaire. Saddam ne provoquerait aucun problème et mettrait la priorité sur la reconstruction de son pays, après une guerre sanglante longue de huit années contre l’Iran et apporterait une vie meilleure à son peuple.

1993 : Yasser Arafat et les Palestiniens auraient dû s’aligner sur les Etats-Unis et être impatients de réaliser une paix faite de compréhension avec Israël, alors que c’était la seule voie par laquelle ils pouvaient obtenir un Etat à eux. A présent qu’ils sont sur le point de disposer d’élections et d’être responsables de l’administration de la Bande Occidentale et de la Bande de Gaza, il est certain que l’OLP ne pourra que cesser d’être révolutionnaire ou terroriste.



 Vous êtes prêts à accepter cette vision ?



 Et, de même, lorsqu’Obama déclare :

“Je suis effectivement confiant dans le fait que, dans dix ans d’ici, nous pourrons regarder en arrière et dire que c’était l’aube d’une ère totalement nouvelle et tellement meilleure. L’une durant laquelle les gens s’efforcent, non pas, de se dresser contre quelque chose, mais, au contraire, afin d’être pour quelque chose ».

 

Souvenez-vous de ces paroles. Il n’a absolument aucune compréhension du monde arabe, du monde à majorité musulmane, ni du Moyen-Orient en quoi que ce soit.

Comment ces nouveaux régimes vont-ils pouvoir se maintenir en place, tenir leurs rivaux à distance, et se constituer pour être en capacité de fournir les produits dont leurs peuples ont besoin ? Quelle est la vision du monde de ces forces nouvelles ? De quelle façon perçoivent-elles l’Amérique, l’Occident, et Israël ? Telles sont les questions que nous devons nous poser et auxquelles nous devons instamment répondre, si l’on veut vraiment comprendre à quoi ressemblera le monde dans une décennie d’ici.

 

Barry Rubin est directeur du Centre pour la Recherche Globale en affaires internationales (GLORIA) et éditeur du journal : la revue des Affaires Internationales et du Moyen-Orient (MERIA). Ses derniers ouvrages sont « le lecteur israélo-arabe (7è édition), La longue guerre pour la liberté : la lutte arabe pour la démocratie au Moyen-Orient (Wiley), ainsi que La vérité sur la Syrie (Palgrave-McMillan). Le site internet du Centre GLORIA est à l’adresse : http://www.gloria-center.org et celle de son blog, Rubin Reports, à :http://www.rubinreports.blogspot.com.

Par Gad - Publié dans : IDC Herzliya
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Lundi 31 janvier 1 31 /01 /Jan 11:04

Rapport spécial : la révolte en Egypte et la politique américaine

 

Par Barry Rubin, GLORIA 30 Janvier 2011

 

 

Adaptation : Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


Avec l’aimable autorisation de Yeru Aharoni

Directeur des Publications/Rédacteur en chef du

Global Research in International Affairs (GLORIA)

Center Interdisciplinary Center

Special Report: The Revolt in Egypt and U.S. Policy



http://www.israpundit.com/archives/33134#more-33134

 

Il n’existe pas de bonne politique pour les Etats-Unis, au regard du soulèvement en Egypte, mais l’Administration Obama pourrait bien adopter une approche qui s'avérerait, finalement, être la pire des options. C’est sa première crise internationale. Et elle semble adopter une posture politique, qui bien qu’apparaissant équilibrée, est en train de pousser dehors le régime égyptien. La situation peut ne jamais avoir été plus dangereuse, et pourrait bien tourner au pire désastre pour la région et les intérêts occidentaux depuis la révolution iranienne, il y a trois décennies.


Les experts et les nouveaux medias semblent pécher par optimisme,de la même façon qu'ils l’ont généralement été dans le dossier iranien. Les élans pleins de bonne volonté et de générosité, jusqu’à un certain point, remplacent toute analyse sérieuse et objective. En effet, l’alternative qui en résulterait est rarement présentée pour ce qu'elle est : un tel processus est susceptible de conduire tout droit à une Egypte islamiste, et si ce n’est pas dès aujourd’hui, du moins, dans à peine quelques années d'ici.

 

Ce qui fait problème dans ce cas, c’est qu’une large part de cet enthousiasme repose sur des points tels que de dire que les manifestants sont sans leaders et agissent spontanément. Alors que, précisément c'est bien une situation inverse, où quelques-uns [les Islamistes], qui disposent de leaders, sont bien organisés et savent exactement contre quoi ils se battent et où ils veulent en venir.


Regardons ce qui se passe en Tunisie. L’élite avance avec le soutien de l’armée et met sur pied une coalition de dirigeants, comprenant aussi bien d’anciens éléments du pouvoir que des hommes issus de l’opposition. Nous ne savons pas ce qu’il adviendra, mais on peut garder un espoir raisonnable de stabilité et de démocratie. Ce n’est pas la même situation en Egypte, où l’élite semble avoir perdu toute confiance et où l’armée apparaît se comporter de façon passive.


Omar Souleimane, depuis longtemps chef des renseignements, actuel vice-président et ancien chef de l’armée de l’air (les postes que Moubarak lui-même avait l’habitude de garder pour lui), Ahmed Shafiq, en tant que Premier Ministre, vont-ils être en mesure de stabiliser la situation ? Peut-être. Souleiman est un homme plein de ressources. Mais se trouver avec l’homme qui a organisé la répression, à la tête du pays n’est pas, à proprement parler, l’étape rêvée vers une démocratie de type libertarienne.


Il ne subsiste essentiellement que deux possibilités : le régime va aller en se stabilisant (avec ou sans Moubarak), ou le gouvernail deviendra hors de contrôle. Maintenant, voilà les précédents qui correspondent à la seconde situation :

- Souvenons-nous de la Révolution iranienne, quand toutes sortes de gens se précipitaient dans les rues pour exiger la liberté. Qu’est-il advenu ? Mahmoud Ahmadinedjad est aujourd’hui Président.

- Souvenons-nous du Printemps de Beyrouth, quand les gens se précipitaient dans les rues pour exiger l’Indépendance et la liberté? C’est le Hezbollah qui, désormais, contrôle le Liban.

- Rappelons-nous alors ce qu’il advint de la démocratie parmi les Palestiniens, lors d’élections libres ? C’est le Hamas qui tient la bande de Gaza entre ses mains.

- Bien, souvenons-nous de la démocratie en Algérie...? Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées lors de la guerre civile qui s’ensuivit.

Ce n’est pas fatalement ce qui doit arriver, mais les précédents sont quand même assez peu encourageants.

Qu’est-ce que les Egyptiens ont déclaré, lors du récent sondage de Pew, lorsqu’on leur a demandé s’ils préfèrent « les modernistes » ou les « Islamistes » ? Islamistes : 59%, Modernistes : 27 %. Maintenant, peut-être voteront-ils en fait, pour le type occidentalisé en costume-cravate qui promet une démocratie libérale, mais souhaitez-vous vraiment parier l’avenir du Moyen-Orient sur sa bonne tête ?

C’est bien là qu’est le problème.

D’un côté, chacun sait que le gouvernement du Président Moubarak, s’appuyant sur le régime qui a dirigé l’Egypte depuis le matin du 23 juillet 1952, est une dictature avec un lourd passif de corruption et de répression.

Ce gouvernement égyptien a généralement été un bon allié des Etats-Unis, bien qu’il ait parfois laissé tomber Washington. Par exemple, le gouvernement Moubarak a continué à alimenter son peuple en propagande anti-américaine ; il s’est aussi abstenu de participer à la résolution du conflit israélo-palestinien (il n’a pas soutenu le Plan Clinton en 2000, bien que je dispose de bonnes sources affirmant que Moubarak aurait dit, plus tard, regretter cette décision) ; il n’a pas, non plus, appelé publiquement et fermement à faire pression sur l’Iran. Et ainsi de suite.

Depuis longtemps, on a dit que l’Egypte était l’allié le plus important des Etats-Unis dans le monde arabe. Il y a du vrai en cela, mais c’est devenu moins vrai récemment, en partie, découlant de sa passivité en matière de politique étrangère plus qu’à une hostilité déclarée.

Clairement, donc, l’Egypte est globalement un allié américain, et sa perte s’il tombait, aux mains d’un gouvernement anti-américain, sonnerait comme une défaite retentissante pour les Etats-Unis. Qui plus est, un gouvernement populiste et radical de type plus ou moins nationaliste et islamiste suffirait à enclencher à nouveau le conflit arabo-israélien qui se traduirait en dizaines de milliers de pertes humaines.

Aussi y a t-il un enjeu important pour les Etats-Unis, qui réside dans la survie de ce régime, si ce n’est dans celle de Moubarak en personne, ou dans la succession de son fils, Gamal. Cela signifie que la politique américaine devrait plutôt mettre l’accent sur la survie du régime. Le régime pourrait être bien meilleur sans les Moubarak, pour autant qu’il pourrait tirer argument du fait de prendre un nouveau départ et ainsi, regagner un capital de crédit politique en se débarrassant du dictateur honni. Etant donnée la faiblesse du successeur désigné, Gamal Moubarak, qui est probablement trop faible pour gérer la situation, le régime pourrait s’en sortir très bien sans eux.

D’un autre côté, les Etats-Unis veulent démontrer qu’ils soutiennent la réforme et la démocratie, pensant que cela les rendra plus populaires parmi les masses du monde arabe, tout en étant persuadés que c’est la manière “juste” d’être « américain » que de procéder de la sorte. Aussi, si la révolution l’emporte effectivement, la vision consiste à croire qu’elle sera probablement plus amicale envers l’Amérique, si les Etats-Unis démontrent par avance leur soutien au changement.

Finalement, l’approche “pro-démocratique” est fondée sur la croyance que l’Egypte ne pourra produire qu’un état modéré, démocratique, pro-occidental qui n’en sera que d’autant plus capable de résister au défi islamiste. Peut-être même que les Islamistes pourront être incorporés au système. Peut-être, disent certains (et c’est une voix très puissante dans les mass-médias américains), que, finalement, les Frères Musulmans ne sont vraiment pas du tout une menace pour quiconque.

Ainsi, si on se fie à ce point de vue, la politique américaine devrait favoriser les forces du changement.

Bien entendu, il est tout-à fait possible de mixer ces deux postures et c’est bien ce qu’est en train d’essayer de faire le Président Obama.

 Ainsi, Obama a t-il déclaré :

“J’ai toujours dit à [Moubarak] que de se diriger résolument dans le sens de la réforme – réforme politique, économique- est absolument crucial pour le bien-être de l’Egypte sur le long terme, et vous pouvez voir l’expression croissante de ces frustrations qui se répandent dans les rues… La violence n’est pas la réponse qui permet de résoudre ces problèmes en Egypte, aussi le gouvernement doit être très attentif au fait de ne pas s'ne remettre à la violence et le peuple dans la rue doit faire attention à ne pas laisser libre cours à sa propre violence. Je pense que c’est très important que le peuple puisse disposer de mécanismes appropriés pour exprimer ses doléances légitimes. Comme je l’ai déclaré dans mon discours lors de l’Etat de l’Union, il existe certaines valeurs centrales que nous pensons être portées par les Américains, mais qui sont foncièrement universelles : la liberté d’expression, la liberté de parole – le peuple doit être en mesure d’utiliser les réseaux sociaux ou tout autre mécanisme pour communiquer les uns avec les autres et d’exprimer ses préoccupations ».

Sur le papier, c’est là une politique idéale : Moubarak devrait procéder à des réformes, l’opposition ne devrait pas employer la violence et tout irait bien dans le meilleur des mondes possibles. Une fois encore, c’est bien la politique parfaite en théorie, et croyez-bien que je ne suis d’aucune façon sarcastique en le disant.

Malheureusement, cela n’a pas grand-chose à voir avec la réalité. Et si le régime fait ce que Obama voudrait qu’il fasse, il va sans dire qu’il tombera. Et qu’est-ce qui le remplacera ? Par son absence de soutien – la tonalité de son discours va bien plus loin qu’il ne devrait aller – le Président est, tout simplement, en train de démoraliser un allié.

Et il est tout aussi utile de croire, de façon toute aussi idéaliste, que même si les Egyptiens veulent vraiment être libres, on doit être en mesure de définir clairement ce que la « liberté » signifie pour eux. Aussi, le dirigeant qui émergera, sera probablement issu du groupe le mieux organisé, le plus discipliné. Le peuple en Russie, en 1917, ne souhaitait également, au plus profond de son âme, rien d'autre qu'être libre et c'est ainsi qu'il gagna son ticket pour le paradis bolchévique. Alors qu’en Iran, lorsque le peuple voulut être libre [en juillet 2009], l’Administration Obama ne leva pas même le petit doigt.

Peu importe, au fond, ce que les Etats-Unis disent ou font, à ce stade, ils ne sont pas prêts de récolter la profonde gratitude de millions d’Egyptiens comme s’ils en étaient les libérateurs. Pour ce qui concerne les nouveaux dirigeants du mouvement contre le régime, ils accuseront l’Amérique de son soutien passé à Moubarak, de son opposition à l’Islamisme, de soutenir Israël, de son influence culturelle, des incidents résultant du supposé impérialisme, et surtout pour le fait de ne pas être musulmane [et ne pas vouloir le devenir]. Si quiconque pense que le seul problème, c’est Israël, alors il ne comprend rien à rien.

Ce n’est pas la première fois que ce genre de problème survient et il est révélateur et surprenant qu’on n'ait pas éprouvé le besoin d’expliciter pleinement les précédents. Le plus évident est le cas de l’Iran en 1978-1979. A cette époque, comme j’ai pu l’écrire dans mon livre : « Pavée de bonnes intentions : l’Expérience américaine et l’Iran", la stratégie des Etats-Unis correspondait très exactement à ce qu’Obama est en train de faire actuellement : annoncer son soutien formel au gouvernement, mais le presser de procéder à des réformes. Le Shah ne s’est pas lancé dans la répression, en grande partie, parce qu’il ne disposait pas du soutien américain. La révolution s’est renforcée et le régime est tombé. Le résultat n’a pas été aussi bon qu’on aurait pu l’imaginer.

Il existe aussi une seconde partie de l’histoire : les experts à la télévision et en tant que consultants du gouvernement assuraient à quiconque les écoutait que la Révolution serait modérée, que les Islamistes ne pouvaient, de toute façon, pas l’emporter, et que même si cela arrivait, ce qui était bien improbable, ce nouveau directorat pourrait prendre le dessus. Aussi, puisque l’ayatollah Ruhollah Khomeiny ne pouvait pas triompher – les Islamistes dirigeant un pays, quelle rigolade !- il ne pourrait parvenir à réaliser ce qu’il disait. A croire que cela n’ait pas précisément tourné aussi bien que prévu.

Être encore plus oublieux du passé, au sujet de l’Egypte, consisterait à omettre la façon dont l’affaire a globalement commencé! En revenant en 1952, comme je l’écris dans mon livre, « les Etats arabes et le conflit en Palestine », les décideurs américains soutenaient, à l’époque – n’exagérons pas ce point, ce n’était pas un coup totalement commandité par les Etats-Unis, mais du moins y étaient-ils favorables – une prise de pouvoir par l’armée. L’idée était que les officiers se montreraient amicaux envers les Etats-Unis, hostiles à l’URSS et au Communisme, et qu’ils étaient ainsi plus susceptibles de jouir du soutien des masses.

En d’autres termes, les décideurs et experts se font aujourd’hui les champions d’une stratégie qui a conduit tout droit à deux des plus grands désastres de l’histoire des politiques américaines au Moyen-Orient Et, à présent, c’est même bien pire, alors que nous disposons de l’expérience de ces deux précédents et, plus particulièrement, du point crucial concernant ce qui arrive quand les Islamistes prennent le pouvoir.

Il n’y a aucun groupe modéré organisé en Egypte. Même la plus importante de ces organisations dans le passé, le mouvement Kifaya, est déjà tombé entre les mains des Frères Musulmans. Depuis 2007, son dirigeant est Abdel Wahab al-Messiri, un ancien membre de la Fraternité Musulmane et un antisémite virulent.

Mohammed El-Baradei, dirigeant du movement réformiste, a émis les arguments suivants qui vont à l’encontre de mon analyse :

“Moubarak est parvenu à convaincre les Etats-Unis et l’Europe qu’ils n’ont que le choix entre deux options : soit ils acceptent ce régime autoritaire tel qu’il est, soit l’Egypte tombera entre les mains des semblables de Ben Laden et d’Al Qaeda. Evidemment, ce n’est pas tout-à-fait exact. Moubarak utilise le spectre de la terreur islamiste afin d’empêcher une troisième voie : la démocratisation du pays. Mais Washington doit savoir que le soutien à un régime répressif ne crée jamais que les apparences de la stabilité. En réalité, il ne fait que promouvoir la radicalisation du peuple. »

Cette formulation est, a priori, raisonnable. Mais on peut tout aussi bien dire que rien ne ferait mieux la promotion de la radicalisation du peuple que le fait d’instaurer un régime radical. Même el-Baradei en personne affirme que s’il était Président, il reconnaîtrait immédiatement le Hamas comme dirigeant de la bande de Gaza et mettrait un terme à toutes les sanctions contre lui.

Il ne s’agit pas de faire croire qu’il n’existe pas de gens bien, modérés et pro-démocrates en Egypte, mais ils n’ont qu’une infime partie de l’influence, de l’argent ou de modes d’organisation. De surcroît, l’Egypte est le seul pays arabe, où beaucoup des réformistes vont au-devant des Islamistes en ayant l’assurance – et je pense que c’est un tort – qu’ils pourront contrôler les Islamistes et les dominer, lorsque leur alliance avec eux arrivera au pouvoir.

Rien ne me rendrait plus heureux que d’affirmer que les Etats-Unis devraient apporter leur total soutien à la réforme, et qu'ils devraient chérir les insurgés sans restriction. Mais, malheureusement, ce n’est ni l’analyse la plus rigoureuse ni la seule qui soit requise par les intérêts américains. Dans mon livre : « La longue guerre pour la Liberté », j’ai exprimé ma très forte sympathie pour les réformistes libéraux, mais aussi les très nombreuses raisons pour lesquelles il est très improbable qu’ils triomphent et pourquoi ils sont incapables de concourir avec les meilleures chances face aux Islamistes.

J’ai indiqué que le nouveau dirigeant des Frères Musulmans adopte un ton très proche d’Al Qaeda et qu'il a appelé à la guerre sainte aussi bien contre Israël que contre l’Amérique.


Voici ce que dit Rajab Hilal Hmida, un membre des Frères Musulmans au Parlement d’Egypte, qui prouve  que vous n'avez pas besoin d’être modéré pour concourir à une élection :

“De mon point de vue, Ben Laden, ni al-Zawahiri ni Al Zarqawi ne sont des terroristes, au sens où l’entendent certains. Je soutiens toutes leurs activités, dans la mesure où ils sont une épine dans le pied des Américains et des Sionistes… [D’un autre côté], celui qui tue des citoyens musulmans n’est pas un combattant du Jihad ni un terroriste, mais tout simplement, un meurtrier et un criminel. Nous devons appeler les choses par leur nom ! ».

Une étude, portant sur les membres de la Confrérie Musulmane du Parlement égyptien, démontre à quel point leurs propositions et discours sont radicaux. Ils veulent un état islamique radical, guidé par la Charia et la guerre contre Israël et les Etats-Unis.

Mais, par ailleurs, on dit aussi que les Frères Musulmans ne sont pas aussi populaires qu’on le dit en Egypte. Alors qu’on m’explique pourquoi ils obtiennent 20% des suffrages à n’importe quelle élection, alors qu’ils sont réprimés et que le vote est tronqué ? Ce ne peut être uniquement une forme de vote protestataire, parce que les électeurs disposent de l’option de voter tout aussi bien pour les réformistes laïques et qu’en fait, très peu s'y résolvent.

Les medias sont aussi bourrés “d’experts” qui vous affirment que les Frères Musulmans ne sont pas directement impliqués dans le terrorisme. Bien, admettons que ce soit partiellement vrai Ils soutiennent le terrorisme contre les Américains en Irak et contre les Israéliens, avec une mention spéciale, lorsqu'il s'agit du soutien sans réserve au Hamas. Dans les cas majeurs de terrorisme en Egypte, - par exemple, dans l’assassinat de Farag Fouda et la tentative d’assassinat contre Naguib Mahfouz – les imams de la confrérie étaient totalement impliqués dans l’incitation à la violence, avant que les actes n’aient lieu et ont applaudi à tout rompre, lorsqu’ils ont été commis.

La question fondamentale est : “pourquoi les Frères Musulmans ne pratiquent-ils pas directement la violence en Egypte? Et la réponse n’est pas qu’ils soient modérés, mais simplement qu’ils sentent que leur heure n’est pas encore arrivée. Savoir qu’ils seraient écrasés par le gouvernement, et leurs principaux dirigeants envoyés dans des camps de concentration, torturés et sans doute exécutés, comme cela est déjà arrivé sous Gamal Abdel Nasser dans les années 1950 et 1960, est très dissuasif. Cela ne correspond pas à un accident de l’histoire que le Hamas et le Hezbollah –qui ne sont pas sous la contrainte, à cause de gouvernements faibles- soient engagés dans le terrorisme violent, alors que les Frères Musulmans confrontés à des régimes forts et déterminésen Egypte et en Jordanie n’osent pas passer à l’action.

Ayant dit tout cela, il est évident que l’influence américaine sur le cours des évènements, déjà rejetée par le gouvernement égyptien, ne peut être que marginale. Il est bon sur le plan moral de parler de liberté et de faire semblant de soutenir les manifestants, mais également tout aussi dangereux et cette attitude ne s’attirera pas la gratitude des masses égyptiennes dans l’avenir. Après tout, si on s’en tient au radicalisme probable de leurs dirigeants, un régime révolutionnaire devrait raisonnablement être hostile aux Etats-Unis, du simple fait que l'Amérique devrait être accusée d’avoir soutenu la dictature égyptienne durant des décennies. Le Président Obama ne parviendra pas à les charmer par ses bons mots qui les guideraient vers plus de modération.

L’élite égyptienne cherche surtout à se sauver elle-même et si elle doit se débarrasser de Moubarak pour y parvenir – comme on a pu l’observer en Tunisie – les forces armées et les autres s’y résoudront assurément. Mais si le régime lui-même s’effondre et génère un vide, il est à redouter que les pires conséquences en découlent. Si je pensais vraiment que quoi que ce soit de mieux pouvait en sortir qui ressemblerait à la stabilité et pourrait être grandement bénéfique pour les Egyptiens, je me rangerais sans conteste à cet avis. Mais, très sincèrement, est-ce le cas ?

Prenons bien conscience de ce point. Les ressources en Egypte et le capital sont limités. Il n’y a pas tant que cela de travail disponible ou d’espaces de nouvelle richesse à conquérir. De quelle façon un nouveau régime pourrait-il s’arranger de ces problèmes et mobiliser un soutien populaire ? L’une des voies possibles serait de s’embarquer résolument dans un programme de développement de plusieurs décennies pour faire en sorte que le désert fleurisse, etc. Mais encore, dans le cadre d’une compétition effrénée, d’où pourrait bien provenir l’argent ? Comment l’Egypte pourrait-elle tenter de conquérir les marchés actuellement dominés par la Chine, par exemple ?

Il est bien plus probable qu’un gouvernement n’obtiendrait son soutien que grâce aux artifices de la démagogie : accusons l’Amérique, accusons l’Occident, accusons Israël et proclamons haut et fort que l’Islam est l’unique solution ! C’est pourtant bien ainsi que les choses se sont passées au Moyen-Orient, en tellement d’endroits. Dans au moins deux cas de promotion de la démocratie au Liban et dans la Bande de Gaza (quoi qu’on puisse aussi dire que d’autres facteurs y étaient actifs), elle a débouché sur l’instauration de régimes islamistes qui soutiennent pleinement le terrorisme et sont les alliés directs de l’Iran et de la Syrie.

L’Amérique est-elle prête à parier que tout sera tellement différent en Egypte? Et sur quels éléments de preuves irréfutables cela serait-il fondé ?

Dès lors, l’accent pris par toute politique américaine devrait être mis sur le soutien au régime global de l’Egypte, quelle que puisse être la rhétorique empruntée au sujet des réformes. Les dirigeants au Caire devraient n’avoir aucun doute sur le fait que les Etats-Unis sont et seront derrière eux. S’il s’avère nécessaire de changer le cercle dirigeant ou de faire des concessions, c’est quelque chose que le gouvernement des Etats-Unis peut encourager en coulisse.

Mais la rhétorique d’Obama se situe à l’exacte inverse de celle qu’il a employée lors des bouleversements en Iran alors qu’il aurait dû soutenir le peuple et semble la réminiscence de celle utilisée par le Président Jimmy Carter en 1978 à propos de l’Iran. Il a laissé entendre, par les mots et nuances employés, si ce n’est par intention réelle – que Washington ne soutenait plus le gouvernement égyptien. Et ce gouvernement l’a même dit ouvertement.

Sans la confiance nécessaire pour résister à ces bouleversements, le système égyptien est susceptible de s’effondrer, laissant se creuser un vide qui ne va pas être occupé par des dirigeants amicaux.


Il s’agit d’un désastre potentiel pour les Etats-Unis et le Moyen-Orient. Ils sont nombreux ceux qui diront qu’un gouvernement islamiste anti-américain allié à l’Iran et prêt à déclencher à nouveau la guerre avec Israël ne « peut » pas émerger. C’est un risque majeur à prendre en se fiant seulement à la parole de ceux qui se sont si fréquemment trompés par le passé.

Suggestions de lecture :

Barry Rubin, Islamic Fundamentalism in Egyptian Politics, Second Revised Edition Palgrave Press (2002, 2008).

Barry Rubin, The Muslim Brotherhood: A Global Islamist Movement (Palgrave-Macmillan, 2010)

For the Brotherhood’s political views on supporting Hamas “by any means necessary”

MERIA Articles

Barry Rubin, COMPARING THREE MUSLIMS BROTHERHOODS: SYRIA,JORDAN,EGYPT”, Vol. 11, No. 2 (June 2007)

Adel Guindy, “THE ISLAMIZATION OF EGYPT”, Vol. 10, No. 3 (September 2006)

Magdi Khalil, ” EGYPT’S MUSLIM BROTHERHOOD AND POLITICAL POWER: WOULD DEMOCRACY SURVIVE?” Vol. 10, No. 1 (March 2006)

 

 

Barry Rubin est directeur du Centre pour la Recherche Globale en affaires internationales (GLORIA) et éditeur du journal : la revue des Affaires Internationales et du Moyen-Orient (MERIA). Ses derniers ouvrages sont « le lecteur israélo-arabe (7è édition), La longue guerre pour la liberté : la lutte arabe pour la démocratie au Moyen-Orient (Wiley), ainsi que La vérité sur la Syrie (Palgrave-McMillan). Le site internet du Centre GLORIA est à l’adresse : http://www.gloria-center.org et celle de son blog, Rubin Reports, à :http://www.rubinreports.blogspot.com.

 

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Mardi 30 novembre 2 30 /11 /Nov 17:38

 

Lundi 29 NOVEMBRE 2010

 

Deux Hourras pour Wikileaks !

Two Cheers For Wikileaks!

 

http://rubinreports.blogspot.com/2010/11/two-cheers-for-wikileaks.html



Par Barry Rubin

 

Adaptation : Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


Avec l’aimable autorisation de Yeru Aharoni

Directeur des Publications/Rédacteur en chef du

Global Research in International Affairs (GLORIA)

Center Interdisciplinary Center


 

Les publications de Wikileaks pourraient bien être une révélation salutaire, un tournant, initiant un changement des perceptions occidentales sur le Moyen-Orient.


Après tout, la seule fuite des documents secrets américains force –finalement!- les mass-media à reconnaître que le modèle entier conçu à propos du Moyen-Orient était faux. Depuis des années, on nous a asséné que la région tournait autour du conflit arabo-israélien.



Et c’était vrai jusqu’à un certain point jusqu’à la fin des années 1980. Mais, actuellement, la question au Moyen-Orient tourne autour du combat entre les Islamistes et les nationalistes, et plus spécialement entre le bloc conduit par l’Iran (Iran, Syrie, Hezbollah, Hamas, Insurgés irakiens, gouvernement qui dirige la Turquie) contre la plupart des autres pays.


Voici de quelle façon le New York Times le présente dans un article :


“Les messages télégraphiques révèlent à quel point l’ascension de l’hégémonie iranienne a unifié dans une cause commune, Israël et beaucoup de ses adversaires de longue date – essentiellement, les Saoudiens- Publiquement, ces états arabes savent tenir leur langue, par crainte de troubles intérieurs et des représailles d’un puissant voisin. En privé, ils n’ont de cesse de réclamer une action forte – mais réalisée par quelqu’un d’autre.



“S’ils apparaissent aussi obsédés par l’Iran, cependant, ils semblent profondément pris dans leurs contradictions sur la façon de gérer le problème – par la diplomatie, par des actions clandestines ou par la force. Dans un message tout-à-fait illustratif, un officier supérieur de l’armée d’Oman est décrit comme incapable de se décider sur ce qui serait la pire des solutions : une frappe contre les capacités nucléaire de l’Iran et le tumulte qui en résulterait dans le Golfe, ou l’inaction et de devoir vivre avec un Iran doté de capacités nucléaires”.



Voici ce qu’écrit Raymond Bonner, un ancien correspondant étranger du New York Times, à ce sujet :


“Pour sûr, nous savions que les gouvernements du Moyen-Orient étaient préoccupés par l’Iran. Mais nous ne savions pas jusqu’à quel point. L’impact cumulatif de ces messages télégraphiés est profond… C’est le même langage qui fait frémir, que le public américain est habitué d'entendre de la part de l’aile dure [concernant l’Iran] parmi les responsables israéliens. Mais d’entendre cela s’exprimer de la bouche-même des dirigeants musulmans du Moyen-Orient devrait avoir, désormais, un effet en profondeur sur l’opinion publique américaine ».

 

Et ce n’est pas tout. Jusqu’à maintenant, les médias occidentaux ont, par-dessus tout, cherché à blanchir le régime turc, comme étant une poignée de modérés nourris de bonnes intentions démocratiques. Les messages démontrent qu’on comprend mieux de quel genre d’islamistes il retourne, bien au-delà de ce qui était déjà devenu apparent.



Jusqu’à présent, l’Administration Obama a continué de négocier avec la Syrie, pour, croyait-on, tenter de la modérer et de la soustraire à l’influence iranienne – deux tentatives à la fois parfaitement futiles et contreproductives. Les messages télégraphiés démontrent le radicalisme de la Syrie, ses liens étroits entretenus avec Téhéran, et à quel point elle a pu mentir au Gouvernement américain, au point de rendre une image de l’Administration Obama comme totalement écervelée. Même le Président Hosni Moubarak a alerté les Etats-Unis sur le fait qu’on ne pouvait faire aucune confiance au régime syrien.

Et voici donc mon propre résumé de quelques-unes des plus importantes révélations –avec leurs liens :

Est-ce que cela pourrait vraiment constituer un tournant consistant à persuader les gouvernements occidentaux, les medias, les universitaires, de se confronter à la réalité telle qu’elle est?

Maintenant, si vous voulez vraiment comprendre le Moyen-Orient – et les tâches qui attendent le Gouvernement américain afin qu’il gère ses relations avec ce genre de Moyen-Orient-là – je plaide pour que vous lisiez  mon article : « La politique américaine au Moyen-Orient : trop de défis et juste une seule proposition ».


- Note 1: S’il vous plait, gardez bien à l’esprit que les messages sont constitués de deux sortes très différentes :



- Les matériaux de renseignement proviennent directement de sources qui peuvent être totalement erronées. Un rapport disant qu’un dirigeant iranien a le cancer, par exemple, ne signifie pas que c’est vrai, mais, tout simplement, que certaines sources l’affirment.

 

Des rapports sur des réunions et discussions sont exacts, reflétant des positions politiques de certains responsables,


Note 2: Le concept de deux Hourras –au lieu de trois – signifie que quelque chose a eu un résultat intéressant, même malgré que l’on ne l’approuve pas complètement. 

 

http://www.guardian.co.uk/world/us-embassy-cables-documents/240364 

http://www.msnbc.msn.com/id/40405218/ns/world_news-the_new_york_times/

http://www.guardian.co.uk/world/us-embassy-cables-documents/209599 
  
http://yidwithlid.blogspot.com/2010/11/wikileaks-bombshells-get-early-release.html 

http://www.israellycool.com/2010/11/28/wikileaks-israel-related-cables/

http://cablegate.wikileaks.org/

US Cables on Iran: http://www.guardian.co.uk/world/series/us-embassy-cables-the-documents+iran


 

Barry Rubin est directeur du Centre pour la Recherche Globale en affaires internationales (GLORIA) et éditeur du journal : la revue des Affaires Internationales et du Moyen-Orient (MERIA). Ses derniers ouvrages sont « le lecteur israélo-arabe (7è édition), La longue guerre pour la liberté : la lutte arabe pour la démocratie au Moyen-Orient (Wiley), ainsi que La vérité sur la Syrie (Palgrave-McMillan). Le site internet du Centre GLORIA est à l’adresse : http://www.gloria-center.org et celle de son blog, Rubin Reports, à :http://www.rubinreports.blogspot.com.

 

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Samedi 6 novembre 6 06 /11 /Nov 19:35

 

 

Mercredi 3 novembre 2010

Les élections américaines et le Moyen-Orient : combien de Barack Obama faut-il pour changer une ampoule ? *

 

Par Barry Rubin

Adaptation : Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


Avec l’aimable autorisation de Yeru Aharoni

Directeur des Publications/Rédacteur en chef du

Global Research in International Affairs (GLORIA)

Center Interdisciplinary Center


The U.S. Elections and the Middle East: How Many Barack Obamas Do You Need to Change a Light Bulb?

 

http://rubinreports.blogspot.com/2010/11/us-elections-and-middle-east-how-many.html

* Il s’agit d’une « joke » mettant en doute le sens pratique élémentaire, par exemple, de grands scientifiques, théoriciens, ici politicien, face aux problèmes de la vie courante, relevant du simple bon sens.


Quel impact les élections au Congrès auront-elles sur la politique étrangère des Etats-Unis en général et sur la politique au Moyen-Orient, en particulier?

 
Il n’est pas seulement question des candidats pris un par un, puisque personne, qu’il perde ou qu’il gagne, n’aura de grande influence sur la politique américaine dans les toutes prochaines années. Le facteur important consiste à savoir jusqu’à quel point la Maison Blanche est capable d’entendre le message délivré par l’électorat, qui, bien entendu, est d’abord largement préoccupé par les problèmes internes. Et même, à elle seule, une majorité républicaine à la Chambre des Représentants pourra t-elle forcer la Maison Blanche à opérer un quelconque changement, puisqu’elle conserve le réel contrôle sur la politique étrangère.

 
Et ainsi, cela nous entraîne vers le problème central, non seulement pour les Etats-Unis, mais également pour le monde d’aujourd’hui : le Président Barack Obama est-il à la fois pragmatique et assez politique, ou est-il un idéologue qui n’a aucune compréhension du monde dans lequel il vit ? Après presque deux ans, nous sommes encore à nous poser cette question, parce qu’on en sait finalement assez peu sur qui est vraiment cet homme.

 

Si Obama est un politique et un pragmatique, il devra prendre en compte trois choses :

D’abord, sa politique étrangère n’a obtenu aucun succès majeur auprès du peuple américain. Deuxièmement, cette même politique étrangère n’a soulevé l’enthousiasme – au moins en-dehors de l’Europe de l’Ouest, et même là, elle suscite de réels doutes- d’aucun dirigeant étranger. Troisièmement, sa politique étrangère n’a pas obtenu de succès véritable ni résolu aucun problème.

 
En plus de cela, la plupart de ses options politiques au Moyen-Orient a échoué, certainement en ce qui concerne le problème israélo-palestinien, le Liban et la Syrie.

Concernant l’Iran, l’Irak et l’Afghanistan, on peut arguer qu’il a réussit, respectivement, à imposer des sanctions plus contraignantes, à procéder au retrait des troupes américaines et à poursuivre la guerre contre les Talibans. Ce succès relatif, cependant, est sans doute le plus trompeur. L’Iran est bien handicapé par les sanctions, mais continue d’être lancé à toute vitesse jusqu’à l’obtention d’armes nucléaires. L’Irak est en crise, n’a pas de gouvernement, plonge dans une violence continuelle et l’influence iranienne s’accroît. L’Afghanistan est tiraillé entre l’effondrement de son gouvernement et toutes sortes d’arrangements empoisonnés avec les Talibans.

 
Par là, nous voyons apparaître clairement le grand secret de la politique d’Obama au Moyen-Orient, qui a travaillé relativement bien pour lui à l’intérieur : tâcher de maximiser le calme et de minimiser les conflits. Ce que beaucoup ne sont pas parvenus à reconnaître, c’est qu’en apaisant, flattant et négociant, Obama a évité qu’éclate toute crise ou confrontation ouverte. Ce qui permet de dire [de faire croire] au public américain que tout va bien, qu’il n’est pas haï, et qu’il n’y a pas de nouvelle guerre en perspective. Concernant le terrorisme, les Etats-Unis ont eu de la chance de pouvoir déjouer tout nouvel attentat catastrophique. Il est donc possible d’arguer de façon crédible, que tout va pour le mieux.

 
Bien entendu, le problème que pose cette approche, c’est qu’une crise reportée est une crise qui va en s’intensifiant. A mesure que l’Iran se rapproche de l’obtention des armes nucléaires, les radicaux progressent, le Liban est perdu, le régime turc rejoint l’ennemi, le Hamas est immune et en parfaite sécurité dans la bande de Gaza, et la position américaine dans la région se détériore.


Pour en revenir à Obama, la question consiste à savoir s’il finira par agir de façon pragmatique comme un politician se le doit, ou s’il continuera de rester sourd à l’expérience et à l’information, de façon à poursuivre son action d’idéologue. Mais, cela, nous ne le saurons que dans deux ans.

 
Je dois confesser ici qu’il m’est très difficile de croire qu’Obama et son administration vont agir de manière suicidaire, tant sur le plan politique que stratégique. Mais cela peut se produire. Une des préoccupations majeures concerne le processus politique. Après tout, pour qu’Obama accepte de changer le cours des choses, il faut que quelqu’un dans son équipe soit à même de le persuader de son intérêt à le faire.

 
La secrétaire d’Etat Hilary Clinton ne peut pas le faire, parce qu’elle s’attire sa méfiance en tant que riuvale politique. Le Secrétaire à la Défense Robert Gates ne peut pas le faire non plus, par qu’il n’a pas sa confiance, ayant été un membre zélé de l’Administration Bush et qu’il est bien trop carriériste pour parler ouvertement. Cela fait de l’équipe rapprochée de la Maison Blanche, la branche la plus idéologique et la plus inexpérimentée en matière internationale de tout le gouvernement. Le Conseiller à la sécurité nationale [ Thomas Donilon] est, aujourd’hui, un béni-oui-oui qui n’est pas prêt de persuader le Président de quoi que ce soit.


A un certain point, il doit y avoir un opérateur politique qui lui dira : “ Si vous voulez vraiment être réélu, vous devez agir de manière différente”. Cet homme est David Axelrod, l’architecte de l’avènement d’Obama, qui travaille actuellement à sa réélection. Il est difficile d’imagine quelqu’un d’autre, dans l’entourage d’Obama, capable de le faire changer d’avis, à moins que lui-même ne décide que des changements majeurs en politique étrangère sont nécessaires.

Le terme “pragmatique”, ici, signifie qu’il prendra en compte l’échec de ces politiques et qu’il veillera à les ajuster [à la situation]. Le terme « politicien » signifie qu’il cessera de suivre la courbe impopulaire qui consiste à cogner uniquement sur Israël. Il voudra alors éviter de passer pour un idiot, qui promet de stopper l’Iran dans sa course aux armes nucléaires et qui n’y arrive pas, ou qui s’engage à trouver une solution rapide au problème israélo-palestinien et qui échoue encore une fois.

 
Et l’objectif de ce réalisme inédit, bien évidemment, devrait être sa possible réélection en tant que Président en 2012.

 
C’est une donnée importante de l’imprévisibilité et du caractère unique d’Obama de considérer que ce qui est écrit ci-dessus ne peut pas être pris pour argent comptant. Obama peut tout aussi bien croire qu’il a été envoyé sur terre en mission pour apporter une “solution” au conflit israélo-palestinien.
En tentant d’imposer un accord à tout prix ? En reconnaissant une déclaration d’indépendance palestinienne unilatérale? Qui peut le dire?

 
Symétriquement, il peut bien continuer de rester totalement aveugle face à l’attitude syrienne, au régime turc, à la noyade du Liban et à la perte de confiance arabe en une Amérique forte et protectrice. L’autre question intéressante, alors, est de savoir si le désastre en politique étrangère apparaîtra clairement en toute transparence avant ou seulement après l’élection de 2012.

 
Combien de Barack Obama faut-il pour changer une ampoule? Un seul. Mais il doit encore avoir envie de la changer.


 

Barry Rubin est directeur du Centre pour la Recherche Globale en affaires internationales (GLORIA) et éditeur du journal : la revue des Affaires Internationales et du Moyen-Orient (MERIA). Ses derniers ouvrages sont « le lecteur israélo-arabe (7è édition), La longue guerre pour la liberté : la lutte arabe pour la démocratie au Moyen-Orient (Wiley), ainsi que La vérité sur la Syrie (Palgrave-McMillan). Le site internet du Centre GLORIA est à l’adresse : http://www.gloria-center.org et celle de son blog, Rubin Reports, à :http://www.rubinreports.blogspot.com.

 

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Mercredi 13 octobre 3 13 /10 /Oct 15:00

 

 

 

Lundi 11 octobre 2010

J-Street s’autodétruit : le jeu de dupes se démêle. Mais où sont donc passés les Medias ?

Adaptation : Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


Avec l’aimable autorisation de Yeru Aharoni

Directeur des Publications/Rédacteur en chef du

Global Research in International Affairs (GLORIA) Center

Interdisciplinary Center

 

 

J Street Self-Destructs: The Con-Game Unravels. But Where Was the Mass Media?

 

http://rubinreports.blogspot.com/2010/10/j-street-self-destructs-con-game.html

 


Par Barry Rubin



J’écrivais déjà sur la vraie nature de J-Street, en tant que mouvement anti-israélien qui se présente comme un groupe pro-israélien démocrate, quand la vérité était encore gardée sous scellées par les media. J’avais pointé du doigt comment il a, en fait, travaillé main dans la main avec le lobby du Président iranien Mahmoud Ahmadinedjad, l’an dernier, pour tenter de faire barrage aux sanctions contre l’Iran au sujet de son programme nucléaire.

 
Le type même du groupe de façade 
[vitrine légale] se caractérise par le fait que ses dirigeants emploient de fausses revendications pour se gagner l’adhésion de sympathisants qui n’auraient jamais soutenu cette organisation s’ils en avaient compris la vraie nature. En d’autres termes, ceux qui mènent et dirigent vraiment J-Street cherchent à détruire les fondements du soutien à Israël, de la part des Juifs Américains. Beaucoup de membres pris un par un sont nourris de bonnes intentions et n’ont aucune idée de ce qu’il en est en réalité. Et bien, désormais, ils en ont les preuves.

J-Street a menti en prétendant ne pas avoir reçu un financement massif de la part de George Soros, le financier milliardaire des causes d’extrême-gauche antisionistes. Il subsiste plein d’autres choses louches qui continuent d’être dissimulées concernant la provenance de leur argent. Il est probable que le mouvement a aussi violé la loi en utilisant l’argent d’un résident de Hong Kong pour soutenir des candidats politiques aux Etats-Unis.  

A présent, également, il s’est révélé que le mouvement voulait organiser une visite sur la Colline du Capitole de Richard Goldstone, auteur du rapport anti-israélien extrêmement biaisé concernant Gaza. Cela a eu pour conséquence la démission de Colette Avital, une femme politique du parti travailliste, comme représentante du mouvement en Israël. A cette occasion, J-Street ment une fois encore, mais la conversation à propos de Goldstone est enregistrée.  Incidemment, Avital nie également avoir dit quoi que ce soit au journaliste concernant Goldstone. L’enregistrement audio montre à quel point elle-même est une menteuse.

Par ailleurs, Jeremy Ben-Ami est à ce point inepte qu’en niant les faits, ils [J-Street] n’ont fait assurément qu’aider Goldstone à confirmer  qu’ils étaient tout prêts à le faire : « L’équipe dirigeante de J–Street a parlé à ses collègues de l’organisation qui coordonnent les réunions et, sous son injonction, a demandé à une poignée de membres d’une équipe au Congrès d’enquêter pour savoir si ses membres seraient intéressés à rencontrer le Juge Goldstone ».

Cependant, cela met à jour, ici, une autre énorme affaire, qui est d’une extrême importance. Elle s’applique vraiment à tout autre sujet potentiel concernant les affaires extérieures et intérieures pour les Etats-Unis.

De quelle façon un homme dont le seul engagement personnel au Moyen-Orient a été d’être un lobbyiste anti-israélien payé par l’argent arabe (pour une société qui, depuis qu’il l’a quittée, est devenu l’agence de relations publiques en faveur de la flottille pro-Hamas vers Gaza) peut-il se proclamer comme le dirigeant d’un mouvement pro-israélien sans qu’aucun média ne mette en lumière cette contradiction ? Comment un groupe qui, pour la partie essentielle de son existence, n’a jamais pris aucune position pro-israélienne – et même s’est permis de franchir des seuils variables dans le sens opposé- peut-il être loué dans les médias pour ce qu’il n’est pas ? Comment un mouvement constitué de militants anti-israéliens a-t-il pu se présenter comme le contraire de ce qu’il est ?

Il ne s’agit pas de dire qu’il n’y avait pas de nombreuses personnes bien-intentionnées qui ont rejoint, soutenu ou sympathisé avec ce mouvement, en pensant qu’il était démocratique et pacifique, mais qu'il restait une organisation pro-israélienne. Mais cela également, pose problème : s’ils avaient été correctement informés par les médias, ils ne l’auraient jamais fait.

Pourquoi donc la vérité a t-elle dû être découverte par Jeff Dunetz, un blogueur intrépide, menant une recherche de fond, par Eli Lake, un reporter d’un petit journal conservateur, publiant de fréquents articles inédits ici et là ? Et par un autre héros infatigable, Lenny ben-David, à lire ici,  ici et là ?


Réponse : parce que les médias renâclent à mettre sur la table quoi que ce soit qui présente sous un mauvais jour une certaine partie du spectre politique.


C’est exactement comme cette histoire concernant ce prédicateur extrémiste et raciste officiant dans une église de Chicago que fréquente assidûment un paroissien célèbre, ainsi que l’expérience et les qualifications de ce paroissien à être habilité à tenir les fonctions les plus hautes en ce monde, et comme à travers tant d’autres histoires de même acabit : la plupart des médias laissent les gens faire n’importe quoi en toute impunité [get away with murder, selon l’expression populaire], aussi longtemps qu’ils ont de bonnes références politiques [qu’ils sont « du bon côté de la barrière »].Ils relatent (ou ne relatent pas) les faits et les orientent en se fondant sur leurs inclinations politiques personnelles, plutôt que sur une éthique d’impartialité, d’équilibre et d’intégrité.

Il existe un autre vieille expression disant qu’un arbre s’abattant au beau milieu d’une forêt, alors qu’il n’y a personne autour, fait quand même du bruit. Bien entendu, nous savons, grâce aux instruments de mesure scientifique, que c’est vrai.

Mais que se passe t-il si un arbre s’effondre dans une forêt et que des millions d’individus regardent la télévision et lisent les journaux qui titrent : « Aucun arbre ne s’est abattu dans la forêt », « la forêt n’existe pas », « les théoriciens conspirationnistes d’extrême-droite prétendent qu’un arbre s’est abattu dans la forêt, Ha !Ha !Ha ! Comment quelqu’un peut-il être aussi stupide ? », et «  Tous les savants dans le monde s’accordent sur ce point : Aucun arbre n’est tombé dans la forêt ». Ok, juste un dernier, parce que je ne peux y résister : dans les médias britanniques, cela donnerait : « Si l’arbre est tombé dans la forêt, c’est uniquement de la faute d’Israël ! »

C’est pourtant bien la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui. Et c’est même certainement pire. Nous vivons dans un monde où le Time Magazine peut publier la première semaine sa couverture en une en s’insurgeant de façon véhémente contre « l’islamophobie » (n’est-ce pas un affreux préjugé ?) et, la semaine suivante, se blanchit de tout antisémitisme lorsqu’il prétend que les Israéliens ne veulent pas la paix, parce qu’[avec la situation actuelle] ils font beaucoup d’argent.

 Par conséquent, de larges segments dans les medias, non seulement, préfèrent ne pas rapporter certains faits ou les déforment, mais ils prêchent la haine en se focalisant sur certains groupes. Graham Greene a formulé une phrase pour décrire ce phénomène en écrivant qu’il existe des classes « tourmentables » et d’autres « qu’on ne peut contrarier ». Nous avons, maintenant, les « groupes-qu’il-est-acceptable-de-calomnier-et-de-haïr » et les « groupes-contre-lesquels-le-moindre-reportage-est-un-crime-raciste ».

Nous sommes, depuis longtemps, accoutumés à ce phénomène concernant le traitement d’Israël. Ce qui a été la grosse surprise de ces dernières années a été de se rendre compte que de telles pratiques ont débordé de la marmite pour marquer des points dans d’autres problèmes. On a souvent dit que le traitement d’Israël était un signe d’alerte [baromètre], qu’Israël était le canari dans la mine.
Nous avons, actuellement, dépassé depuis longtemps ce stade. Rétrospectivement, le traitement inéquitable d’Israël dans les medias apparaît de plus en plus comme un projet-pilote.

Et encore, lorsque que le public ne peut citer qu’un nombre extraordinairement bas de personnalités qui tiennent un langage de vérité dans les médias, il y a, au contraire, un grand nombre de gens qui continuent de croire ce qu’on leur dit dans ces mêmes médias. Quelle est la meilleure façon de se sortir de cette pagaille ? Une partie de la réponse est peut-être d’ordre technologique, par l’avènement d’internet, la diversité des chaînes de télévision câblées et de radios numériques disponibles sur internet. De fait, tous ces moyens peuvent être utilisées pour le même objectif.

L’un de mes lecteurs parmi les plus avertis, après avoir seulement parcouru le site de J-Street, concluait qu’il s’agissait juste d’un mouvement démocratique. Ne commettons pas d’erreur : il existe une différence entre la gauche radicale et le Libéralisme. C’est précisément la raison pour laquelle les forces d’extrême-gauche ont créé des mouvements de façade [vitrines légales] qui ont toutes les apparences d’incarner des courants démocratiques : pour tromper les gens qui, sinon auraient reculé, si jamais ils avaient eu connaissance des visions et buts réels de la gauche radicale, autant que de ses tendances actuelles à sympathiser et même à soutenir la plus grande menace dans le monde depuis l’extrême-droite : l’Islamisme.

La solution est la suivante : aussi longtemps que la liberté demeure, alors les sources d’information qui démontrent être les plus fiables, font preuve de capacité prédictive et qui expliquent le mieux les faits, continueront de l’emporter. De plus, l’audace même des islamistes et des radicaux occidentaux les pousse à s’exposer. En 1848, Karl Marx concluait le « Manifeste Communiste » qu’on peut désigner comme le document fondateur de la gauche idéologique révolutionnaire :

“Les Communistes dédaignent à garder secrets leurs vision et objectifs. Ils déclarent ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le reversement par la force de toutes les conditions sociales préexistantes”.

De même, aujourd’hui, si vous creusez un peu – en réalisant des traductions en temps réel- les islamistes proclament bien haut et fort ce que sont leur vision et leurs buts. Et si vous creusez un peu plus, ainsi font leurs alliés radicaux d’Occident, même lorsqu’ils prétendent être démocrates, ce qu’ils ne sont pas.

C’est simplement que la majeure partie des médias ne publie pas ce genre de choses. Mais nous le ferons.



Annexe :

 
Jeremy Ben-Ami, qui a fondé J-Street après avoir mis fin à une carrière prometteuse de lobbyiste anti-israélien déclaré pour la poursuivre sous couverture, a été tellement ébranlé qu’il a écrit  : « les reportages au sujet de notre disparition… sont grandement exagérés ». Je ne pense pas que J-Street disparaîtra – il dispose de trop d’argent (de la part de Soros et de tant d’autres sources) pour s’évanouir du jour au lendemain. Il n’aura tout simplement plus d’influence sur la Colinne du Capitole et une très faible sur quelques éléments dispersés et marginaux au sein de la communauté juive.


 Cela découle d’un groupe pratiquement créé sur mesure avec le soutien de l’Administration Obama, comme un cheval de Troie, de manière à sevrer les Juifs Américains et à les détourner d’un soutien indéfectible à Israël. Mais l’Administration Obama, suivant une politique un peu plus amicable envers Israël, n’a désormais plus besoin de J-Street.

James Besser de l’Hebdomadaire Juif New-Yorkais note que :

« Il n’y a aucun moyen d’empêcher que les politiciens soutenus par J-Street ne deviennent extrêmement  nerveux, ainsi que tous ceux qu’on peut considérer avoir accepté de soutenir ce mouvement. Car, au lieu d’apporter sa protection aux politiciens qui le soutenaient, J-Street les a, pour ainsi dire, saigné à blanc… en mentant sur ses relations avec le philanthrope controversé.


“Et il n’y a aucun moyen pour empêcher que cela ne répande la méfiance parmi les commentateurs et reporters qui écrivent et parlent de J-Street, et qui ont été induits en erreur, de façon répétée, par ses responsables… »

 

 

Barry Rubin est directeur du Centre pour la Recherche Globale en affaires internationales (GLORIA) et éditeur du journal : la revue des Affaires Internationales et du Moyen-Orient (MERIA). Ses derniers ouvrages sont « le lecteur israélo-arabe (7è édition), La longue guerre pour la liberté : la lutte arabe pour la démocratie au Moyen-Orient (Wiley), ainsi que La vérité sur la Syrie (Palgrave-McMillan). Le site internet du Centre GLORIA est à l’adresse : http://www.gloria-center.org et celle de son blog, Rubin Reports, à :http://www.rubinreports.blogspot.com.

 

 

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Mardi 28 septembre 2 28 /09 /Sep 21:08

 

 

 

 

Lundi 27 SEPTEMBre 2010

Abbas cherche une manière de mettre fin aux pourparlers de paix – le sourire au coin des lèvres

 


Par Barry Rubin

 

 

Adaptation : Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


Avec l’aimable autorisation de Yeru Aharoni

Directeur des Publications/Rédacteur en chef du

Global Research in International Affairs (GLORIA) Center

Interdisciplinary Center

 

Titre original : Abbas Looks For A Way to End Peace Talks--With A Smile On His Face

http://rubinreports.blogspot.com/2010/09/abbas-looks-for-way-to-end-peace-talks.html

Je ne cesserai jamais d’être stupéfié de voir à quel point l’hystérie et la mystification  obscurcissent l’esprit des gens, dès qu’il est question du conflit arabo-israélien (ou israélo-palestinien). Considérons ce simple point de logique que vous ne trouverez sans doute expliqué nulle part ailleurs. Et voyons ce qui en découle au final, concernant le Président Obama.

Mahmoud Abbas, le dirigeant de l’Autorité Palestinienne (AP) prétend qu’il ne peut pas négocier avec Israël, si Israël recommence à construire des immeubles dans les implantations déjà existantes, après un gel de 9 mois de la construction.


Evaluons cette pétition de principe.


Premièrement, Abbas savait parfaitement que le gel se terminerait au bout de 9 mois et ne devait pas être renouvelé après que le délai soit passé, en septembre. S’il voulait fournir à Israël une incitation à le poursuivre, - en démontrant que cette concession israélienne apportait un progrès vers la paix et offrait un avantage quelconque à Israël- Abbas aurait dû agir en ce sens. Au lieu de quoi, il a freiné des quatre fers jusqu’à la toute dernière minute. Durant des semaines, les Etats-Unis l’ont supplié et fait pression sur lui afin qu’il retourne à la table des négociations.


Deuxièmement, si les Palestiniens négociaient en vue d’une solution à deux-états, ils obtiendraient –dans le pire des cas – presque toute la Bande Occidentale (de Judée-Samarie/Cisjordanie). Il n’y aura pas de nouvelles implantations juives dans ce territoire. Les implantations seront, sans doute, démantelées. Toutes les routes et bâtiments qu’Israël a construits (à moins d’être démantelés dans les jours précédant la mise en œuvre d’un accord) reviendront aux Palestiniens.

Aussi, pour autant que les Palestiniens soient à ce point horrifiés par les constructions israéliennes, est-ce que cela n’aurait pas fait sens pour eux de négocier aussi vite que possible ? Mais, au contraire, ils ont prolongé le processus, année après année après année, en trouvant de perpétuelles excuses pour se comporter ainsi.

 
Rappelons que l’Autorité Palestinienne a refusé de négocier depuis plus d’un an, depuis janvier 2009. Durant tout ce temps, Israël construisait dans les implantations. Néanmoins, durant les 9 derniers mois, alors qu’Israël ne construisait plus dans la Bande Occidentale, l’AP refusait encore et toujours de négocier.

Si on fournit, maintenant, la pleine mesure du temps écoulé :

Phase Une : de 1992 jusqu’à la fin de 2000, l’OLP, et plus tard, l’AP ont négocié avec Israël à une époque durant laquelle il n’y avait aucune limite à la construction à l’intérieur des implantations. Ils n’étaient, cependant, pas pressés de trouver un arrangement et, en fait, ont fait avorter les négociations en 2000. Incidemment, Israël a fait une large concession à l’égard de ses positions originelles, lorsque le processus débutait en 1993 : pas de nouvelles implantations ou d’expansion territoriales de celles existant déjà. Il s’est tenu à cet engagement. L’OLP et l’AP ont aussi fait quelques « concessions » : ils s’étaient engagés à combattre le terrorisme.
Ils ne l’ont pas fait. Ils n’ont jamais élevé l’idée d’un gel de la construction dans les implantations existantes au stade d’un point à marchander.


Phase Deux : puis, de 2000 à 2009 –une décennie- l’AP a refusé de soutenir toute négociation de paix directe, à une époque durant laquelle il n’y avait aucune limitation à la construction à l’intérieur des implantations. Là encore, ils n’ont jamais suggéré l’idée qu’ils mettraient fin à la violence (2000-2005), ni qu’ils négocieraient, en échange d’un gel de la construction dans les implantations existantes. Il s’agissait d’une idée du Président Obama, à la moitié de 2009 et ils l’ont rejetée.

 
Phase Trois : alors qu’Israël gelait effectivement la construction, l’AP a perdu 9 mois – sachant que l’horloge du gel temporaire tournait- sans faire le moindre geste pour accélérer ou simplement même, être partie prenante de négociations quelconques.

Par conséquent, l’AP a perdu presque 20 ans, durant lesquels des milliers de bâtiments se sont ajoutés aux implantations israéliennes.

Il y a là un défaut fondamental dans l’assertion selon laquelle les Palestiniens sont désespérément avides d’obtenir un état et de mettre un terme à leurs souffrances. Ils n’ont pas l’air aussi impatients que cela. Pourquoi ? Parce que les cercles dirigeants palestiniens ont longtemps argué qu’il était plus important de conquérir tout Israël – ou de conclure un accord qui n’empêcherait pas de poursuivre cet objectif – que de faire des compromis et d'aboutir à une solution à deux états.

 

Que veut l’AP? Un état indépendant palestinien offert comme un cadeau par le monde, plutôt que de requérir un compromis mutuel avec Israël. Cela ne nécessite pas de négociations, mais, à l'inverse, une absence de négociations.


Si Abbas claque la porte des discussions, il ne pleurera pas, parce que la création d’un état palestinien a été, une fois de plus, reportée. Au contraire, il sera souriant parce qu’il se sera échappé de ce que la plupart des dirigeants palestiniens – bien que peut-être pas le Premier Ministre Salam Fayyad – perçoivent comme étant le piège de la paix.


Incidemment, notons que lorsque le Président Barack Obama a rendu publique son interprétation massacrante du “processus de paix”, l’un des thèmes principaux de son discours devant l’ONU du 23 septembre,  il était totalement averti du fait que les négociations étaient probablement sur le point de s’effondrer, au moment de la fin du gel. On pourrait arguer qu’en jouant son va-tout sur ce sujet, il essayait d’encourager quiconque à poursuivre, mais comment peut-on risquer sa réputation diplomatique sur une carte qui est sur le point de faire s’effondrer un château de cartes ? Cela se situe quelque part entre le fait d’être irresponsable et celui d’être suicidaire.


Mais peut-être qu’Obama a parfaitement raison de penser qu’il peut aller plus loin, dans de telles affaires. Après tout, les gens ont oublié ce qui s’est passé (et dit) durant son discours devant l’ONU, l’année dernière ! Il prédisait alors des discussions israélo-palestiniennes intensives et de haut niveau devant se dérouler dans les trois mois, et cela lui a pris un an pour n’obtenir que des pourparlers de faible niveau, fragiles et limités; Sa politique menait à un échec total, mais essayez de trouver quelqu’un dans les media qui commente ce point.

 

 

Barry Rubin est directeur du Centre pour la Recherche Globale en affaires internationales (GLORIA) et éditeur du journal : la revue des Affaires Internationales et du Moyen-Orient (MERIA). Ses derniers ouvrages sont « le lecteur israélo-arabe (7è édition), La longue guerre pour la liberté : la lutte arabe pour la démocratie au Moyen-Orient (Wiley), ainsi que La vérité sur la Syrie (Palgrave-McMillan). Le site internet du Centre GLORIA est à l’adresse : http://www.gloria-center.org et celle de son blog, Rubin Reports, à :http://www.rubinreports.blogspot.com.

 


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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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