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Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 09:31

 

 

 

L’Egypte et Israël pris dans un tourbillon par Al-Qaeda?


Le facteur islamiste dans la Libye de l’après-Kadhafi. La Libye deviendra t-elle le « Libyastan » ?


29 août  2011 par Jacques Neriah

Adapté par Marc Brzustowski

Pour © 2011 lessakele et © 2011 aschkel.info

 

http://jerusalemcenter.wordpress.com/2011/08/29/the-islamist-factor-in-post-gaddafi-libya-will-libya-become-libyastan/

 

L’intervention américaine et occidentale en Libye a finalement réussi à mettre un terme au règne de 42 ans de Kadhafi en Libye et à conduire au pouvoir un corps informe appelé le CNT (Conseil National de Transition), dirigé par Mustafa Abdel Jalil, dirigé par un ancien juge et Ministre de la Justice sous Kadhafi, un musulman dévot élevé dans la plus pure tradition de la jurisprudence musulmane.


La question qui surgit immédiatement, c’est : dans quelles eaux la Libye va t-elle naviguer à présent ? La question est d’un immense intérêt, depuis que les deux dernières interventions américaines, en Afghanistan et en Irak, n’ont pas produit de régimes stables, démocratiques et ouverts et qu’on rapporte que les éléments d’Al Qaeda ont offert leur soutien aux rebelles, depuis les tous premiers jours du soulèvement contre Kadhafi.


a. A la fin de sa Présidence, le Président américain Jimmy Carter avait offert son assistance aux  Mujahidin (combattants islamiques) dans leur guerre contre la présence soviétique en Afghanistan. On leur envoya des armes et de l’équipement. La conséquence, désormais, bien connue s’est traduite par le renforcement des forces qui, à la fin, se sont montrées hostiles aux intérêts de l’Occident, et, finalement, a conduit à la prise de contrôle du pays par les Taliban. L’Afghanistan est devenu un sanctuaire pour Ossama Ben Laden et l’histoire qui a suivi comporte les attentats les plus létaux contre l’Occident dans la décennie qui a suivi.


b. La raison officielle pour l’intervention américaine en Irak était la présence d’armes de destruction massive, qu’au bout du compte, on n’a jamais retrouvées. Le résultat, c’est que l’Irak a été reconstruit conformément à ce que les Etats-Unis pensaient qu’il devait l’être : au lieu d’être un pays dirigé, durant des dizaines d’années, par la minorité sunnite, l’Irak est devenu un pays dominé par les Chi’ites. Depuis son renouvellement de façade, l’Irak reste un pays déstabilisé vivant sous la menace constante de la terreur et de la partition religieuse. L’Irak a perdu sa position centrale dans les affaires arabes et, pire que cela, a cessé d’être une zone de sécurité contre l’Iran et l’influence iranienne au Moyen-Orient. Une grande part des élites politiques du nouvel Irak reçoivent des financements de la part des Iraniens. Les Etats-Unis n’en ont tiré aucun bénéfice réel.


Il y a de nombreuses raisons de craindre que l’action militaire que l’Occident a entreprise pourrait aboutir entre les mains de ses pires ennemis idéologiques. Une déclaration publiée le 24 février sur le site internet Al Fajr, affilié à Al Qaeda, citait le groupe connu sous le nom d’Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) : « Nous déclarons notre soutien aux exigences légitimes de la révolution libyenne. Nous assurons à notre peuple en Libye que nous sommes avec vous et que nous ne vous laisserons pas tomber, par la Volonté d’Allah. Nous donnerons tout ce que nous avons pour vous soutenir, par la Grâce d’Allah ». Le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah exprimait alors un soutien identique, qui offrait d’envoyer quelques-uns de ses experts militaires pour contribuer à l’entraînement des rebelles. Le Hamas fit de même. On trouvait un quasi-consensus parmi les organisations extrémistes et fondamentalistes qu’il y a une nécessité à assister les rebelles contre Kadhafi. Ces organisations extrémistes n’auraient pas exprimé un soutien aussi unanime si elles n’avaient pas parfaitement compris les conséquences islamiques d’un triomphe contre Kadhafi.


Les analystes et les reporters, autant que les diplomates américains (comme le reflètent les documents de Wikileaks), ont tous identifié les soutiens aux causes islamistes parmi l’opposition au régime Kadhafi, en particulier dans les villes de Dernah et Benghazi, dans la province de Cyrénaïque, à l’Est. Les câbles Wikileaks, initialement révélées par le Daily Telegraph, à la fin 2008, identifiait particulièrement Dernah comme la terre nourricière pour les combattants, dans un grand nombre de cas, dont l’Afghanistan et l’Irak. Une étude de terrain réalisée par le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (www.cf2r.org ), dirigé par d’anciens chefs du renseignement français qui ont exploré la Libye et rencontré la plupart des belligérants, publiaient des statistiques impressionnantes : parmi les contingents de combattants étrangers venus en Irak pour y combattre la présence américaine, 19% étaient Libyens. 85% des bombes humaines étaient de nationalité libyenne, comparé à un taux de 56% pour les autres nationalités. Les Libyens étaient les seconds, derrière les Saoudiens en nombre de combattants. En d’autres termes, la Cyrénaïque, la région de l’Est de la Libye, a produit un terroriste pour 1000 à 1500 habitants !


La Cyrénaïque a toujours été le berceau de l’extrême Islam. Au contraire de Tripoli, la Cyrénaïque est le territoire des musulmans barbus. Au milieu des années quarante, au 19è siècle, l’ordre Sanussiyah (Fondamentaliste de l(Islam extrême), est né à Al-Bayda, l’une de ses villes principales. 42 ans de régime de Kadhafi n’ont pas réussi à éradiquer les coutumes qui astreignent les femmes à ne marcher dans les rues seulement lorsqu’elles sont voilées et qui interdit aux femmes de conduire. Selon l’équipe française, Saleh Abu Muhammad, responsable des relations avec les médias pour AQMI, a déclaré que son organisation avait créé des Emirats à Benghazi, Dernah, AlBayda, al Marj, Shihat : « Nous sommes présents tout spécialement à Dernah, où le Cheikh Abd El-Hakim est notre Emir, où le Conseil Islamique est localisé, et où il est chargé de conduire la ville conformément à la Chari’a ».


 

Selon le Daily Telegraph, Kadhafi avait pointé l’index en direction des rebelles de Dernah, pour être dirigés par une cellule d’Al Qaeda qui a déclaré que la ville était un Emirat islamique. Le régime a également fait porter le blâme sur les centaines de membres du Groupe Combattant Islamiste Libyen (GCIL). Le GCIL était l’opposition islamiste à Kadhafi. Le groupe s’est constitué avec des combattants libyens rejoignant Ben Laden dans les années 80 pour chasser les Soviétiques d’Afghanistan. C’est à leur retour en Libye qu’ils ont formé l’organisation, bien qu’elle ait formellement divergé d’Al Qaeda, après le 11 septembre 2001, pour ensuite, tout bonnement, déclarer que le GCIL était bien une filiale d’Al Qaeda. Les Islamistes libyens, tout spécialement ces deux dernières décennies, ont fait l’objet de la répression gouvernementale. Une rébellion menée par Abdel Hakim Belhadj, alias Abu Abdallah Saddiq, a été écrasée en 1995 et 1800 membres du GCIL ont été emprisonnés. Ils n’ont été libérés qu’après une révision de l’idéologie du groupe, en 2008. En septembre 2009, le GCIL a publié un nouveau code jihadiste, un document de 417 p., intitulé « Etudes correctives », qui a été publié après plus de deux ans de discussions intenses entre les dirigeants du GCIL incarcérés et les responsables libyens, dont Saïf al-Islam Kadhafi. En mars 2011, on a rapporté que des membres du GCIL annonçaient qu’ils se plaçaient sous l’autorité du cercle dirigeant du Conseil National de Transition rebelle libyen, et que le groupe avait changé son nom, de GCIL pour le Mouvement islamique libyen.


AbdelHakim Belhadj, aujourd’hui Commandant du Conseil militaire rebelle de Tripoli, a émergé en tant que dirigeant, au cours de l’opération rebelle libyenne visant à libérer la capitale libyenne du contrôle de Kadhafi. Belhadj est, également, l’ancien Emir du Groupe Combattant Islamiste libyen. Il est né en 1966. En 1988, il a rejoint le Jihad afghan contre l’occupation des forces soviétiques, aux côtés d’autres volontaires arabes, dont la plupart formeront ensuite le noyau dur d’Al Qaeda. On pense qu’il a vécu dans un grand nombre de pays islamiques, dont le Pakistan, la Turquie et le Soudan. Belhadj a été arrêté en Afghanistan et en Malaisie en 2004, et interrogé par la CIA en Thaïlande, avant d’être extradé vers la Libye, la même année.


Beaucoup de membres du GCIL ont fui la Libye et certains d’entre eux ont même ateint la notoriété : Anas El Libi a participé, en 1998, aux attaques terroristes contre les ambassades américaines de Dar El-Salam en Tanzanie et Nairobi au Kenya. Il a été appréhendé par les Britanniques à Londres en 2002, pour être tout simplement libéré plus tard. Ibrahim Abu Faraj el-Libi est encore un membre célèbre d’Al Qaeda arrêté au Pakistan en 2005. La répression de Kadhafi était si dure qu’il a été désigné par Ayman Al-Zawahiri d’Al Qaeda comme le n°2 sur la liste des cibles d’Al Qaeda.


Abdel Hakim al-Hasidi, officier en chef commandant les défenses de Dernah, a été arrêté en Afghanistan en 2002. Il a ensuite été transféré aux autorités américaines, puis renvoyé en Libye, avant d’être libéré en 2008. Au cours d’une déclaration à un reporter, il a déclaré que ses jihadistes avaient combattu la coalition américaine en Irak et que, « désormais, ils combattaient Kadhafi ». Selon diverses sources (y compris les remarques devant le Congrès du Général Stavridis, Commandant l’OTAN, qui a dit que plusieurs terroristes d’Al Qaeda et du Hezbollah combattaient contre les forces de Kadhafi), il pouvait y avoir environ 1000 de ces combattants. Al-Hasidi est un des membres actuels du CTN ( !). Quoi qu’il en soit, il a déclaré qu’il ne soutenait pas un état de type Taliban. Al-Hasidi a insisté sur le fait que ses combattants « sont des patriotes et de bons musulmans, pas des terroristes », mais il a ajouté que les « membres d’Al Qaeda sont aussi de bons musulmans et qu’ils se battent contre l’envahisseur ».


Deux autres membres prédominants d’Al Qaeda d’origine libyenne, activement impliqués dans la révolte contre Kadhafi, sont Abd El-Moneim El Madhouni, alias Mustafa el-Zawi, alias Ibn el-Ward qui a été membre d’Al Qaeda depuis le milieu des années 90. Il a été tué dans la bataille de Berga. Ismaïl Sallabi, également un vétéran d’Al Qaeda, est décrit comme entraînant 200 combattants dans les casernes, le 7 avril.


En tous cas, les révélations d’Al-Hasidi, faites en mars 2011, survenaient au moment même où Idriss Debby, le Président du Tchad, affirmait qu’Al Qaeda avait réussi à piller les arsenaux dans la zone rebelle libyenne et avait acquis des armes, « y compris des missiles sol-air, qui ensuite, ont été clandestinement transférés vers leurs sanctuaires ». Des sources du renseignement ont indiqué que les armes pillées avaient fait leur chemin vers la région du Sahel. Les autorités maliennes ont dit que les informations entre leurs mains indiquent que des armes, telles que des AK-47, RPG-7, ZU 23mm et SA-7 ont été aperçues sur leur territoire et qu’elles portaient des marques de leur origine libyenne. Ces rapports ont ensuite été appuyés par des informations issues de fuites de sources américaines. De surcroît, selon deux responsables du gouvernement américain, qui ne sont pas autorisés à parler ouvertement, il existe des preuves qu’un petit nombre de missiles anti-aériens SA-7 de fabrication russe, provenant des arsenaux de Kadhafi, ont rejoint le marché noir au Mali, où Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) est actif.


Avec le départ de Kadhafi, l’Occident trouvera difficilement à le remplacer dans la bataille contre Al Qaeda. Quand il était au pouvoir, Kadhafi s’est accordé pour intensifier beaucoup la coopération contre Al Qaeda. Une relation spéciale s’est établie entre le renseignement libyen, l’anti-terrorisme et les forces de sécurité à travers les bons services du chef des renseignements d’alors, Moussa Koussa, la Cia, le MI-5 et le MI-6, qui a même demandé aux Libyens d’envoyer ses agents pour infiltrer les organisations islamistes au Royaume-Uni. Une fois alerté des dangers provenant de la prolifération de tels missiles sol-air, l’inquiétude fondamentale des Etats-Unis, à présent, est la chasse aux missiles de Libye. Selon un reportage publié par Bloomberg News le 26 août, une équipe inter-agences américaine a rencontré à Malte un responsable libyen, au début du moins d’août pour trouver un accord de principe sur la création d’un programme pour retirer les missiles tirés à l’épaule de la circulation. Durant Juin et juillet, cette équipe inter-agences a rendu visite aux états-voisins de la Libye, pour discuter de la prolifération de ces armes, coordonner les réponses et déterminer quelle assistance était nécessaire.


Les Etats-Unis ont prévu de déployer deux contractants en Libye avec l mission exclusive ee traquer et de détruire les missiles sol-air portables à l’épaule, avant qu’ils ne tombnt entre les mains des terroristes. Selon le reportage, le Département d’Etat, déploiera également un spécialiste de la maison dans le contrôle et la destruction des missiles portatifs, afin de superviser l’équipe, qu’on s’attend à voir arriver au début septembre. Les responsables du Département d’Etat ont notifié ces plans au Congrès le 15 août, le jour avant que les Rebelles ne déferlent dans la capitale libyenne de Tripoli.


Alors que les nouvelles équipes travailleront avec le Conseil National de Transition rebelle sur le contrôle des armes, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton déclarait que le CNT portait une responsabilité spécifique à devoir conserver ces armes en sécurité. Le groupe rebelle « a des obligations envers la Communauté internationale », a dit Clinton, au cours d’une déclaration récente. « Nous veilleront sur eux pour assurer que la Libye remplit ses responsabilités conformes aux traités, qu’elle assure que ses stocks d’armes ne menacent pas ses voisins ou ne tombent entre de mauvaises mains, et cela requiert une position ferme contre l’extrémisme violent ».


Le message adressé au CNT était fort et clair. La préoccupation de Clinton au sujet de « l’extrémisme violent » était justifiée. De surcroît, à présent, la Libye est dirigée par une coalition de forces représentées au sein du Conseil National de Transition –CNT). A juger sur sa composition, on peut voir très clairement qu’il n’existe pas de réel ciment entre ses différents membres : royalistes, Islamistes, Salafistes, aussi bien que Frères Musulmans, d’anciens soutiens de Kadhafi et d’officiers, d’anciens collègues de Kadhafi du premier Conseil Révolutionnaire, qui a renversé la royauté en 1969, une mince couche de démocrates et d’hommes politiques laïcs, et, en dernier, des membres du GCIL.


Le Conseil National de Transition (CNT) avait pour objectif de promouvoir un cercle dirigeant politique et militaire, d’organiser les services de base et de représenter les Libyens à l’étranger. Ses dirigeants ont affirmé que le Conseil n’était pas un gouvernement, mais destiné à entraîner la Libye vers une ère post-Kadhafi et, ensuite, « de guider le pays vrs des élections libres et l’établissement d’une constitution en Libye ». Ils ont insisté sur le fait qu’ils serviraient seulement durant la période intérimaire et ne souhaitaient pas se présenter à de futures élections.


Selon son site internet, le Conseil a actuellement un Président, un vice-président, des représentants disposant de divers portefeuilles et 33 membres représentants les régions et les villes de Libye. Certaines de leurs identités ont été tenues secrètes pour des raisons de sécurité. Il existe aussi un bureau exécutif, qui fonctionne comme un cabinet.


Le CNT a publié en août, une « ébauche de charte constitutionnelle pour la phase transitoire » de 14 pages, dans laquelle il instaure un projet visant à créer une démocratie pluraliste reposant sur la loi islamique (Chari’a) comme principale source de législation ( un changement essentiel dans le régime libyen).


Cependant, il est encore loin d’être clair de savoir si le Conseil est prêt à remplir le vide dans un pays sans véritable société civile ni réelles institutions politiques. Il dit qu’il est prêt, mais on décrit ses réunions comme chaotiques et son élite dirigeante comme contradictoire. Il n’a, jusqu’à présent, pas encore été évident de savoir qui représente vraiment ce Conseil.


L’assassinat, en juillet, du Commandant militaire rebelle, le Général Abdul Fatah Younès, un ancien proche associé de Kadhafi qui a fait défection en direction du camp rebelle et qui a mené les opérations contre le régime, apparemment commis par des membres d’une faction islamiste (la Brigade Obaida Ben Jarrah, une milice islamiste alliée au CNT), après qu’il ait été mis aux arrêts pour être interrogé, soulève aussi bien des questions à propos de « l’unité ». Cet assassinat a augmenté les craintes que le CNT ne soit trop faible et divisé pour stopper une dérive vers un bain de sang, au moment où les factions rivales, y comris les Islamistes seront tentés par l’exercice du pouvoir.


A présent, Mustafa Abdel Jalil est la figure dirigeante du CTN. Né en 1952, à Al-Bayda, le siège historique de la dynastie Sanussi, il a étudié la jurisprudence islamique à Benghazi, est devenu juge en 1978 à l’âge de 26 ans, une carrière qui a culminé en 2007, par son nomination en tant que Ministre de a Justice. Il a démissionné de son poste le 20 février 2011 et a rejoint le camp rebelle pour y être élu comme le chef du gouvernement provisoire. On peut fréquemment apercevoir Abdel Jalil, un musulman conservateur et dévot, vêtu de la « ‘shanna », le chapeau traditionnel en laine, de couleur bordeaux, que portent les hommes en Libye. Dans les documents Wikileaks, on le décrit comme ouvert et coopératif, mais aussi très radicalement anti-israélien. Dans ces documents Wikileaks, on le cite en train de dire que le terrorisme islamiste a émergé parce que beaucoup de musulmans pensaient que les Etats-Unis et l’Europe s’étaient ligués contre eux. Son CV insiste sur le fait qu’il s’est trouvé isolé à cause de son opposition à Kadhafi, lorsqu’il était Ministre de la Justice. Abdel Jalil a même offert sa démission en 2010, qui lui a été refusée. La part la moins brillante de sa carrière est sa décision de condamner à mort les infirmières bulgares et le médecin palestinien accusés d’avoir délibérément inoculé le virus du SIDA aux enfants libyens.


Mustafa Abdel Jalil est-il taillé dans un bois qui en fasse un dirigeant ? Est-il un autre personnage unificateur qui puisse diriger la Libye après Kadhafi ? Dans l’immédiat, la réponse retentissante semble bien être « non ». Kadhafi a mené la Libye sans institutions d’Etat, ce qui devrait rendre toute transition plus facile pour les rebelles qui ont beaucoup d’esprit mais manquent d’une chaîne de commandement appropriée . les rebelles sont aussi affaiblis par le système des factions et les divisions tribales et thniques. Plus que tout, Abdel Jalil sera toujours perçu avec suspicion par de nombreux rebelles qui veulent des visages complètement nouveaux sans passé lié à Kadhafi, un fait qui minera les efforts visant à choisir un groupe dirigeant efficace. Sous la surface, les rebelles sont déchirés par les divisions et le système des factions, les villages berbères et arabes se regardent les uns les autres avec dédain. Les rebelles font référence à eux-mêmes comme à des combattants du village x ou du village y, et non les rebelles de la Libye.


Si les partisans de la ligne dure prévalent, alors la Libye risque de faire les mêmes erreurs qui ont été commises en Irak, après la campagne militaire américaine qui a renversé Saddam Hussein. On a purgé « en masse » les partisans du parti Baath et les officiers de l’armée, créant un vide de pouvoir qui a conduit à l’instabilité durant des années, alors que chacun, de ses soutiens laïcs à Al Qaeda, lançait une violente campagne contre les nouveaux dirigeants de l’Irak soutenus par les Américains. Un échantillon de ce qui pourrait arriver est apporté par le nombre grandissant de rebelles portant de longues et épaisses barbes, le signe distinctif des islamistes, qui sont probablement en train de rejeter des liens trop étroits avec l’Occident, dans l’ère de l’après-Kadhafi.

 

Par Gad - Publié dans : jcpa-Le Cape
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Mercredi 10 août 2011 3 10 /08 /Août /2011 08:48

 

Le soulèvement syrien : implications pour Israël

 

 

Eyal Zisser

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 

http://www.jcpa.org/JCPA/

 

Remarque : cette conférence date du 16 juin. Entretemps, les évènements n'ont fait que se précipiter un peu plus en Syrie. Certaines données utilisées, à l'époque, sont à réactualiser : notamment, la participation de certaines villes et minorités au soulèvement ( ex : Kurdes), les massacres de Deraa, Hama et ailleurs ; des manifestations plus près des "centres" : Damas, Lattaqiyeh, Alep ; l'implication plus régulière de la Turquie, à la frontière-Nord, ou la publication de documents certifiant la main du régime dans l'organisation des journées de la Nakba et de la Naksa. Hormis ces points de "détail", la perspective historique mérite qu'on s'y arrête.

 

Aschkel et Gad.  

 

  • En Syrie, l’histoire a pris le tournant de l’émergence de groupes sociaux depuis la périphérie et à leur lutte pour accéder au pouvoir et conquérir le centre. L’apparition du parti Baath et de la dynastie des Assad, dans les années 1960 a impliqué une coalition de forces venues de la périphérie, conduite par les Alaouites, mais beaucoup d’autres les ont rejoint qui, tous, provenaient de la périphérie. Aujourd’hui, pour des raisons socio-économiques, la périphérie s’est retournée contre le pouvoir.

 

  • Avant l’insurrection, Les mouvements radicaux islamistes du Moyen-Orient soutenaient Bachar al-Assad. La plupart des Frères Musulmans le soutenaient –en Jordanie, en Egypte ainsi que le Hamas. Désormais, ils lui tournent le dos, conduits par le Cheikh Youssouf al-Qaradawi, dirigeant des Frères Musulmans à l’échelon global, qui leur rappelle qu’après tout, Bachar est un alaouite et qu’il est porté par le camp chi’ite.

 

  • La Turquie, sous la férule du Premier Ministre Erdogan, était devenue une alliée proche de la Syrie. Mais Erdogan n’émet aucune réserve en ce qui concerne la possibilité que des radicaux islamistes puissent arriver au pouvoir en Syrie, si jamais Bachar tombe. Au contraire, les radicaux sunnites et les Frères Musulmans syriens sont les alliés proches d’Erdogan, tout comme le Hamas. De sorte que la Turquie n’a rien à perdre si Bachar tombe.
  • Si Bachar tombe, il est probable que la situation sera identique à celle des décennies précédentes, avec un régime centrale très faible. Cela pourrait conduire à des incidents de frontières avec Israël, mais pas à une guerre, avec des actes terroristes qu’un régime faible ne pourra empêcher.
  • L’opposition syrienne finira probablement par l’emporter et, comme dans le cas de l’Egypte, elle sait que leur intérêt repose sur l’amitié avec les pays occidentaux, comme les Etats-Unis, et non avec l’Iran. Aussi, sur le long terme, un nouveau régime syrien pourrait s’avérer plus favorable pour Israël que le régime actuel.

 

La périphérie s’est retournée contre le régime.

 

Il est clair que le régime a échoué dans ses efforts à réprimer les manifestants, dont les actions se sont répandues à travers tout le pays. En même temps, le régime est encore en place, il est toujours fort et capable de combattre. L’armée, qui comprend des soldats et officiers qui n’appartiennent pas seulement à la communauté alaouite d’Assad, mais également à d’autres confessions et communautés, est toujours prête à se battre pour le régime. A la différence de l’Egypte, où le fossé entre l’armée et les cercles politiques dirigeants est devenu quasiment évident, ce n’est pas le cas en Syrie. Et à la différence de la Libye, quand, immédiatement après le début du soulèvement, on a enregistré beaucoup de défections d’ambassadeurs, de responsables de premier plan, et d’officiers de l’armée, ce n’est clairement pas le cas en Syrie.

 

En Egypte, on a assisté à une dimension générationnelle évidente de la révolution, qui était menée, à un certain degré, par la génération la plus jeune. En Libye, la tension se situe entre l’Est et l’Ouest –Tripolitaine et Cyrénaïque. Au Yémen, existe un facteur tribal – la lutte pour le pouvoir entre le Sud et le Nord, et également, entre les différentes configurations tribales. En Syrie, l’histoire relève d’une lutte entre la périphérie et le centre, avec l’émergence de groupes sociaux provenant de la périphérie, dans leur lutte pour gagner l’accès au pouvoir et de conquérir le centre.

Ce fut également la même situation en Syrie, entre les années 1950 et 1960. L’émergence du parti Baath et de la Dynastie des assad résultait de la lutte de la périphérie. Il s’agissait d’un coalition de forces périphériques conduites par les Alaouites, la dynastie Assad, mais beaucoup d’autres ont rejoint cette coalition et ils venaient de la périphérie. Farouk al-Sharaa, l’actuel vice-Président et, précédemment, Ministre des affaires étrangères, qui rejoint le combat du Baath pour le pouvoir, venait de Deraa. Mustapha Tlass, qui a été Ministre de la Défense sous Hafez al-Assad, durant environ 30 ans, venait de Rastan, une petite ville près de Homs, où se sont déroulées de graves violences.

 

Alors que les personnages essentiels de l’échelon politique sont Alaouites, la majorité des Ministres du gouvernement sont des Sunnites, ce qui reflète la composition de la société syrienne. Ce sont des Sunnites des grandes villes, ou des Sunnites qui sont venus, il y a plusieurs années, de la périphérie et qui ont perdu toute relation avec la périphérie. La périphérie supportait le régime Baath, même au cours d’une période difficile, dans les années 1980, lorsque le régime se mit à combattre les islamistes radicaux. Aujourd’hui, pour des raisons socio-économiques, la périphérie s’est retournée contre le régime. Ainsi, ce régime a perdu une base essentielle de son soutien.

 

Comparons cela avec l’Egypte, par exemple. En Egypte, nous n’avons pas entendu parler de la périphérie, au cours de la révolution, parce que le mouvement y été mené par des gens jeunes, instruits et appartenant aux classes moyennes à supérieures, qui ont décidé de descendre dans la rue et de manifester contre Moubarak. Les Syriens appartenant à la jeunesse des classes moyennes à Damas et Alep ne se sont pas encore décidés et attendent encore de voir ce qui va se passer. Les troubles se limitent encore à la périphérie, alors que les principaux centres urbains de Damas et Alep, bien qu’ils ne soutiennent pas le régime, n’ont pas encore rejoint la révolte. Dès qu’elle atteindra ces endroits, cela pourrait bien être la fin du régime, mais nous n’en sommes pas encore à cette étape. Nous devrions observer de plus près le changement d’attitudes des élites sunnites urbaines dans ces deux villes.

 

Le soulèvement gagne en dynamique. Il est monté des petits villages vers de plus grandes villes, puis s’est répandu vers les grandes métropoles, comme Homs et Hama. La chose essentielle à observer est la cohésion continuelle de l’armée syrienne. Combien de temps les soldats et officiers sunnites vont-ils accepter de tirer sur les manifestants et de prendre part aux efforts du régime pour réprimer sauvagement la rébellion ?

 

Il n’y a pas de réelle opposition constituée, en Syrie. Il y a beaucoup d’intellectuels, de nombreux détracteurs du régime et un grand nombre de militants des droits de l’homme, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Syrie. A l’extérieur de Syrie, il existe plusieurs groupes qui se désignent eux-mêmes comme l’opposition, mais ils n’ont pas de réelle influence sur les évènements à l’intérieur de Syrie. Des conférences des militants de l’opposition se sont déroulées en Turquie, et, plus tard, à Bruxelles, qui pourraient bien conduire à l’émergence d’une opposition bien plus efficace, disposant d’un cercle dirigeant clair et d’une plus grande influence sur le cours des évènements. Cela pourrait s’avérer être une menace très dangereuse pour le régime, parce que ce groupe pourrait éventuellement être reconnu par les européens et, plus tard, par d’autres pays, comme le leadership légitime de Syrie. Au jour d’aujourd’hui, il n’existe pas de groupes qui puissent être reconnus comme tels, mais cela pourrait arriver dans l’avenir.


 

Le Régime de Bashar al-Assad

 

Il y a seulement dix ans, Bachar al Assad était perçu comme un réformateur ayant une mentalité occidentale. Cependant Bachar s’est empressé de rappeler qu’il avait grandi dans la Maison d’Hafez al-Assad, et qu’il n’était pas différent de lui. Les pays occidentaux et l’Administration américaine voulaient croire qu’il n’existait pas de meilleure alternative au régime Assad. Si ce régime s’effondrait, le cas de Irak risquait de se reproduire, avec son cortège de chaos, de terrorisme et d’Islamisme radical. Mais, désormais, se fait jour un changement dans l’attitude de l’Occident à l’égard de la Syrie.

 

La Syrie de Bachar al Assad est une partie déterminante de l’Axe du Mal, soutenue par l’Iran et le Hezbollah. Cependant, l’Iran et le Hezbollah ne peuvent pas faire grand-chose pour l’aider, particulièrement en Syrie, parce qu’une part du soulèvement et des troubles est motivée par la tension sunnite- chi’ite et, de toute évidence, l’Iran chi’ite paiera cher son soutien à Bachar, s’il est renversé.

 

Avant le soulèvement, Les mouvements islamistes radicaux au Moyen-Orient soutenaient Bachar. La plupart des Frères Musulmans le soutenaient. En Jordanie, en Egypte, ainsi que le Hamas. Désormais, ils lui ont tourné le dos, menés par le Cheikh Yousouf al-Qaradawi, guide des Frères Musulmans à un échelon global, qui leur rappelle qu’après tout, Bachar est un Alaouite, et la mascotte du camp chi’ite. Actuellement, Qaradawi, comme d’autres Frères Musulmans, à travers tout le monde arabe, et même le Hamas, doivent avoir des arrière-pensées concernant leur alliance avec Bachar.

 

Bachar jouissait également du soutien des panarabistes. Un exemple nous est fonné par Azmi Bishara, ancien député arabe israélien, qui vit, à présent, au Qatar. Il est chrétien, mais soutenait la Syrie, en tnt que Bastion de la « résistance » contre Israël. Aujourd’hui, ces  individus doivent penser que Bachar constitue un obstacle à la renaissance du panarabisme.

 

La Turquie, sous le règne du Premier Ministre Erdogan, était devenue une alliée proche de la Syrie. Mais Erdogan n’émet aucune réserve en ce qui concerne la possibilité que des radicaux islamistes puissent arriver au pouvoir en Syrie, si jamais Bachar tombe. Au contraire, les radicaux sunnites et les Frères Musulmans syriens sont les alliés proches d’Erdogan, tout comme le Hamas. De sorte que la Turquie n’a rien à perdre si Bachar tombe.


De toute évidence, les troubles en Syrie ont à voir avec l’économie. Nous tendons à penser que l’économie syrienne se portait bien, mais cette prospérité profite au centre et à quelques élites sunnites, mais elle a peu d’impact en périphérie (ce qui est exactement ce qui s’est passé en Egypte, également). La Banque Mondiale était très satisfaite de la conduite de l’économie syrienne, mais la périphérie manifestait des réticences. Maintenant, l’économie syrienne est paralysée, et Bachar a effectué des changements dramatiques, en suspendant les subventions. L’industrie du tourisme s’est effondrée. Même s’il survit, Bachar pourrait payer chèrement et se trouver en demande désespérée, non tant de missiles iraniens que d’aide économique.

Dans les semaines et mois à venir, si le désordre se poursuit, l’économie syrienne restera paralysée et Bachar se trouvera sans ressources pour satisfaire les élites urbaines de Damas et Alep, moment où la classe moyenne risque de se retourner contre lui. Aussi est-il en train de ruser pour gagner du temps, mais le temps n’est pas avec lui. Il a besoin de stopper les troubles immédiatement, car s’ils se poursuivent, ils menaceront ses intérêts.

Lorsque Bachar parle de réforme, ce qu’il a en tête, c’est d’ouvrir de nouvelles écoles, de lancer de nouveaux projets touristiques, d’encourager l’industrie. Cela n’a rien à voir avec aucun changement politique ou « réforme », car cela irait à l’encontre de la nature-même du régime.

 

 

Bachar se bat actuellement pour sauver sa vie et ce qui arrive à l’extérieur de la Syrie n’a aucune pertinence à l’heure qu’il est. Nous savons très précisément ce qui lui arriverait, ainsi qu’à tous ses généraux, dans l’éventualité d’un changement de régime. Tant qu’il se bat pour survivre, il fera tout ce qui est nécessaire pour vaincre, et il se fiche que les Américains et Européens le condamnent à cause de sa brutalité.

 

Les Syriens ne perçoivent pas l’Egypte comme un modèle pertinent pour eux. Le modèle dont ils s’inspirent pour l’avenir de la Syrie, c’est l’Irak ou le Liban. Les Syriens regardent le modèle irakien comme un exemple de ce qui doit se produire si le régime s’effondre : désintégration de l’Etat, massacre et affrontements ethniques.

 

Jusqu’à présent, la protestation se limite à la périphérie sunnite. Nous n’avons pas entendu parler de troubles dans les zones druzes du sud de la Syrie. Les Chrétiens, de toute évidence, soutiennent pleinement le régime Assad, tout comme les autres minorités. Les Kurdes de l’Est de la Syrie sont encore dans une position consistant à attendre et voir.

 

 Les relations syriennes avec Israël.

 

Le régime syrien n’a aucun intérêt à une escalade le long de la frontière israélo-syrienne. La Syrie sait que le plus petit incident peut tourner à la guerre totale, comme au Liban en 2006. Je me demande si c’est vraiment le régime syrien qui a organisé toutes ces manifestations le long de la frontière, lors des jours de la Nakba et de la Naksa. Vraiment, lorsque le régime était fort, cela n’aurait pas pu arriver. Maintenant que le régime est affaibli et qu’Assad est focalisé l’essentiel de son attention sur les émeutes à travers toute la Syrie, de tels évènements peuvent survenir. Mais lorsque le régime a perdu le contrôle, le régime a fait un effort pour contenir et mettre un terme aux incidents. Bachar a besoin de ses soldats pour combattre le peuple syrien et pour réprimer la révolte. La dernière chose dont il a besoin, c’est d’une guerre avec Israël, dans laquelle Israël pourrait détruire son armée. Le laissant sans bouclier de défense contre le soulèvement.

 

[sur ce point, voir : Des documents d’état syriens prouvent qu’Assad a orchestré l’assaut du plateau du Golan, le Jour de la Nakba ]

 

Faire la paix avec Israël n’est pas une idée très populaire dans le monde arabe. Un dirigeant faible ne la prendre même pas en compte. Il y a un consensus en Syrie qu’un jour il sera possible de réfléchir à la façon de régler le conflit avec Israël, mais dans un régime faible dont le dirigeant est attaqué, ce n’est pas le bon moment. Personne en Syrie n’a prêté la moindre attention aux manifestations des jours de la Nakba et de la Naksa. Tout dont on se préoccupe, c’est de Bachar et de son régime. Le peuple de Syrie est indifférend à ce que font les Israéliens actuellement.

 

Israël devrait percevoir le régime syrien comme une menace stratégique, parce que Bachar al-Assad a cherché à développer des capacités nucléaires. Il a fourni un soutien au Hamas et au Hezbollah – pas le genre de soutien que son père avait l’habitude de leur apporter, mais un soutien stratégique, qui a transformé le Hezbollah en un défi stratégique majeur pour Israël. Bachar  est celui qui a amené les Iraniens en Syrie et dans la région. Les Iraniens étaient présents, mais seulement comme invités. Aujourd’hui, ils sont dans toute autre position et l’alliance devient plus étroite. Au même moment, Bachar maintient le calme sur la frontière des hauteurs du Golan et affirme qu’il voulait signer un accord de paix avec Israël.

 

Le dirigeant syrien en est arrivé à la conclusion que le fait de posséder une puissance nucléaire est ce qui sauve le régime coréen, jusqu’à présent, et que ce qui a permis aux Américains d’attaquer Saddam Hussein est, précisément, le fait qu’il ne disposait pas d’une telle option nucléaire. Un régime syrien différent pourrait ne pas avoir les ressources économiques et les mêmes relations intimes avec la Corée du Nord et l’Iran, et ne pas ressentir ce besoin d’acquérir, à tout prix, une puissance nucléaire. Cette Syrie-là, sous un nouveau régime pourrait être différente de la Syrie sous la tutelle de la dynastie Assad. Hafez al Assad, avec l’aide occidentale, s’est montré capable de transformer la Syrie – un petit pays d’arrière-garde – en une puissance régionale. Sortir la dynastie Assad de l’équation et la Syrie restera un Etat important sur le plan géographique, mais pas le pouvoir régional qu’elle était auparavant.

 

Tout comme la question de la paix avec Israël contenait une dimension personnelle dans l’exigence d’un retrait israélien sur les rives de la Mer de Galilée, parce qu’Hafez al Assad, en tant que Ministre de la Défense, était celui-là même qui avait perdu la guerre de 1967. Si vous sortez la dynastie al Assad de l’équation, peut-être que la position syrienne n’en deviendra que plus flexible.

 

Un nouveau régime syrien serait mieux pour Israël

Plus la Syrie sera faible, plus le Liban se renforcera. Tout changement de régime en Syrie pourrait constituer un sérieux revers, pour le Hezbollah, même si le Hezbollah représente un grand nombre de Chi’ites. C’est u authentique pouvoir central chi’ite libanais, ayant des racines profondes. Cependant, c’est bien l’aide de la Syrie et de l’Iran qui a transformé le Hezbollah en puissance régionale. Sortir la Syrie de l’équation devrait réduire le Hezbollah à une taille plus raisonnable : le contraindre à devenir un parti libanais fort, mais pas plus que cela.

 

La Syrie soutenait les Chi’ites du Liban, mais, simultanément, apportait également quelque soutien aux Sunnites, parce que la logique derrière l’intervention syrienne au Liban a toujours été : diviser pour mieux régner. Un régime sunnite en Syrie puorrait modifier l’équilibre au Liban en faveur des Sunnites.

 

Un nouveau régime en Syrie pourrait vouloir dire un retour aux années 1950-1960, lorsqu’il y avait un gouvernement syrien faible et décentralisé, mais dote de régions fortes. Chaque région a ses propres caractéristiques ethniques et communales, et cela peut déboucher sur un coup d’état de temps à autre et un manque de stabilité. Le pire scénario serait que la Syrie se transforme en nouvel Irak, car il n’existe pas seulement des comptes historiques à régler, mais aussi des comptes très actuels, qui peuvent ressurgir : on a dénombré plus de 2000 syriens tués et les familles réclameront vengeance, pas seulement à Bachar, mais à leurs voisins Alaouites et Chrétiens.

 

Je ne pense pas que ce soit dans l’intérêt d’Israël que Bachar reste au pouvoir. Certainement, tout comme en Egypte, il est toujours possible que les Frères Musulmans prennent le dessus en Syrie, mais je ne suis pas sûr que ce sera effectivement le cas. Si Bachar est renversé, la situation sera probablement assez similaire à ce qu’elle a été ces dernières décennies, avec un régime central très faible. Cela pourrait mener à des incidents de frontières avec Israël, mais pas à une guerre, avec son lot d’actes terroristes qu’un pouvoir faible ne saurait contenir. L’opposition syrienne prendre probablement le dessus, et comme dans le cas de l’Egypte, elle sait que son intérêt repose sur l’amitié avec les pays occidentaux comme les Etats-Unis, plutôt qu’avec l’Iran. Aussi, sur le long terme, un nouveau régime syrien devrait être plus favorable pour Israël que l’actuel régime.

*     *     *

Prof. Eyal Zisser est le Doyen de la Faculté des Humanités, et l’ancien chef du Département d’Histoire du Moyen-Orient et d’Afrique, ainsi que du Centre Moshe Dayan des études moyen-orientales et africaines, à l’Université de Tel Aviv. C’est un expert chevronné de la Syrie qui a écrit, depuis une longue période, sur l’histoire et les politiques contemporaines en Syrie, au Liban et concernant le conflit israélo-arabe. Parmi ses livres les plus connus : Au nom du Père, les premières années au pouvoir de Bachar al –Assad ; Liban : le défi de l’Indépendance et : La Syrie d’Assad à un carrefour. Ce briefing sur un sujet à This Jerusalem se fonde sur sa présentation à l’Institut pour les Affaires Contemporaines du Centre de Jérusalem des Affaires Publiques, le 16 juin 2011. 

 


Par Gad - Publié dans : jcpa-Le Cape
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Samedi 11 septembre 2010 6 11 /09 /Sep /2010 21:25

 

     

     

 

 

  Comment les Nouveaux Historiens manipulent l'histoire.

 

Dr.Avi Becker

 

 

Adaptation : Dominique Kahtan

relu par : M. Brzustowski

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

 

Avec l'aimable autorisation de M. Dore GOLD pour le JCPA


 

 http://www.jcpa.org/JCPA/Templates/ShowPage.asp?DRIT=3&DBID=1&LNGID=1&TMID=111&FID=624&PID=0&IID=4380&TTL=Exposing_How_Post-Zionists_Manipulate_History

 

Résumé :

 

- Les Nouveaux Historiens Israéliens ont fortement influencé l’enseignement académique du conflit israélo--arabe sur les campus du monde entier.


     
- Les Nouveaux Historiens ont ignoré et omis les deux  caractéristiques principales et fondamentales du conflit israélo-arabe de 1948 : à savoir,  le caractère religieux-jihadiste de la campagne arabe et le rejet par les arabes du plan de partition voté par l’ONU en 1948.


 
- Le récit forgé et adopté par les Nouveaux Historiens a changé les paramètres des négociations politiques : un accord de paix entre les Palestiniens et Israël n'est pas censé remédier à l'"occupation" de 1967 ou élaborer un plan d’échange de " territoires contre  paix" mais, au contraire, racheter les soit-disant atrocités de la Nakba (la catastrophe palestinienne) de 1948. 

 

-  Benny Morris,  que  beaucoup considèrent comme le chef de file des Nouveaux Historiens, en changeant radicalement de prise de position, révèle et expose au grand jour cette machination anti-historique et anti-sioniste, ce tissu de mensonges et de faits falsifiés.

 

"Les historiens se sont montrés enclins à oublier ou ignorer, comme ne présentant pas d’intérêt, la rhétorique djihadiste et les campagnes en fanfare accompagnant l'assaut  en deux temps contre le Yishouv, à ignorer aussi les discours arabes enflammés et leurs références perpétuelles au combat islamique plus ancien, contre les Croisés, pour  la Terre Sainte. C’est une grave erreur. Selon la perspective arabe, la guerre de 1948 était une guerre de religion mais aussi et même plus, peut-être, une guerre nationaliste et territoriale. Exprimé en d'autres termes, le territoire était une  terre sacrée : sa violation par les infidèles devenait un motif suffisant pour déclencher la guerre sainte, la conquête ou la reconquête  devenait une nécessité d'ordre divin."

Benny Morris, 1948, une histoire de la première guerre israélo-arabe[1]

 

Qu'arrive t-il, lorsque les historiens ignorent ou négligent de mentionner les données essentielles de l'histoire? Dans la citation précédente, Benny Morris nous offre un aspect inhabituel de l'omission principale des historiens quant à la caractéristique essentielle de la guerre des Arabes contre Israël en 1947-1948 : le djihad, la guerre sans merci contre les Juifs. Les Arabes n'ont jamais caché le fait que cette guerre était une guerre de religion, ils en ont officiellement accepté la responsabilité. Le 16 avril 1948, Jamal Husseini, le représentant du  Haut Comité Arabe fit la déclaration suivante au Conseil de sécurité de l'ONU: "le représentant  de l'Agence Juive nous a dit hier qu'ils n'étaient pas les agresseurs, que les Arabes avaient initié les hostilités. Nous ne nions pas le fait. Nous avions annoncé au monde entier que nous allions nous battre."[2]

 

Le New York Times rapporta l'explication de Husseini selon laquelle les Arabes "ne permettraient jamais l'établissement d'un état juif sur une quelconque parcelle de la Palestine". Il y ajouta un avertissement clair et net : "toute tentative pour imposer aux Arabes  une solution contraire à ce qu'ils considèrent comme étant leur "droit d'aînesse" ne pourra que provoquer des problèmes, mener à des effusions de sang et probablement déclencher la troisième guerre mondiale." [3]

 

Ces  menaces mortifères proférées à l'encontre du monde entier faisaient suite aux diatribes religieuses et persistantes  du  monde arabe contre les Juifs, en public et dans les mosquées.  Haj Amin al-Husseini, le mufti de Jérusalem et  chef suprême des Arabes en Palestine, les érudits en religion de l'université Al-Azhar du Caire, la plus haute autorité de l'islam sunnite ont, tout de suite après la résolution  sur le plan de partage approuvé par l'ONU en novembre 1947,  lancé un appel général au djihad global (NDT : à la guerre sainte). Les efforts de guerre tournent autour de la religion, comme nous l'a démontré Muhammad Mamun Shinawi, le recteur  de l'université de Al-Azhar, en s'adressant à la force expéditionnaire égyptienne qui traversa la frontière à Rafah, le 15 mai 1948, pour aller combattre le nouvel état hébreu:" l'heure du Djihad a sonné...l'heure ... du paradis promis par Allah." [4]

 

La vaste littérature consacrée à la guerre tient très souvent peu compte ou ignore même délibérément ces deux caractéristiques pourtant essentielles, fondamentales  et centrales à la guerre d'Indépendance d'Israël :  la nature religieuse djihadiste de la campagne  et la responsabilité des arabes du  déclenchement  de la guerre suivant leur rejet de  la résolution du plan de partage.

 

 
Que s'est-il passé en 1948? Nous voici donc au cœur du débat. En gros, les Nouveaux Historiens révisionnistes ont voulu contester ce qu'ils ont appelé le "canon officiel" (NT, l'historiographie, la version officielle) de l'histoire d'Israël. Ils ont rejeté la mémoire collective du sionisme et de l'état d'Israël, et  tout particulièrement la mémoire de la création de l'état. Ce groupe d'historiens israéliens en affirmant avoir découvert de nouvelles preuves dans les archives-qui pour la plupart ne présentaient rien de nouveau- et en ignorant le contexte historique de la guerre,  ont transformé, remanié l'épopée de la naissance d'Israël en voulant prouver qu'elle est entachée du péché  de conjurations, de nettoyage ethnique et de massacres.

 

Cet essai, tout  en se concentrant sur le revirement de Benny Morris, retourné dans le giron du groupe des historiens israéliens traditionnels, va aussi analyser l'impact des Nouveaux Historiens sur les études du Moyen-Orient en milieu académique, sur le processus de paix et aussi sur l'image globale d'Israël. Le nouveau Morris nous fournit les meilleures munitions pour un combat intellectuel contre les historiens antisionistes, déguisés en historiens révisionnistes, qui prétendent détenir de nouveaux documents qui dévoileraient  la "vraie" histoire. Dans le New York Times, Ethan Bronner  nous décrit le rôle que jouent les historiens dans les débats politiques :

 

L'histoire ni ne s'écrit ni ne se lit dans le vide. Les nouveaux historiens avaient leur programme -promouvoir le processus de paix alors naissant. Ainsi, de nombreux Israéliens, pressés de mettre un terme à leur conflit centenaire, acceptaient de s'entendre dire que le succès de l'établissement de leur nation avait coûté très cher aux Palestiniens. Ils remaniaient et ajustaient ainsi leur version collective des faits  pour faire une  place à la coexistence avec leurs anciens ennemis.[5]

 

Les Nouveaux Historiens ont-ils écrit l'histoire ou bien ont-ils plutôt essayé de promouvoir leur programme politique? Etaient-ils poussés par l'espérance qu'en admettant la responsabilité de leurs soit-disant méfaits antérieurs, le côté adverse ferait de même? Le cas Morris démontre bien que rejeter les perspectives  politiques peut provoquer des changements radicaux dans  l'analyse historique et  dans ses conclusions.

 

L'Impact Académique

 

Il n’est pas, ici, question de surestimer l'impact des Nouveaux Historiens qui ont révisé et réinterprété l'histoire du conflit israélo-arabe. Leur  rectificatif de ce qu'ils appellent la version "officielle" sioniste de l'histoire, panaché d'hypothèses postmodernistes  (telles que celle affirmant qu'il n'y a pas qu'une seule version de l'histoire), n'alimentait pas seulement  les débats intellectuels dans l'univers académique. Cette révision de l'histoire, qui, au début, avait été qualifiée de phénomène marginal, devint, en moins de dix ans, la lecture et l'enseignement classiques de base dans les universités du monde entier [6]. Benny Morris, le forgeron  du terme   "Nouveaux Historiens", considéré comme leur chef de file, a, dès 1988, établi l'infrastructure de cette histoire "retouchée". L'usage sélectif de documents,  le mépris de la haine arabe, de l'antisémitisme et du rejectionnisme  de l'idée même d'un état juif, se sont révélés être une vraie mine d'or pour la littérature  antisioniste.[7]

 

Les membres du groupe ont  rejeté ce qu'ils appellent le mythe israélien  du "petit nombre contre beaucoup" en parlant de la guerre de 1948 ; et chez certains (tel Ilan Pappé), ces vues post-sionistes firent place  à un antisionisme déclaré.[8] Deux ou trois autres sont venus se joindre à Morris et Pappé et ont formé le groupe fondateur des Nouveaux Historiens. Le nom de Simha Flapan, le premier (en 1987) à s'engager sur la voie de la "démythologisation" de l'histoire de la création d'Israël, a été ajouté à cette liste rétrospectivement, à titre posthume. Avi Shlaim a insisté sur le fait qu'il qualifiait de conspiration  la collaboration entre Israël, la Grande-Bretagne et la Jordanie [9]. Tom Segev, écrivain aussi, a rejoint le groupe  en tant que journaliste post-sioniste et post-moderne, a écrit sur le Yishouv (avant la création de l'état d'Israël) et ses prises de position sur l'Holocauste, ainsi que sur la société pendant la guerre des six jours, en y ajoutant plus tard sa propre interprétation du Mandat britannique  en Palestine. Le livre de Segev parle à peine du rôle des Juifs dans les calculs politiques britanniques en Palestine ; ce sont [selon lui] les Arabes qui ont chassé les britanniques [10].

 


Les livres sous la plume de ces historiens révisionnistes ont été publiés par des maisons d'édition de renom. Ils ont tout-de-suite influencé les livres de textes du programme des études relatives au Moyen-Orient ainsi que  l'orientation des programmes  de recherches et des idées politiques sur le processus de paix. Les publications qui donnent le ton aux Etats-Unis, les quotidiens, les hebdomadaires et les journaux de politique étrangère consacrèrent des pages entières à des études en profondeur et à des débats sur ce que l'on considérait être une œuvre innovante. Ainsi, même les universitaires les plus objectifs qui n'ont pas accepté la thèse des Nouveaux Historiens dans sa totalité, ont jugé nécessaire, selon leur habitude  de présenter le conflit sous deux angles concurrents, tout en admettant que "le  concept- même d'objectivité avait été la proie, ces dernières décennies, d'attaques continues et acharnées."[11]

 

Le terme  « récit » [« Narratif »] devint le mot-clé pour étudier le conflit. Il devait remplacer le compte-rendu historique jugé "non-objectif". Au lieu d'examiner le conflit israélo-arabe dans tout son contexte, l'élément central de   l'histoire de chacune de ses guerres, la démarche populaire entreprit de présenter le conflit israélo-palestinien comme un cas isolé. Les nouveaux ouvrages ne parlaient que de soit- disant mythes, de mémoires collectives déformées, expliquant  que les deux côtés sanctifient la haine, trouvant les fondements de leur légitimité dans leurs narratifs. Le  récit ou "narratif", selon le dictionnaire est " l'histoire, le compte rendu d'évènements, d'expériences etc.., vrais ou faux". Le narratif a remplacé la recherche de la vérité à travers les recherches historiques. Certains ne manqueront pas de dire que, valable ou non, le narratif est important parce qu'il fait partie d'une mémoire collective, des croyances communes à un groupe. Or, ainsi que Morris allait le réaliser quelques deux décennies plus tard, ces narratifs fictifs peuvent être très dangereux lorsqu'ils n'ont qu'un seul but, l'industrie de la haine, le  refus de  toute  responsabilité d'incitation passée et l'endoctrinement à la haine les générations futures.

 

En Israël, la transformation de l'histoire en narratifs se refléta dans la projection de  Tekuma (Renaissance), des mini-séries israéliennes, sur une chaîne de télévision d'état. Projetées en 1998 pour marquer le cinquantième anniversaire de l'état, ces mini-séries avaient adopté les conclusions des Nouveaux Historiens. Un an plus tard, ces mêmes théories post-modernes recevaient  leurs lettres de noblesse des mains du ministère de l'Education, pas moins, par la publication d'un livre de textes révisés à l'intention de l'enseignement du secondaire ( Un Monde en Changement : histoire pour les classes de troisième). Il fait partie du nouveau corpus destiné à enseigner l'histoire avec une perspective qui penche vers l'universel et non pas vers le"nationalisme".[13] Ce mouvement infiltra même les Forces de Défense israéliennes (IDF) dont la division historique  co-commandita un livre qui jette un doute sérieux sur l'imagerie antérieure de la guerre d'Indépendance.[14]

 

Réécrire le Canon Historique (L'historiographie)

 

Les arguments de base des Nouveaux Historiens se résument en cinq points qui défient le Canon (l'historiographie sioniste officielle) sioniste officiel de l'histoire de 1948:[15]

 

= Selon la  version officielle, la Grande-Bretagne s'était opposée à la création d'un état juif ; Les Nouveaux Historiens, eux, affirment qu'elle s'était opposée à la création d'un état palestinien. Shlaim et Pappé font état dans leurs ouvrages d'une conspiration entre la Grande-Bretagne  et les Juifs au détriment des Palestiniens, et Shlaim va même jusqu'à mentionner une conspiration entre le Sionisme  et le roi Abdallah de Transjordanie pour empêcher l'établissement d'un état palestinien. Faisant preuve d'encore plus d'imagination, un professeur palestinien (un ancien négociateur de l'Organisation de Libération de la Palestine) soutient que les Juifs n'étaient pas la cible des armées arabes  mais bien les arabes de la Palestine dont ils voulaient prendre le contrôle.[16]

 

= Selon la version officielle, d’après les révisionnistes, les Palestiniens ont abandonné leurs maisons librement [17] ; les Nouveaux Historiens affirment que les réfugiés avaient été soit chassés, soit expulsés. C'est ici que la contribution de Morris prend toute son importance bien qu’il n'ait été mentionné qu'ultérieurement et hors contexte. Ce point de vue fut le pivot de la campagne morale et politique de délégitimation d'Israël.

 

 =Selon la version officielle, la balance des forces penchait en faveur des  Arabes ; les Nouveaux Historiens, eux, affirment la supériorité d'Israël, en effectifs et en armement. Ils dénigrent ce qu'ils appellent le mythe d'une guerre héroïque de libération du "un contre tous".

 

= En maniant incitation et dénigrement contre Israël, les Nouveaux Historiens sont  venus à la rescousse de l'image arabe et ont révisé et nié la thèse officielle israélienne selon laquelle les Arabes avaient un plan coordonné visant à la destruction d'Israël. Les Nouveaux Historiens affirment que les Arabes étaient divisés, ou bien nient tout simplement les menaces de mort proférées par ces derniers.

 

Ces quatre points ont donné lieu à un débat entre historiens qui perdure encore: le Yishouv de 1947 a-t-il accueilli la partition avec joie? Qui est responsable du manque de paix? L'intransigeance israélienne ou bien la réticence arabe à accepter un état juif? Certains historiens ( Flapan et Shlaim inclus) ont déclaré que les arabes voulaient la paix mais que les sionistes, rusés, ont su  manœuvrer les dirigeants arabes  (tels al-Husseini, Gamal Abdel Nassser, ou Yasser Arafat) pour les pousser dans le camp rejectionniste.

 

 

L'Impact sur le Processus de Paix

 

Les historiens révisionnistes ne se sont pas  rendus maîtres des programmes et de l'enseignement académique seulement, mais aussi de l'arène politique et diplomatique  au Moyen-Orient. Les Nouveaux Historiens ont joué un très grand rôle  dans le processus de paix et ont influencé les prises de position des Palestiniens, des Israéliens et des Américains. Yossi Beilin,  l'adjoint, à l’époque, du ministre des affaires étrangères avait, alors qu'il négociait les Accords d'Oslo de 1992-3, avait, comme livre de chevet, le livre de Morris traitant des réfugiés palestiniens ; Beilin proclama plus tard que ce livre était un "must", incontournable pour les négociateurs israéliens [18]. Par la suite, pendant  les réunions de groupes mixtes israélo-palestiniens pour promouvoir le processus de paix, le problème  des réfugiés devint la question centrale pour essayer de créer un accord à l'amiable et une  "perception partagée" des doléances de chaque côté  et pour assumer la responsabilité des fautes du  passé.[19]

 

Les révisionnistes et leur récit culpabilisant ont plané sur les négociations de Camp David, organisées par le Président Bill Clinton en juillet 2000, et aussi, quelques mois plus tard, sur ceux  des pourparlers de Taba dans le désert  du Sinaï.

 

Les négociateurs palestiniens, pendant ces deux forums, se sont  servis des ouvrages des Nouveaux Historiens, et, en particulier, de celui de Benny Morris, pour essayer d'introduire  la notion de la "coresponsabilité d'Israël en ce qui concerne le  sort des réfugiés de 1948"[20]. Beilin et Gilad Sher, les négociateurs du côté israélien citèrent des extraits du livre de Morris, et Daniel Lévy, l'adjoint de Beilin, a rapporté l'accent mis par l'équipe israélienne pour que soit changé le récit historique afin de conclure un accord avec les Palestiniens sur leur "droit au retour."[21]

 

Un autre participant à Camp David, le Ministre des affaires étrangères israélien d'alors, lui-même historien, avoua que les Nouveaux Historiens avaient "sans doute aucun, contribué à renforcer la foi des Palestiniens dans le bien-fondé de leur propre récit" et que les "artisans de la paix israéliens se sont aussi approchés de la table des négociations avec une optique formée, influencée par les recherches récentes... les violentes  controverses au sujet de la guerre de 1948... [qui], que nous l'admettions ou non, font partie intégrante de notre bagage intellectuel [22] ».

 

En résumé, le narratif construit par les Nouveaux Historiens changea les paramètres des négociations politiques : un accord de paix ne devait ni rectifier l'"occupation" de 1967  ni créer un cadre  pour un échange de territoires afin de  parvenir à la paix mais devait,  bien au contraire,  faire amende honorable et expier pour les soit- disant atrocités de la Nakba (La catastrophe palestinienne) de 1948. Tous réalisèrent alors que le problème du droit au retour des réfugiés sur leurs terres en Israel représentait le principal obstacle à la paix.

 

 

Morris fait marche arrière

 

L’homme qui a dessiné les fondations du post-sionisme historique, Benny Morris, est aussi celui qui a les a miné de l’intérieur en mettant en cause leur intégrité intellectuelle. Il semble que Morris ne soit toujours pas capable de prononcer ces mots : "j'avais tort", et d'exprimer le regret d'avoir contribué à l'élaboration du fondement intellectuel de la campagne anti-Israélienne et antisioniste. Au lieu de reconnaitre ses erreurs et ses aberrations, il annonce qu'il a découvert de nouveaux documents dans les archives israéliennes qui lui ont permis de voir le conflit sous un jour nouveau. La lecture de sa nouvelle interprétation des mêmes faits révèle la manière dont les Nouveaux Historiens  ont, tout au mieux, écrit l'histoire hors de son contexte, entièrement détachée de la réalité et de ses origines. Dans la plupart des cas, ils se sont engagés délibérément sur le chemin de la falsification en appliquant la technique du "grand mensonge" à Israël .

 

Et soudain,  quelques vingt ans plus tard, Morris fait sa  découverte : les Arabes avaient déclaré le Jihad (guerre sainte) contre le Sionisme déjà dès les années trente [1930]. Son approche nouvelle, dit-il, était une conséquence de la déclassification  des archives, ainsi que de celles des FDI (IDF/Tsahal) jusqu'alors fermées aux chercheurs. Il ajoute aussi : "dans mon livre en cours [1948] j'ai placé le problème des réfugiés dans le contexte général de la Guerre d'Indépendance," et à la lumière d'autres études, "j'ai essayé de présenter une description nouvelle et plus complète de la guerre, en insistant sur les rapports entre les processus militaires et les processus diplomatiques."[23]

 

Une nouvelle description?? Pas du tout, bien au contraire. Ses deux livres les plus récents, "1948" et "Un Etat, Deux Etats", publiés au cours de ces deux dernières années, contredisent tous ses arguments, ainsi que la base factuelle de son approche révolutionnaire de l'étude historique. Morris a fait volte-face  en adoptant la « bête noire » des Nouveaux Historiens, celle qu'ils qualifient de version "canonique" du narratif sioniste officiel. Ses derniers livres démolissent toutes les prémisses et les conclusions des Nouveaux Historiens. Il ne ressent pas le besoin de s'excuser d'avoir formulé des accusations virulentes à l'encontre de tout ce qui est post-sioniste, et clame bien haut que les "historiens ont tendance à minimiser l'importance de la rhétorique religieuse en temps de guerre" et le rôle primordial de la "motivation religieuse." Or c'est exactement ce que Morris a omis d'écrire dans ses livres précédents. Le peu de cas fait des menaces proférées par le Jihad  était délibéré et crucial pour tous ceux qui avaient décidé de rédiger ce "nouveau" récit en faisant de la Nakba "l'holocauste" palestinien.

 

Le Jihad se retrouvait dans toute la littérature de 1948 à nos jours : les menaces d'annihilation retentissaient dans  tous les coins du monde arabe et même à partir du podium des Nations Unies en 1947 et 1948. Ainsi qu'on l’a rapporté, Al-Husseini, le mufti de Jérusalem, a proféré sans arrêt menace après menace ; et les grands clercs en religion [Oulémas] du Caire publièrent un manifeste officiel appelant au Jihad en novembre 1947, deux jours après le vote de  la résolution du partage. Passant des mots aux actes, le décret religieux  fit donc  place à une action militaire avec l'invasion arabe composée de plusieurs armées appelées l'Armée de Libération Arabe et l'Armée du  Jihad al-Mukades (Guerre Sainte).

 

Le jour de la Déclaration d'Indépendance d'Israël, Abdul Rahman Azzam Pasha, le secrétaire général de la Ligue Arabe déclara la guerre sainte. Il déclara :

"Cette guerre sera une guerre d'extermination, un massacre mémorable  dont on parlera comme des  massacres mongols et des Croisades."[24] Azzzam Pasha, le porte-parole en chef de tous les états arabes s'est monté tout aussi violent et éloquent dans sa diatribe contre la résolution du partage : "La ligne de démarcation du partage sera une ligne de feu et de sang"[25]. Al-Husseini déclara :" Je déclare la guerre sainte, O mes frères musulmans! Massacrez les Juifs! Massacrez-les tous!"[26].

 Ainsi, soudainement et systématiquement, Morris renonce dans maints articles, interviews et conférences au récit post-sioniste et présente sa nouvelle prise de position dans des ouvrages d'érudition. De fait, Morris informe ses lecteurs que ses livres précédents avaient omis de parler du contexte historique de la guerre de 1948 : une attaque jihadiste du monde arabe contre la communauté juive en Palestine. Dès le début, Morris sans gêne aucune, déclare  au Guardian en 2002 : "Le bruit circule que j'ai subi une greffe du cerveau, une rumeur sinon fausse (autant  que je puisse m'en souvenir), du moins prématurée. Mais mes vues sur la crise actuelle au Moyen-Orient et ses protagonistes ont, de fait, changé radicalement au cours de ces deux dernières années."[27]

 

 Morris confesse  avoir relu la guerre de 1948 à la lumière des nouvelles connaissances historiques révélant la  haine,  l'antisionisme arabe et  leur origine. Il n'hésite pas à nous faire part de son parcours, pas à pas, de ce qu'il appelle sa greffe intellectuelle!

 

Le moment décisif se produisit après l'année 2000. "Même avant, je n'avais rien d'un grand optimiste. Bien sûr, j'ai toujours voté travailliste ou Meretz (NT : parti radical de gauche sioniste) ou Sheli (parti de gauche du clan des colombes de la fin des années 70), et, en 1988, j'ai refusé de servir dans les territoires et ai donc fait de la prison, mais j'ai toujours douté des intentions des Palestiniens.  Après les évènements de Camp David et ce qui s’ensuivit, mes doutes devinrent des certitudes. Lorsque les Palestiniens ont rejeté l'offre de Barak (le premier ministre Ehud Barak) en juillet 2000 et celle de Clinton en décembre 2000, j'ai compris qu'ils étaient peu enclins à accepter la solution à deux  états. Ils veulent   tout : Lod, St Jean d'Acre et Jaffa."[28]

 

Morris va même plus loin dans son interview et explique -fait ignoré dans ses livres précédents et inédit dans les cercles politiquement corrects- que l'Islam présente un gros problème. "C'est un monde dans lequel une vie n'a pas la même valeur que dans le monde occidental… "La société arabe est une "société  tribale" qui attache une  importance primordiale au concept  de la vengeance. Son  manque total d'inhibition morale ferait qu'elle "n'hésiterait pas à faire usage d'armes chimiques, biologiques ou nucléaires, si celles-ci se trouvaient en sa possession".

 

Réécrire l'Histoire Révisionniste

 

Le dédain le plus complet pour le contexte historique se retrouve dans les tables des chapitres, dans les catalogues des livres des nouveaux Historiens. L'antisémitisme arabe ou islamique y est inexistant ; la lecture d'Ilan Pappé ou d'Avi Shlaim pourrait prêter à penser que le Jihad n'existe que depuis le 11 septembre 2001.

 

Les omissions des Nouveaux Historiens, quant au rôle qu'a joué al-Husseini pour exciter la haine contre les Juifs, font partie du vaste programme de réécriture de l'histoire. Il existait de nombreux comptes rendus des activités du  mufti déjà dès le début du conflit sous le Mandat britannique. Pour avoir une idée nette et précise  de son rôle de seul chef  de file des Palestiniens jusqu’après la création d'Israël, il n'était nullement nécessaire d'avoir accès à des archives nouvellement  déclassifiées. Il est tout-à-fait remarquable que ce soit Rashid Khalidi, un palestinien-américain anti-israélien qui fasse l'auto- critique du rôle destructeur d'Arafat et d'al-Husseini, les deux   dirigeants palestiniens les plus prééminents,  en analysant  l'antisémitisme arabe plus à fond que ne le font  les Nouveaux Historiens [29]. Ce faisant, Khalidi mentionne un des premiers livres de Morris, sur les réfugiés palestiniens en le qualifiant d'ouvrage révolutionnaire qui fait "voler maints mythes en éclats."[30]

 

(En 2008), Morris "B" révèle que la rencontre Jihad- antisémitisme islamique a joué un rôle primordial au tout début  du conflit en Palestine, devenant une partie intégrale de la révolte arabe de 1936. Ce thème a été repris par nombre d'étrangers, ainsi  Sa'id al Haj Thabit, le speaker du Parlement irakien lors de sa visite en Palestine en mars 1936. Morris note aussi le rôle prépondérant du mufti dans la propagande nazi-jihadiste au Moyen-Orient et dans l'embrigadement des bosniaques musulmans dans la Wehrmacht. Le mufti, nous dit Morris, était "profondément antisémite"  et justifiait l'Holocauste en invoquant le caractère [personnalité ethnique/raciale] des Juifs, "leur suffisance, leur égoïsme à outrance, ancré dans leur conviction d'être le peuple élu de D.ieu"[31]. Le Jihad figurait déjà  au tableau des échanges diplomatiques bien avant la guerre de 1948. Le Haut Comité Arabe, l'organe politique principal des Palestiniens fit du  terme "Jihad" un instrument de menace officiel pour lancer, dès 1946,  un ultimatum dans une lettre adressée à Clément Attlee, le Premier Ministre britannique [32].

 

Dans le dernier chapitre de "1948", Morris donne moult détails convaincants sur le rôle décisif de la haine religieuse en 1947-1948. Il conclut : "L'élan jihadiste accentue les réponses des peuples et des gouvernements du monde arabe à la résolution de l'ONU sur le partage. Il a contribué  de façon importante à la mobilisation de la "rue" et des gouvernements pour mener les attaques successives [pendant la guerre]... les mosquées, les mollahs et les Oulémas (NT : sages), tous jouèrent un rôle crucial dans le processus de guerre." Les observateurs arabes ne purent manquer d'observer l'état d'esprit ambiant et, par conséquent, les menaces qui planaient sur les Juifs. Un chrétien libanais, cité par Morris, annonça à la presse : "Maintenant que la Guerre Sainte a été déclarée, l'état juif n'a aucune chance de survie. Tous les Juifs finiront massacrés."[33].

 

Face aux menaces de Jihad et d'extermination proférées des quatre coins et au rejet de la voie diplomatique, alliés aux appels au déploiement des forces militaires, le Yishouv ne pouvait que se préparer au pire. Suite au nombre de voix lançant des prédictions de malheur, les dirigeants du Yishouv n'eurent pas à se livrer à des jeux de guerre théoriques... Lorsque l'Oulema (NT : le sage ) de l'université Al-Azhar déclara : « Un Jihad universel pour défendre la Palestine », Ernest Bevin, le  ministre britannique des affaires étrangères exprima des inquiétudes pour la sécurité des milliers de juifs éparpillés de par le monde arabe," et tout particulièrement pour celle des cent mille Juifs  de Bagdad qui couraient le risque d'être égorgés."[34].

 

Le Jihad fut ouvertement et simultanément déclaré au cours de manifestations à Damas et dans les cercles diplomatiques des Nations-Unies où le chef de la délégation égyptienne annonça que : "la création d'un état juif mettrait la vie de 1 000 000 Juifs en danger dans les pays musulmans"[35]. En mai 1948,  George C. Marshall, le secrétaire d'état des USA (et héros de la deuxième guerre mondiale) conseilla à  Moshe Sharett, le futur ministre israélien des affaires étrangères, de ne pas signer la Déclaration d'Indépendance d'Israël : " Croyez-moi ; je parle de ce que je connais. Vous êtes installés sur les plaines côtières de la Palestine alors que les Arabes, eux, occupent les crêtes. Bien sûr, je sais que vous avez quelques armes et  votre Haganah, mais  les Arabes, eux, disposent d'armées régulières. Elles sont bien entraînées et ont des armes lourdes. Comment pouvez-vous espérer  leur résister?"[36].

 

Une comparaison entre Morris "A" et Morris "B" montre que le contexte historique peut devenir flou et même déformé, si on n'hésite pas à amplifier une version des faits aux dépens de vecteurs de l'histoire  plus vrais et plus importants. Il se peut qu’à la fin de la guerre, la toute nouvelle FDI ait paru mieux organisée, entraînée et motivée.  Pourtant, selon Morris et sa toute récente incarnation, les choses parurent tout-à-fait  autres pendant la guerre. La majorité du gouvernement juif  par intérim d'avant la formation de l'état, aussi bien que les Arabes, les Britanniques et les Américains, tous s'attendaient à une victoire des Arabes sur l'armée juive en Palestine. Bien sûr, avec le recul, on sait maintenant que les Arabes s'étaient mal préparés et que les Arabes de Palestine avaient négligé de mobiliser leurs propres ressources, "fidèles à leur longue tradition  de désunion, de corruption et d'incapacité à s'organiser"[37]. Néanmoins, le contexte de la guerre était autre : "on peut dire, grosso-modo, qu'en termes démographiques et géographiques, les Arabes étaient, presque sans aucun doute, infiniment plus forts  que le Yishouv... et la disproportion en termes de superficie et de ressources économiques actuelles ou futures était plus importante encore"[38].

 

 

Les quatre armées qui, le 15 mai, ont envahi la Palestine, même après avoir  laissé de forts contingents à l’arrière-garde pour protéger leurs régimes, "étaient bien plus puissantes  que les contingents de la Haganah"[39] en nombre et en équipements, disposant de plus  de chars,  d'avions de combat et d'une plus grosse artillerie (à ses débuts, Israël manquait de tout). On peut comprendre que face à la volonté des Arabes et de leurs armées d’invasion  de  détruire  systématiquement toutes les positions juives, le yishouv n'avait qu'un seul but, "celui de survivre."[40].

 

Les dirigeants du Yishouv étaient tout à fait conscients de leur infériorité militaire, chiffres et faits à l'appui, conscients aussi du climat diplomatique ambiant "systématiquement  pro-arabe ", et du fait que les Britanniques et les Américains travaillaient de concert pour éviter d'avoir à appliquer la résolution votée par l'ONU pour l'établissement d'un état juif.[41]

 

La position diplomatique et militaire du pouvoir mandataire vient  réfuter l'approche des Nouveaux Historiens et leur tentative  de prouver la collusion entre les Britanniques et les Juifs contre les Arabes. Le contraire est vrai : les Britanniques  apportèrent leur aide à la légion arabe de Transjordanie, l'armée la mieux entraînée de la région, contribuant à sa formation et à son armement et s'allièrent aux Américains pour faire échouer le plan de partage de la Palestine.  le chef de cabinet de l'Empire de sa Majesté s'exprima en ces mots : " Les Juifs ne pourront pas résister longtemps,... à moins de s'entendre avec les Arabes, ils finiront par être chassés hors de la Palestine."[42] Le 16 mai 1948, Sir Alan Cunningham, Le Haut Commissaire Britannique déclara : "la balance des forces semble fortement pencher en faveur des Arabes."[43]. Alec Kirkbride, le représentant britannique à Amman transmit un message d'Azzam Pasha:" Peu importe le nombre [de Juifs]. nous les jetterons à la mer"[44].

 

Conclusions

 

Benny Morris dans son ouvrage le plus récent : « Un état, deux états : Résoudre le Conflit Israël/Palestine », fait peser une ombre menaçante sur les perspectives d'aboutir à un accord de paix entre israéliens et palestiniens. Il affirme que "l'obscurantisme étouffant, l'intolérance, l'autoritarisme et l'insularité du monde musulman sont la raison première de l'absence de paix", une dure réalité qui repousse toute solution possible dans l'ombre.[45]

 

Le problème, c'est que Morris a oublié que tous ces éléments et toutes ces déclarations diverses et variées  sur le Jihad et l'extermination des Juifs appartiennent déjà au  domaine public au Moyen-Orient, aux Nations-Unies, dans la presse occidentale et dans les publications académiques et ce depuis 1947-1948. La déclassification des archives dont  les historiens  font étalage en les qualifiant pompeusement de "sources nouvelles" peut, en effet, apporter  parfois certains éclaircissements, ajouter au savoir, mais pas nécessairement au contexte historique et à son exégèse. De nouveaux documents peuvent révéler des détails jusque-là inaccessibles, mais ne peuvent pas, dans la plupart des cas, changer le cours de la recherche historique. Mais le  pire de tout, c'est  un usage sélectif des archives qui ignorerait  le contexte historique et entrainerait déformations et récits trompeurs. Seul Pappé et ses semblables en feraient  usage. Il ne  cache pas son programme antisioniste et  définit la "nouvelle histoire" comme un mouvement révolutionnaire dont le but est de "réévaluer la validité de l'établissement d'un état-nation dans ce qui était la Palestine géographique."

La réponse de Morris à ses lecteurs du Irish Times fut sans équivoque:

 

Le déplacement de 700.000 Arabes qui devinrent alors des "réfugiés" -et je mets ce terme entre guillemets, puisque les deux-tiers furent déplacés non pas de leur pays (définition usuelle d'un réfugié) mais bien  d'une partie de la Palestine vers l'autre- n'avait rien d'un " crime raciste"... mais était, selon les Musulmans,  la conséquence  d'un conflit national et d'une guerre, avec des connotations religieuses, qui fut déclenchée par les Arabes eux-mêmes. Il  n'existait pas de "plan" sioniste ni de politique unilatérale d'expulsion de  la population arabe ou de "nettoyage ethnique." 

 

Morris ajouta que, face aux menaces de mort " et "aux  voies prévues pour l'invasion des armées arabes..., moi, personnellement, Je ne trouve rien à redire aux  craintes ou au raisonnement [des Juifs]."[47

 

Le nouveau Morris tient les Arabes pour responsables de leurs propres malheurs et nie l'existence d'une stratégie juive d'expulsion ou de transfert et défend même le droit de Ben-Gourion d'en expulser un plus grand nombre face aux  menaces du Jihad. Puis, soudainement, dans les derniers chapitres de deux de ses livres, Morris évoque le cas des Juifs expulsés des pays arabes, signifiant  qu'il y avait eu un échange d'un nombre à peu près identique de réfugiés résultant de la guerre. Les arabes ayant déclaré la guerre, dit Morris, sont aussi responsables de la tragédie des Palestiniens dans les camps de réfugiés, qu'ils perpétuent, alors que les réfugiés juifs ont été absorbés par Israël

 

Comme nous l'avons noté, Morris parle ouvertement de ses espoirs déçus en ce qui concerne les buts de Palestiniens dans le conflit israélo-arabe. Il est probable que, ajouté à son enseignement des racines du conflit, il ne pouvait pas ignorer le fait qu'il n'y a pratiquement pas de "nouveaux historiens" du côté arabe ou palestinien pour demander pourquoi le facteur religieux a t-il  joué un  rôle aussi néfaste dans la continuation du conflit et  pour demander aussi pourquoi l'islam radical servait-il à l'incitation contre la reconnaissance d'un état juif. C'est pour cela qu'il termine son étude de 1948 avec un retentissant "J'accuse" contre ces historiens qui, indifférents aux actes et déclarations de haine religieuse,  n'ont pas su comprendre le rejet arabe de l'état juif.

 

Dans ses livres et articles les plus récents, Morris est devenu la voix dominante et aussi la plus vigoureuse pour dénoncer les derniers Nouveaux Historiens qui s'agrippent encore à leurs messages fallacieux et sans fondement. Le périple de Morris et l'abandon radical de ses publications antérieures témoignent d'une manière peu commune de la ligne fragile qui sépare l'histoire de la propagande et même du mensonge. Vouloir consigner les faits historiques afin de  créer un narratif politique post-moderne, peut provoquer leur  disparition des bancs de l'histoire.

 

Notes:

 

[1]Benny Morris, l'histoire de la première guerre israélo-arabe (New Haven, Yale University press,2008),392.

[2] Rapports officiels du Conseil de Sécurité des Nations Unies, S/Agenda/58, 16 avril 1948, 19.

[3] " La Palestine libère #3, l'équipage de l'Exodus", New York Times, 9 septembre 1947, 2; voir aussi Daniel Clifton, "Les  Arabes menacent d'employer la force si la Terre Sainte est divisé en deux," 7 septembre 1974, E4.

[4] Morris, 1948, 232.

[5] Ethan Bronner, "les Nouveaux Historiens," New York Times, 9 novembre 2003

[6] Il est facile de voir l'impact des Nouveaux Historiens dans le monde académique. Il suffit de vérifier les  programmes des universités américaines et européennes et d'y voir la place prédominante accordée aux écrits de Morris et aux autres. Au sujet de leur impact, consulter Daniel Polisar, "Faire l'Histoire," Azure, printemps 5760/2000; au sujet  des implications politiques des universités, consulter Manfred Gerstenfeld, Les universitaires contre Israël et les Juifs. ( Centre des affaires politiques de Jérusalem, 2007)

[7] Benny Morris, la naissance du problème des réfugiés palestiniens, 1947-1949 (New-York: Cambridge University press, 1987). Ce livre fait quelques références au rejet arabe d'un état juif mais sans analyse ou tentative aucune de l'inclure dans son contexte historique. Quelques références aussi, mais sous forme de notes seulement, à l'intention arabe d'exploiter la tragédie des réfugiés palestiniens et d'en faire une arme politique contre Israël. La première note figurant au chapitre No 3 mentionne le refus d'Haj Amin al-Husseini, de mars 1949, d'un  retour des réfugiés dans leurs demeures. Il faut aussi mentionner  dans  les premiers livres de Morris l'absence de toute discussion ou mention de  tout ce qui est au cœur du sujet dans son livre de 2008 sur la guerre de 1948: la haine arabe, l'antisémitisme islamique, la "pulsion jihadiste" etc...


Des historiens israéliens tels Anita Shapira et Shabtai Teveth ont attaqué Morris, mais ce fut  Ephraïm Karsh, son critique le plus ardent et pointilleux, qui l'accusa  d'être coupable de cinq chefs d'accusation: "déformation  de documents, usage de citations tronquées, dissimulation d'évidences, fausses déclarations et réécriture d'originaux." Voir Efraïm karsh, "Benny Morris et le règne de la terreur,", Middle East Quarterly (NF: revue trimestrielle sur le Moyen-Orient), mars 1999,
www.meforum.org/466/benny-morris-and-the-reign-of-terror. En ce qui concerne ses attaques contre les Nouveaux Historiens en général, voir Efraïm Karsh, Inventer l'histoire d'Israël : les Nouveaux Historiens (London Frank Cass,1997).

[8] Avi Shlaim mentionne trois membres fondateurs, Morris, Pappé et lui-même, mais certains ont ajouté d'autres noms à la liste. Voir Avi Shlaim, "de l'importance des Historiens", Prospect, 29 juin 2008

[9] Simha Flapan, la naissance d'Israël: Mythes et Réalités (New York: Panthéon Books, 1987); Ilan Pappé, la création du conflit israélo-arabe, 1947-1951 (London:Tauris 1922) et son manifeste antisioniste, la Grande-Bretagne et le conflit israélo-arabe, 1947-51 (London: Palgrave Macmillan, 1988); Avi Shlaim, collusion au-delà du Jourdain, Le roi Abdullah, le moment sioniste et le partage de la Palestine (New York: Columbia University Press, 1988), et plus tard, son Mur de Fer: Israël et le monde arabe (Londres: Allen Lane/Penguin Press, 2000)

De nombreux autres historiens sont venus rejoindre les  historiens israéliens et de par leurs allégations fictives, ont contribué à la consolidation de la cause révisionniste anti-israélienne. En allant jusqu'à dénier à Israël son droit moral à l'existence. Pour une publication du genre, consulter Michel Prior, le Sionisme et l'Etat d'Israël : une enquête morale (Londres et New York: Routledge, 1999). Selon la critique, le livre "dénonce la nature implicitement raciste du Sionisme porté à l'Apartheid, ou représente "la meilleure opération de démolition de la légitimité d'Israël jamais entrevue." Voir David McDowall, Le Moyen-Orient International, cité dans le Living Stones Magazine, printemps 2000, 3.

[10] Tom Segev, Une Palestine, entière: Les Juifs et les arabes sous le Mandat Britannique (New York: Henry Holt, 2001), selon Seguev, l'aide des  Britanniques aux Juifs prenait sa source dans leur conviction erronée  et antisémite de l'existence d'une puissance juive globale excessive.

[11] Alan Dowty, Israël/Palestine, end ed. (Malden, MA:Polity,2008),ix.

[12]Robert I. Rotberg ed., Narratifs israéliens et palestiniens du conflit (Bloomington: Indiana University Press,2006). Ce livre réunit des perspectives différentes, sionistes et antisionistes. livre partial ainsi que le révèle un extrait de critique en  couverture de livre : "la contribution principale [du livre] est de souligner l'origine et la cause historiques de l'état de tension. Il révèle aussi l'interaction  et son évolution entre les deux  narratifs, hégémonie et résistance, "Les droits humains et les droits au bien-être général. Ici, les narratifs historiques semblent  interchangeables et, dans le vocabulaire postmoderne,  le  terme d'hégémonie ne signifie qu'une seule chose, l'occupation israélienne. Signalons aussi que les spécialistes chevronnés du conflit pensent que les narratifs présentés ainsi  offrent la meilleure méthode pour étudier l'histoire du Moyen-Orient et de la lutte palestinienne; Gordon Fellman, critique de Robert I. Rotberg ed., Les narratifs israéliens et palestiniens du conflit, dans Society 45 (2008): 204-2207.
[13] Le plus radical de ces texte se retrouve dans Un monde en mutation : l'histoire à l'intention de la troisième, édité par Danny Ya'akobi et publié par le département des programmes du ministère.


Pour en savoir plus sur les Nouveaux Historiens et le Post-Sionisme, consulter Meyrav Wurmser, "Israël peut-il survivre au Post-Sionisme?" Middle East Quaterly (revue trimestrielle sur le Moyen-Orient), mars 1999,
www.meforum.org/469/can-israel-survive-post-zionism

[14] Nommé, "la lutte pour la sécurité d'Israël" et le quotidien "Yediot Aharonot (Dernières Nouvelles) l'a décrit comme "anéantissant un nombre des mythes les plus fantastiques qui ont bercé notre enfance", 4 août 1999.

[15] Cette liste, plus les addenda et explications de l'auteur, reposent sur deux récits : Benny Moris, 1948 et après; Israël et les Palestiniens (New YorkUniversity Press, 2008),9 ; Miron Rapaport , interview d'Avi Shlaim, "Pas de solution pacifique possible" Haaretz (Nt quotidien israélien, "le Pays"), 11 août 2005, www.editriceilponte.org/_files/HaaretzInterviewEnglish.pdf

[16]Yezid Sayigh, La Lutte Armée et, en quête d'Etat : Le Mouvement National Palestinien 1949-1993 (Oxford et Washington DC: Clarendon Press/Institut des Etudes palestiniennes, 1998),3.

[17] Allégation non fondée. Tout d'abord, il n'existe aucune histoire israélienne officielle de la guerre. Ensuite, plusieurs officiels et historiens israéliens ont attiré l'attention sur des cas d'expulsion  faisant partie intégrante d'une guerre de 18 mois dans les villes et les villages et dans les endroits qui contrôlaient les voies  menant aux villes et villages juifs assiégés.

[18] Naomi Alon, interview de Benny Morris, 17 octobre 2008,
http://cafe.themarker.com.view.php?t=676520. [hebrew] [en hébreu]

[19] Gershon Baskin et Zakaria al Qaq, Créer une culture de la paix (Jérusalem: Le Centre de Recherches et d'Information israélo-Palestinien, 1999), http://www.ipcri.org/.
[20] Shlaim, " De l'Importance des Historiens."

[21] Michal Ben-Josef Hirsch, "De l'interdit au négociable : les nouveaux historiens israéliens et l'évolution de  la  présentation du problème des réfugiés palestiniens," Perspectives sur la politique, juin 2007.

[22] Shlaim, "De l'Importance des Historiens", un autre exemple, selon une critique  du livre de Ben-Ami dans le Guardian,  le livre "présente  des hypothèses jusqu'ici rejetées par la plupart des israéliens : ainsi,  contrairement à l'image familière du David contre Goliath, l'équilibre des forces, de l'élan et de motivation penchaient en leur faveur ; et l'occupation de la Judée-Samarie et de Gaza depuis 1967 était rien moins que libérale ; et tout au long de cette triste affaire,  l'attitude  israélienne a compté et  compte  encore tout autant que l'intransigeance arabe » .

Consulter Ian Black, " Samson et non pas David", la critique  de Shlomo Ben-Ami, la guerre et ses cicatrices, la paix et ses blessures: La tragédie israélo-arabe, dans le Guardian du 11 février 2006.

[23] Benny Morrris, "BeChazara Le Tashach" (Retour à 1948), Le magazine littéraire de Haaretz, 16 septembre 2009 (Hébreu)
[24] Howard M.Sachar, Une Histoire d'Israël (New York: Knopf, 1979),333.
[25] Ahron Bregman et Jihan El-Tari, Israël et les Arabes (New York: TV books, 1988) (Livres TV), 28.


[26] Sachar, L'Histoire d'Israël, 333


[27] Benny Morris, "La Paix? Aucune Chance," The Guardian, 21 Février 2002.
[28] Ari Shavit, interview de Benny Morris, "la survie des plus forts?"  Haaretz, 16 janvier 2004.


[29] Rashid Khalidi. La Cage de Fer: L'Histoire de la lutte palestinienne pour un état (Boston: Beacon press, 2006). Consulter l'index et  les références à l'antisémitisme et à al Husseini.  Khalidi explique l'échec de ce denier en tant que chef d'état et aussi son  discrédit dû à son alliance avec les Nazis (62, 114, 127). Voir aussi les critiques de Khalidi à l'encontre d'Arafat  (158-164)
[30] Ibid.., xxxvii.


[31] Morris, 1948 : Histoire de la première guerre israélo-arabe, 16, 21. Les omissions des Nouveaux Historiens quant au rôle du mufti qui a fomenté la haine contre les juifs font partie de leur tentative  de réécrire l'histoire. Il existe un nombre infini de dossiers se rapportant au mufti datant du  début du conflit  sous le Mandat britannique. Il n'était pas nécessaire d'ouvrir de nouvelles archives pour être plus précis à son sujet. De nombreux écrits le décrivent comme le symbole de l'obstruction arabe antisémite à la paix.. deux livres plus récents viennent renforcer les connaissances antérieures en s'appuyant sur de nouveaux documents: David G.Dalin et John F.Rothman, L'Icône du Mal: Le Mufti d'Hitler et la montée de l'Islam Radical (New York: Random house, 2008); Jeffrey Herf, La Propagande Nazie dans  le Monde Arabe (New Haven: Yale University Press, 2009).


[32] Morris, 1948: Histoire de la Première Guerre Israélo-Arabe,34.


[33] Ibid., 395


[34] Ibid., 70


[36] Ibid.
Larry Collins and Dominique Lapierre, Ô Jérusalem! (New York: Pan Books, 1972), 315. Cette source, l'un des grands bestsellers illustre le fait que Morris n'avait pas à attendre le vingt-et-unième siècle et l'ouverture de nouvelles archives pour saisir le sérieux des menaces du Jihad et pour comprendre le contexte de la détérioration de l'équilibre militaire contre les Juifs.


[37] Morris, 1948: Histoire de la Première Guerre Israélo-Arabe, 399.


[38] Ibid., 398.


[39] Ibid., 401.


[40] Ibid., 397.


[41] Ibid., 403. De fait, il existe  de nombreuses sources dans lesquelles ces faits historiques ont été minutieusement consignés  et ce dès 1948. Consulter les sources mentionnant la diplomatie anti-israélienne britannique et américaine aux Nations- Unies, dans le livre d'Avi Becker, Les Nations-Unies et Israël: De la Reconnaissance à la Répréhension, MA: Lexington Books, 1988), ch.3.  Un ouvrage plus récent souligne les efforts constants des Britanniques et du Département d'Etat des Etats-Unis pour entraver et abroger la Résolution de partage votée par les Nations-Unies, début 1948; Allis Radosh et Roland Radosh, un Refuge: Harry S.Truman et la création d'Israël (New York: Harper Collins, 2009, ch.10.


[42] Morris, 1948: Histoire de la première guerre israélo-arabe, 81.


[43] Ibid., 112.


[44] Ibid., 187.


[45] Benny Morris, Un Etat, Deux Etats: Pour Résoudre le Conflit  Israël/Palestine (New Haven:Yale University Press, 2009).


[46] Ilan Pappé, " Critique Post-Sioniste d'Israël et des Palestiniens, "2ème partie: Les médias, "journal Of Palestine Studies 26, 3 (1997): 37-43. (Journal de Palestine)


[47] Benny Morris, lettre au Irish Times, 21 Février 2008,
http://zionism-israel.com/israel_news/2008/02/israel-and-palestinians-according-to.html.

 

Le Dr.Avi Becker enseigne la Diplomatie à l'Université de Tel-Aviv en maîtrise. Il a passé deux ans aux Etats-Unis en tant que professeur associé, invité par l'Université de Georgetown. Il a exercé les fonctions  de secrétaire général du Congrès Juif Mondial et a publié des ouvrages et des articles sur les politiques internationales, la sûreté et le Judaïsme mondial.



Par Gad - Publié dans : jcpa-Le Cape
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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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  • : 24/04/2007

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