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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 23:02

De Durban 2001 à la conférence d’examen dite

« Durban 2 » en 2009

 

Quels enjeux pour la lutte antiraciste, pour les droits humains et la démocratie ?

Février 2009


http://marcovichnews.canalblog.com/

 

2 ème Partie :

 

3. Le processus préparatoire de la Conférence d’examen de Durban

(Durban II)

 

Le 22 novembre 2006, la troisième Commission de l’Assemblée Générale, en charge des Affaires sociales, culturelles et humanitaires, adopte une résolution qui demande l’organisation d’une conférence en 2009 pour examiner la « mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Durban » et charge le Conseil des droits de l’homme [nouvellement créé en juin 2006] d’entamer les préparatifs de cette manifestation».

 

a. Le Conseil des Droits de l’Homme

 

Il est composé de 47 Etats élus par roulement et il siège à Genève, en tant qu’organe subsidiaire de l’Assemblée générale. Il est chargé « de promouvoir le respect universel et la défense de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales ».

 

Cependant, on y assiste très vite à une vaste offensive de la part de certains pays peu respectueux des droits de l'homme. Ces pays remettent systématiquement en cause les textes fondamentaux de la Déclaration universelle des Droits de l'homme (de 1948) et la conception universaliste de ces droits. Au demeurant, le Conseil semble défendre les intérêts de certains pays, qui se servent de cet organe pour échapper à toutes critiques. Prenons quelques exemples :

 

- Des postes de rapporteurs spéciaux, qui enquêtaient sur la situation des droits humains dans des pays spécifiques, sont supprimés (Cuba et la Biélorussie, en juin 2007).

 

- Quatre pays africains déclarent très sérieusement ne plus vouloir d’ « enquêteurs des Nations Unies » chez eux : le Soudan, la Somalie, le Libéria, le Burundi et la République Démocratique du Congo.

 

- Enfin, plusieurs Etats membres du Conseil s’en prennent à la liberté d'expression qui -selon eux- servirait à diffamer les religions. Les représentants des pays musulmans introduisent le thème de l’islamophobie particulièrement en relation avec la libre expression, la religion, et maintenant, le racisme.

 

- Le 28 mars 2008 (lors de sa 7ème session), dans la foulée de sa condamnation du film (de Wilders) Fitna pour diffamation envers le Coran, le Conseil des droits de l’homme adopte une modification du mandat du rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression. Cet amendement précise que le rapporteur doit désormais relever les cas où un individu aurait abusé de son droit à la liberté d’expression. Le Conseil des droits de l’homme franchit le pas pour reconnaître officiellement le blasphème comme un délit voire une violation des droits de l’homme et pour ficher son auteur. Cet amendement est approuvé par 32 voix (contre 15) notamment grâce aux pays musulmans qui siègent au Conseil des droits de l’homme.

-

b. Préparation de la conférence de Genève (Durban II)

 

Le 22 novembre 2006, la troisième Commission de l’Assemble générale à New York adopte une résolution qui demande l’organisation d’une conférence en 2009 pour examiner « la mise en œuvre de la déclaration et du programme d’action de

Durban ».

 

Les membres du comité préparatoire de la Conférence de suivi de Durban sont désignés durant le mois d’août 2007. La présidente est libyenne, avec comme rapporteur et vice-président, un cubain. Les autres vice-présidents sont, pour la région Afrique, le Cameroun, l’Afrique du Sud et le Sénégal ; pour l’Asie l’Inde, l’Indonésie, la République islamique d’Iran et le Pakistan (à noter que le Pakistan est également porte-parole de l’Organisation de la Conférence islamique) ; pour la région Amérique du sud et caraïbe : l’Argentine, le Brésil, le Chili ; pour la région Europe de l’Est : l’Arménie, la Croatie, l’Estonie et la Fédération de Russie ; et pour la région Europe de l’Ouest : la Belgique, la Grèce, la Norvège et la Turquie.

 

Un Comité Ad Hoc pour l’élaboration de normes complémentaires est également créé, présidé par l’ambassadeur algérien Idriss Jazeiry. Ce dernier a, d’ores et déjà, donné sa définition de l’antisémitisme, la même que celle soumise par l’OCI lors de l’adoption de la DPA en 2001, à savoir que l’antisémitisme est une atteinte aux arabes qui sont des sémites. Selon lui, depuis le 11 septembre 2001, l’antisémitisme à l’encontre des populations arabes, et par à extension tous les musulmans dans le monde, s’est aggravé. Il ne s’agit, d’ailleurs, pas pour ceux qui redéfinissent les termes, de nier l’antisémitisme qu’auraient subi les juifs jadis, mais de le cantonner à la période nazie sur le continent européen et de nier la réalité de l’antisémitisme contemporain à leur encontre.

 

Durant la première année de négociation, on discerne déjà très précisément les rapports de force qui démontrent le peu de poids des démocraties, et notamment de l’UE, sur l’ensemble du processus.

 

c. Les réunions de Comités Préparatoires (PrepCom)

 

La Conférence de suivi de Durban II -qui aura lieu finalement à Genève, du 20 au 24 avril 2009, au Palais des Nations- risque d’être aussi problématique que celle qui fut organisée en 2001. Elle a d’abord été préparée par des conférences régionales, puis par des comités préparatoires (PrepCom).

 

* Les conférences régionales

 

- La première conférence régionale, pour l'Amérique du Sud et Caraïbe, qui a lieu à Brasilia a refusé d'inclure l'antisémitisme.

- Ni la conférence ni la déclaration finale de la réunion préparatoire de Durban 2 (Genève) pour l’Afrique qui s’est tenue à Abuja, au Nigeria, (24 au 26 août 2008), n’ont traité des crimes contre l’humanité, commis par le gouvernement soudanais au Darfour, y compris les massacres ethniques d’au moins 200.000 Africains. Le Soudan -soutenu par l’Algérie, le Maroc et le président nigérian, Martin Uhomoibhi- a interrompu toute discussion sur ce sujet. En outre, le texte de la Conférence d’Abuja omet d’examiner les agressions xénophobes qui ont eu lieu récemment en Afrique du Sud. Le texte n’examine pas non plus les crimes ethniques commis au Kenya cette année, lesquels ont coûté la vie à 1.000 personnes et causé l’expulsion de 600.000 autres.

 

* Les comités préparatoires (PrepCom)

 

Le deuxième Comité préparatoire de la Conférence d’examen de Genève s’est tenu du 6 au 17 octobre 2008 aux Nations Unies, à Genève.

 

Ce PrepCom s’est achevé sur un document inexploitable de 640 paragraphes (dont 160 en provenance de l’Union européenne), un fourre-tout destiné à faire plaisir à tout le monde, y compris aux plus extrémistes.

 

Ce document qui devait être négocié chapitre par chapitre a posé problème sur quatre thèmes au moins :

 

- la liberté d’expression ;

- le Moyen Orient ;

- le passé colonial et la traite négrière

- les politiques migratoires.

 

L’UE a refusé des accords partiels (sectoriels), demandant un texte global équilibré. Le PrepCom a décidé d’une « réorganisation du travail » et d’une méthode nouvelle : Un

« facilitateur unique » : un facilitateur russe a été nommé en novembre 2008. Sa première tache a été de compiler un texte et d’en faire un document de travail. Le document fait maintenant 38 pages, réparti selon les 5 catégories décidées lors de la dernière session de travail.

 

Mais :

  - Le texte est très anti-occidental, il donne l’impression que c’est la seule région au monde ou il y aurait du racisme.

  - Les thèmes problématiques sont toujours présents même si le langage est souvent plus subtil :

  - 7 articles parlent de la question de la diffamation de la religion (art. 5, 26, 53, 117, 159, 216, 220)

  - Un article qui appelle à la censure et à museler la liberté d’expression (art 160)

  - 2 articles qui critiquent les mesures et la lutte contre le terrorisme comme étant racistes (art. 22 et 158), sans, bien sûr, aucune mention d’incitation à la haine par les terroristes eux-mêmes.

- 2 articles qui mentionnent l’esclavage transatlantique uniquement. (art. 156 et 226)

 - Articles critiquant ouvertement nos sociétés libérales : art 8 contre l’intégration, art 10 sociétés libérales sont davantage racistes et art 13, un échec de la conférence augmentera le racisme.

  - 5 articles sur Israël (art. 30, 31, 32, 33, 34) : raciste envers les palestiniens, droit à l’autodétermination, l’occupation est raciste.

 

Les négociations sur le projet de document final se poursuivent. Le dernier cycle des négociations informelles tenues par le Groupe de travail chargé de négocier le document final s’est achevé le 19 février, à Genève. Les réunions du Groupe de travail étaient présidées par la Fédération de Russie. Pour la première fois, les États-Unis et l’Australie ont activement participé aux discussions.

 

À ce stade, 35 paragraphes sur un total de 250 ont fait l’objet d’un accord, et ont été adoptés par le Groupe de travail qui doit tenir d’autres sessions à Genève, fin février.

 

d. Genève Avril 2009

 

Toutes les ONG qui avaient été accréditées en 2001 se voient automatiquement reconduites. Les autres doivent présenter un dossier au Comité préparatoire chargé d’étudier leur demande. Comme en 2001, l’Inde ne souhaite pas la présence d’organisations représentant les droits des Dalits et l’OCI fait obstacle aux associations luttant contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle. Quant à l’Iran, elle a refusé l’accréditation de l'ONG Canadienne The Canadian Council for Israel and Jewish Advocacy prétextant que celle-ci cachait des intérêts privés. En revanche, le Palestinian Grassroots Anti-Apartheid Wall Campaign (PGAAWC) n’a eu aucun problème pour obtenir une accréditation.

 

4. Les lignes rouges ont-elles été franchies ?

 

Cette formule de ligne rouge a été utilisée pour la première fois par le Président Sarkozy lors du dîner annuel du CRIF le 13 février 2008, formule reprise par la Secrétaire d’Etat aux droits de l’homme à plusieurs reprises.

 

Certains pays se sont néanmoins déjà prononcé sur ce point et ont décidé de se retirer du processus tels le Canada en janvier 2008 et Israël en novembre 2008. Les Etats-Unis n’ont participé à aucune réunion préparatoire jusqu’en février 2009. La nouvelle administration du président Obama a décidé de participer à la réunion informelle se tenant du 16 au 19 février sans pour autant prendre de décision sur sa venue lors de la conférence d’avril. Elle a, cependant, tracé trois lignes rouges, à savoir : ne pas distinguer Israël, ne pas porter atteinte à la liberté d’expression et ne pas aborder la question des réparations pour les descendants de l’esclavage. L’Australie, les Pays Bas et le Royaume Uni, ainsi que le Danemark, ont menacé de se retirer dans le cas où le langage de haine était introduit ou si la notion de diffamation des religions et la limitation de la liberté d’expression demeuraient un enjeu central.

 

Les pays de l’Union européenne ne semblent pas unanimes sur la définition de ces fameuses lignes rouges qui bougent au gré de l’avancement des négociations.


Aujourd’hui, la question de l’esclavage, notamment l’élargissement de la condamnation à d’autres traites que la traite transatlantique demeure un enjeu central.

 

Il apparaît déjà clairement que les Dalits, les Tibétains et autres peuples discriminés dans le monde seront des thèmes tabous, comme en 2001.

 

L’avenir de la majorité des victimes du racisme et des discriminations de par le monde risque d’être sacrifié une fois encore sur l’autel du consensus, au profit d’idéologies qui ont peu à voir avec les aspirations démocratiques, les libertés individuelles, la justice et l’égalité.

 

 

 

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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 23:01

De Durban 2001 à la conférence d’examen dite « Durban 2 » en 2009

 

Quels enjeux pour la lutte antiraciste, pour les droits humains et la démocratie ?

Février 2009


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I ère Partie :

 

d’après un texte de Malka Marcovich

 

L’assemblée générale des Nations Unies, inquiète des discriminations sévissant dans le monde, décida d’organiser une Conférence Internationale sur le racisme. La première conférence eut lieu à Vienne en 1993 et elle décida de la nomination d’un Haut Commissaire auprès de la Commission des Droits de l’Homme.

 

La troisième conférence mondiale contre le racisme s’est tenue en août 2001, à Durban en Afrique du Sud, et s’est s’achevée le 8 septembre 2001, trois jours avant les attentats du 11 septembre. Cet événement majeur devient aussitôt le nouveau marqueur à partir duquel les discours et les actions s’élaboreront au sein de l’ONU pendant les années qui suivront. Les délégations de 170 Etats y prennent part. En même temps, se tient un Forum des organisations non-gouvernementales (ONG), rassemblant quelques 6000 ONG, chiffre record.

 

A deux mois de la Conférence d’examen de Durban dite Durban 2 (20 au 24 avril2009 à Genève), il est utile de comprendre les enjeux de cette conférence :

 

· de rappeler précisément ce que fut Durban 1,

· de connaître l’évolution des normes internationales autour du racisme,

· les possibles conséquences sur les luttes contre le racisme, pour les droits humains et la démocratie

 

1.    Durban 1, ce qu’il faut savoir

 

D’un point de vue organisationnel, il est utile de rappeler l’existence de deux forums, l’un gouvernemental et le deuxième regroupant les ONG admises à participer. Les ONG ainsi que les gouvernements doivent produire un document avec des recommandations finales.

 

Au retour de Durban 1, certains témoins ont décrit les violences, les slogans antisémites qui pouvaient s’exprimer sans retenue dans le Forum des ONG de la conférence mondiale contre le racisme. Mais on a peu évoqué d’autres faits aussi graves, comme la mise au silence des femmes, le putsch du caucus des ONG dans une atmosphère de lynchage, l’adoption du texte du forum des ONG en dehors de tout cadre démocratique (1)

 

Si le forum des ONG a donné lieux à des outrances comportementales, la rencontregouvernementale n’a pas été sans poser problème. Comme dans le Forum des ONG, on a assisté à une focalisation sur la question proche orientale et à la tentative de certains états d’utiliser dans la Déclaration et la plateforme d’action (DPA) contre le racisme, une terminologie que l’on a intitulé alors de « langage de haine ».

 

Lundi soir 3 septembre, Israël quittait Durban, décision prise en coordination avec les Etats-Unis. L'après-midi même, la déclaration du rabbin Michael Melchior, ministre adjoint des affaires étrangères israélien, avait été lue en assemblée plénière : « Le texte proposé à Durban fait d'Israël un état démoniaque et par conséquent illégitime. La politique israélienne peut et doit être critiquée. Mais, en employant des termes aussi radicaux que “purification ethnique”, « apartheid», « génocide », « crimes racistes » et « holocauste » pour qualifier l'attitude israélienne dans le conflit palestinien, les pays arabes transforment ce qui est un conflit politique et territorial enconflit racial, religieux et existentiel ».

 

Après le départ des Etats-Unis et d’Israël, l’Union européenne (UE) sous Présidence belge, a su tenir jusqu’au bout pour que soit supprimée cette fameuse rhétorique. Mais il y eut, également, un accord entre l’UE et l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) afin que soit introduite la « mémoire de l’holocauste » en échange du maintien des paragraphes portant spécifiquement sur la Palestine, Israël demeurant le seul pays qui soit ainsi visé dans l’ensemble du document.

 

Malgré ce qui a été affirmé par la suite par l’UE ou le Haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, la Déclaration finale (DPA) n’a pas été adoptée par consensus par l’ensemble de la communauté internationale. Outre le départ des USA et d’Israël durant la conférence, certains états ont émis des réserves et se sont dissociés du consensus lors de l’adoption du texte.

 

Pour des raisons diamétralement opposées, l’Australie, le Canada, le Guatemala, l’Irak, la République islamique d’Iran et la Lettonie, ont refusé les paragraphes concernant la Palestine.

 

Les Émirats arabes unis et les délégations de l’État de Bahreïn, du Royaume d’Arabie saoudite, du Sultanat d’Oman, de l’État du Qatar et de l’État du Koweït, se sont clairement démarqués de

« certains libellés et concepts contraires aux dispositions de la charia islamique.»

 

Le Chili, le Canada, le Guatemala et l’Équateur ont dénoncé le fait que l’orientation sexuelle soit

« absente du texte ».

 

La DPA gouvernementale comporte certains paragraphes qui sont, cependant, une avancée pour le mouvement antiraciste, notamment en ce qui concerne les Roms/Gitans/Sintis ainsi que les peuples autochtones. En revanche, il a été impossible d’évoquer les discriminations de caste et la situation des Dalit (Intouchables) en Inde, ou celles commises contres les minorités en Chine, en particulier contre le peuple tibétain, en raison du refus de ces deux pays.

 

Concernant la traite et l’esclavage, elles ne sont condamnées et considérées comme crime contre l’humanité que dans le cadre de la traite transatlantique, car plusieurs pays arabes et africains s’étaient formellement opposés à ce que l’on évoque l’esclavage contemporain, la traite transsaharienne ou dans l’Océan Indien.

 

A cet égard, le document issu du Forum des ONG va plus loin que le document gouvernemental, puisqu’il évoque tous ces sujets, et bien d’autres encore, notamment la question des discriminations liées à l’orientation sexuelle.

 

Ainsi, la prise en main du forum des ONG par des groupes anti-démocratiques, qui ont instrumentalisé la question de la Palestine et empêché une prise de parole des femmes a porté ombrage à nombre de situations discriminatoires dans le monde. En effet, en raison du « langage de haine », la Haute Commissaire aux droits de l’homme, Mary Robinson s’est vue obligée de refuser de transmettre le document final des ONG aux représentants des gouvernements.

 

 

 

2. 2001-2009 : la structuration idéologique de Durban 2

 

La Déclaration et le programme d’action de Durban, met à l’honneur la religion comme « valeur intrinsèque des êtres humains » qui « peut aider à promouvoir la dignité » et à « éliminer le racisme ». Pour la première fois, le terme d’islamophobie (2) a été introduit dans un texte international qui désigne tout à la fois, l’atteinte aux musulmans autant que le blasphème.

 

A peine quelques semaines après les attentats du 11 septembre, commence à s’élaborer au sein de l’ONU toute une rhétorique d’inversion, visant à faire peser sur une entité non définie, mais fortement stigmatisée : « l’Occident », la responsabilité des actes terroristes qui ont été commis sur le sol américain, puis à Madrid en 2004 ou au Royaume Uni en 2005.

 

Se structure depuis 2001 une plateforme politique qui continue de se focaliser sur l’état d’Israël, considère l’islamophobie comme la forme absolue du racisme commise par les occidentaux, et vise à limiter la liberté d’expression.

 

De nombreux mécanismes voient le jour, notamment sur les descendants d’Africains. Mais aucune des nouvelles structures ne permettent d’aborder les sujets qui n’avaient pu être abordés en 2001, comme les discriminations de caste ou les violations des droits humains par la Chine.

 

En ce qui concerne les femmes, les poussées relativistes, qui placent les traditions, les cultures et les religions comme supérieures aux droits universels, va particulièrement porter un coup aux revendications concernant les droits des femmes.

 

En revanche certains thèmes comme la représentation politique, les mutilations sexuelles, la traite ou la prostitution vont être instrumentalisés pour valoriser la place traditionnelle des femmes dans l’espace de la famille, protégées par l’espace du religieux, notamment par la Charia.

 

L’affaire dite « des caricatures de Mahomet » va porter à son comble l’obsession des institutions internationales contre l’islamophobie. Les rapports du rapporteur spécial sur le racisme vont principalement porter sur l’islamophobie. D’ailleurs, les missions qu’il effectuera entre 2002 et 2008 témoignent d’une vision sélective du monde, puisqu’il se rendra dans sept pays d'Amérique latine (Brésil, Colombie, Guatemala, Guyane, Honduras, Nicaragua, La République dominicaine, Trinidad et Tobago), deux pays d’Afrique (Côte d'Ivoire, Mauritanie), trois pays du groupe Europe de l'ouest et autres : Canada, Etats-Unis, Italie, Suisse et un pays du groupe Asie : le Japon.

 

A partir des résolutions contre la diffamation des religions qui sont adoptées chaque année à l’Assemblée Générale et au Conseil des droits de l’homme (CDH), va se construire toute une rhétorique visant à réduire la liberté d’expression. Le mot censure n’est jamais évoqué. On parle en revanche de responsabilisation des médias. Et s’il y a violence, voir acte de terrorisme, c’est en raison de l’irresponsabilité des médias dans la diffusion de textes ou dessins diffamatoires.

 

Même le mandat du rapporteur spécial sur la liberté d’expression se voit transformé en « policier » du CDH. Il doit désormais débusquer « les cas où le droit à la liberté d’expression constitue un acte de discrimination raciale ou religieuse » et s’assurer «que toutes les formes de médias rapportent les informations de manière équitable et impartiale ». Afin de prévenir les conflits et parvenir à la paix entre les peuples, le dialogue inter-religieux est promu.

 

Lors de la conférence du Mouvement des non alignés à Durban en 1998, le président de la République islamique d’Iran avait proposé que l’Assemblée Générale consacre l’année 2001 « année du dialogue des civilisations », afin de contrer le livre de l’universitaire américain, Samuel Huntington, « le choc des civilisations » (3), considéré par Khatami comme le projet politique hégémonique occidental. Après les attentats à Madrid en 2005, une nouvelle structure va naître ausein de l’ONU, « L’alliance des civilisations » sous l’égide des gouvernements espagnols et turcs.

 

En réalité, l’alliance ou le dialogue de civilisations présentent une vision bipolaire du monde qui met en face à face l’Occident (entité non définie) et l’Islam, attaque la laïcité et l’universalisme considérés comme un système de valeur occidental, et confère aux religions monothéistes – ce qui exclue toutes les autres - une place politique.

 

(Fin de la première partie.  A suivre...)

 

(1)   Voir les témoignages et les éclairages de différents témoins à Durban dans les actes du Colloque « Durban et après », 7 décembre 2001, Assemblée Nationale, sous l’égide de la CLEF et du MAPP.

(2)   Pour mémoire, ce terme a été utilisé pour la première fois par l’Ayatollah Khomeiny contre Salman Rushdie après la publication des « Versets sataniques »Sur l’origine et les débats autour de la notion d’« islamophobie »,voir notamment C. Fourest et F. Venner, Tirs croisés. La laïcité à l’épreuve des intégrismes, juif, chrétien et musulman, 2003, Calmann-Lévy.

(3)    1993, Odile Jacob 1997

 

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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 21:48
 

Appel parlementaire contre Durban II

La Conférence de Durban II qui se tiendra à Genève entre le 20 et 24 avril avril contre le racisme, l'intolérance et les discriminations servira en fait de prétexte aux organisateurs libyens, qui en occupent la Présidence, cubains, qui sont rapporteurs, et iraniens, la Vice-Présidence, pour justifier des pratiques injustifiables et condamner la conception des Droits de l'Homme issue de la Déclaration universelle de 1948.

La convention de Durban II est un piège dont les conséquences seront plus graves que celles qui ont suivies Durban I. Les textes préparatoires sacrifient la liberté d'expression sur l'autel de la primauté religieuse. Ils confortent les discriminations à l'encontre des minorités, des femmes. Les libertés d'opinion, d'expression, de conscience ne sont plus les valeurs absolues auxquelles l'humanité tend.

Le Canada, les Etats-Unis d'Obama, Israël ont annoncé qu'ils ne participeraient pas à cette mascarade ! L'Italie est actuellement le seul pays de l'Union européenne a avoir annoncé son retrait des travaux. Il sera sans doute suivi par d'autres pays européens.

La France se doit de ne pas être en retard sur un sujet aussi grave. La France doit dénoncer ardemment ce mal qui ronge l'ONU de l'intérieur. Participer aux débats pour s'en retirer constituerait un aveu de faiblesse que ne manqueraient pas d'exploiter les responsables de cette parodie humanitaire.

Ardents défenseurs des Droits de l'Homme, garants de leur universalisme, j'invite les députés à se mobiliser pour obtenir une décision claire et publique du gouvernement français, en rejoignant l'Appel parlementaire pour le retrait de la France des travaux de Durban II.


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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 13:04
D'après les consignes reçues sur place par nos amis, l'augmentation des pays à risques pour les voyageurs israéliens serait passée de 57 à 129, du fait des menaces du Hezbollah et du Hamas de s'en prendre à tout ressortissant de l'état hébreu, au motif qu'il est Juif. Ce qui, en termes de législation internationale, est, en soi, une forme d'ajustement par précaution à la discrimination nationale, ethnique, religieuse ou raciale qui devrait relever des conventions de Genève.

Au-delà des restrictions d'échanges touristiques ou commerciaux stricto-sensu, il faut relever les nombreux manquements aux règles élémentaires d'accueil ou de l'hospitalité du pays d'entrée, qui conduisent certains fonctionnaires locaux à une application zélée, tatillonne, relevant de la tracasserie gratuite ou du harcèlement, qui affectent fréquemment le voyageur en provenance d'Eretz.

Cela concerne certains pays du Maghreb, comme dans le cas de tel homme d'affaires important du Sud d'Israël, qui a passé un temps infini à la douane marocaine, alors même qu'il fait travailler la population locale dans les trois hôtels dont il est propriétaire.

Mais il est aussi question de la douane française de Roissy, où des fonctionnaires, souvent d'origine maghrébine, font parfois passer le droit commun et le service public bien après leurs préjugés anti-sionistes, au nom d'on ne saura jamais quelle justice immanente dont ils seraient les dépositaires assermentés. Ainsi de l'un de nos amis rabbin qui a dû se justifier plus d'une demi-heure au sujet de sa terre de provenance, peu de temps après l'opération "plomb durci".

On voudrait décourager la liberté de circuler et la société de libre-échange qu'on ne s'y prendrait pas autrement...


Peu à peu, l'antisionisme ordinaire prend un masque des plus hideux, mais des plus conventionnés, tel qu'on croyait ne plus devoir le scruter droit dans les yeux, depuis le temps où les Juifs n'étaient pas encore dotés du drapeau bleu et blanc, mais bientôt plutôt de la yellow star infligée par un certain Amalek européen qui préférait les enfants blonds aux yeux bleus.

(merci à Aschkele pour son témoignage).


http://www.israelmagazine.co.il/menaces-d%C2%92enl%C3%A8vements-pays-risque-n-522.html

Menaces d’enlèvements: les pays à risque
Date: mardi 10 mars 2009
Un mois avant les fêtes de Pessah et à l’occasion de l’ouverture de la saison des voyages printaniers, le Bureau de lutte anti-terroriste émet un avertissement concernant plusieurs destinations qui mettraient en danger les touristes israéliens.
Menaces d’enlèvements: les pays à risque
Selon le Bureau, il ne s’agit pas de nouvelles destinations, mais la mise en garde rappelle que certaines régions sont toujours considérées à risque. La péninsule du Sinaï est toujours en tête de ces destinations à risque, des tentatives d’enlèvements d’Israéliens sur les plages pouvant être opérées afin de les conduire dans la bande de Gaza, par l’Axe de Philadelphie. Selon les estimations, des groupes de terroristes du Hezbollah et du Hamas, financés par l’Iran, se sont formés afin de perpétrer ce genre d’enlèvements. Outre le Sinaï, d’autres avertissements sont toujours d’actualité dans les pays arabes. La Turquie, la Thaïlande, Les Philippines et l’Ouzbékistan figurent également dans la liste, le Hezbollah ayant menacé de s’en prendre à « des objectifs israéliens à l’étranger » depuis la mort de son dirigeant Ismaël Mourgniyeh, les hommes d’affaires israéliens ayant des relations avec des pays musulmans devant être particulièrement vigilants. Le Bureau de lutte anti-terroriste rappelle ses recommandations de vigilance et de prudence (ne pas voyager seul ni accepter d’invitation imprévue et particulièrement dans des lieux retirés, refuser des cadeaux ou propositions de visite d’inconnus ou éviter de convier dans sa chambre d’hôtel ou à son domicile des personnes suspectes ou inconnues. Voir la liste complète des pays à risque sur le site Internet du Bureau de lutte anti-terroriste : www.nsc.gov.il
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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 10:50
Le Grand-Orient de France dénonce l’orientation de la Conférence dite de «Durban II» à Genève

 10/03/09

GRAND ORIENT DE FRANCE

         16, rue Cadet – 75009 Paris

Paris, le 6 mars 2009

 

COMMUNIQUÉ

 

Grand Orient de France

Grande Loge Féminine de France

Fédération Française du Droit Humain

 

 

 

Les Obédiences signataires tiennent à s’associer à toutes les institutions publiques nationales et internationales et à toutes les associations non gouvernementales de défense des droits de l’homme qui dénoncent l’orientation très dangereuse prise par le projet de déclaration finale de la Conférence des Nations Unies sur la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’intolérance, dit de «Durban II », et qui sera examiné à Genève en avril prochain.

 

Présidé par la Lybie et vice-présidé par l’Iran, le Comité Préparatoire institué pour la finalisation du projet de déclaration se livre à un véritable détournement du concept de protection des droits de l’homme pour tenter :

 

          a) d’imposer, au nom de la prétendue liberté religieuse, la supériorité d’une religion - l’Islam – sur toutes les autres religions et sur tous les mouvements d’idées en exigeant notamment l’établissement d’un délit de blasphème en contradiction ouverte avec la liberté absolue de conscience, la liberté d’expression et la laïcité ;

 

          b) d’institutionnaliser l’antisémitisme au sein de la Conférence de l’ONU en mettant ouvertement et systématiquement en accusation l’Etat d’Israël par des thématiques racistes n’ayant aucun rapport avec le libre examen critique de la politique étrangère d’un Etat membre de l’ONU ;

 

          c) de promouvoir des thèses sexistes, hostiles aux droits des femmes et contestant en particulier leur droit à l’émancipation ;

 

          d) de refuser la condamnation des Etats qui pratiquent la discrimination, voire la répression, au sein de leur propre société ;

 

          f) de rejeter l’universalité des droits de l’homme au profit d’un communautarisme exacerbé qui devrait tenir compte des « spécificités culturelles » pour mieux discriminer entre les catégories de citoyens.

 

Après le retrait du Canada et d’Israël de ce processus, l’Administration OBAMA a annoncé à son tour son retrait et sa participation en tant que simple observateur à la Conférence de l’ONU à Genève.

 

Devant la gravité de la situation, les Obédiences suscitées appellent Monsieur le Président de la République à agir pour que les pays membres de l’Union européenne refusent également de cautionner cette mascarade et s’abstiennent de participer à la Conférence de Genève autrement qu’en tant qu’observateurs.

 

En cette période de célébration du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la France doit vigoureusement dénoncer l’orientation de la Conférence dite de « Durban II » à Genève et peser de tout son poids pour stopper cette dérive inacceptable au sein des instances de l’ONU.

 

[Texte aimablement transmis par Nico, Israël.]

 

Mis en ligne le 9 mars 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org
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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 16:33

L’Allemagne appelle au Boycott de Durban II

German MP calls for Durban II boycott (jpost.com)

lundi 9 mars 2009

Une hausse sensible de la pression parlementaire s’est faite ressentir ces derniers jours au ministère des affaires étrangères allemand en faveur du Boycott de la future conférence du suivi de Durban qui doit avoir lieu en avril 2009 à Genève, informe le Jérusalem Post, lundi 9 mars 2009. (lire le texte du projet de déclaration finale de la conférence de Durban 2)

Kristine Köhler, Membre du Parlement Allemand et représentante du parti de l’Union Chrétienne Démocratique, a en effet déclaré dans un communiqué : « l’Allemagne doit boycotter cette mascarade antisémite et anti-occidentale. Soit avec ses partenaires européens, soit seule si cela est nécessaire. Nous n’accepteront pas d’être « la feuille de vigne » des activités islamistes antisémites de l’Iran ».
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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:06

Coupe Davis : Israël bat la Suède après un long suspense

MALMÖ, Suède (Reuters)

lundi 9 mars 2009

Israël a arraché une place en quarts de finale de la Coupe Davis en remportant dimanche deux victoires en cinq sets lors des deux derniers simples de son premier tour en Suède. Israël a gagné 3-2.

Dans cette rencontre disputée à huis clos pour des raisons de sécurité invoquées par la ville de Malmö, Harel Levy s’est imposé au bout du suspense face à Andreas Vinciguerra dans le dernier match, avec un 8-6 dans la cinquième manche décisive. (voir les scènes d’émeutes anti-israéliennes à Malmö - echos-vox-m-dias.

Auparavant, Dudi Sela avait remis Israël à égalité 2-2 avec la Suède après avoir été mené deux sets à un par Thomas Johansson.

Harel Levy (Isr) bat Andreas Vinciguerra (Suè) 6-4 4-6 6-4 3-6 8-6

Dudi Sela (Isr) bat Thomas Johansson (Suè) 3-6 6-1 4-6 6-4 6-2

Joué samedi

Simon Aspelin/Robert Lindstedt (Suè) battent Amir Hadad/Andy Ram (Isr) 6-4 1-6 7-6(4) 6-4

Joués vendredi

Dudi Sela (Isr) bat Andreas Vinciguerra (Suè) 4-6 6-3 3-6 6-3 11-9

Thomas Johansson (Suè) bat Harel Levy (Isr) 6-7(3) 6-4 7-5 4-6 8-6

EDITO: SUEDE-ISRAËL-HAMAS : LA HAINE ANTI-ISRAELIENNE A FRANCHI UN PALIER A MALMOË, MAIS N'A PAS EMPÊCHE ISRAËL DE REMPORTER UNE VICTOIRE HISTORIQUE SUR LA SUEDE EN COUPE DAVIS.

” …Le phénomène classique de l’antisémitisme revêt un manteau neuf. L’ancien reste en place, une forme de coexistence dirons-nous…”

mar09

Par Mati Ben-Avraham

SUEDE-ISRAËL-HAMAS : LA HAINE ANTI-ISRAELIENNE A FRANCHI UN PALIER A MALMOË, MAIS N’A PAS EMPÊCHE ISRAËL DE REMPORTER UNE VICTOIRE HISTORIQUE SUR LA SUEDE EN COUPE DAVIS.
Par Mati Ben-Avraham

C’était en 1984, en Espagne. le 5 juillet à Barcelone, l’un des quarts de finale de la Coupe du monde du football, opposait le Brésil et l’Italie. Une affiche de rêve. Un match superbe, mais dont les téléspectateurs arabes – pourtant friands de ce sport – avaient été privés. La retransmission de cette rencontre, en effet, avait été interdite par la Ligue arabe. La raison : l’arbitre, Avraham Klein, était israélien!

Pourtant, quelques années auparavant, l’Egypte et Israël avaient signé un traité de paix, conformément aux dispositions de la Résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU. Israël s’était retiré alors de tout le Sinaï, conquis lors de la guerre des six jours, en juin 1968.

Mais voilà, la Ligue arabe avait condamné cette paix, allant même à exclure l’Egypte de ses rangs. Et malheureusement, la communauté internationale, dont la plupart des Etats européens, avait suivi la Ligue arabe, faisant la fine bouche devant la percée réalisée par Anouar el Sadate et Menahem Beguin. Il n’est pas interdit de se demander où en serait le Proche-Orient, aujourd’hui, si ces Etats occidentaux avaient opté pour la démarche inverse, contraignant le Ligue arabe à s’aligner sur l’Egypte.

La justification avancée était la dépendance énergétique d’une part et, d’autre part, la crainte de perdre des contrats juteux dans le monde arabe. Lionel Stoleru, du temps où il présidait la Chambre de commerce France-Israël, avait dénoncé le caractère fallacieux de cette justification. Il s’était proposé de publier un Livre blanc pour démontrer, chiffres à l’appui, que des pays comme les Etats-Unis ou l’Allemagne, proches d’Israël et le prouvant, réalisaient de bien meilleurs scores en monde arabe que ceux qui se pliaient aux injonctions des extrémistes de l’époque.

Depuis, il y a eu la paix entre Israël et la Jordanie, la Conférence de Madrid, Oslo, la Feuille de route, le retrait israélien de la bande de Gaza, Annapolis, Paris… Autant d’étapes qui marquent un changement progressif des attitudes, un dégel certain, mais aussi de nouveaux écueils : la montée en puissance de l’islam radical, la volonté d’hégémonie iranienne, le jeu trouble de la Syrie.

En ce sens, l’opération “Plomb durci” a mis en évidence la fracture survenue dans la sphère musulmane régionale : la classique opposition sunnite-chiite a cédé le pas à une confrontation entre pragmatisme et extrémisme en terre d’Islam. Le Hamas, pion de la stratégie de conquête du radicalisme, a été cloué au pilori – et par les Etats-Unis, l’Union européenne et par l’Egypte et l’Autorité palestinienne – en tant que facteur de déstabilisation et d’avoir provoqué sciemment la terrible riposte israélienne.

Tout se passe, cependant, comme si le changement intervenu depuis 1984 n’avait pas prise dans les grandes cités européennes. De fait, les scènes de violence qui ont entourées la rencontre de Tennis entre la Suède et Israël à Malmö, sont révélatrices d’une persistance: celle de la haine du juif. Il ne faut pas s’y tromper : à travers l’israélien, c’est encore le juif qui est visé. A cet égard, notre confrère Primo, a eu la riche idée de diffuser un article de Jean Amery(), publié le 25 juillet 1969 dans le Die Zeit, dont voici un extrait significatif :

” …Le phénomène classique de l’antisémitisme revêt un manteau neuf. L’ancien reste en place, une forme de coexistence dirons-nous. Ce qui a été reste et restera : le Juif au nez crochu et aux jambes torses qui devant n’importe quoi – que dis-je ? – qui devant tout prend ses jambes à son cou. Et c’est ainsi que le montrent les affiches et les tracts de la propagande arabe, matériel auquel doivent bien contribuer des hommes bruns autrefois de langue maternelle allemande, dissimulés aujourd’hui sous des noms arabes…
Quant aux nouvelles représentations du Juif, c’est juste après la guerre des six jours qu’elles ont fait leur apparition sur la scène où elles s’installent peu à peu : c’est l’image de l’oppresseur israélien qui, du pas triomphant des légions romaines, s’empare de la terre de palestiniens pacifiques.
L’anti-Israël, l’anti sionisme, dans la plus pure continuité avec l’antisémitisme d’antan : aucune contradiction entre l’oppresseur-légionnaire au pas fier et le poltron aux jambes torses. Une chose est sûre : l’anti-Israël comme l’antisionisme portent l’antisémitisme comme la nuée porte l’orage. Il peut parler une langue crue dans laquelle l’état d’Israël est « un état criminel. “

Certes, et il faut le souligner, cette recrudescence violente de l’antisémitisme sous couvert d’anti-israélisme est le propre de minorités agissantes. Certes encore, les Etats européens, pour la plupart, ont renforcé leur arsenal juridique pour sanctionner plus durement les menées antisémites, en acte ou en parole. Il n’en faut pas moins relever une inquiétude : le découplage entre politique gouvernementale et sa perception par la rue d’une part et, d’autre part, l’incapacité des institutions à prévenir des comportements, des réactions à même de malmener leur tissu social national. En ce, le huis-clos imposé par les autorités politiques et sportives suédoises à la rencontre relevait de la démission. Les casseurs ne s’y sont pas trompés.

Israël s’est imposé par 3 à 2, se propulsant ainsi parmi les huit meilleures équipes au plan mondial. Un authentique exploit. Alléluia!

() Jean Amery, de son vrai nom Hans Mayer, est l’un des plus grands écrivains autrichiens. Il est né à Vienne en 1912. On lui doit, entre autres ouvrages ” Par delà le crime et le châtiment”. Il s’est suicidé à Salzbourg le 17 octobre 1978.

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 19:37
Manifestations anti israéliennes en Suède

http://www.israelmagazine.co.il/manifestations-anti-isra%C3%A9liennes-su%C3%A8de-n-515.html
Date: dimanche 08 mars 2009
La décision de jouer à huis clos le match de la coupe Davis à Malmo, en Suède, en raison de la présence de l’equipe d'Israël et d'Andy Ram n’a pas empêché les fauteurs de troubles. Des dizaines de manifestants anti-Israéliens ont eu des démêlés avec la police, samedi, en tentant de forcer les portes du stade fermé par peur de dérapages.
Manifestations anti israéliennes en Suède
Les manifestants ont lancé des pierres et des feux d'artifice vers les véhicules de police afin de faire tomber les barricades qui avaient été érigées dans le but d'éloigner le public. Des centaines de policiers anti-émeute les ont repoussés à l'aide de matraques et environ une centaine de personnes ont été interceptées parmi lesquelles au moins six ont été officiellement arrêtées pour avoir provoqué l'émeute. Le match a été disputé comme prévu, et les joueurs de tennis israéliens et suédois ont eu connaissance de ces incidents après la rencontre seulement. « Nous savions qu'il y aurait quelques milliers de personnes qui allaient crier dehors, a commenté le joueur israélien Andy Ram, mais nous n'avons rien ressenti à l'intérieur. Les policiers ont fait du bon travail ». Ram a cependant qualifié de « stupide » la décision de jouer devant des gradins vides. « Jouer sans la foule, c'est comme disputer un match d'entraînement », a-t-il affirmé. D'autres incidents ont eu lieu par ailleurs dans d'autres parties de la ville, notamment dans un square du centre-ville de Malmo où environ 7000 personnes se sont réunies afin d'écouter des discours condamnant la récente opération militaire d'Israël à Gaza et appelant à boycotter Israël.
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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 06:48

Vaste soutien européen à Israël

israel-infos.net

mercredi 4 mars 2009

Plusieurs Etats européens se sont opposés ce mardi, lors d’une réunion de la Commission de l’ONU pour les Droits de l’Homme, à ce que des pays musulmans ne profitent du prochain sommet « Durban II », pour faire adopter une résolution anti israélienne, concernant le conflit avec les Palestiniens, selon laquelle l’Etat hébreu sera qualifié de « conquérant et raciste ».

Une autre exigence controversée de ces pays, tient à l’inclusion dans la déclaration finale de ce sommet mondial contre le racisme qui se tiendra à Genève au mois d’avril prochain, d’un parallèle entre critique religieuse et violation des droits de l’homme.

Le ministre hollandais des Affaires étrangères, Maxime Verhagen, s’est déclaré « profondément inquiet » qu’il y ait « plusieurs participants qui souhaitent utiliser ce sommet pour nous imposer à tous, leurs tentatives d’aborder des sujets religieux, ou se concentrer sur un conflit régional ». « Nous ne pourrons tolérer un texte plaçant la religion au dessus de l’individu, qui ne condamne pas l’antisémitisme, et qui décrie de manière particulière l’Etat d’Israël » a encore affirmé le chef de la diplomatie néerlandaise.

Les représentants danois, allemand, belge et italien ont fait également part d’une inquiétude similaire.

Le Premier ministre français, François Fillon, avait pour sa part menacé lundi, de quitter ce sommet si y étaient entendues des déclarations de nature antisémite, précisant : « Nous n’hésiterons pas à abandonner la conférence, si des dénégations d’Israël ou de la communauté juive dans le monde y sont prononcées ».

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 21:28
La CAPJPO, une organisation propalestinienne radicale
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02.03.2009

Texte repris du Blogue "Vu de Jérusalem"

Une vidéo qui circule ces derniers jours sur Internet et sur Facebook, montre un groupe de militants propalestiniens, manifestant à l'intérieur d'un magasin Carrefour en banlieue parisienne, aux cris de "Israël assassin, Carrefour complice!". Cette action, qui se termine par la fermeture du magasin, est dirigée par une association qui fait parler d'elle depuis plusieurs années : la CAPJPO. Officiellement, ce sigle veut dire "Coordination des Appels pour une Paix Juste au Proche-Orient". Mais derrière ce sigle anodin se cache en fait un groupuscule pro-palestinien, hyperactif et radical, qui manifeste régulièrement sous les drapeaux du Hamas, et dont le discours vise à criminaliser et nazifier l'Etat d'Israël et le sionisme.

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Olivia Zemor

 

La CAPJPO a été créée en 2002 par deux journalistes, militants du mouvement trotskyste "Lutte ouvrière", Olivia Zemor et Nicolas Shahshahani *. Le parcours d'Olivia Zemor et de son organisation permettent de comprendre les ressorts du militantisme propalestinien en France aujourd'hui, ses succès et ses échecs **. Zemor, 60 ans, a été journaliste à l'AFP, spécialiste des sujets médicaux (elle a publié un livre sur le Sida, en 1985), Elle a ensuite créé sa propre agence de presse médicale, l'APM Médias. Mais, depuis 2002, sa principale activité est le militantisme pro-palestinien, au sein de la CAPJPO et de l'éphémère liste Europalestine. Récemment, Olivia Zemor et son mari ont ouvert une librairie, "Résistances", spécialisée dans les ouvrages militants propalestiniens, altermondialistes et anti-colonialistes.

Facade-Librairie-Resistances.jpg

Dès sa création, la CAPJPO a multiplié les prises de position et manifestations hostiles à Israël, au sionisme et à la communauté juive en France, prenant notamment pour cibles le CRIF, l'UPJF, l'ABSI, la LDJ, ou le Betar. En juin 2004, l'association et sa présidente, Olivia Zemor, ont initié une liste aux élections européennes, sous le titre "Europalestine". Sur cette liste figuraient, outre celui de Zemor, les noms du bateleur antisémite Dieudonné, et celui du Dr Christophe Oberlin (voir photo). Malgré un relatif succès électoral (50 000 voix), la liste n'a pas atteint les résultats escomptés. Mais elle a surtout été l'occasion de déchirements et d'affrontements au sein du milieu associatif pro-palestinien en France, dus à la fois à des problèmes de personnes et à des conflits idéologiques et stratégiques.

liste-euro-palestine.jpg
La liste Europalestine

 

Ainsi, l'écrivain Alain Soral, qui avait soutenu la liste Europalestine, a publié un article sur le site musulman Oumma.com, dans lequel il reprochait à la CAPJPO "d'importer la seconde Intifada en banlieue et de faire passer les Français originaires d'Afrique et du Maghreb pour la cinquième colonne du Hamas..." De son côté, le militant Robert Kissous reprochait à la CAPJPO de s'être entourée de "personnages douteux", comme Alain Soral ou Taoufik Mathlouti, patron de la station Radio Méditerrannée (souvent épinglée par le CSA pour ses nombreux dérapages antisémites) et créateur du "Mecca-Cola"... Les mauvaises fréquentations de la CAPJPO ont aussi été critiquées par le militant antisioniste radical Michel Warshawski, condamné pour soutien au mouvement terroriste F.P.L.P!

 

Une volonté hégémonique

 

L'épisode Europalestine est révélateur des clivages apparus au sein de la mouvance propalestinienne en France. Ceux-ci tiennent pour beaucoup à la personnalité d'Olivia Zemor : (ancienne) militante trotskyste, elle a tendance à vouloir accaparer le pouvoir, comme l'a bien compris le militant R. Kissous, qui dénonce, dans les colonnes de Politis, la "volonté hégémonique" de la CAPJPO. Plus profondément, la tactique populiste, visant à faire des banlieues le réservoir de troupes du militantisme propalestinien en France, ne séduit pas tout le monde. A cet égard, la stratégie de la CAPJPO et d'Europalestine entre en conflit avec celle d'autres associations plus anciennes, comme l'Association France Palestine Solidarité (AFPS), ou même avec celle de la représentation diplomatique palestinienne en France, dirigée à l'époque par Leila Shahid. Celle-ci a vite compris le potentiel destructeur que représentait Europalestine, qui allait donner une coloration "communautariste" et extrémiste à une cause que la diplomatie à longue haleine de l'OLP avait réussi à placer au coeur de la politique française. (Voir l'article paru en 2004 dans Valeurs actuelles, "Le révélateur Euro-Palestine", consultable sur le site de l'UPJF).

GAZA_oublie_pas.jpg

 

Malgré les clivages et les déchirements internes, la CAPJPO n'a pourtant pas disparu. Il semble donc que la stratégie extrémiste de ses dirigeants se soit avérée payante sur le long terme. Au cours des dernières années, on constate une radicalisation du discours et des actions. On en donnera pour exemples la thématique de la Shoah, retournée systématiquement contre Israël (nazification de l'Etat hébreu) et les provocations d'Olivia Zémor, qui n'hésite pas à publier sur Internet une vidéo de "menaces" (apparemment mises en scène) dont elle prétend avoir été victime... 

 

Pendant la guerre contre le Hamas à Gaza, la CAPJPO a toutefois été dépassée en extrémisme par d'autres associations, comme le "Collectif Cheikh Yassine", dont les manifestations bruyantes et les slogans en arabe, proférés sous les drapeaux du Hamas dans les rues de Paris, ont, semble-t-il, paru trop "voyants" aux yeux de la très extrémiste Olivia Zemor, comme en témoigne une récente vidéo... Preuve que l'on trouve toujours plus extrémiste que soi... Surfant sur le conflit israélo-arabe et attisant la haine d'Israël et des Juifs dans les banlieues françaises, agissant toujours à la limite de la légalité (ainsi, le boycott est réprimé par le droit français), la CAPJPO continue d'agir en toute impunité. Jusqu'à quand?

manif paris.jpg

 

 

I. Ben Avraham

 

 

* Ce dernier, beaucoup plus discret que sa femme, est le frère de Volodia Shahshahani, dit "Volo", ancien de la Gauche Prolétarienne, groupuscule maoïste dirigé par Benny Levy.

 

** A lire sur le sujet: Albert Naccache, Contre Israël, De l'amour de la Palestine à la haine des Juifs, Editions Cheminement 2008.

 


© Vu de Jérusalem

 

 

Mis en ligne le 2 mars 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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