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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 11:07

ANALYSE-A-LA-UNE

L’heure est venue de démasquer les détracteurs d’Israël

Par Manfred Gerstenfeld

 

Adapté par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info


Titre original : Unmasking Israel’s critics

Publié le : 

16.03.11, 10:32 / Israel Opinion

 

 

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4043008,00.html


 A la Une : Le chaos au Moyen-Orient comme opportunité de révéler ceux qui préfèrent ignorer les crimes du Monde Arabe


 

Le comportement criminel de Kadhafi à l’égard des citoyens de son propre pays est proprement l’exemple actuel le plus proche de ce qu’auraient sûrement fait, ici, aux Juifs, les pays arabes conquérants et leurs alliés palestiniens s’ils avaient réussi dans leurs entreprises après l’indépendance d’Israël. C’est politiquement incorrect à l’extrême de le dire. Cependant, cela n’en demeure pas moins vrai. Il suffit, pour démontrer ce point, de recueillir simplement les déclarations de personnalités arabes célèbres, en 1947 et 1948 et les attestations des témoins israéliens de cette guerre.

 

 

 

 

Les récents évènements chaotiques au sein de nombre de pays arabes fournissent une opportunité unique pour Israël de démasquer pleinement beaucoup de ceux qui lui causent préjudice. Cela comprend ceux qui ont sévèrement critiqué ou diabolisé le pays depuis des années, autant que ceux qui ont sciemment fermé les yeux sur les crimes de masse dans le monde arabe.


Beaucoup de catégories conviennent parfaitement dans ce bilan. On peut commencer avec l’interminable liste des ONG des droits de l’homme. L’observatoire des ONG (NGO Monitor) a déjà accusé Human Rights Watch de couvrir les violations des droits de l’homme en Libye. Combien d’ONG sur les droits de l’homme, sinon aucune, ont protesté contre la participation de la Libye, au sein du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU ? Peuvent-elles prétendre, aujourd’hui, qu’elles ne savaient pas que la Libye de Kadhafi est une nation qui aurait dû figurer régulièrement dans l’agenda de l’UNRHC, plutôt qu’au sein de son directoire ?


Ce n’est que l’une des questions d’une longue liste qui permettra à Israël d’homologuer correctement des parties substantielles de la communauté des droits de l’homme comme étant de parfaits imposteurs. Sont également inclus dans cette catégorie ceux qui ont approuvé par leur vote la résolution anti-israélienne de la Conférence de Durban en 2001.

 

La visite de Kadhafi en France

 

 

Une seconde catégorie concerne une brochette de politiciens occidentaux. En observant certains, on est en droit de se poser de sérieuses questions au sujet des politiques que poursuit leur pays. Le Premier Ministre britannique David Cameron a bien fini par admettre, il y a quelques jours, durant sa visite au Koweit, que les soulèvements populaires au Moyen-Orient démontraient que l’Occident avait eu tort de soutenir des dictateurs et des régimes anti-démocratiques. Il a ajouté que la politique étrangère britannique avait mis ses propres intérêts économiques au-dessus de la promotion des valeurs démocratiques occidentales.


Cameron poursuivait en expliquant à des étudiants du Qatar que certains dirigeants du Moyen-Orient utilisaient le conflit palestino-israélien comme une diversion couvrant leurs propres régimes oppressifs. Dans ce cadre, il serait, par exemple, utile d’enquêter sur ce qu’a pu dire la Haute Représentante des affaires étrangères et des politiques de sécurité de l’Union Européenne, Catherine Ashton, concernant les états arabes, depuis qu’elle a été nommée en décembre 2009 et de comparer cela avec ses déclarations concernant Israël.


Comme tous ses proches, le Président français Nicolas Sarkozy est loin d’être l’un des détracteurs les plus virulents d’Israël. Il est le premier à avoir reconnu l’opposition libyenne, qui, pourtant, pourrait bien ne plus disposer d’aucun territoire à gérer, dans un avenir proche. Sarkozy a reçu Kadhafi, lors d’une visite d’état en décembre 2007. Le Président français avait annoncé que le tyran libyen allait signer un accord d’une valeur de 10 milliards d’euros pour du matériel militaire lourd et un réacteur nucléaire. Il avait alors aussi déclaré qu’il avait demandé au dictateur libyen de progresser sur la voie des droits de l’homme.


La nouvelle catégorie en ligne de mire et qui doit être dévoilée concerne un certain nombre de courants majeurs au sein des églises chrétiennes, principalement les Protestants libéraux. Ils ont presque toujours préféré regarder ailleurs, à propos de la façon dont les Chrétiens de diverses obédiences étaient opprimés dans une variété de pays arabes et musulmans. Les attentats criminels contre les Coptes en Egypte, durant les dernières décennies en sont un exemple flagrant. Ceux-ci se sont prolongés par plusieurs meurtres supplémentaires de Coptes, au cours de la révolution égyptienne des toutes dernières semaines.


Cela ne devrait pas représenter trop de travail, pour un responsable israélien, de lire attentivement les sites internet de quelques-unes de ces organisations chrétiennes et d’examiner si et comment ils ont traité de cela. Quelques suggestions à propos des organismes qu’il conviendrait de mettre en lumière, seraient les suivantes : L’Eglise Unifiée du Christ, aux Etats-Unis, l’Eglise Méthodiste en Grande-Bretagne, l’Eglise Unifiée du Canada, aussi bien que des organisations comme Diakonia en Suède, Icco aux Pays-Bas et, en particulier, les Amis de Sabeel dans de nombreux pays. L’Ambassade israélienne en Norvège peut y contribuer en pointant combien ou si peu, parmi les quelques évêques luthériens notoirement anti-israéliens, dans ce pays, ont jamais parlé de ces violations contre d’autres Chrétiens dans les pays arabes.


 

Mettre à jour ces soi-disant journalistes

 

Dans le monde académique, la prestigieuse Grande Ecole en Economie de Londres (London School of Economic) fournit un excellent exemple d’hypocrisie. Au début mars, son Directeur, Sit Howards Davies a dû démissionner parce que l’université avait accepté de l’argent de la part de la Fondation Kadhafi dirigée par l’un des fils du dictateur libyen. Davis avait aussi voyagé en Libye pour conseiller des réformes économiques à ce pays. Cependant, ce qui préoccupait vraiment l’Union des Etudiants de la LES en 2008, c’était, bien évidemment : Israël. On y avait voté à une écrasante majorité le désinvestissement à l’encontre des sociétés qui soutenaient le « régime d’apartheid » d’Israël.

 

Il y a encore une autre catégorie qui mérite pleinement d’être exposée publiquement, c’est celle des soi-disant journalistes correspondants au Moyen-Orient. Beaucoup d’entre eux restent des personnes dignes. Beaucoup d’autres ont refusé, suivant la ligne éditoriale de leurs journaux, de publier les informations essentiellement négatives qui pourraient concerner le monde arabe. Qui croira que ces médias avaient si peu, voire rien à dire concernant ce qui n’allait pas dans les pays arabes, durant les dernières années – en comparaison, bien sûr, de tout ce qu’ils pouvaient raconter à l’encontre d’Israël ?

 

Par le passé, on a eu quelques difficultés à prouver qu’un nombre substantiel de journalistes faisant des reportages à partir d’ici (au Moyen-Orient, Israël), constituaient essentiellement une nouvelle école de manipulateurs. Occasionnellement, apparaissait un cas simple à démontrer, tel que celui de Riccardo Cristiano, lorsqu’il était correspondant pour la chaîne de TV de l’état italien, la RAÏ, dans les territoires palestiniens. En octobre 2000, deux soldats réservistes israéliens furent lynchés sauvagement par une foule palestinienne, à Ramallah. La chaîne italienne Mediaset avait filmé le meurtre, puis exfiltré les images hors du pays.

 

Peu de temps après, Cristiano rédigea une lettre publiée le 16 octobre, dans le journal palestinien Al Hayat al Jedida. Il y dévoilait que c’était Mediaset qui avait pris ces photos. Cristiano indiquait également qu’il n’aurait jamais publié ces images si elles avaient été de son cru. Dans sa lettre ouverte, il présentait également « ses félicitations et  ses bénédictions » à ses chers amis de Palestine.

 

La liste ci-dessus des nombreuses opérations occidentales de blanchiment des crimes arabes, des hypocrites et des imposteurs qui doivent être dévoilés, n’en est qu’à ses prémisses. La flagrante conduite honteuse de toutes les catégories ci-dessus, et de tant d’autres, mérite une documentation bien plus étoffée. Le temps est venu pour le Gouvernement israélien d’agir pour en reconstituer le puzzle.

 

Du fait des actuels développements dans le monde arabe, d’ici peu, abonderont encore bien plus de preuves démontrant comment de vastes nombres d’individus et d’organisations du monde dit “libre” ont escroqué leur monde en focalisant toute leur indignation morale contre Israël. Ce qui, par le passé, ne pouvait être fait, ou seulement, de façon furtive dans le temps, pour dévoiler quelques cas individuels, peut, d’ores et déjà, être réalisé à grande échelle. Bien plus nombreux sont les cas de ce genre qui apparaîtront en pleine lumière, dans un très proche avenir.

 

 

Dr. Manfred Gerstenfeld a publié 19 ouvrages, plusieurs d’entre eux traitant d’Israël face aux relations internationales.  

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 17:56

 

ANALYSE-A-LA-UNE

 


 Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info


Les heures passant, en Libye, un statu-quo incertain et très meurtrier pour les insurgés, s’instaure, autour de lignes de front vite réversibles et de villes perdues puis reprises.

 

Les Rebelles subissent le feu nourri des tanks T. 72, mais surtout des Sukhoï russes de Kadhafi. Ils savent que le rapport de forces ne basculera pas en leur faveur tant que ces tirs de barrage dureront. Ils perdent des bastions fraîchement acquis. Voire l’offensive des pro-Kadhafi menace de briser leur résistance, jusqu’au cœur de la Cyrénaïque, point de départ de l’insurrection.

 

Le dictateur libyen se fait fort de braver les menaces occidentales d’instaurer une zone d’exclusion aérienne, à la demande des insurgés, qui, sous les bombardements constants, ne peuvent prétendre le renverser. Cette neutralisation aérienne est également soutenue, à la demande de  la France et de la Grande-Bretagne, par la Ligue Arabe. Un accord semble avoir été passé en ce sens, lors de la visite d’Alain Juppé, au Caire, auprès d’Amr Moussa. Techniquement, les Américains sont les seuls à disposer des moyens militaires de la rendre effective.

 

La « neutralisation » dont il est question devrait en passer, non seulement, par l’interdiction du ciel libyen aux avions de Kadhafi, mais débuterait également par le bombardement de ses bases de missiles anti-aériens pour éviter aux pilotes américains et européens d’être envoyés au tapis, durant leur mission.

 

 Sur le plan diplomatique, la Chine, mais surtout la Russie s’opposent à l’usage de la force  d’intervention contre Kadhafi. Il ne faut donc pas compter sur un feu vert du Conseil de sécurité de l’ONU. L’OTAN entend mener cette opération sous sa seule autorité, à l’issue d’un arrangement entre l’Union Européenne, les Etats-Unis et la Ligue Arabe.

 

C’est la raison de l’arrivée en trombe au Caire, mercredi, de l’émissaire Abdelrahmane al-Zawi, membre du cercle rapproché du numéro un libyen et responsable des questions de logistique et d'approvisionnement : la caution de la Ligue arabe est précieuse pour les Occidentaux, qui ne souhaitent, en aucun cas, donner le sentiment d’avoir « volé » leur révolution aux Libyens ni aux Arabes en général, pour les basses manœuvres pétrolières qu’on leur prête habituellement.

 

Le camp arabe est plus partagé que jamais, quant aux suites à donner : l’Algérie et la Syrie, tous deux sur la sellette et prochains sur la liste des troubles potentiels, soutiennent à toute force Kadhafi. Des pilotes syriens ont été abattus ou faits prisonniers par les Rebelles, pendant qu’on soupçonne fortement Bouteflika d’approvisionner son homologue de Tripoli. Il est plus qu’urgent pour Kadhafi de diviser s’il veut continuer à régner.

 

Hormis ses deux comparses déjà cités, il ne devrait obtenir qu’un délai supplémentaire, mais ne s’attirera pas la compassion de ses deux voisins immédiats : l’Egypte et la Tunisie, « révolutionnaires », voient avec inquiétude les flots de réfugiés camper à leur porte et l’économie de leur région poursuivre sa course vers le bas. Autre décideur de choix, le Roi Abdallah d’Arabie, qui, sans doute, n’entend pas porter seul le poids de la crise pétrolière et entretient des relations exécrables avec le cacique tripolitain.

 

 Dans ce cadre des affaires inter-arabes, l’OTAN souhaite demeurer l’instrument d’un soutien à une rébellion générée par auto-détermination, en conjurant le soupçon d’intervention néocolonialiste, qui ne ferait qu’envenimer ses rapports avec le « Nouveau Moyen-Orient » à naître.

 

A l’inverse, l’OTAN tirerait principalement deux bénéfices directs de son application du «droit d’ingérence ». D’abord, elle redorerait son blason, contre l’accusation d’avoir soutenu les dictateurs honnis durant les précédentes décennies et reprendrait langue avec ceux des membres de la Ligue arabe qui acceptent de poursuivre le mouvement de réformes enclenchées. Ensuite, les Occidentaux démontrent qu’ils sont, à terme, sans doute moins affectés que les émergents comme la Chine, qui réprime l’effet « Jasmin » à domicile. Surtout, ils étendent leur marge de manœuvre vis-à-vis des marchés militaires russes, qui perdent un bon client avec la déchéance du régime de Tripoli.

 

 D’autre part, ils donneraient un sérieux avertissement à ceux qui, en soutenant militairement et politiquement Kadhafi, craignent d’abord pour eux-mêmes. Cela vaut sûrement à terme, pour l’Algérie, en proie à une agitation sporadique.

 

Mais, sans doute, le plus inquiet, actuellement, reste Bachar al-Assad, qui n’a pas hésité à fournir son savoir-faire aérien, ainsi que ses militants extrémistes palestiniens à son ami Mouammar Kadhafi.

 

Jusqu’à présent, les alliés de l’Iran se sentent les grands vainqueurs de l’agitation arabe, notamment dans les pays du Golfe périphériques de l’Arabie Saoudite, qui subit les contrecoups des protestations au Bahreïn, Yémen ou Oman. La Syrie est parvenue à réprimer dans l’œuf tous les appels Facebook et Twitter appelant ses citoyens à se soulever contre près de 50 ans de domination des Alaouites. Son homologue maghrébin s’effondrant, il reste le prochain arabe sur la liste, même s’il s’appuie sur ses alliances avec les Chi’ites libanais et iraniens pour maintenir la tête hors de l’eau, jusqu’à présent.

 

Pour peu que la « contagion » tant redoutée le désignait soudain comme un anachronisme régional, alors que la plupart de ses semblables ont rejoint les musées de l’histoire, il n’y aurait plus qu’un pas. Jusqu’à présent, les diplomaties américaine et française l’ont ménagé comme une clé de la résolution du dilemme iranien. Les traces de son implication dans la répression libyenne ne manqueront pas de resurgir à la surface. Il n’est pas impossible que sa complicité soit mise en évidence, dans le cadre des nouveaux dossiers ouverts par le Tribunal International concernant le dictateur libyen.

 

Ces enquêtes, s’ajoutant à celle en suspens du Tribunal Spécial sur le Liban, sont susceptibles de générer le malaise dans le camp des affidés de Téhéran. L’Iran lui-même, qui se réjouit des déboires des caciques arabes sunnites, pourrait alors voir son étoile pâlir, dont la posture internationale est encore fragilisée par les troubles récurrents à domicile.  

 

Si d’autres alliés objectifs de l’Iran jouent un rôle certain en Tunisie, Egypte, tels que les Frères Musulmans, ceux-ci tirent leur force principale de leur capacité d’organisation et de mobilisation, ainsi que des accords passés avec la Junte militaire.

 

Ils ont ainsi réussi à faire en sorte que le nouveau pouvoir maintienne l’article 2 de la Constitution égyptienne, faisant de la Chari’a sa colonne vertébrale. Mais, dans la mémoire populaire égyptienne, ils ne sont ni les instigateurs de la révolution, ni nécessairement, la « solution » d’avenir à mettre en œuvre, seulement un mouvement politique fort qui compte. Ils ont d’abord évité de rejoindre la contestation, la croyant condamnée d’avance, puis s’y sont associés de façon tactique. Autant parler d'opportunisme, comme lors du grand happening du prédicateur Youssouf al-Qaradawi. Mais, n'ayant pas été "l'avant-garde" révolutionnaire tant attendue, ils sont encore contraints de conserver profil bas, jusqu'à présent. Il est n'est pas improbable qu'un jour, certains se rendent compte que la Charia est bien une des données principales de l'oppression dans le monde arabe! Mais, à cette heure, le consensus tient bon.

 

Ainsi, les bloggeurs qui ont initié le mouvement, ont décidé de se rassembler, le 17 mars, devant le siège des Frères Musulmans, pour demander la démission de Mohammed Badi’e, leur guide suprême, la dissolution de toutes les institutions de l’organisation, afin, précisément, d’assurer des élections libres et transparentes, redoutant les manipulations des « Frères ». Ces révolutionnaires internet revendiquent 30 000 signatures ayant affirmé leur volonté d’être présents lors de cette nouvelle contestation interne à un mouvement qui ne souhaite pas se trouver « récupéré » par les radicaux.

 

La menace reste patente, d’une contre-révolution profitant, au final, aux islamistes, alliés objectifs des Mollahs.

 

Mais, la réaffirmation de la capacité d’intervention de l’Occident au nom des valeurs de la démocratie, et le soutien aux groupes qui savent pour quoi ils se sont battus, - non pour se faire voler leur victoire sur le fil par des forces réactionnaires et obscurantistes,- apportent de l’eau au moulin de Benyamin Netanyahou :

 

le Premier Ministre israélien suggère, en effet, la mise en oeuvre d’un « Plan Marshall » assurant l’émergence des forces réellement réformatrices, dans le cadre d’un « pacte de stabilité régionale ». Ce soutien au projet du « Nouveau Moyen-Orient » doit œuvrer pour réduire l’impact des manœuvres des radicaux et des derniers régimes autocratiques qui tirent parti de l’agitation chez les autres, tout en réprimant les aspirations de leurs propres peuples. 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 12:08

 

ANALYSE-A-LA-UNE

La diplomatie engluée dans le typhon arabe, les Cavaliers de l'Apocalypse R.Malley et H.Agha sonnent le tocsin de la revanche contre Israël et l’Occident.

 

 Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info 


Le moins qu’on puisse dire est que la diplomatie occidentale est consternée par la mise en question de son autorité, faute de compétences, dans la plupart des questions qui agitent actuellement le monde arabe.

 En France, la Ministre des Affaires étrangères se voit contestée en Tunisie et à l’Assemblée, mais également pour son soutien à Kadhafi, à travers son compagnon, Patrick Ollier, « Monsieur Libye » (ICI) : ce grand exportateur de centrales nucléaires civiles, d’avions rafale et de prébendes diverses, avait su cajoler « le fou du Moyen-Orient », et obtenir son soutien à la politique anti-américaine en Irak, du temps de Jacques Chirac.

Une action d’urgence concertée, au Conseil de Sécurité de l’ONU, avec le poids des Etats-Unis, devrait être la priorité (lCI ). Mais les diplomaties sont paralysées. On continuera de se crêper le chignon, en réclamant un retour à l’indépendance diplomatique de la France, (lettre ouverte, mais anonyme, de « courageux » diplomates dans le Monde (ICI), à l’heure de concentrer les efforts et les renforts du 7è de cavalerie n’arrivent pas.

Au contraire, les deux chancelleries partagent nombre d’accointances en clair/obscur qui tendent à accentuer l’inclinaison de la pente glissante qui leur fait perdre tout crédit aux yeux du monde.

Plusieurs articles, parus ces temps-ci, ont mis en exergue l’absence de centralité du conflit palestino-israélien dans les préoccupations immédiates des peuples insurgés : André Gluksmann (lCI) dans « Le Monde » du vendredi 18, ou le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Dany Ayalon (lCI), ont pointé « l’erreur »  et la perte de crédibilité de la plupart des experts, face aux évènements, alors que depuis plusieurs décennies, ils martèlent que la résolution de ce problème serait la clé de la fin des malheurs du Moyen-Orient. 

En contre-point -dès le lendemain, 19, de l'article de Glucksmann, pour faire bon équilibre, ou flairant le danger?-, on assiste au retour par l’escalier de service, dans les colonnes du quotidien Le Monde, de la doctrine inverse. Celle qui voit son univers de référence, sa manne, fondre au soleil brûlant des insurrections populaires :

selon les maîtres-à-penser de la Palestinolâtrie, -favorables au rapprochement avec la Syrie et l’Iran- la politique américaine bienveillante envers Israël et la passivité des régimes autoritaires arabes envers cet état juif, sont seules responsables d’avoir vidé de son sens la fierté arabe, aujourd’hui revendiquée par la rue. Le  19 février, donc, alors que les révoltes grondaient aux quatre coins du Maghreb et du Machrek, deux jours après le début de la révolte en Cyrénaïque (ICI)  deux soutiens intellectuels notoires  de la sacralité de la Cause, revenaient au grand galop : il s’agit des deux conseillers personnels d’un célèbre journaliste de Fr 2, Hussein Agha et Robert Malley :

 http://www.lemonde.fr/imprimer/article/2011/02/19/1482489.html

 La ligne ainsi tracée se résume en quelques points-clé :


- Ils veulent « ressusciter » un monde arabe déclaré politiquement mort.

 - L’anticolonialisme a fait sa fierté dans les années 50.

- Nasser, le FLN et Arafat incarnaient « le cœur de la nation arabe »

- Ils déclarent leur amour à la Muqawama (« la résistance ») du bloc révolutionnaire derrière l’Iran.

     - Les Arabes se sont résignés face à la guerre d’Irak, au lieu de soutenir      Saddam Hussein

- Horreur, ils ont osé soutenir le processus de paix sans y croire vraiment, dévitalisant cette vieille carie de la Cause.

- Ces « traîtres » ont également soutenu, à mots couverts, Israël contre le Hezbollah (2006) et le Hamas (2008-09).

- Ils sont ballotés entre l’Amérique et l’Iran, au sujet du nucléaire.

         - L’Egypte est absente d’Irak et « insulte » l’Iran, a déserté le Liban et             s’est rendue coupable de ne pas réconcilier Fatah et Hamas, faite                   complice du « siège de Gaza ».

    - Riyad est humilié par les insurgés chi’ites Houtis au Yémen, sans              influence envers les Palestiniens et Libanais.

   - Le Monde Arabe aurait dû poursuivre son soutien stérile aux « causes        perdues » (sic.), la défaite étant préférable au renoncement (à la guerre  contre Israël).

   - Il n’est plus qu’une contrefaçon de l’Occident.

  - Les révoltes anti-autoritaires ne peuvent être interprétées, selon ces soutiens de la « manière forte », de l’alliance du terrorisme et de la poigne de fer, que comme découlant de cette dépossession de « l’identité » arabe

  - Le remède consiste donc à la retrouver en s’inspirant et se ralliant au Hezbollah, au Hamas et à l’Iran-Syrie, dont ils tireraient la force de se rebeller, ou à s’inspirer du modèle mixte « d’islamisme dit modéré » d’Erdogan.

 

« Aujourd’hui a sonné l’heure de la revanche politique » ! déclament-ils en sonnant les trompettes de la mort pour peuples-chairs à canon contre l’Occident, soumis, masochistes, aux aspirations hégémoniques de l’Iran ou de la Turquie, comme « cheval fort » !

 

Qui sont nos conseillers qui tiennent tant à ranimer le « choc des civilisations », cher à Samuel Huntington ?

 

Robert Malley est, surtout, connu du grand public, pour avoir été - avec Hussein Agha- le seul membre de la délégation américaine à Camp David, en 1999, à faire porter l’entière responsabilité de l’échec des négociations palestino-israéliennes sur Ehud Barak, premier ministre de l’époque. Son « témoignage » d’assistant de Sandy Berger -conseiller à la Sécurité Nationale-, au sein de l’équipe américaine, va à l’encontre de toutes déclarations de plus responsables que lui : ceux de l’envoyé spécial pour les négociations, Dennis Ross ; et encore, de tout ce qu’a dit à ce sujet, l’ancien Président Bill Clinton. Il va sans dire qu’en France, la formule a fait recette, puisque le journaliste controversé de Fr 2, Charles Enderlin en a fait un best-seller, qui scelle le discours officiel de la diplomatie française à ce sujet : « Le Rêve Brisé », en 2002, repose sur cette thèse, instillée sous la supervision des intéressés, Robert Malley et Hussein Agha (proche conseiller d’Arafat).

 

Depuis longtemps Directeur pour le Moyen-Orient, de l’International Crisis Group, un Think-Tank très snob, largement financé par l’archi-milliardaire anti-israélien, George Soros, et présidé par l’ancienne commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Louise Arbour, Robert Malley écrit fréquemment à quatre mains :

 

- le plus souvent avec son alter-ego, le Libanais Hussein Agha, proche d’Ahmad Khalidi, lequel milite chez Norman Finkelstein counterpunch.org/khalidi12152007.html contre l’établissement d’un Etat palestinien et pour la poursuite de la lutte ;

 

- d’autres fois, avec son compère Peter Harling, sur la même ligne de pensée au sein des mêmes cercles : celui-ci, en effet, a longtemps prôné le rapprochement entre les Etats-Unis et le messager des Mollahs en Irak, Moqtada Sadr, dirigeant du Jaish al-Mahdi, de façon à impliquer l’Iran et la Syrie dans la gestion des affaires irakiennes. A croire qu’il ait eu gain de cause, par des voies détournées, puisque Sadr s’est trouvé être « l’homme-clé », renforçant, avec l’appui de ses milices anti-américaines, le camp de Nouri al-Maliki pour sa réélection au poste de Premier Ministre à Bagdad.

 

Robert est le fils de Barbara (née Silverstein), travaillant pour la délégation du FLN à l’ONU et de Simon, un des fondateurs du parti communiste égyptien, agent de Nasser, puis instigateur du journal tiers-mondiste Afrique/Asie, admirateur de Fidel Castro, ami personnel de Yasser Arafat, au temps, le plus infréquentable, du terrorisme international de l’OLP. Proche d’Henri Curiel, considéré comme l’agent du KGB au sein de la mouvance tiers-mondiste, Simon est chassé de France par Giscard d’Estaing, dans les années 1970. Il faut croire que le dossier le concernant était suffisamment épais pour justifier d’un traitement aussi exceptionnel, nous disait Laurent Murawiec z"l, dans un article du 1er fév. 2008. Néanmoins, il reviendra en France sous Mitterrand et son fils marchera dans ses traces, en réalisant une thèse de doctorat à Harvard, sur le déclin de ce même tiers-mondisme… Si le fils n’a pas à être pris à parti pour les fautes imputées au père, la suite qu’il donne à sa propre carrière tend à démontrer que l’héritage idéologique est bien assumé. C’est celui d’un « révolutionnaire » anti-occidental, lové dans les cercles rapprochés de l’Administration Obama.

 

R. Malley a aussi été parmi les fondateurs de J-Street, ce lobby (également financé par Soros, décidément!) qui se présente comme « pro-israélien », tout en se tenant sur la ligne de S.Walt et J. Mearsheimer, visant à creuser le fossé entre Israël et les Etats-Unis. Robert Malley a longtemps été considéré comme un pilier de l’équipe de campagne de Barack Obama sur les questions de politique étrangère. Néanmoins, ce dernier a dû s'en séparer officiellement, suite à une série de plaintes qui le découvraient en infraction sur les règles de contact avec des groupes terroristes présents sur la liste noire du Département d’Etat. 


En effet, avec son compère Hussein Agha, Malley multipliait les opérations de séduction en direction du Hamas, pour lequel tous deux ont fait la promotion de la nécessaire réconciliation avec l’OLP, afin d’imposer leurs vues antisionistes réunifiées. L’ancien go-between de l’équipe négociatrice américaine s’est défendu, parlant d’une campagne de calomnies. Il insistait sur le fait que son rôle au sein de l’ICG l’amenait à rencontrer des gens fréquentables et d’autres qui l’étaient moins, mais que cela s’était fait en accord avec la législation américaine. Argumentaire que celle-ci n’a pas cru bon de retenir à sa décharge.


D’autre part, il faisait jouer ses relations et le corporatisme au sein de l’Administration, puisque plusieurs membres de la diplomatie : Sandy Berger, bien sûr, les ex-ambassadeurs Martin Indyk, Daniel Kurtzer, David Miller (conseiller lors des négociations) et MJ Rosenberg, mais aussi Dennis Ross, en opposition avec ses thèses, rédigeaient une lettre de soutien, où exprimer leurs désaccords éventuels avec l’auteur de tels pamphlets. Mais, tout ceci ne méritait pas, selon eux, une campagne de dénigrement qu’ils croient engagée contre la personne de Malley. Et non contre ses orientations en opposition même avec les intérêts et la sécurité des Etats-Unis. Cette défense de Malley s'inscrit dans les mystères des sociétés ouvertes face à l'apologie du totalitarisme, et les méandres du 1er Amendement, où, au nom de l'expression des idées, on ne devrait pas mettre en cause un contradicteur, même s'il joue avec les fondements de la démocratie. Et pourtant !

 

Toutes ces accointances et orientations suffiraient à camper le propos des personnages, dans les colonnes du Monde, du 19 février 2011, s’agissant de la « fin du monde arabe ». Au profit de quelles dictatures et de quelles poignes de fer encore en exercice? Tout simplement celles qui résisteraient actuellement le mieux à la vague de contestation, par le niveau de la répression exercée contre les peuples ! L'Iran nucléaire, la Syrie convoitée par les deux puissances : France et Etats-Unis, et la Turquie, objet de hiatus entre elles, quant à son entrée, en cheval de Troie, en Europe...

 

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 10:11

 

 

 ANALYSE-A-LA-UNE

 

Retour triomphal de Qaradawi, guide suprême et « Khomeyni » des Frères Musulmans, place Tahrir (Le Caire)

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info 


Peu, voire aucun média, à notre connaissance, n’a fait écho à cette nouvelle. Seul, dans l’un de ses billets quotidiens, Barry Rubin (ICl- et  Examiner, dont Melba de Bivouac tire sa source : ici-) annonce que l’histoire bégaie et que le « Guide Suprême » des Frères Musulmans fait un retour triomphal en Egypte, ce vendredi 18 février.

 

Comme l’Ayatollah Khomeyni –vous savez ? Cet inoffensif vieillard qui allait savoir remercier l’Occident de ses largesses ?- l’avait fait, depuis sa résidence française de Neauphle-le-Château, en 1979, raccompagné par Air-France jusqu’au trône qui l’attendait à Téhéran. C’est lui qui commentera la prière du vendredi au Caire, et, friand de symbole, elle n’aura pas lieu n’importe où, mais bien sur la désormais célèbre place Tahrir, auréolée de gloire, une semaine après le départ de Moubarak. L’appropriation du lieu consiste à fustiger les démocrates laïcs qui « s’égarent sous l’influence » des Occidentaux et qui « affaiblissent les structures profondes » de cet Islam qui doit diriger les destinées du monde.

 

 Qui est Youssouf al-Qaradawi ? Tout simplement ce prêcheur de la shumuliyya al-islam [globalisation de l'Islam, seule réponse à tous les maux de l'univers] qui tient tribune sur Al-Jazeera et édicte des Fatwas, à l’intention des Musulmans en migration en Europe. Il leur intime chaque semaine, de s’installer dans toute l’Europe et d’être patients, puisque ce continent finira, d’ici quelques années, par tomber dans leur escarcelle, sous la férule de la Chari’a. Parmi ses diktats et conseils, on se souvient de l’approbation des attentats-suicides contre les civils israéliens et occidentaux, du moment que c’est pour la grandeur de l’Islam. Qu’on ne dise donc pas, à l’instar des grands myopes du Renseignement américain, que cette confrérie mondiale est « laïque » et « non-violente », quand elle n’est que « taqqyia » et dans l’attente de fenêtres d’opportunité. Il est le maître-à-penser de l’UOIE, l’Union des Organisations Islamiques Européennes, qui relie l’UOIF de France à l'ombilic de l’ensemble de ses petits frères, sur le vieux continent, avec l’approbation des Ministères du Culte, qui se défaussent un peu tard, en reconnaissant « l’échec du multiculturalisme »…



 

 

Si l’on peut opposer Al-Qaradawi à al-Qaeda, ce n’est que parce que l’un applique la doctrine du long terme, tandis que l’autre prône les méga-attentats violents, censés frapper l'Occident de stupeur et le soumettre sur-le-champ. Par contre, leur complémentarité est subtile, comme dans le « bon, la brute et le truand », puisque l’un fait peur, tandis que l’autre apaise : vieux principe de soumission à l’autorité, dont les expériences à la Western Electric dans les années 27-32 (Mayo - puis, Milgram, 1960-63), ou encore, l’excellent « Marathon Man » de John Slessinger, avec Dustin Hoffman (1976) nous ont expliqué, depuis fort longtemps, le mécanisme. « C'est sans danger », nous assène, comme un arracheur de dents, le Président américain Barack Obama.

 

 

Malgré (ou grâce) à ses 84 ans d’expérience, Youssouf al-Qaradawi possède les talents que ni son prédécesseur Ruhola Khomeiny, ni les bandits de grands chemins massacrants d’al Qaeda, Ben Laden et Ayman a-Zawahiri ne possèdent : il est stratège, tactique et patient dans l’application de son programme mondial pour l’instauration du Qalifat. Il saura habilement marier l’aile radicale des Frères Musulmans avec l’agenda politique très « smart » de Mohammed el-Baradei, lequel a déjà abusé l’AIEA durant une dizaine d’années, à propos du nucléaire iranien. Il peut aussi, momentanément, s’arranger de la présence du très anti-israélien Amr Moussa sur l’échiquier égyptien et celui de la Ligue Arabe, pour unir les forces contre l’armée et le renseignement entre les mains d’Omar Suleiman.

 

 

Mieux encore, en tant que grand argentier, en Arabie Saoudite, au Qatar et les pays du Golfe, du « Fonds pour le Bien », qui alimente les caisses de l’IHH turque, le Hamas et d’autres officines afghanes ou des Balkans, il a le pouvoir financier de faire converger les intérêts de l’Egypte islamique, de la Turquie de l’AKP et de suffisamment de princes saoudiens, pour un mariage de raison entre les différents agendas.

 

Influent dans toute l’Europe, il y dispose d’une force de persuasion sur le moyen terme, incitant Bruxelles à ne pas trop manifester sa soudaine prise de conscience des « échecs du multiculturalisme ». L’Establishment américain, favorable à une « entente laïque » avec les Frères Musulmans, autant qu’au vieux projet gelé d’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, ne devrait pas s’opposer à cette « résistible ascension » qu’il aura lui-même favorisé, par l’entremise de la « politique CNN » pour seule diplomatie.

(extrait de "I Comme Icare", l'expérience de Milgram-soumission à l'autorité)

 

 

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 13:27

 

ANALYSE-A-LA-UNE

 

Accompagner une démocratisation dans le monde arabe, préalable au processus de paix, est-ce possible et souhaitable ?

 

Par Marc Brzustowski


 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 



La crise et les bouleversements qui s’annoncent partout dans le monde arabe sont un vecteur d’inquiétudes, pour la communauté diplomatique, autant que d’opportunités. Encore faudrait-il y voir clair et dissiper les premières pour renforcer résolument les secondes.

 

A l’heure où nous écrivons, des sites internet égyptiens ont diffusé l’information –qui, aussi bien, pourrait n’être qu’une rumeur destinée à galvaniser les foules- selon laquelle, le fils héritier du trône d’Egypte, Gamal Moubarak, se serait enfui à Londres avec sa famille. D'autres soupçonnent qu'il aurait été victime d'une tentative d'empoisonnement. Si cela s’avérait confirmé, la situation y serait donc beaucoup plus dramatique que ne l’ont rapporté les médias occidentaux, minimisant à dessein l’ampleur des manifestations.

 

D’autre part, les Frères Musulmans, puissants dans ce pays, ont, un temps, appelé leurs fidèles à se tenir à l’écart des protestations. Sans doute, pour mieux profiter ultérieurement de la suite des évènements, comme ce fut le cas en Tunisie, par des tentatives de « récupération » de revendications économiques propagées par les jeunes diplômés sans avenir sous ces régimes. Mohammed El-Baradei, le protecteur du programme nucléaire iranien, appelle à manifester et attend son heure. Au Caire et Alexandrie, Suez, jusqu'à présent, ce sont essentiellement les mêmes classes jeunes et éduquées qui mènent la danse contre le pouvoir. Toute déstabilisation peut avoir un effet-boomerang (modèle iranien ou turc).

 

Dans les chancelleries, alors qu’Hilary Clinton soutenait, hier soir, le gouvernement Moubarak en appelant à la retenue, Michèle Alliot-Marie optait pour la prudence que la France n’a pas su manifester à l’égard de la Tunisie : le Quai d’Orsay, soudainement « moderniste », a appelé à « plus de démocratie » en Egypte. Pour faire bonne mesure, N. Sarkozy, visiblement dépassé par les évènements, s'adonnait au sport favori des diplomates : l'instrumentalisation des "blocages du processus de paix" qui feraient du Liban, leur "victime collatérale"! La politique-gadget de Monsieur Sarkozy ne saurait être à la hauteur de la crise libanaise, pure conséquence d'enjeux internes et des volontés de domination de son allié Assad et de son ennemi l'Iran...

 

Car c'est l'autre point chaud-brûlant : les Souverainistes du Liban relancent le Mouvement du 14 mars, chassé du pouvoir par le Hezbollah, à travers des actions pacifiques au Pays du Cèdre, mais aussi à travers tout ce que la France compte de diaspora libanaise. Leur exigence d’indépendance et de Justice internationale est claire. La hantise du Velayat-e-Faqih aussi. De ce point de vue, cette rébellion contre le « coup d’état institutionnel » irano-syrien prend, ici, des allures d’étendard de la liberté contre la coalition de régimes-voyous, même si, et justement parce que, le rapport de forces ne joue pas en sa faveur.

 

Dans « leçons de Tunisie pour Washington » (lCl), Caroline Glick voyait dans ces mouvements populaires la preuve de la myopie, pour ne pas parler de cécité volontaire, du Département d’Etat, face aux réalités palpables du Moyen-Orient. Elles marquent, selon elle, une sorte de victoire à la Pyrrhus de la doctrine Bush, dont le virus pour la démocratie en Orient se serait propagé via internet, facebook, twitter, alors que les guerres de libération, prises pour une occupation, auraient globalement échoué/stagné, face à un Jihad résurgent.

 

Au cœur du « processus de paix », un autre doctrinaire, apprécié officiellement par Ronald Reagan et George W. Bush, semble souffrir d’un même destin « d’auteur maudit », que l’histoire relira à retardement : il s’agit de Nathan Sharansky, rédacteur de Défense de la démocratie : Comment vaincre l'injustice et la terreur par la force de la liberté


Défense de la démocratie : Comment vaincre l'injustice et la terreur par la force de la liberté

 

Alors que le livre de l’ancien dissident devenu homme politique en Israël sortait en France, en 2006, l’Administration américaine pressait l’Autorité Palestinienne d’organiser manu militari des élections « libres », dont le résultat allait à l’inverse de toutes les espérances occidentales : le Hamas triomphait et réclamait son dû, un an plus tard, par l’élimination du Fatah à Gaza. Ce serait peu de dire, contre toutes les croyances forcenées depuis, que le prétendu « processus de paix » s’arrêtait là, à la revendication irrédentiste du groupe islamiste. Les toutes dernières vraies-fausses révélations orchestrées par le Qatar, à travers la chaîne Al-Jazeera, au seul profit de la dénonciation du contenu supposé des négociations, et, par conséquent, de la lutte armée des Frères Musulmans de Gaza, sont encore là pour en attester.

 

Le hiatus entre la précipitation des diplomaties et l’exigence de démocratisation d’abord, énoncée par Sharansky, contre les pouvoirs corrompus autant que contre le danger de capitalisation islamiste des mécontentements, semble aujourd’hui revenir par l’escalier de service de « la rue arabe », comme ils disent. Le « chaînon manquant » du réformisme dans le monde arabe est « l’humiliation » (pour reprendre la terminologie en vigueur) des aspirants à la classe moyenne, éduquée, par les pouvoirs tyranniques en place, issus de la conquête islamique et de la décolonisation.

 

L’anticolonialisme s’est appuyé sur la propagande soviétique, trouvant là des clients pour venir manger dans la main du Komintern, qu’il pouvait dresser contre « l’Occident capitaliste ». Le retrait russe d’Afghanistan, a sonné le glas de ce totalitarisme, chute à laquelle les dissidents et refuzniks, tels que Sharansky, ont participé à leur mesure. Le Panislamisme a alors constitué la « troisième voie », tant par sa branche chi’ite de la Révolution islamique en Iran que par le Wahhabisme diffusé à travers les couloirs migratoires, pour renverser « l’Ordre mondial », à savoir « le pire régime à l’exception de tous les autres » (W.Churchill) : la démocratie imparfaite occidentale.

 

Le « processus de paix » palestino-israélien n’est jamais qu’une dérivée de ce phénomène global, par la division en deux camps : les post-soviétisés du Fatah, incapables d’autre chose que d’une guerre idéologique de délégitimation à outrance, et les irrédentistes islamistes du Hamas.

 

D’autre part, quand les aéroports russes ou américains sont pris pour cibles par les Jihadistes, nouveaux internationalistes sans finalité politique autre que le meurtre de masse, comme à Domodedovo, en banlieue de Moscou, hier, c’est le modèle sécuritaire israélien qui, chaque fois (-Discours de Medvedev-), est appelé à servir de canevas. Le premier droit du citoyen* à la sécurité est réaffirmé contre le projet post-politique, nihiliste et destructeur du Jihad. La coopération dans ce domaine ne peut qu’être renforcée pour vaincre ces forces dès leurs berceaux (zones tribales d’influence pakistanaise, saoudienne et iranienne, Téhéran atomique) pour assurer un cordon sécuritaire devenu indispensable. Mais cette guerre contre la terreur et ses réseaux de diffusion ne sera efficiente qu’à condition des réformes qui s’imposent dans ces dominions postcoloniaux que dessine la carte du Moyen-Orient.

 

L’avertissement est simple : soit les pouvoirs en place comprendront les enjeux auxquels leur rue les confronte, soit ils seront menacés de chute à plus ou moins brève échéance. Agiter les chiffons rouges de la création d’Israël comme unique mobile du malaise dans la civilisation ne répond plus, actuellement, à aucune des questions concrètes, immédiates, urgentes qui se posent. La « révolution » qui est en marche provient des pays du Maghreb les plus liés à l’histoire de la France et du Sud de l’Europe, aux échanges commerciaux et culturels transméditerranéens depuis Carthage et les Phéniciens.

 

Le risque majeur reste que les pires de ces régimes profitent de l’extension du désordre pour resserrer leur poigne de fer sur les peuples qu’ils dominent : ce conflit entre les peuples et les régimes est principalement à l’œuvre au Liban, où tente de s’immiscer l’universalisme de la Justice internationale. Agents iraniens, syriens, turcs fourbissent leurs armes, à travers leur milice supplétive, le Hezbollah. Les forces pro-occidentales doivent montrer leur détermination à ne pas laisser s’instaurer une dictature composite aux confluents de la Méditerranée et vaincre les réseaux du népotisme et du terrorisme sur le terrain qu’il s’est choisi de soumettre.

 

L’Occident a trop fait montre de sa complaisance envers les bourreaux des peuples dans cette partie du monde pour faire croire encore qu’il serait porteur d’idéaux. C’est la raison principale du piétinement en Irak ou en Afghanistan. De même qu’il gratifie tant et plus des corrompus comme meilleures « chances pour la paix » israélo-arabe. Est-ce d'ailleurs purement fortuit si l'OLP trouva refuge, entre 1982 et 1993, chez Ben-Ali, ce grand ami de la France, aujourd'hui traqué par Interpol?

 

Une révolution copernicienne est en travail sur la base de valeurs partiellement partagées de Justice, de Liberté, de droit au travail, au développement, à l’éducation, entre les deux rives de la Méditerranée. Elle justifie d’un réexamen de toutes les solutions « clé-en-main », de la gadgétisation de ce que signifie « la paix », dans une langue et non dans l’autre. Elle est, également, éminemment réflexive pour les deux faces de Janus de la culture européenne, américaine ou russe : de l'arrogance du modèle triomphaliste aux repentances convenues sur le dos du dernier installé : Israël... Les régimes, les diplomaties ne pourront pas ne pas revoir leur copie. 

 

la sûreté, premier droit constitutionnel du citoyen est, avec la liberté, la propriété et la résistance à l'oppression, un des 4 principes de droit naturel...

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 09:50

 

 

ANALYSE-A-LA-UNE

L’Iran pend un homme soupçonné d’avoir livré des informations aux services secrets israéliens, au beau milieu d’une crise au sommet de l’Etat et dans la rue.

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 L’Iran pend un homme reconnu coupable d’espionnage pour Israël

Selon l’Agence officielle de presse iranienne IRNA, l’Iran a ordonné la pendaison, mardi matin, d’Ali Akbar Siadat, soupçonné d’avoir livré des informations à Israël, au sujet des bases de missiles des Gardiens de la Révolution.

Il a été pendu, ce mardi 28 décembre à la prison d’Evin, de sinistre réputation. Il aurait eu des contacts avec les services israéliens durant 6 ans et perçu 60 000 $ d’émoluments, après avoir établi le contact avec une Ambassade israélienne à l’étranger. Aux dires de l'acte d'accusation, il aurait rencontré ses contacts dans des hôtels en Turquie, Thaïlande et aux Pays-Bas et aurait été arrêté il y a deux ans, avec son épouse, en tentant de quitter le pays.

Dimanche dernier, 26 décembre, un autre iranien, dont l’identité n’a pas encore été révélée, a également été condamné à mort pour les mêmes motifs, selon les termes du procureur Abbas Jafari Dolatabadi.

Il semble qu’il s’agisse-là de la première diversion officielle depuis l’assassinat de l’expert nucléaire et informatique Majid Shahriari et des graves blessures subies par un autre savant atomiste, Fereydoun Abbassi, fin novembre 2010.

 

FILE - In this file photo of Thursday, Dec. 17, 2009, Iranian Vice-President Mohammad Reza Rahimi, right, accompanies President Mahmoud Ahmadinejad in his departure ceremony as he leaves Tehran's Mehrabad airport for Copenhagen to attend the U.N. Climate Summit. The allegations in Tehran aim high: Iran's top-ranked vice president facing charges of high-level corruption that could force him to stand trial. But it's the fallout that could prove most stinging for President Mahmoud Ahmadinejad. The claims _ hitting one of Ahmadinejad's most trusted political partners _ hold the potential for serious mudslinging that could blast open the rivalries within the president's conservative camp. (AP Photo/Vahid Salemi, file)

Le "Bras droit" d'Ahmadinedjad Mohammed Reza Rahimi, accusé de corruption

Durant ce temps, Mohammed Reza Rahimi, le vice-président iranien, associé direct et conseiller le plus écouté de Mahmoud Ahmadinedjad est accusé de corruption à haut-niveau, ce qui devrait l’amener à être traîné devant un tribunal. Cette mise en examen pourrait constituer la piqûre mortelle la plus directe qui ait jamais atteint les toutes premières loges du cercle rapproché autour d’Ahmadinedjad. La crise menace d’éclater en rivalités ouvertes au sein même du camp le plus radical et conservateur en Iran. L’un de ces rivaux se trouve précisément être à la tête de l’appareil judiciaire, alors que, dernièrement, une pétition de parlementaires circulait pour obtenir le nombre suffisant de voix afin d’invalider la Présidence d’Ahmadinedjad par une mesure d’empêchement, mais elle n’avait pas atteint le quorum nécessaire.

Le coup est sévère sans menacer directement l’homme qui a pris en main le destin de l’Iran depuis les élections truquées de juin 2009. Ses liens sont trop puissants avec le réseau militaro-économique conduit par les Pasdaran qui étrangle le pays et il dispose de la bénédiction du Guide Suprême Khamenei.

La démission récente de Manouchehr Mottaki, alors Ministre des Affaires étrangères, s’inscrit directement dans ces luttes de pouvoir au sommet de l’appareil, puisque celui-ci est un allié proche du Président du Majliss, ou erzatz de Parlement iranien, qui affronte Ahmadinedjad, Ali Larijani. Lors de son départ, Mottaki a été ovationné par 260 parlementaires, contre 30 pro-Ahmadinedjad, un véritable camouflet et geste de défi contre le Président. A l’éviction du précédent, la Justice iranienne a donc répliqué par la mise en accusation du proche du Président, Rahimi. Son impact ne devrait pas être ressenti sur le court terme, mais plutôt en prévision des élections parlementaires de 2012.

Les luttes internes pourraient, néanmoins rester sporadiques à ce stade, du fait que le Gouvernement iranien est confronté à sa plus grave crise économique depuis 30 ans. Même des radicaux du clan Ahmadinedjad ont jugé ouvertement que les mesures de suspension nette des subventions, arrêtées depuis le 20 décembre, provoquaient une hausse des prix excessive et trop rapide.


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Plus de 30 villes connaîtraient des mouvements de cessation de travail, de la part des ouvriers de l’industrie, des mineurs et des chauffeurs routiers. « A bas le despote » est leur cri de ralliement et ils parlent de « situation explosive ».. Les motivations semblent autant de caractère social que politique. Les travailleurs tentent de créer de nouvelles unions syndicales indépendantes, en se rassemblant face au Majliss. Cet élan syndical attire plus de 2 millions de personnes du secteur public. Là où les anciens leaders faisaient très attention de se tenir à distance de toute mise en cause politique, la jeune génération pense ouvertement que, sans réforme politique, il n’y aura pas d’amélioration des conditions de vie des travailleurs.


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A Téhéran, les chauffeurs réclament la libération de Mansour Osanloo et de Reza Shahabi, leurs dirigeants syndicaux, dont le second vient de mettre un terme à sa grève de la faim de 60 jours, exprimant sa protestation contre son internement arbitraire.

Les usines pharmaceutiques, textiles et de céramique sont fermées pour cause de grève à Qazvin : les ouvriers du textile n’ont pas perçu leur salaire au cours des 11 derniers mois, leur compagnie étant totalement sous tutelle de l’Etat.

A Golestan, les mineurs ont stoppé la production de charbon sur plusieurs sites : Qishlaq et Roudbar, notamment. Les exploitants de 21 sites miniers sur 42 dans la région n’ont pas été payés, la société minière étant propriété du gouvernement. On observe des marches de protestation à Ardebil, avec des mouvements de solidarité entre ouvriers et étudiants.

Dans les villes portuaires de Bandar Abbas, Bushehr et Khorramshahr, les chauffeurs routiers en grève ont provoqué une congestion massive dans les produits d’importation qui ne sont plus acheminés. Ici, l’objet de la protestation concerne l’augmentation de 25% du prix de l’essence ; beaucoup de chauffeurs routiers, propriétaires de leur véhicule, pensent que cela va ruiner leur affaire.

Une grève générale affecte au niveau national, aussi bien les ouvriers que les directeurs d’usine de l’Agence des céréales et farineux, ce qui pourrait conduire, à brève échéance, à une rupture de stocks dans les boulangeries. Des actions identiques sont observées dans l’industrie de raffinerie du sucre, à Haft-Tapeh, dans l’aciérie à Ahvaz, et au compexe pétrochimique de Mahshahr.

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La réduction des subventions touche de plein fouet les couches de la population à bas salaire. Le coût de la vie pourrait brutalement augmenter de + de 20%. Des milliers d’affaires du secteur privé ont dû mettre la clé sous la porte. Le Ministre du Travail reconnaît que 3000 emplois par jour sont perdus. Et l’aventurisme d’Ahmadinedjad en politique étrangère est la cible des critiques et des mots d’ordre qui s’échangent par le bouche à oreille. Tous les éléments sont en place pour un affrontement à moyen terme entre le monde iranien du travail et le régime khomeniste d’Ahmadinedjad, des Gardiens de la Révolution et du Guide Suprême, Ali Khamenei.

Les médias étrangers ne prêtent que peu d’attention à ce qui se profile en Iran, en cette période de fêtes en Occident. Les pendaisons orchestrées par les Pasdaran tiennent lieu de "jeux du cirque", mais le peuple a faim... de pain et de justice élémentaire. 

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 22:05

 

ANALYSE-A-LA-UNE

 

Les analystes unanimes : Wikileaks signe l’enterrement d’un quelconque lien entre processus de paix et crise iranienne.

 

 Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


De Sever Plocker (Ynet) à Barry Rubin (IDC Herzlyia/ ICI) jusqu’à Herb Keinon (Jerusalem Post), en passant par Jennifer Rubin (Commentary) ou le New York Times, la vaste majorité des observateurs du Moyen-Orient accorde ses violons sur une note claire comme le crystal :

 

Les fameuses « révélations » de Wikileaks, ce dimanche 28 novembre, hormis que leur contenu informatif tient du secret de Polichinelle, mettent fin à l’ère de l’hypocrisie, au sujet d’un Orient, finalement, pas si « compliqué » que cela :

 

elles font voler en éclats la fiction qu’il puisse exister un lien quelconque entre les impératifs du « processus de paix » et la hantise arabe d’un Iran nucléaire. Surtout, la seule intonation qui « frappe » tient du concert des leaders arabes, qui se tordent les mains d’angoisse, face à l’absence de dissuasion américaine. S’ils ne peuvent le dire publiquement, ils ne se gênent absolument pas pour employer les comparaisons les plus crues afin de définir leur ennemi commun : le dictateur Ahmadinedjad. Contrairement à la doxa antisiono-palestiniste ayant cours en Europe, le « nazi », pour le monde arabe, n’est pas israélien, mais perse.

 

Ce hiatus entretenu marque pourtant le point de fracture grandissant qui s’est, artificiellement, creusé entre la nouvelle Administration, défaite aux mid-terms, et le Gouvernement Netanyahou, dès l’arrivée aux affaires de Barack Hussein Obama :

 

Celui-ci n’a eu de cesse d’arguer que la création d’un « front uni » des régimes arabes modérés et des préoccupations occidentales et israéliennes contre l’Iran dépendait essentiellement de la formule adoptée pour s’entendre sur la question palestinienne.

 

A l’inverse, pour le Cabinet Netanyahou, il ne fait aucun doute que le Hezbollah et le Hamas conservent une force de nuisance déterminant l’avenir de toute discussion, tant que la menace iranienne ne sera pas neutralisée. Dès lors, la question du nucléaire occupait le sommet des priorités israéliennes et toute résolution sur un autre champ n’en serait que la conséquence.

 

Or, ce qui apparaît clairement, dans ces documents, c’est que les dirigeants des régimes sunnites n’ont absolument pas besoin de se faire prier pour embarquer au sein d’une coalition avec l’objectif de réduire l’impact du danger iranien. Au contraire, ce sont eux, au-delà des mises en gardes israéliennes adressées aux diplomates américains, qui  exigent de l’Amérique qu’elle prenne le « taureau par les cornes ». Ce que se garde bien de faire Obama, flanqué de son Ministre attentiste de la Défense, Robert Gates, persuadé, depuis toujours, qu’il faut « négocier ». Ou qu'une frappe ne donnerait "que 3 ans de sursis" : allez demander à Abdallah ou aux opposants iraniens si ce n'est pas toujours "ça de pris"...

 

Ces publications citent l’envoyé du Roi saoudien Abdallah, dès 2008 : il exhortait les Etats-Unis à frapper l’Iran, et rédigeait, noir sur blanc, sur un de ces messages télégraphiés : « il est absolument nécessaire de trancher la tête du serpent » !

 

Mohammed Ben Zayied, tête couronnée d’Abu Dhabi, presse Obama en 2009 de cesser « d’apaiser Ahmadinedjad », en le comparant à « Hitler », espérant, sans doute, que cette référence influerait sur la politique « munichoise », à son goût, de l’Administration.

 

Le Général-Major égyptien, Mohammed al-Assar, rappelle encore en 2010, que « l’Egypte perçoit l’Iran comme le danger principal dans la région ».

 

Pire, ces régimes redoutent à mots à peine couverts, une entente entre Washington et Téhéran, qui réduirait leur influence au rang de « vaches à lait » énergétiques et les soumettrait à la pression pro-iranienne de la rue et des « Frères musulmans », donc du Jihad global.

 

Rien n’y fait et le « discours du Caire » peaufiné par Obama reste gravé dans le marbre, comme l'oeuvre majeure du "Prix Nobel de la Paix", mention littérature appliquée aux affaires du Monde. Ce qui occupe le devant de la scène diplomatique, tout au long de ces deux années perdues, tient en une seule injonction magique : « il faut geler les implantations », « obstacle majeur au processus de paix ». Les crises se multiplient, on parle de nouvelles pressions ou d’offres généreuses compensatoires. Par contre, une ligne unique pour aborder l’Iran nucléaire : « négocier ».

 

De nouvelles sanctions permettent encore de laisser croire que le régime de Téhéran va s’effondrer de l’intérieur sans coup férir. Et, lorsqu’elles n’y suffiraient pas, on ressort du chapeau le gag « Stuxnet » à grand tirage médiatique, pour démontrer que la Cyberguerre est la solution sans frais à tous les problèmes « techniques » de l’humanité.

 

Durant ce temps - cela a largement été exposé, par ailleurs-, l’axe irano-syrien n’a fait qu’intégrer de nouveaux membres à son club. Damas multiplie les pieds de nez aux mains tendues de ses courtisans français et américains. Le Liban est plus qu’au bord du précipice et s’accroche à la rambarde du Tribunal spécial. La Turquie capitalise ses alliances islamistes à l’Est, couverte par le voile de candeur de l’OTAN. Abbas n’a aucune motivation à négocier que de s’accrocher aux cadeaux idéologiques de son mentor de la Maison Blanche… Et les régimes sunnites ont dû passer la main en Irak, sous les coups de semonce de l’axe adverse.

 

Les Arabes du Golfe, d’Irak, du Liban, du Yémen, se perçoivent, désormais, comme la Tchécoslovaquie de 1938, pour le Maître passif de Washington.

 

La politique étrangère de l’Administration découle d’une doctrine idéologique dont se nourrit, entre deux canapés au caviar, l’upper-class des affaires autour du clan Obama (George Soros, financier de J-Street et d’autres). Mais, elle reste sans « lien » et sans effet sur le monde cruel du Moyen-Orient. Le véritable drame à la Maison Blanche est qu’Hilary Clinton et son patron ne soient pas même parvenus à convaincre les grands leaders arabes du bien-fondé de leur Evangile, distribué à toutes les chancelleries. Deux ans plus tard, le tableau est identique à lui-même, en pire : des territoires ont bien été échangés et perdus, mais il s’agit de l’Irak et du Liban, qui subissent désormais la tutelle de visiteurs comme Ahmadinedjad-« Hitler » (pour reprendre l’image courante à Abu-Dhabi), Moqtada Sadr et autres envoyés spéciaux du grand Ayatollah Khamenei.

 

La question subsidiaire consiste à envisager si un tel « groupe de choc » de conseillers à Washington, comme ceux qui ont déployé leurs talents à « noyer le poisson dans l’eau », autour de leur candidat à sa propre succession, dispose de la moindre « solution de rechange » (un "plan B") pour réviser ses principes inopérants. Et la réponse, à cette heure, risque de laisser pantois. Mieux vaut ne pas y penser…

 

Les câbles de Wikileaks valident les positions israéliennes qui s’appuient sur la connaissance du terrain et des attentes, en privé, de leurs turbulants voisins. Ils délégitiment un peu plus les effets de manche, les discours inconsistants que tient l’occupant de la Maison Blanche, depuis ses débuts en tant que chef d’orchestre. Même les « révélations » sur l’accent mis par Méir Dagan, des services extérieurs de Jérusalem, sur l’aide aux contestataires, politiques ou armés du régime de Téhéran, apparaissent dans la logique du renversement souhaitable d’une dictature. L’accusation de complot est, quoi qu’il en soit, régulièrement reprise par les représentants de la mollachie et l’exposer ne change fondamentalement rien à la donne. Au moins, Israël se tient moralement et logistiquement, aux côtés de la rébellion iranienne. Obama, quant à lui, s’est contenté de suivre les évènements en évitant toute ingérence officielle dans les affaires internes de Téhéran. C’est, à la fois, habile, sur le plan diplomatique, et démobilisant sur le plan des valeurs qu’est encore capable de soutenir l’Occident. Le Département du Trésor a joint à sa liste noire des "groupes terroristes", les Kurdes du PJAK en Iran, dès l'arrivée au pouvoir d'Obama. Et, récemment, le Jundallah baloutche qui détient actuellement un otage nucléaire d'Ispahan (lCl ).

 

A l’heure où Julian Assange rendait publics ses « scoops », deux savants nucléaires iraniens, les Professeurs Shahriari et Abbassi étaient pris pour cibles par deux motos en plein cœur des quartiers réservés et sécurisés de Téhéran. Al-Arabyia, journal saoudien, tient de sources iraniennes, que le « coup » double parfaitement coordonné n’aurait pu être exécuté que par les Gardiens de la Révolution eux-mêmes, étant donnée la configuration de l’opération. On a déjà vu les services claniques concurrents rivaliser les armes à la main en plein Téhéran. Cela dit, l’heure n’est pas à l’épuisement des ressources humaines et savantes, mais à l’hyper-productivité, quitte à menacer d’exécution les récalcitrants éventuels et leur famille. Quoi de plus enfantin?

 

L’avènement de Tamir Pardo à la tête des services secrets israéliens, le lendemain-même de ces « révélations », est salué comme la consécration de « l’homme qu’il faut à la bonne place ». Il est issu du rang, spécialiste des écoutes et des plongées photographiques dans les failles des dispositifs adverses, ancien « technicien » du Sayeret Matkhal et, en cela, proche de l’armée et de la famille Netanyahou depuis Entebbe, doté d’un « ego normal » (allusion à son prédécesseur?). Il n’est pas dit qu’il puisse faire des « miracles », si aucune impulsion ni résonance concrète ne provient de l’Administration autiste de Washington. L’avenir de la lutte contre la terreur et la prolifération nucléaire irano-coréo-syrienne -qui, elles, sont bien liées, n'en doutons pas!- dépend aussi de la façon dont Obama accusera réception de ces deux revers publics que constituent :

 

- le démenti populaire, lors des récentes élections de mi-mandat.

- l’érosion sévère de la chape de plomb diplomatique. Les postures les mieux dérobées au regard de l’opinion publique engagent, cette fois, les conditions réelles de la paix et les nécessités liées directement aux conflits en cours. 

 

Le Roi est nu. Il en paraît fort contrarié.

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 12:45

 

ANALYSE-A-LA-UNE

 

Jours de terreur à Bagdad, menaces aux colis piégés : les terroristes célèbrent dans le sang les mid-terms et 2 mois de retrait américain

 

-[Bilan d'un désastre, plus "qu'analyse"]-

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

Il est toujours hasardeux de prétendre lire un message implicite, intentionnellement glissé au cœur d’une vague de terreur. Ce n’est pas parce qu’on ne saurait pas le déchiffrer correctement que de tels bains de sang planifiés sont dénués de toute intention. Ils marquent, à leur manière criminelle, une date importante et s’invitent lors de ces mid-terms sanglantes de la Présidence Obama.


C’est l’ensemble du modèle électoral occidental qui est jeté aux ordures ou dans les fosses communes creusées par les Jihadistes. Une gifle retentissante au projet de retrait d’Irak, point central du programme du candidat démocrate, deux mois, jour pour jour après le départ du dernier G’I. La stabilisation n’était, tout simplement, pas assurée pour se permettre de ne pas pondérer ce calendrier d’utiles préoccupations sécuritaires, condition même d’une réaffirmation de la souveraineté. La politique extérieure de l’Administration se solde par un massacre.


La vague de colis piégés en provenance du Yémen réitère d’autres précédentes tentatives par les lignes régulières, depuis 2001. Elle n’a de nouveau que d’exploiter une faille présumée des systèmes de contrôle aérien. On sait qu’on ne doit son échec qu’à une fuite de la part d’un repenti saoudien, ancien détenu de Guantanamo et au signalement lancé par les services dubaïotes aux Britanniques et aux Américains.


La démultiplication des essais d’atteindre des cibles gouvernementales et diplomatiques européennes par le même type de modus operandi depuis la Grèce apparaît inquiétante, à mettre au compte de milieux terroristes liés à la mouvance anarchiste de l’altermondialisme. Le « plagiat » ou la réplique dans un très court laps de temps a toutes les raisons d’inquiéter, même si on ne peut arguer d’une planification concertée. Parmi ces cibles, deux des principaux leaders de l’Europe, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Si la première bombe n’a jamais quitté Athènes, la seconde est bien parvenue au service postal des bureaux de la chancelière, alors en Belgique, siège de l’Union. Ces groupes ultra-radicaux exploitent le mécontentement des Grecs d’avoir été délaissés par les milieux financiers européens et sacrifiés sur l’autel de l’Euro. Au moins une dizaine d’autres paquets étaient dotés de dispositifs explosifs, capables de faire des victimes et envoyés aux ambassades de Russie, de Suisse, du Luxembourg ou des Pays-Bas, donc un certain nombre de pays réputés pour leur système bancaire. Dans les deux cas, le seul point commun dans les tactiques des opérateurs est qu'ils surferaient sur le sentiment d’impuissance et d’abandon des populations à elles-mêmes.


Simultanément, les attentats de masse se développent en Irak. Les Islamikazes ont entraîné dans la mort 52 chrétiens, lundi, mais ne se sont pas arrêtés là. Le lendemain, 19 attentats utilisaient toute la gamme de l’inventivité terroriste et insurrectionnelle d’al Qaeda, à tous les carrefours de la ville. Les quartiers chi’ites ont été les plus touchés, avec plus de 120 morts et 300 blessés à Bagdad. Des mines et bombes improvisées étaient déclenchées au passage des convois de la police, de l’armée et des secours se précipitant sur les lieux de ces atrocités. Les crépitements d’armes automatiques accompagnaient ces détonations, de façon à ne laisser aucune chance aux survivants de ces guets-apens. Les Commandants de l’armée irakienne reconnaissent que la capitale est hors de contrôle et qu’il ne s’agit sans doute que du commencement de l’extension du chaos à Bagdad. Le système médical public s’étant effondré, ils ont dû déployer des tanks sur les bords du Tigre. Al-Maliki a refusé d’instaurer le couvre-feu, mais a fait appel à 3 brigades blindées en renfort. Ce n’est pas encore la loi martiale, mais cela y ressemble, faute d’alternative.


D’autres communiqués d’al Qaeda rappellent que les Chrétiens d’Irak lui sont des « cibles légitimes » et que « la lame du sabre s’abattra à nouveau sur leur cou ». Cette minorité, comme les Juifs, sont considérés comme le camp avancé de l’Occident en monde musulman. Pour les islamistes, il s’agit de « couper les ponts » entre deux visions incompatibles du monde.


L’Irak est devenu l’enjeu des tractations d’influence entre l’Iran, l’Arabie saoudite, et al Qaeda surgit pour occuper cette vacance du pouvoir, dans un pays tenu durant des décennies par une poigne de fer. 


Si même les attentats en Irak n’avaient rien à voir avec le souci des terroristes de perturber le scrutin de la mi-mandat, mais uniquement des ramifications régionales, ils coïncident avec la précipitation d’un programme « isolationniste » tenu pour des considérations intérieures, de la part d’Obama. L’Administration n’a pas su ni voulu anticiper sur aucune des conséquences de ses décisions, même lorsque les élections irakiennes débouchaient sur l’impasse des jeux d’influence, déniant alors toute souveraineté à Bagdad. On ne passe pas de la tutelle sécuritaire au rapatriement sans transition politique ni période probatoire.


GW Bush avait marqué la même précipitation, lors des élections palestiniennes de 2006, sur la foi crédule que le peuple suivrait Abbas et le chemin de la négociation, au lieu du Hamas, grand vainqueur du scrutin. La guerre civile et la prise de contrôle de Gaza faisaient suite à cette présomption par aveuglement. Encore une fois, l’Amérique traite la question des Etats au Moyen-Orient comme s’agissant d’un gadget, sans réflexion sur la réalité clanique en Orient, ni les modalités de renforcement des institutions. Elle fait la part belle aux poussées hégémoniques et à la loi du plus fort. Les islamistes s’imposent, par les urnes ou par le sang.


Si, à Jérusalem, on a tout lieu de se réjouir du raz-de-marée républicain au Congrès, dans une moindre mesure au Sénat, augurant de moindres pressions sur Israël, la donne régionale se radicalise. En Irak comme au Liban, les bases logistiques du terrorisme se situent à Damas, qui arbitre de façon meurtrière entre les prétendants iranien et saoudien à la domination régionale. C’est aussi un défi cinglant à Washington, rappelant que rien ne se fera sans que l’Amérique ne lâche la bride à la Syrie. Ceci traduit une autre erreur stratégique de l’Administration Obama, qui consiste à privilégier la résolution du supposé « conflit israélo-palestinien » comme clé de la pacification du Moyen-Orient. L’exploitation du conflit arabo-persan par les différents groupes terroristes relègue la question de la paix entre Israéliens et Palestiniens au rayon des dossiers subsidiaires.


A Beyrouth, le Hezbollah menace d’imposer sa mainmise sur l’ensemble du pays en moins de deux heures.  D’après les experts locaux, cette prise de contrôle, comme celle de Gaza en 2007 ou de Beyrouth en mai 2008, ne pourrait se faire dans la non-violence. L’armée resterait sans doute dans ses casernes en attendant d’être consultée par le vainqueur. Mais les autres minorités menacées, dont les Sunnites alimentés par leurs parrains du monde arabes, créeraient sûrement des poches de résistance. L’Occident, réduit à l’impuissance, pourrait alors se résoudre à assister à la mise en branle des armées israélienne et syrienne, conduites à s’affronter à très brève échéance : l’une pour empêcher l'offricialisation d’une nouvelle enclave iranienne sur son front nord, l’autre en renfort du nouveau pouvoir par la rue, « pacificatrice » d’un Liban décidemment incapable d’assurer sa propre souveraineté.


Pour le moment, l’Iran et le Hezbollah utilisent « l’écran de fumée » généré par al Qaeda en Irak, pour mieux affûter leur stratégie de prise de contrôle de ces deux pays en passe de devenir de simples satellites.


Le défi à relever, quelle que soit la nouvelle majorité sur la Colline du Capitole, c’est que ni l’Amérique ni Israël, actuellement, ne disposent de stratégie de contre-offensive sur ces deux théâtres de guerre. La coopération pour la trouver s'impose. La folie destructrice d’al Qaeda n’est que le symptôme de la mollesse des régimes sunnites à prendre en main la défense de leurs intérêts face à l’Iran et la Syrie résurgents. Ces dossiers brûlants n’attendront pas qu’on se mette d’accord à Washington, sur la crise, les impôts ou le chômage. Ils nécessitent qu'émerge un "Commander in Chief", capable de frapper du poing sur la table et d'arbitrer entre les outsiders. Même s'il ne décide jamais que sous la pression de la Chambre.

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 14:36

 

ANALYSE-A-LA-UNE

 

La France reconstitue le crime de Rafiq Hariri, pendant que l’Iran enclenche d’autres meurtres en série en Irak


 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

C’est sur la base militaire de Captieux (Gironde, 33) que la scène du meurtre de Rafik Hariri et de 22 autres personnes a pu être reconstituée, le mardi 19 octobre, en présence d’experts internationaux en explosifs. L’expérience était suivie de près par le Procureur Daniel Bellemarre, du Tribunal spécial pour le Liban. Les résultats restent, à ce jour, confidentiels.

 

D’après des sources anti-terroristes, le Président Nicolas Sarkozy avait repoussé de deux mois l’ordre d’y procéder, par crainte qu'elle ne serve de détonateur à de nouvelles explosions de violence au Liban ou à sa frontière avec Israël. Doit-on voir un lien de cause à effet, au sujet des menaces qui pèsent sur la France? Ne pas l'envisager serait angélique. Le Hezbollah a prévenu qu’il utiliserait toute sa force militaire pour empêcher l’arrestation de ses militants. Les noms d’au moins neuf membres de la hiérarchie et des renseignements du Hezbollah devraient sortir en tête d’affiche d’ici, dit-on, la fin de cette année 2010. En réalité, environ 50 "personnalités" du groupe terroriste libanais y seraient impliquées, de près ou de loin, Cela dit, on voit qu’on avance à reculons vers ce grand moment de vérité. Saad Hariri en personne a proposé à Nasrallah de mettre l'opération sur le compte de feu Imad Moughniyeh, les absents ayant toujours tort. Mais rien n'y fait.

 

La récente visite d’Ahmadinedjad avait, parmi ses objectifs, de dissuader, une fois encore, d’en venir aux faits. Cela dit, elle a aussi servi de test aux gouvernements libanais, américain et français, qui ont fait en sorte de garder la situation sous contrôle, malgré les désagréments causés. Le grand happening tant redouté est, globalement, tombé à plat. Plutôt que d’être à l’avant-scène, Nasrallah était appelé à se faire discret, aux abris. En soi, c'est un aveu de culpabilité. Il s’est fait ravir la vedette et a été continuellement tenu à l’écart, après avoir préparé un évènement de l'ampleur de ce voyage depuis 1992. C’est une humiliation et un échec grave. Nicolas Sarkozy en a pris la mesure, en concertation avec l’Administration américaine et donc, décidé de tirer au clair cette affaire, dès le lendemain même du retour du Président iranien à Téhéran.

 

L’armée française a reconstitué un mini-Beyrouth, avec ses rues, fait venir des fourgons blindés tels que ceux de l’escorte de l’ancien Premier Ministre libanais, et creusé des fosses aussi profondes que celles où les explosifs ont été dissimulés, lors de l’attentat. Ensuite, les experts internationaux sont venus relever les débris sur la scène de la simulation afin de procéder à des tests légaux.

 

Les explosions contrôlées consistaient à comprendre comment les terroristes du Hezbollah avaient procédé pour fabriquer et relier les explosifs entre eux de façon à déclencher la détonation. La bombe mise au point en février 2005, pour faire exploser le convoi bien gardé de Rafic Hariri était, en effet, assez puissante pour creuser un cratère de plusieurs mètres de circonférence et engloutir 22 personnes dans son parcours meurtrier. Loin d’être un « attentat ciblé », il s’agissait, à n’importe quel prix, d’utiliser les grands moyens et de ne rater en aucun cas cette cible. En y réfléchissant un peu, on peut en déduire que tous les éléments sont réunis, depuis le départ, pour suivre la piste d’un groupe terroriste qui a déjà fait ses « preuves » sur la scène internationale, au cours de méga-attentats, comme ceux de Buenos-Aires, ou au Liban, celui du Drakkar, des casernements américains ou d’ambassades à travers le monde. Le modus operandi agit là comme une signature chimique, même si des doutes peuvent subsister pour les besoins de l’enquête. Les experts argentins, tels qu’Horacio Calderon, le démontrent amplement (http://lessakele.over-blog.fr/article-les-vents-de-la-guerre-au-levant-et-au-moyen-orient-3-3-les-cas-hariri-et-amia-56375577.html).  Mais le Hezbollah est parvenu à se faire passer, depuis si longtemps, pour un « parti libanais de résistance » qu’il aura fallu plus de 5 ans aux Libanais d’abord pour seulement envisager qu'ils ont là un ennemi implacable de leur unité. Et c’est, sans aucun doute, le tour de force le plus remarquable, que cette capacité des hommes de Nasrallah, en tant qu’agence de communication iranienne, de se faire passer pour d’honnêtes citoyens parmi tant d’autres…  Le mal s’est infiltré de façon si insidieuse et profonde au cœur même de la société du pays du Cèdre qu’on ne peut que faire appel à une procédure internationale longue, prenant d’infinies précautions, avant de lui diagnostiquer un cancer, probablement, à l'orée de sa phase terminale.

 

Durant ce temps, afin d’accroitre l’impact des sanctions à l’encontre de l’Iran, la maison-mère du Hezbollah, Washington a délégué Stuart Levey, responsable du Trésor, auprès des voisins de Téhéran les plus impliqués dans la fourniture de biens et services pétroliers à la République pasdaran. Ces pressions concernent la Turquie, qui s’est opposée au régime de restrictions, arguant qu’elle avait assez souffert durant l’embargo imposé à l’Irak, à la fin du règne de Saddam. Les échanges demeurent en dents de scie, beaucoup d'organismes financiers turcs ayant des liens forts avec les banques américaines et ne souhaitant pas perdre sur les deux tableaux. Les exportations turques ont chuté de 325 millions de $ en juin, date du vote des sanctions, à 191 millions de $ le mois suivant, pour remonter à 198 millions, en août. Le commerce islamique ou transfert par le système de la Hawala, ne peut, très probablement pas compenser ces pertes sèches. L'exportation de pétrole raffiné a chuté de 74% en août. L’Azerbaïdjan est un autre cas particulier, avec un quart de population azérie du côté iranien de la frontière. Les échanges s’élevaient à 1 milliard de $ l’an dernier. La frontière du Kurdistan irakien est, également, poreuse. Le rial iranien peut connaître des baisses de 20% de sa valeur, en moins de deux jours, les Iraniens se précipitant alors pour acheter du dollar US ou de l’or. Si la Chine reste sous suspicion de continuer à jouer sur tous les tableaux, en prétendant enquêter sur les débordements illicites, Inpex corporation du Japon, Eni SPA italien, Royal Deutsch Shell PCL, des Pays-Bas, ont coupé leurs approvisionnements presque du jour au lendemain.

 

Mais la porte de sortie iranienne, pour contrer les pressions dont il fait l’objet, réside dans l’opportunité de faire élire un homme à sa botte en Irak, après le départ des troupes américaines. Ayad Allawi, chi'ite soutenu par les régimes sunnites, qui a deux sièges d’avance sur al-Maliki, ne décolère pas contre Téhéran : « Nous savons tous que l’Iran cherche à provoquer le chaos dans la région, en déstabilisant l’Irak, en déstabilisant le Liban et en faisant dérailler tout ce qui touche au problème palestinien ».

 

Comme pour lui donner raison, les renseignements américains et irakiens émettent des signaux d’alarme forts, après le retour en Irak de deux cerveaux du terrorisme : Abu Mustafa al Sheibani et Abu Dura, alias  Ismail Hafiz al Lami, le chef suprême du Jaysh-al-Mahdi, connu sous la sinistre réputation du « Zarqawi chi’ite ». Ils sont revenus d’Iran réorganiser leurs réseaux, depuis l’été dernier, soit au moment même où Obama se réjouissait de la réussite de son plan de retraite, alors qu’ils avaient pris la fuite en Iran en 2008. Les services anti-terroristes restent très laconiques, se contentant d’affirmer qu’il s’agit « d’un sujet hautement sensible ». Sheibani, ainsi que Qais Qazali, sont les élèves d’Abu Mussa Dabduq, un expert-terroriste du Hezbollah libanais, capturé par les Américians durant l’hiver 2007. Dabduq était envoyé par les Forces Al-Qods pour enseigner les "arts et métiers" de la terreur libanaise aux chi’ites irakiens. Sheibani est réputé pour avoir planifié des attentats de grande ampleur aussi bien contre les troupes américaines, irakiennes et britanniques, que contre des dirigeants politiques et de très nombreux civils, depuis 2005. On a pu recenser 17 cellules regroupant environ 280 membres, spécialisés dans l’attaque à l’engin explosif improvisé (IED) -dont la puissance peut aller jusqu'à ceux employés dans le "cas Hariri"-, au mortier ou aux missiles Katuysha, techniques enseignées par les cadres Pasdaran et du Hezbollah libanais. Il a fait partie, à partir de 2005, de la liste des chefs terroristes les plus recherchés en Irak, le gouvernement offrant une prime de 200 000 $ pour toute information. Il est également, en bonne compagnie, sur la liste des terroristes (pro-)iraniens à sanctionner pour leur action en Irak, selon le Département du Trésor américain :  avec  Ahmad Foruzandeh, l’officier commandant le corps Ramazan des Brigades al-Qods des Pasdaran et Abu Dura, le dirigeant de « l’armée du Mahdi ».

 

Le réseau al-Sheibani a, en effet, été créé par les Pasdaran, bien sûr, pour poursuivre la guérilla contre les forces américaines et irakiennes. Mais son principal objectif est bien, selon le Département du Trésor, d’éliminer les politiciens irakiens qui feraient obstacle à l’ingérence iranienne dans les affaires de l’Irak.

 

Le tempo orchestré à Téhéran est donc très clair : parallèlement au chantage que fait peser le Hezbollah sur le Liban, en cas de révélations dans l’affaire Hariri, les Mollahs ont déjà enclenché le processus pour d’autres meurtres politiques d’égale ampleur dans le corps politique irakien.

 

Depuis juillet 2009, l’Amérique a relâché plus d’une centaine de membres de ces milices pro-iraniennes, ainsi qu’au moins cinq officiers supérieurs iraniens afin de « prôner la réconciliation » : parmi eux,  Mahmud Farhadi, chef du commandement Zafr, l’une des trois unités du réseau Ramazan, ou Laith Qazali, le frère de Qais, qui n’ont pour seule mission que de semer le chaos politique et la mort en Irak.

 

Qais Qazali est, à la fois, le porte-parole et le bras armé de Moqtada Sadr, celui-là même pour qui Nouri al-Maliki ne saurait ménager ses yeux doux de Chimène et embrassades, tout en se prosternant aux pieds du Guide Suprême Ali Khamenei. Qais Qazali est directement responsable du kidnapping et de la mort de cinq soldats américains à Kerbala en janvier 2007, parmi de nombreux autres. Les responsables de l’armée américaine et du renseignement sur place sont furieux contre la largesse des gestes de l’Administration. Et, pour la récompenser, la ligue que dirige Qais Qazali a suspendu les négociations avec le gouvernement irakien dès l’élargissement de son chef et kidnappé Issa T. Salomi, en janvier, un contractant du Département d’Etat américain. Celui-ci a été relâché en mars, suite à un autre échange de prisonniers contre otages. L’armée du Mahdi détiendrait au moins un autre otage de nationalité américaine :  Ahmed Altaie, depuis 2006. On ignore s’il est vivant ou mort.

 

L’Iran continue de perpétrer les mêmes pratiques qu’au Liban ou à Gaza, avec l’enlèvement de Guilad Shalit. Et les Occidentaux continuent de négocier et de reporter les sanctions qui s’imposent, via les Tribunaux prévus à cet effet.

 

Sources : DebkaFiles,  http://www.horaciocalderon.com/ , http://www.longwarjournal.org/archives/2010/10/, www.planet-iran.com , The Wall Street Journal 

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 18:22

 

ANALYSE-A-LA-UNE

 

Des « Etats-voyous » au brouillage des frontières ou les raisons profondes de la perte de légitimité des Etats-Unis d’Obama au Moyen-Orient

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info


Barry Rubin, dans ses notes quotidiennes sur les affaires moyen-orientales (http://rubinreports.blogspot.com/2010/10/iran-syria-bloc-consolidates-alliance.html) met en exergue le ressentiment de nombreux pays arabes à l’encontre de l’Administration Obama. Il évoque la recomposition des axes avec l’agglomération de la Turquie et de la Syrie au leadership revendiqué par Mahmoud Ahmadinedjad dans la région. Et c’est, sans doute, là, l’évènement le plus remarquable, qui génère le malaise le plus large, à la suite de son séjour à Beyrouth.

 

Si bien évidemment, les prétentions du tyran iranien à devenir le « leader du monde arabe » rencontrent au moins deux obstacles majeurs : le fait qu’il s’exprime en farsi ou persan et celui qu’il soit chi’ite, et non sunnite ou unitaire sur le plan théologique et culturel, les raisons de le prendre au sérieux ne manquent pas :

 

 

-      S’il n’est pas engagé dans une confrontation militaire directe avec les Etats-Unis ou Israël,  la pratique et le développement des guerres dites « asymétriques », sont, pour lui, l’occasion d’étendre dangereusement son influence partout où il le souhaite

-      Contre cet état de fait, l’Amérique et Israël n’ont remporté que des victoires partielles conduisant à des statuquo et aucune victoire indiscutable repoussant très loin les limites de l’hégémonie iranienne en Orient ou défaisant le coeur même de ses filières (à Damas, par exemple remarquable).

-      Ces réseaux lui permettent au moins d’être crédible auprès de ses principaux clients :

-      D’une part, les groupes terroristes qu’il instrumente ou lui prêtent allégeance

-      D’autre part, les pays, notamment du Levant, qui n’hésitent pas à franchir le pas et à tisser des alliances avec cette puissance régionale souterraine et renforcent ainsi, sinon, sa « légitimité » internationale, du moins, ses prétentions à s’ériger en dirigeant régional. D'autant si la double-allégeance est exonérée de frais.

 

 

Et, sur ces différents points, il doit l’essentiel de sa consécration à une seule politique et à plusieurs erreurs stratégiques fondamentales de l’Administration Obama :

 

Lorsqu’on met les pieds ou qu’on les conserve, dans un "bourbier" ou une mosaïque d'intérêts divergents, tels que l'Orient compliqué, - dans la continuité d’une politique précédente, qu’on l’apprécie ou pas ou qu’on construise son propre programme de gouvernance en opposition à ce précédent,- on ne peut perdre de vue un ensemble de « lignes rouges » qui servent de points de repère à la globalité des acteurs régionaux. L'élève juriste, avocat des grandes causes à Harvard a oublié le "Commander in Chief" qu'il ne cesse pas d'être symboliquement...

 

L’Amérique ne pouvait se défaire aussi facilement de son rôle de « gendarme du monde », que telle ou telle présence sur un théâtre de guerre repose ou non sur des bases contestables. Tout désengagement sans dommages repose sur l’édiction de lignes claires, susceptibles de sanctionner les abus des autres parties prenantes qui profiteraient du vide ainsi créé.

 

Avec tous les défauts qu’on puisse trouver à Georges Bush ou les raisons bonnes ou mauvaises de décider de guerres encore en cours sous une autre Administration, le fait d’avoir totalement levé la détermination de quel état est « voyou » ou se comporte dans le sens de la stabilité du Proche-Orient a ouvert la boîte de Pandore de ces fameuses guerres « asymétriques », qui n’ont pas besoin de reposer sur une légitimité quelconque ; elles ont également permis à des états hésitants de basculer ouvertement ou de façon plus masquée, insidieuse, du côté des offres de collaboration iranienne. Tant que la Syrie pouvait redouter des sanctions claires et un isolement relatif pour ses agissements, en tant que patron du terrorisme au Liban et dans les territoires palestiniens, elle se devait de faire attention là où elle mettait les pieds et savait à peu près quelles seraient les conséquences de ses actes. Ne nommant plus les faits et débordements, le "juge de paix" américain a institué l'impunité et l'usage à dose massive de la dérision, quant au sens de sa propre détermination.

 

Surtout, on découvre qu’un pays comme la Turquie, en voie d’Islamisation depuis les années 2000, sur le plan intérieur et juridique, prend, pas à pas, ses distances, en tant que pays, jusque-là relativement stabilisateur, avec la doctrine et les intérêts de l’OTAN, conduite par l’Amérique. A preuve, le remplacement de ses anciens partenaires, lors de manoeuvres internationales, par des puissances globales comme la Chine, qui se trouve toujours représenter une menace diffuse, même si non-déclarée hostile, pour l'ensemble des membres de l'Alliance Atlantique. Procédant ainsi, la Turquie marche sur le fil de l'indétermination et joue sur tous les tableaux (http://lessakele.over-blog.fr/article-la-turquie-invite-la-chine-a-convoler-par-l-iran-durant-des-manoeuvres-aeriennes-en-remplacement-de-ses-allies-de-l-otan-58778725.html ). Il n'y a ni règles ni régulation et tous les coups, tant que "bénins" (affaire mondialement médiatisée du Mavi Marmara) sont permis contre les anciens alliés (refus d'héberger tout bouclier anti-missiles qui parerait à une agression irano-syrienne).

 

De fait, la force de négociation et la sphère d’influence de pays moins engagés dans des conflits ou des guerres directes, comme la plupart des régimes sunnites se trouvent, non plus orientés dans leurs arbitrages régionaux par le contrepoids américain, mais, bel et bien, sous la menace directe de ce nouveau front du défi permanent en voie de construction.

 

Et il en va, évidemment, de même pour Israël, qui doit mener presque seul (sauf en Afghanistan) le reliquat d’une guerre anti-terroriste et anti-insurrectionnelle qui tient le haut du pavé, dans les campagnes médiatiques, mais, de surcroît être en position de rendre des comptes aux nations et à la première d’entre elle, qui se refuse à préciser le droit, en laissant le champ ouvert à toutes les intrusions.

 

En d’autres termes, la puissance d’Ahmadinedjad à Beyrouth et face à l’ensemble d’un monde arabe, qui ne sait plus réellement à qui se fier, et, dès lors, préfère se taire ou grommeler dans son coin, n’est le fruit que de l’indécision, de l’imbécilité et de la surenchère négociatrice de l’Administration Obama et de ses principaux conseillers, incapables de définir un cadre, de délimiter un agenda et des objectifs, d’inclure un conflit en particulier dans l’ensemble de ceux qui le subsument. Dont le principal : la rivalité sunnite/chi’ite, plus que la question de quel Etat « palestinien », si l’un potentiel est l’allié des uns et l’autre, celui de ses adversaires les plus féroces. Ainsi, dans des négociations localisées, comme celles palestino-israéliennes devient-il excessivement présomptueux de prétendre "définir les frontières d'un futur état", quand la conception des uns s'établirait sur les résultats de guerres précédemment menées (avec l'Egypte, la Jordanie ou la Syrie) et que celle des autres obéit aux impératifs d'une révolution islamique et d'une alliance de fait entre mouvement des Frères Musulmans et parrain iranien... La tentative est, non seulement, promise à l'échec avant même de commencer, mais se mène dans la prévision permanente des menaces mises en oeuvre par la partie intrusive : l'Iran et le Hezbollah à travers le Liban ou le Hamas.

 

Ce n’est que parce qu’Obama n’apporte rien de concret au Moyen-Orient et se défait progressivement de ses responsabilités internationales pour des bénéfices internes immédiats, qu’Ahmadinedjad peut avancer, triomphal.

 

Et ce n’est ni un chroniqueur Juif-Américain râleur, tel que Barry Rubin, ni un quelconque républicain en colère qui le dit, à quelque distance des élections de mi-mandat, mais bien un éditorialiste du quotidien qatari al-Arab,  Sayyed Muhammad Al-Khadher(http://www.memri.org/report/en/0/0/0/0/0/0/4673.ht). Le Qatar est, certainement l’un des pays les plus « partagés » dans ses tentatives de trouver des équilibres improbables entre les deux puissances qui l’entourent : l’Arabie Saoudite et l’Iran menaçant.

 

 

Merci, Mister Président !

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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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